‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 57 sur 180 · livre. Sa tête et ses yeux ressemblent à ceux · texte numérisé non relu

livre. Sa tête et ses yeux ressemblent à ceux

d’un dragon, sa gueule est large et aplatie, il porte sur sa tête deux cornes très-aiguës:; sur : son dos il a une espèce de crochet incliné vers

la tête; son corps est rond, et sa peau, comme celle du lézard, est hérissée de petites pointes. Il y a encore d'autres poissons non moins étran-

ges; quélques-uns ont des ailes commelles oiseaux,

et des becs comme des cigognes.

» Souvent nous faisions des promenades en

bateau sur mer. Quand l’eau était calme, on

apercevait une innombrable quantité d'animaux

aquatiques. Ils se meuvent et se cachent sous une herbe qui produit un excellent sel de cuisine, quand on [a fait sécher et brüler. Gn trouve aussi dans ce pays une terre qui contient une substance salée, et, pour l'obtenir, on en prend une poignée que l'on passe à l'eau; une demiheure après elle est transformée en sel.

» En observant le fond de la mer, on fait à chaque moment de nouvelles découvertes : parfois on aperçoit des bancs de sable, plus loin des rochers et des arbres sur lesquels se groupent certains animaux. Quand nous voulions jouir

à notre aise du ravissant spectacle de la mer, nous allions nous établir sur les ruines d’un vieux château bâti jadis dans la mer, et éloigné d'Ebeltzol de # milles. Nous choisissions l’heure de midi; après avoir attaché notre barque, nous nous enfoncions dans les crevasses de cet antique manoir. Nous restions là sans dire un mot ; alors nous voyions venir les dauphins, les veaux marims qui retournaient leurs gros ventres au soleil pour se chauffer ; mais si on lançait seulement une petite pierre, ils disparaissaient en un clin d'œil. Les habitants me racontèrent qu’on avait essayé de tirer sur ces animaux, mais dès qu'ils étaient blessés ils se cachaient sous l’eau et la vague les rejetait ensuite sur des plages lointaines.

»J'aimais de passion ces promenades sur mer ; mais elles faillirent me jouer un mauvais tour. Je voulais passer le jour de Pâques à Aarhus pour y entendre la messe et voir le palatin. Pour ne pas fatiguer mes chevaux, je me décidai à faire le trajet par mer; d’ailleurs le trajet était plus court. Nous partimes, moi et mes compagnons, le samedi saint ; la mer était un peu houleuse, mais vers minuit elle se calma; cependant le ciel était toujours gros de nuages. Nos marins prévoyaient un orage, et, pour arriver avant, ils faisaient force de rames. On m'avait dit que la traversée serait courte, mais plusieurs heures s'étaient passées et nous étions encore en-mer; je demandai au pilote si nous ne nous étions pas égarés : il réfléchit un moment, puis il consulta ses hommes, et me dit que nous avions perdu notre direction. Qu'allons-nous faire?» lui dis-je. Tout en lui parlant, je regardai l'horizon, et moi le premier, grâce à mes bons yeux, j'aperçus des habitations : « Voici une ville à notre » gauche ! m'écriai-je. — Dieu nous préserve d’a- » border là! me répondit le pilote, car Aarhus » doit se trouver à notre droite.» Nous appro-

A . . *° châmes encore et nous vimes distinctement les ‘vaisseaux du port de Nikoping dans la Seelande.

Nous cherchâämes à prendre une direction opposée; mais les douaniers nous avaient déjà aperçus et criaient qui vive ! Nous nous gardâmes

bien de répondre, et le douanier de recommen-

cer son qui vive ! Je conseillai au pilote de dire que nous étions des pêch urs. « Des pêcheurs! » dit celui-ci. — Mais de quel endroit ? — De ce » pays, » réponditde pilote. Notre réponse déplut fort au douanier ; il jura, murmura, blasphéma,

Dieu me pardonne, et dit :eFaire la pêche un sain.

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