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tactique que plusieurs puissances du Nord ont conservée jusqu'à nos jours. Ils se retiraient avec un butin immense, et laissaient le pays jonché de cadavres. L’épidémie étendait alors ses ailes malfaisantes sur ce vaste champ de bataille : et celle de 1831 peut nous attester que l'Europe a tout à craindre de l'Orient. Les hymnes que chantaient nos aïeux en se préparant au combat contiennent des supplications contre ce fléau. Les cités polonaises, qui ont aggloméré tombeaux sur tombeaux, en sont aussi un désolant témoignage, et toutes les couches de cette alluvion historique portent le caractère particulier de cette époque. Après le pillage tant de fois réitéré de nos archives et bibliothèques par les Suédois d’abord, et par les Prussiens et les Moskovites tout récemment, il nous reste encore cette histoire plastique, écrite en ruines sur les pages ensanglantées de notre pays, et c’est de là qu’il faudra faire surgir un jour les documents qui manquent ailleurs. Si aux alentours de chaque ville on ordonnait un jour des fouilles pour explorer les terrains inférieurs, et pour raccorder les tronçons épars qui ne se sont dressés jusqu'ici que devant l'inspiration du poëte, on pourrait former une reconstruction de la Pologne plus complète et plus fidèle que celle qui existe dans tous nos monuments typographiés. L'avidité de nos ennemis vint, après l'esclavage, les Tatars et la peste, consommer cette œuvre de destruction : témoin les recherches qui ont été faites à Bydgoszez (Bromberg). Partout et à une distance considérable de son enceinte, on trouve sous terre les murs de somptueux édifices et des voûütes superbes, qui attestent son ancienne étendue et sa richesse. Trois assises de pavés indiquent trois époques de chute et de renaissance. La première se trouve à quelques pieds sous terre, la seconde à un mètre plus bas, et la dernière à deux mètres sous la seconde, de manière que le solsemble s'être exhaussé de 14pieds. Après le dernier partage, lorsque les Prussiens exploraient cét Herculanum slavon, ils trouvèrent ensevelis sous des ruines incendiées plusieurs timbres de monnaies, de l'argent en barres et des vases superbes du même métal. Leurs mains industrieuses surent bientôt les convertir en thalers. Cette découverte inattendue fut pour eux le signal d’une immense dévastation. Plusieurs châteaux furent démolis de fond en comble, et leur beauté même ne pouvant les soustraire à ces recherches impies, des monuments