‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 33 sur 180 · RES · texte numérisé non relu

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les deux nations soient à jamais un même tout et ne puissent combattre l’une contre l’autre.

» 20 Et par les présentes, toutes les églises cathédrales, paroisses, couvents situés tant à Wilna que dans tout autre lieu desdites terres, jouiront des immunités, priviléges qui sont accordés à la Pologne.

» 50 Les seigneurs, nobles et boïars des terres litvauiennes, à qui nous avons accordé des dorations, priviléges et immunités, et qui ont été admis au blason des armoiries de la Pologne, pourront en jouir et les garder en toute sécurité s'ils demeurent fidèles à la foi, et s'ils se constituent sujets de l'Eglise catholique romaine.

» 4° Les susdits seigneurs et nob'es posséderont leurs propriétés héréditaires, comme par le passé; ils garderont aussi et à perpétuité les donations que nous leur avons faites, et de plus ils pourront les aliéner et les vendre à leur profit; mais notre permission spéciale restera obligatoire, en ce qui est de vente, aliénation, etc.; et elles ne pourront se faire qu'avec notre participation et par-devant nos cours et tribunaux, comme cela se pratique dans le royaume de Pologne. Il est garanti expressément qu'à la mort des parents, les enfants et descendants hériteront de tousles biens patrimoniaux avec la permission de les gérer comme bon leur semblera et conformément aux lois et usages pratiqués dans le royaume de Pologne.

» 59 Les dots et les douaires hypothéqués sur des immeubles, ou donnés par nous, seront garantis. Les filles, sœurs et cousines des seigneurs et nobles des terres litvamiennes, ne seront données en mariage qu'à des catholiques; elles se conformeront en cela aux usages introduits depuis longtemps dans le royaume de Pologne.

» 69 Les susdits priviléges et libertés que

annuler les anciens devoirs et obligations, qui consistent à élever des châteaux, à servir militairement et à payer les impôts ordinaires. Ces devoirs et obligations sont et seront imposés aux seigneurs des terres litvaniennes.

» 7° Les seigneurs et nobles de la Litvanie nous répondront, à nous, Wladislas, roi de Pologne, et à Alexandre Vitold, grand-duc de Litvanie, et à nos descendants, de leur inviolable fidélité et de leur persévérance dans l'exercicede la foicatholique; ils se conformeront en cela aux actes écrits et signés antérieurement par nous, Wladislas, roi de Pologne, et Witold, grand-duc de Litvanie.

nous accordons par. les présentes ne peuvent

» 80 Il est ordonné, sous serment, de combattre les ducs,seigneurs, nobles, ou tout citoyen, de quelque condition qu’il soit, s’il osait agir contre les terres du royaume de Pologne ; chaque citoyen doit défendre la Pologie comme les terres litvaniennes; il doit écraser, détruire tout ennemi de la patrie : la loi lui retirerait tous ses biens s'il agissait autrement.

» 9° Les charges et dignités qui existent en Pologne seront instituées en Litvanie. Wilna aura un palatin et un castellan ; Troki et les autres villes où nous le jugerons convenable auront le même gouvernement et à perpétuité. Ne seront investis de ces charges que ceux qui professeront la religion chrétienne et qui seront soumis à la sainte Eglise romaine. Les employés subalternes des administrations publiques devront être chrétiens et catholiques. Les citoyens qui seront appelés dans notre conseil privé devront professer notre religion, et garder inviolablement le secret des délibérations.

> 10° Quiconque obtiendra les susdits diplômes et priviléges nrêtera serment de fidélité, à nous, Wladislas, roi de Pologne, et à Alexandre, dit Witold, grand-duc de Litvanie, et devra la même fidélité à nos descendants.

> 110 Nous déclarons ici que les susdits seigneurs et nobles de la Litvanie ne pourront élire à la dignité de grand - duc que celui qui sera choisi par le roi de Pologne et ses descendants, car le roi aura le concours des prélats, seigneurs de la Pologne et des terres litvaniennes. Si, après notre décès, nous laissions le trône sans héritier, les prélats, seigneurs et nobles de la Pologne éliraient un roi avec le consentement du grandduc Witold, des seigneurs et nobles de la Litvanie, conformément aux conventions passées antérieurement.

» 420 Les susdites libertés, prérogatives et priviléges ne seront accordés qu'à ceux d’entre les seigneurs et nobles litvaniens qui seront admis aux armoiries de la noblesse polonaise, et qui professeront la religion catholique romaine. Les schismatiques et les infidèles en seront exceplés.

» 150 Les lettres patentes que nous avons accordées au royaume de Pologne et au grandduché de Litvanie, il y a sept ou huit ans, ainsi qu’à l'époque de notre couronnement, seront incorporées dans le présent acte, et nous garantissons à jamais leur authenticité.

» 449 Nous statuons aussi expressément que

es susdits seigneurs et nobles du royaume de Pologne et du grand-duché de Litvanie tiendront, selon la nécessité, leurs diètes soit à Lublin, soit à Parczow ou dans un autre endroit convenable, pour l'intérêt et le bien des deux nations, mais toujours conformément à notre permission et volonté.

» 459 En outre, nous, Alexandre Witold, avec le consentement de Sa Majesté le roi et duc Wladislas, notre très-cher cousin-gérmain, nous choisissons les nobles litvaniens suivants, pour être admis aux armoiries des nobles polonais, afin d'établir des relations réciproques et intimes, et à perpétuité.

( Suivent les noms des familles des deux nations.)

» Fait et signé à Horodlo sur le Bug, ce 2 octobre 1413, »

Cet acte, qui précisait si bien l'état de la question, blessa profondément l'ambition de Witold. Il voulait que la Litvanie n'eût d'autre pouvoir que le sien; il voulait gouverner selon son bon plaisir, comme il l'avait fait après le départ de Wladislas pour Krakovie. Mais il dissimula ses véritables sentiments et parut consentir à tout ; plus tard, quand il fallut mettre à exécution l'acte de Horodlo, il éluda ou il chercha à lui donner une fausse interprétation.

En quittant Horodlo, Wladislas et Witold se rendirent à Wilna, ensuite ils allèrent en Samogitie; partout ils conyertissaient les paiens, et dans ce voyage, ils fendèrent l'évêché de Samogitie et posèrent les fondements de la cathédrale de Saint-Pierre et Saint-Paul, à Miédniki ou Wornie, capitale de ce duché. Outre cela, Witold fit élever des églises dans les villes de Eyragola, Kroze, Miédnik, Rosiénie, Widulkle, Koltyniany, Cetra et Lukniki (1415).

Pendant que les deux princes s'occupaient d'organisation intérieure, les chevaliers Teutoniques envahirent la Samogitie et la Litvanie, Wladislas et Witold se portèrent aussitôt en Prusse, pour venger cette nouvelle trahison ; ils s'emparèrent de Nidbourg, d'Allenstein, Bischofswerder, et de quelques autres villes, et ils auraient poussé plus loin leur conquête sans l'intervention du légat du pape Jean XXII. Encore une fois la paix fut conclue entre les Po- Jono-Lityaniens et l'ordre Teutonique (1414).

Dès que la paix fut conclue, les Teutoniques poussèrent les Tatars à faire une nouvelle-excursion en Pologne; ceux-ci ravagèrent Kiiow, et

se retirèrent avant que les troupes fussent en mesure de les chasser du territoire.

À cette époque, la doctrine de Jean Hus se propageait en Bohème. L'arrêt du concile de Constance, qui avait condamné Jean Hus au bücher, malgré le sauf-conduit de l’empereur Sigismond, avait exaspéré ses prosélytes ; aussi les Bohémiens, après Ia mort de Wenceslas, ne voulurent pas donner la couronne à Sigismond, et ils l'offrirent à Wladislas : la tolérance religieuse dont on jouissait en Pologne les détermina dans ce choix (1420). C'était la seconde fois que le trône de Bohême était offert au roi des Polonais ; l'intérêt de la Pologne aurait voulu qu'il l'acceptât, mais il céda aux conseils des Polonais, qui craignirent de voir leur patrie exposée encore une fois aux malheurs du règne de Louis de Hongrie. Le clergé, dans des intentions peut-être moins pures, usa aussi de son influence ; le clergé catholique haïssait la doctrine de Jean Hus, et il repoussait avec horreur tout ce qui pouvait rapprocher la Pologne de la Bohême. Wladislas remercia les ambassadeurs de Bohême, et les renvoya avec un refus. Si ce roi n’eût pas été si désintéressé, il eût accepté la couronne pour se venger des perfidies de Sigismond! |

Les ambassadeurs, n'ayant pu fléchir Wiadislas, offrirent la couronne à Witold. Ici ils trouvèrent moins d'opposition; tout pouvoir, toute gran-, deur flattaient l'ambition du grand-duc; mais ne pouvant quitter son duché pour aller prendre possession du trône, il envoya en Bohême Sigismond Koributowicz, neveu du roi, pour gouverner par intérim; mais l'empereur Sigismond employa tant de supplications, tant de promesses, tant d'hypocrisie auprès de Wladislas, qu'il obtint le rappel de Koributowicz, pour s’introniser à sa place. Le court séjour de Koributowicz en Bohême l'avait converti à la doctrine de Jean Hus; les prêtres redoutèrent un moment son influence, il y eut effroi, presque menace, mais tout se passa sans révolte ouverte, sans effusion’ de sang, et Koributowicz, tout Hussite qu'il était, put rester en Pologne.

Pendant ces terreurs du catholicisme, les Teutoniques guerroyaient encore en Pologne et en Litvanie; mais toujours battus, ils finirent par conclure la paix, le 8 mai 1422, à Mielno, dans la terre de Culm.

Dans cétte même année, le grand-duc de Berg fit sa soumission à Wladislas, en le suppliant de”

lur donner sa protection; mais la position géographique de ses États ne permit pas au roi de lui accorder ce qu'il demandait.

La paix de Mielno, rassurant Witold sur ses possessions de l’ouest, lui permit de contrecarrer les intrigues des chevaliers du Porte-Glaive en Livonie, et de faire connaître le sentiment de sa force aux Pskowiens et aux Novgorodiens, sur la fidélité desquels il ne pouvait pas compter. Il réunit les Litvaniens, les Samogitiens, il enrôle dans l'armée des Bohémiens, des Walaques, et ouvre la campagne ; la rébellion aura affaire à forte partie ; il assiége d'abord Opoczka, mais la trahison lui enlève cette conquête. D'Opoczka il se porte sur Woronoceza; la force qu'il déploie rend la résistance impossible : les Pskowiens se soumettent et paient au grand-duc de forts tributs. Après la soumission des Pskowiens, Witold se dirige sur Novgorode-la-Grande ; il s'empare de Porchow ; la terreur précède l’armée litvanienne ; les Novgorodiens se hâtent de se soumettre et de payer le tribut; enfin la paix est conclue à Novgorod, et cette paix est tout à l'avantage des Litvaniens (1425).

Cette expédition, si glorieuse, devait terminer la carrière militaire de Witold ; depuis lors, il fut sourd à toutes les intrigues et résista à tous les piéges que l'empereur Sigismond voulait lui tendre pour le séparer de Wiadislas ; mais voulant conserver son influence sur le roi, il le maria à Sophie, sa nièce et fille d'André, duc de Kiiovie. Witold prévoyait que Wladislas n'aurait jamais d'enfant; car, après plusieurs mariages, le trône était encore sans héritier; mais Sophie déjoua ses projets, car elle donna à Wladislas deux garçons. Grand fut le désappointement de Witold, car il espérait que ce mariage servirait son ambition ; il espérait que l'influence de Sophie ferait révoquer les décisions de Horodlo, et qu'un jour il pourrait être roi de Pologne ; mais en l’année 1427, Wladislas, malgré ses soixante-dix-neuf ans, donna encore

un nouvel héritier au trône ; le prince royal re-

çut le nom de Kasimir. Witold, irrité par ses mécomptes, accusa la reine d’infidélité. Le roi, eroyant un moment à cette calomnie, demanda le divorce ; mais l'innocence de la reine fut reconnue, et tout rentra dans l'ordre,

L'empereur Sigismond, voyant que cette intrigue n'avait pas réussi, caressa encore l’ambition de Witold, et, toujours dans le but de le séparer de la Pologne, il lui promit son aide

pour le faire roi absolu de la Litvanie. Witold crut cette fois aux promesses de Sigismond ; mais pour amener l'acte de séparation, il conçuüt l'idée d’assembler un congrès. Ce congrès eut lieu en effet, et se réunit à Luçk en Wolhynie. L'empereur voulait jeter la division entre la Pologne et la Litvanie, peu lui importait que Witold fût roi; et il voulait aussi engager les puissances chrétiennes à former une ligue contre les Turks, qui devenaient tous les jours plus puissants. Le congrès s’ouvrit le 6.janvier 1429. Cette réunion de rois, d’empercurs, de princes, est une des plus nombreuses que cite l’histoire du monde. L'empereur Sigismond et l'impératrice sa femme, le roi Wladislas, le roi Erik XIIT de Danemark, les ducs de Mazovie, de Tver, de Rezan, les princes de Suède, les grands-maîtres ces chevaliers du Porte-Glaive et des chevaliers Teutoniques, les khans des Tatars, les ambassadeurs de l'empereur Paléologue, les grands de là Pologne, de la Eitvanie et des terres russiennes remplissaient avec leurs suites la ville de Luck et les villages environnants. Les uns étaient venus au congrès pour faire de la diplomatie, et les autres pour voir Witold, ce guerrier dont le nom répandait la terreur dans le Nord et dans l'Orient. Witold traita les monarques avec une libéralité inouïe ; chaque jour, au dire des chroniqueurs, on consommait sept cents Lonneaux de liquides, sept cents bœufs ou génisses, quatorze cents élans et brebis, et cent sangliers, Ces repas homériques se répétèrent pendant sept semaines. Witold espérait qu'il serait proclamé roi de Litvanie, il prolongeait le congrès dans ce dessein; mais les Polonais s'élevèrent de toutes leurs forces contre une séparation entre les deux nations ; l'éloquence de Zbigniew Olesnicki fut si puissante, si persuasive, que le congrès abandonna les intérêts de Witold et de Sigismond. Olesniçki avait été secondé par Jean Tarnowski et un grand nombre de sénateurs; l'intrigue et l'ambition échouèrent devant le patriotisme.

Witold, désolé de sa déception, pria Wladislas

! de venir. à Wilna, et de fui accorder momentané-

ment au moins la couronne de Litvanie, pour le sauver d’un affront qu'il avait subi aux yeux de l'Europe; mais ses instances furent sans pouvoir, et Wladislas eût préféré abdiquer en faveur de Witold, que de troubler la tranquillité des deux États. Sigismond ne renonçait pas à son projet, et envers et contre tous, ilenvoya ses ambassadeurs à Wilna ; ils devaient précéder l'arrivée

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de la couronne et du sceptre dont il voulait gratifier Witold. Mais encore une fois les Polonais déjouèrent son complot; toutes les frontières furent si bien gardées, que rien ne put parvenir à Witold. Après ces événements, Witold mourut, à Troki, le 27 octobre 1450, âsé de quatrevingts ans et plus. On l’enterra dans l'église cathédrale de Wilna.

La diète de Jedlno, ouverte dans le district de Radom (12 janvier 1450 ), avait précédé le décès du grand-duc. La noblesse polonaise, dans ces délibérations, voulant ôter à Witold tout espoir de succéder à Wladislas, déclara que la couronne passerait aux enfants de Wladislas, mais que Witold conserverait ses anciens priviléges, et qne d’autres lui seraient accordés. °

Witold eut à peine fermé les yeux, que Swidrigellon, frère du roi, leva l’étendard de la guerre civile. Il poussa l'audace jusqu’à faire arrêter le roi, et tous ceux qui l'avaient accompagné aux obsèques de Witold. La noblesse polonaise, en apprenant cette nouvelle, s’assembla à Warka, et déclara qu'une guerre contre la Litvanie devenait indispensable; mais avant d’en venir aux extrémités, elle envoya une ambassade à Swidrigellon; celui-ci céda aux représentations qui lui furent faites, et le roi fut délivré; mais il guerroyait toujours en Podolie. La noblesse se réunit à Sandomir, et cette fois elle résolut d'envoyer une armée contre le perturbateur ; le premier engagement entre les troupes polonaises et les rebelles cut lieu en Wolhynie (1451); les chances furent quelque temps incertaines, mais enfin une trève fut conclue, et elle devenait une nécessité, car les Teutoniques ravageaient la Kuïawie, la terre de Dobrzyn; et au sud-est les Walaques envahissaient la Podolie (1451). Les guerres extérieures n'étaient pas les seules calamités de la Pologne ; le clergé voulait s'initier dans les affaires de l'Etat, il embrouillait toutes les questions.

Pour remédier à tout ce qui menaçait le pays, on convoqua les diètes; l'une sè tint à Niepolomiçé, et l'autre à Siéradz (1452); mais on délibérait sans rien conclure; le roi eut donc recours aux négociations. D'abord il envoya des émissaires secrets en Litvanie, pour préparer les esprits, et ensuite il déclara que la conduite de Swidrigellon exposait le pays à tant de malbeurs, qu'il proposait Sigismond Kieystutowicz, frère de Witold, pour le remplacer au gouvernement du grand-duché. Après cette déclara-

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LA POLOGKE.

tion, le roi promit aux Russiens et aux Wollyniens professant la religion grecque, qu'ils ne seraient point inquiétés dansles pratiques de leur religion, et que leurs églises, tant à Luck que dans les autres villes, ne seraient point transformées en églises catholiques.

Les armées polono-litvaniennes marchèrent contre Swidrigellon, et le forcèrent de s'enfuir du pays. Sigismond Kieystutowiez fut donc nommé grand-duc, mais, à vrai dire, il n’était que le lieutenant du roi Wladislas, et en acceptant la couronne ducale, il promit de ne jamais chercher à se faire nommer roi de Litvanie. Lui et son fils Michel prétèrent serment de fidélité au roi et à la république de Pologne.

Swidrigellon, malgré ses défuites, ne se découragea point; ilréunit des bandes de Russiens, de Tatars, et envahit encore une fois la Litvanie. Sigismond avec ses troupes se porta au-devant de lui; ils se rencontrèrent près d'Oszmiana, à 12 lieues de Wilna (8 décembre 1432); Swidrigellon fut battu, et se sauva à Wilkomierz, et là il fat encore battu. En 1453, aidé par Strumillo et Rogalski, qui avaient des troupes à eux, et des châteaux fortifiés sur les frontières de la Mazovie, il tenta une autre invasion en Litvanie ; mais Sigismond sut le repousser, et se maintenir dans son gouvernement.

La guerre civile n'était point éteinte, quand les intrigues des chevaliers Teutoniques nécessitèrent une nouvelle expédition. Les Polonais entrèrent dans les possessions teutones; ils remportèrent plusieurs avantages sans décider la question. En Litvanie les querelles renaissaient entre Sigismond et Swidrigellon, et les Tatars parcouraient les duchés de Kiiome et de Czerniéchowie en pillant et ravageant. Sur ces entrefaites, Wladislas [IT Jagellon mourut à Grodek, près Léopol, le 24 avril 1454, à l’âge de quatre-vingt-six ans, dans la quarante-huitième année Je son règne. On l’inhuma dans la cathédrale de Krakovie.

Wladislas eut quatre femmes : Hedwige, qu'il épousa en 1386, et qui mourut en 1399 ; Anna, comtesse de Cilli, qu'il épousa en 1400, et qui mourut en 4410. D'Anna il eut une fille nommée Hedwige, et mariée au marquis de Brandebourg. En 4417, il épousa Élisibeth Pileçka veuve de Granowski ; elle mourut en 1420. Sa dernière femme fut Soplne, princesse de Kiiow; il l'épousa en 4422, et elle mourut en 1461. Sophie donna deux fils à Jagellon : Wladislas et Kasimir.

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