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en Léchie, dans l’année 965, par l'influence de la princesse bohémienne Dombrowka, qui épousa le prince léchite Miecysclaw (Miécislas), aussi luxurieux que Vladimir, et guerroyant avec malheur dans le nord-ouest de la Slavonie, tandis que Vladimir s’avançait vers ses domaines. Les Czechy (Tchèkhes, Bohémiens) occupaient la Crobatie-Blanche, et séparaient, en quelque sorte, les États russiens et ceux de la Léchie. Mais si lorient et le midi furent pour le culte grec, le nord et l’ouest des pays slaves étaient pour le culte latin. Cette différence de culte mêlée aux noms des Léchites et des Russiens, partagea alors les États slaves de l’est en deux nations distinctes. Depuis ce temps, le Bug et lé San séparèrent deux peuples de la même race,
et furent témoins de luttes terribles, interrom-
pues seulement par des tiers, et qui amenèrent l'établissement de la domination polonaise.
Reprenons le fil de l'histoire. —Vladimir mourut en 4011, et partagea auparavant ses États entre ses fils. La partie dont nous nous occupons fut divisée en trois corps de province : ceux de Kiiovie, de Wlodimirie sur le Bug, et de Przémysl sur le San; la Kiiovie fut censée le principal des États russiens. La Pologne fut dominée par le bras vigoureux de Boleslas -le-Grand, qui, après la mort de son père (992), s'empara du pouvoir, en chassa ses frères, et fonda l'unité de la Léchie, transformée bientôt par lui (999) en royaume de Pologne. Avant d’en venir là, il avait expulsé les Bohémiens de la Crobatie-Blanche, soutenu une campagne contre les Russiens (992) sur le Bug, et conclu la paix avec Vladimir-le- Grand. Plus tard il fit deux expéditions contre les usurpateurs de Kiiow; mais les envahissements des Allemands le forcèrent de voler à la défense de l'occident de son empire. (Voyez t. I, p. 35 à 40.)
Les victoires de Boleslas-le-Grand font époque dans notre histoire, et servent de fondement aux droits de la Pologne sur les terres russiennes. La Léchie, inquiétée sans relâche par la turbulence des princes russiens, occupés à se déchirer continuellement entre eux, fut forcée, à plusieurs reprises, d'entrer sur leur territoire, afin de réprimer leurs désordres (1. [, p. 58 et 120). Ces guerres et ces massacres perpétuels finirent par détruire l’unité russienne. Un prince russien pilla Kiiow en 1169, et transféra ensuite sa capitale à Wladimir, sur la Kliazma; une autre branche s'établit à Halicz, dans la Russie-Rouge :
Kiiow resta isolée et perdit ainsi sa suprématie. Les princes de Vladimir sur la Klazma dominèrent la rive gauche du Dniéper, vers le nord, et les Haliciens la rive droite, vers le midi et l'ouest. Les Etats de ces derniers entrent dans notre cadre.
Parmi les princes polonais qui furent obligés d'intervenir dans les dissensions des princes russiens, et de les raffermir sur le trône ou bien de les en chasser, on compte Boleslas Bouche-de- Travers, Kasimir-le-Juste, Leszek-le-Blance, et Boleslas-le-Chaste (t. 1, p. 159, 295, 513, 514 et 815). y
L'invasion des Tatars (1240) mit un terme définitif à ces querelles, et plaça sous la souveraineté des envahisseurs les princes russiens. Les barbares tentèrent également de dévaster là Pologne, mais leur domination s'arrêta à l'Ukraine et à la Podolie. Ils régirent leurs conquêtes au moyen de gouverneurs appelés Baskaki, mais les atrocités de ces hordes ne tardèrent pas à les dépeupler presque entièrement : on ne rencontrait plus que des déserts sans fin, des ruines et des tombeaux, sur cette terre qui respirait naguère une yie si active.
La Russie-Rouge, quoique molestée par les Tatars, les Russiens de l’est et les Polonais, fut plus heureuse, et, en dépit de nombre d'invasions, conserva ou rétablit toujours comme par enchantement son état prospère. La succession la remit définitivement entre les mains des princes polonais. Presque en même temps les Litvaniens conquéraient sur les Tatars la Podolie et l'Ukraine. ( Voy. quant à l'histoire de la Russie-Rouge, l’article sur la ville de Léopol, vol. 1, p. 489 et suivantes.
Gédymin (Guédymine) défit en 1321, sur la Piérna ou [rpien, les princes russiens tributaires des Tatars, les chassa du pays, et après avoir laissé garnison à Kiiow, s'avança vers la mer Noire. Cette victoire mit le comble à la puissance litvanienne ; les frontières de la Litvanie s'étendirent de la Baltique au Pont-Euxin; elles touchaient à l’ouest aux pays polonais, et à l’est aux domaines russes des princes varègues, ainsi qu'aux villes libres de Novogorod-la-Grande et de Pskow, qui avaient fini par secouer la dom:nation des princes varègues,
Les ducs litvaniens partagèrent entre eux les Pays conquis, et s’occupèrent ensuite de les repeupler. Tandis qu'ils étaient à la besogne, Ka-
simir le-Grand hérita de la Russie-Rouge, c'est-.
à-dire, du royaume de Haliez, qui émbrassait avec ce dernier pays, la Wolhynie et la terre de Brzésç en Litvanie. ( Voy. t. I, p.7 et suivantes. ) La Podolie et l'Ukraine appartenaient de droit au royaume de Heliez, et la noblesse polonaise ne cessa de protester contre la domination des Litvaniens, lorsque ceux-ci s’établirent dans ces provinces, et voulurent se les approprier pour jamais. Ce fut le sujet de longs débats entre la Pologne et la Litvanie (1349-1566 ),:débats qui finirent momentanément à l'avantage des Litvaniens ; l'héritage de la Pologne passa alors sous la domination de leurs princes. Luck, Wlodzimierz en Wolbynie, Brzesç et Chelm, restèrent fiefs de la couronne de Pologne entre les mains de Lubart, prince litvanien. La Podolie, soumise d’abord aux Polonais, devint, par suite des incursions des Tatars, l'apanage des prinees Koryats, cousins et vassaux des princes de Litvanie. Plus tard on déposa plusieurs de ces princes, à cause de leur félonie.
Unie à la Litvanie en 1586, la Pologne puuit les vassaux rebelles, et reprit la Podolie, vers 1452. Buczaçki en fut nommé gouverneur, et tant que lui et ses descendants vécurent, cette province dépendit de [a Pologne. En 4448, durant la diète de Lublin, et dans les diètes suivantes qui furent si nombreuses sous le règne de Kasimir IV, la noblesse litvanienne demanda qu'on lui rendit la Podolie; mais les Polonais répondirent qu'ayant été acquise à titre d'héritage par Kasimir-le-Grand, elle ne fut jamais possession légitime en d’autres mains. Cette résolution n'apporta qu'un faible remède au mal, car la Pologne, afin de garder plus sûrement sa propriété, octroya à la noblesse russienne de Podolie les priviléges des nobles polonais. La Litvanie et les pays russiens gémissant encore sous le régime féodal, il s'ensuivait que l'égalité était loin d'y régner parmi tous les membres de la noblesse, tandis que ce système n'existant point en Pologne, tous les nobles avaient droit aux mêmes priviléges. Cette égalité des prérogatives offusquait bien les £niaz (ducs) féodaux russiens ec litvaniens; mais attachait en même temps la noblesse non titrée à la Pologne. À
L'union des Eglises latine et grecque, accomplie vers ce temps à Florence, concourut également à poloniser les terres russiennes cis-borysthéniennes. Isidore, métropolitain de Kiiow, appela tous les Russiens, sous la domination des Jagellons, à adhérer à l'union.
L'influence réunie des privilèges et du culte consolida donc la suprématie polonaise, et anéantit les divisions que l'invasion des Varègues et du rite grec avait semées parmi les races slaves.
Cependant les kniaz, lésés dans leurs intérêts, fomentèrent bientôt de nouvelles dissensions et s'emparèrent, en 4457, d’une partie de la Podolie, celle qui constituait jadis le palatinat de Braclaw, et qui s'étendait presque jusqu’à la mer Noire, Peu à peu les Tatars, profitant aussi de la négligence litvanienne, commencèrent à s’établir sur le littoral; les vastes domaines des Iazlowiecki, descendants des Buczaçki, furent incendiés par eux. Les Turks conquirent Akerman en 1484, et s'avancèrent au cœur du pays. Le traité de 4535, entre Sigismond Ier, roi de Pologne, et le grand-seigneur, ramena la paix et fit prospérer là Podolie et l'Ukraine. L'union définitive de la Pologne et de la Litvanie, accomplie à Lublin en 1569, avait rendu ces pays à la Pologne, ainsi que-la Wolhynie ; ils furent incorporés à la province de la Petite-Pologne et formèrent cinq palatinats que nous avons décrits plus haut.
Cette jonction ne mit cependant pas fin aux malheurs de ces contrées ; tous les maux qu’entraîne la guerre la décimèrent sans relâche ; la religion y participa bien un peu, mais ces désastres, dus à l'intolérance, n’approchèrent pas de ceux qu'enfanta l’arrogance de la noblesse secondaire, qui, en secouant le joug des grands, se mit à tourmenter le pauvre paysan et voulut le tenir constamment attaché à la glèbe. Ils oublièrent bien vite que la Pologne les gratifia de l'égalité ; au lieu d’en remercier Ja Providence, en.libérant leurs serfs, ils sévirent encore plus inhumainement que par le passé contre eux, et leur exemple encouragea en quelque sorte les exactions des nobles sur les paysans dans d'autres provinces de la Pologne. #
Mais lesprit fier et les bras vigoureux des Russiens s'opposaienr énergiquement à cette oppression, et, poussés à bout, ils répandirent abondamment le sang des nobles et le leur. Sans entrer dans les détails sur les luttes et tous Les combats qui ont ensanglé ces contrées, nous nous bornerons, pour le moment, à retracer simplement les diverses phases que subit le peuple de la souche dite russienne.
Les possessions polonaises dépassaient le Dniéper et embrassaient la Russie mineure, c’està-dire le gouvernement actuel de Czerniechow, de Poltawa et de Kharkow ; cette partie des terres
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russiennes joue aussi un grand rôle dans le récit qui va suivre. Une fois que la Pologne en fut maltresse sans contestation, elle songea à l’organiser de son mieux ; plusieurs seigneurs polonais, tels que les Sieniawski, les Wisniowiecki, les Koniecpolski, obtinrent dans ce but de la munificence des rois et des diètes de vastes concessions de terres dans ces contrées : ils y fondèrent d'importantes colonies et cherchèrent à y enraciner de plus en plus la puissance polonaise. Cette tendance leur suggéra même des moyens qui ne s’accordaient pas avec la bonne politique et la justice; on opprima les paysans, on leur inculqua, par des procédés violents, l'union catholique, qu'on voulut rendre plus forte par la confirmation de Brzesc en Litvanie (1596). Si on eût procédé par les voies évangéliques, par la douceur, ou même par l'adresse et l'habileté, on eût pu espérer des résultats avantageux ; mais la fougue des intendants des seigneurs poussa tout à l'extrême. Tandis que les Juifs soutiraient au malheureux paysan son dernier denier pour l’eau-de-vie dont ils l'enivraient, eux, intendants, lui arrachaient sa dernière vache pour la redevance au maître ; puis le prêtre catholique accourait réclamer la dime et ses anciennes prérogatives. Pressuré, ruiné, force était au paysan d'opposer à tant d'exactions une résistance d'inertie, et le fouet venait alors meurtrir son corps. Cet état de choses ne pouvait durer longtemps.
Les Tatars faisant de continuelles incursions sur la terre de Pologne, afin d'arrêter les courses, on forma, sous Sigismond Ier, une cavalerie composée du peuple de l'Ukraine et des déserteurs des diverses nations, à laquelle on donna le nom de Kosaks. Ces soldats défendaient bravement les frontières menacées et souvent même, par représailles, exploitaient les terres des envahisseurs, les Tatars et les Turks. Leur nombre s’accrut considérablement, et leurs richesses tentèrent la cupidité de leurs maitres ; on voulut les traiter tout à fait en esclaves, en paysans. Mais de braves soldats ne se laissent pas opprimer ainsi, et les Kosaks trouvèrent des nobles, mécontents ou avides de butin, qui se mirent à leur tête. De là les guerres qu'ils soutinrent contre l'aristocratie polonaise et non contre la Pologne, qu'ils estimaient toujours, comme en font foi leurs propres déclarations. Ils prouvèrent qu'ils étaient capables de se battre afin de vivre libres et, malheureusement pour l'humanité, pour se venger aussi de leurs oppres-
seurs. Le xvne siècle fut témoin de ces luttes sanglantes, qui finirent hélas! par l'asservissement complet du peuple russien et l'affaiblissement, d'abord de la Pologne, et ensuite par son anéantissement.
Le G janvier 4654, Bogdan Chmielniçki, chef des Kosaks de l'Ukraine, se mit lui et les siens sous la protection de la Moskovie. La Pologne perdit donc ses plus braves garde-frontières et tout le pays au delà du Dniéper, ainsi que la ville de Kiiow ; la trève d'Andruszow, en 1667, et la paix de Moskou, négociée par Grzymultowski et Oginski, en 1686, la privèrent légalement de ces possessions. Une autre partie de l'Ukraine et de la Podolie passa également aux mains des Turks, qui, en 1672, envahirent ces provinces ; le traité de Buczacz, de la même année, leur en adjugea la jouissance, et le roi de Pologne, le roi Michel Korybut, s’obligea de plus à payer un tribut annuel à la Porte. Ce traité ignominieux ne fut jamais exécuté, et Jean Sobieski, par la paix de Zurawno, en 1676, en affranchit les Polonais et les fit rentrer en possession de la moitié de l'Ukraine. L'autre moitié, c'est-à-dire le gouvernement actuel de Kherson, resta, par portions égales, au pouvoir des Turks et des Kosaks zaporogues, qui se déclarèrent vasseaux de la Turquie. La Pologne perdit ainsi complétement les bords de la mer Noire, et cette brave milice, qui lui fut jusque-là d’une grande utilité. La faible partie qui lui resta au-dessous de Raszkow, sur le Dniester, ne signifiait plus rien. Les Turks conservèrent, en outre, la Podolie et la ville de Kamiéniéç jusqu’en 1669, époque de la paix de Karlowitz.
Depuis l'invasion des Musulmans, nobles et paysans quittaient à l’envi le pays, qui devint bientôt un désert sous la domination ottomane. La prospérité lui revint avec le pouvoir polonais; mis la partie basse fut à jamais ruinée.
Les Turks occupèrent la région située entre le Daiester et le Boh, appelée par les habitants Pobereze, et les Kosaks zaporogues celle entre le Boh et le Dniéper, qu'on tränsforma plus tard (1754) en Nouvelle-Servie, quand la Russie s'en empara au détriment de la Porte. Les Kosaks, mécontents à juste titre qu’on introduisit des étrangers chez eux, et de ce qu'on voulait les attacher à la glèbe, se soulevèrent ; mais leurs tentatives de rébellion furent réprimées sévèrement par le cabinet de Pétersbourg, qui se montra plus tolérant pour leurs excursions en
Turquie et en Pologne. Leurs courses en Pologne se nomment rzezie haydamacgkie (les massacres des Haydamacks, Kosaks); la plus mémorable est celle de 1768, où 50,000 habitants entassés dans la ville de Human et ses environs furent massacrés par ces brigands. La tzarine Catherine I, ne pouvant maitriser elle-même les mauvais penchants de cette race pillarde, se vit forcée de la transplanter, en 4775, sur le Kouban, vers le Caucase, où elle forme aujourd'hui la milice des Kosaks de la mer Noire.
Malgré tant de désastres, il restait encore à la Pologne une partie considérable des pays russiens, c'est-à-dire les gouvernements actuels de Kiiow (moins la ville avec son arrondissement), de Podolie, de Wolhynie, et enfin la Russie- Rouge. Bientôt ces terres passèrent entre les mains d'avides voisins, qui n’attendaient qu’une occasion pour déchirer le sein de la Polcgne. Mai avant l'arrivée de ce moment fatal, les sentiments les plus énergiques, les plus nationaux y éclatèrent de toutes parts. Dès 1768, la confédération de Bar commença à agir contre l'empire moskovite, baptisé en celui de Russie, qui, par vengeance, déchaïna les Haydamacks sur les défenseurs de l'indépendance nationale. Puis plus tard, en 1792, quelques aristocrates polonais voyant que la nouvelle constitution du 3 mai 1794 arrachait de leurs mains le fruit des la-° beurs du paysan, formèrent un complot, qu'ils décorèrent du nom de confédération ,à Targowiça, dans le palatinat de Braçlaw, et invoquèrent l'appui de Catherine II pour leurs infâmes menées. À la suite du premier démembrement (1772), la Pologne perdit la Russie - Rouge, envahie par l'Autriche, qui semblait protéger les confédérés de Bar. Après la rébellion de Targowiça contre la loi nationale et le second démembrement (1795), les palatinats de Küow, de Braçlaw, la Podolie et la moitié de la Wolhynie devinrent la proie de la Russie, qui excitait et soutenait de ses armes les menées des traîtres. L’Autriche et la Russie recueillirent encore les fruits de leur astuce et de leur force brutale en 1795, année où la Pologne cessa d'exister politiquement. Ces deux puissances se partagèrent alors le restant du butin ; l'empereur d'Autriche se titra du nom de roi de la Gallicie et de la Lodomerie (de Halicz et de Wlodzimierz), mais le tzar de Moskovie garda purement et simplement son titre d'empereur de toutes les Russies, quoique les Russies polonaises n’eussent jamais fait partie du tzarat
dapnietitec
moskovite dont Pierre Ie: forma l'empire russe. | tage vladimirien, peut un jour offrir un vasta Une petite partie de la Russie polonaise fut en- | champ aux combats où se décidera le sort de la
clavée en 1809 dans le grand-duché de Warsovie, et le royaume de Pologne la conserva depuis dans le palatinat de Lublin, comme une parcelle de drap mortuaire.
Cette Russie slave (la Moskovie est une Russie slavo-tatare) partagée en trois parties, et qui aigrit l'empereur d'Autriche contre l'empereur de Russie, tandis que celui-ci n’aspire qu'à s’em-parer de la Gallicie, qu'il prétend être son héri-
Slavonie occidentale; mais si, avant cette époque, le peuple slavo-russien apprend qu'il n'est le patrimoine ni des Habsbourgs ni des Hostein- Gottorp, on verra luire dans ces contrées une liberté et une civilisation dignes au plus haut point de la sympathie et de l'apoui de toute l'Europe chrétienne.
Passons maintenant à ia description de a eapitale de Podolie.
KAMIÉNIÉC-
La ville de Kamiéniéc est située sur les bords du Smotryez, par 489 40 41 de latitude nord et 249 13 45" de longitude est, méridien de Paris. Elle est à 85 milles de Pologne (15 au degré) au sud-est de Krakovie. Bâtie-sur une plate-forme entourée d’eau, tout concourait à lui donner de l'importance, et maintes fois elle servit jadis de boulevard à la Pologne contre les attaques des hordes barbares. Mais, si aujourd’hui ses défenses naturelles existent toujours, celles dues à la main des hommes tombent de toutes parts en ruines.
L'île qui sert de point d'appui à la ville se compose de couches d'argile dure et de calcaire brun ; ce dernier minéral abonde, ainsi que la chaux, et a servi comme matière principale dans la construction des maisons. Le granit, recouvert par le calcaire, renferme des morceaux d’un très-beau quartz. On rencontre dans quelques endroits de l’albâtre, et l'on présume qu'un peu plus bas on trouvérait du marbre. Parmi les pétrifications, le madrépore est le plus nombreux ; et, par-ci par-là , on voit des couches de pierresgranitiques.
La ville est donc bâtie sur un terrain pierreux, d’où lui vient son nom; Kamiéniéç, en polonais, veut dire ville en pierre. De grands rochers escarpés l'entourent au nord et à l'est, et ces masses semblent s’élancer au ciel ou incliner humblement leur front vers la terre.
Les autres monticules offrent un aspect plus riant et se prolongent jusqu'à ceux du Miodobor, où le Boh et le Bozek ont leurs sources. Çà et là l'œil admire de charmants bosquets et des bois d’une lieue d'étendue ; ceux de Pudlowçe, de Zwaniec et de Kubaczow forment une ceinture d’éclatante verdure, et, dans la belle saison, les habitants en font l'objet de leurs promenades favorites. |