‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 126 sur 180 · MODLIN · texte numérisé non relu

MODLIN

A l'endroit où la Narew, ou plutôt le Bug, s'unit à la Wistule, à sept lieues nord-ouest de Warsovie, s'élève Modlin; sa position est admirable pour une forteresse de premier ordre.

Le village de Nowydwor se trouve dans le triangle formé par les deux fleuves, et vis-àvis, dans un angle qui touche aux deux rives droites du Bug et de la Wistule, est Modlin.

Modlin et ses environs ont été les champs de bataille de l'ancienne Pologne. A l'époque de l'invasion des Suédois sous le roi Charles-Gustave, Nowydwor et Modlin furent occupés militairement par le général Stcenbock qui y fit élever des fortifications. En 1656, un autre général suédois, Jean Adolf, vint à Modlin pour attendre . le roi, et après leur, jonction, ils se portèrent sur Praga et Warsovie.

Quand le célèbre Etienne Czarniecki eut expulsé l'ennemi de la république, Modlin ne figure plus dans les annales militaires de la Pologne : mais en 1807, alors que les armées de Napoléon se portèrent sur les bords de la Wistule, on pensa à fortifier Modlin; on commença les travaux, mais ce n’est qu'en 1810 qu'ils furent terminés.

A l'époque de la désastreuse retraite de Moskou, les troupes françaises et leurs alliés occupèrent les forteresses polonaises de Zamose, Modlin, Thorn et Dantzig; ces garnisons se défendirent intrépidement contre les Prussiens et les Moskovites. Les évenements de A813 leur ordonnèrent de capituler ; mais elles ne le firent qu'après s'être battues jusqu’à la dernière extrémité.

La garnison de Modlin était composée de Français et de Polonais sous les ordres du

général français Daendels. Parmi les officiers supérieurs se trouvait le colonel Alexandre Chodkiewicz, descendant de l'illustre guerrier de ce nom. Les troupes de la garnison étaient en butte aux plus cruelles privations; mais elles les préféraient à la honte de capituler : ainsi on entendit, dans un conseil de guerre, le général Daendels prononcer le mot de reddition; et Chodkiewicz, s'adressant aux officiers polonais qui siégeaient dans le conseil, et leur montrant les tours de Warsovie, qu'on apercevait des croisées de la salle, leur dit : « Ne voyez-vous pas ces tours antiques de notre capitale qui surveillent nos actions ? N’auriez-vous pas honte de mettre bas vos armes et de les laisser à la disposition de nos oppresseurs, avant d'avoir versé la dernière goutte de notre sang ?»

Depuis 1813 jusqu'en 1830, de nouveaux travaux furent exécutés à Modlin, et sa garnison mixte était composée de Polonais et de Moskovites, lorsque survint là révolution du 29 novembre. Le tzarévitsch Constantin dut capituler avec la révolution ; et, au moment où le brave colonel Kicki allait sommer la garnison de se rendre, le capitaine Wladislas Zamoyski, aide de camp du tzaréwitsch, apporta une dépêche au commandant moskovite, qui lui enjoiguait d'abandonner la place aux Polonais.

Le colonel Ignace Ledochowski, un brave de l'ancienne armée, et qui avait perdu une jambe dans la campagne de 1812, fut nommé par le gouvernement révolutionnaire! général de brigade, et commandant de la forteresse de Modlin. Le feld-maréchal Diebitsch, ayant échoué dans ses plans, lors des combats de Grochow, crut

devoir sommer le général Ledochowski. La

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