ANONYME
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« Des siècles pour grandir; pour déchoir, des instants! » Tel fut aussi Le sort du pays embrassé par l’Oder d’une part, et le Dnieper de l’autre; et les deux grandes oligarchies républicaines, Venise et la Pologne, ont plus d'un rapport dans leurs destinées comme dans leurs institutions.
L'ouvrage du savant Surowiecki sur l'Industrie et la décadence des villes en Pologne, publié en 4810, est un guide parfait pour quiconque veut étudier ce vaste objet; aussi, tout en retraçant les fautes et les longs malheurs du passé, nous aurons à nous occuper d’une époque moderne.
Parmi tous les établissements qui ont couvert le pays durant la période de 1815 à 4850, nous nous arrêterons de préférence sur Tomaszow, colonie résumant en elle tous les genres d'industries. Ce nouveau Manchester, sortant du sein des forêts comme une apparition magique, sera pour nous le type de la Pologne dans l'avenir, de même que la ville d'Uiazd, avec
son manoir démoli, ses champs à perte de vue, est une fidèle image de la Pologne agricole et guerrière de nos aïeux.
L’asservissement des cultivateurs, autorisé d'abord en 1496, et graduellement accompli sous les rois électifs, porta bientôt ses fruits. Le paysan slave, d’une même origine que les nobles, malgré les insinuations de certains chroniqueurs, se voyait arracher une à une les libertés qui avaient fondé son bien-être et la gloire de la nation, et le féodalisme, odieuse importation de l'Allemagne, commençait à relever sa tête blasonnée. Ce nouvel ordre de choses, en détruisant le principal attrait du travail, la propriété, ne tarda pas à réagir sur l'aspect général du pays. Les invasions et la peste vinrent continuer ce que l'esclavage avait commencé.
Depuis Boleslas-le-Chaste, ces déluges de peuplades se sont succédé; les barbares n’obtenaient des succès qu’en sacrifiant les masses,