Tome ni
teurs en ont fort peu parlé; si vous consultez le | géographes étrangers, ils vous diront : c'est une forteresse de la Petite Pologne, au palatinat de Krakovie. Si vous vous adressez à un géographe polonais, il vous apprendra que c'était un domaine de la couronne, ou plutôt une starostie; que le château a été bâti par Kasimir-le-Grand, que des officiers de génie français l'avaient fortifié en 1770, et qu'il appartient maintenant à la princesse de Carignan. Et cependant ces murs dégradés, ces ogives brisées, toute cette richesse de pierres, dispersée et foulée aux pieds, formaient jadis un ensemble magnifique, resplendissant de luxe et auimé d’une vie bruyante. Le château faisait l’orgueil du pays, et ses tourelles, s’élevant majestueusement au-dessus d’une forêt de sapins, frappaient les regards des habitants du château royal de Krakovie. Et plus tard, lorsque le fracas seigneurial dédaigna cette résidence élevée, et alla se confondre avec le bruit de la capitale, une poignée de braves s’y réfugia : le cri de guerre réveilla l'écho de ses voûtes silencieuses, et le bruit des armes résonna sur ses dalles solitaires. Les confédérés de Bar,en 1768, commandés par Beniowski, y repoussèrent les attaques multipliées d’un ennemi nombreux et acharné; ils coupèrent les arbres qui couvraient les flancs de la montagne, et, les roulant sur les têtes des ennemis, ils les écrasèrent par centaines. Un de ces braves vivait encore il y a quelques années à Myslenica ; il s'appelait Opido, mais le peuple l’a surnommé Mlok : respecté par ses concitoyens, il racontait les prouesses des confédérés à Lançkorona, et se fit inhumer dans son vieil habit de confédéré. Sa femme vit encore ; elle s’est acquis une grande popularité par ses connaissances médicales et divinatoires ; le peuple la considère comme un oracle, et la classe aisée, malgré ses lumières, vient la consulter en secret.
Depuis que le gouvernement autrichien s’est emparé de la Galicie, il semble avoir pris à tâche d'anéantir tous les monuments nationaux; les ruines de Lançkorona disparaissent à vue d'œil. Vain et misérable effort de ceux qui croient pouvoir étouffer les souvenirs d'un peuple en détruisant ses monuments! le sentiment national s'attache aux murs, mais ne tombe pas avec eux. Ils voudraient broyer l'histoire à coups de marteau, oubliant qu’en cela même ils font encore de l'histoire.
XAVIER GODEBSKI,
BIRUTA ,
LÉGENDE HISTORIQUE TEUTONO-LITVANIENNE DU XIVe SIÈCLE.
So lat mijalo, jak Zakon Krzy2owy We krwi pogañstwa polnocnego brodzil ; JuZ Prusak szyje uchylit w okowy,
Lub ziemie oddat , a z dusza uchodzil; Niemiec za zbiegiem rozpuscit gonitwy,
Wiezil, mordowa}, aë do granic Litwy.
LS x *
Niemen rozdziela Litwinôw od wrogôw :
Po jednéj stronie blyszeza éwiatyn szezyty, 1 szumia lasy, pomieszkania bogôw ; Po drugiéj stronie, na pagôrku wbity Krzy£, godlo Niemeôw, ezolo kryje w niebie, Groïne ku Litwie wyciaga ramiona, Jak gdyby wszystkie ziemie Palemona Chciaï z gory objaé i garnaé pod siebie.
sr le eveute Le Ne Femelle
A ludzie? — ludzi rozdzielity boje!
Dawna Prusakôw i Litwy zazylosé Przeszla w niepamieé ; tylko czasem milosé
1 ladzi zbliZa. — Znalem ludzi dwoje.
O Niemnie! wkrôtce runa do twych brodow Smieré i poñoge niosace szeregi, 1 twoje dotad szanowane brzegi.
Topor z zielonych ogoloci wiankow, Huk dziak wystraszy slowiki z ogrodôw.
Co przyrodzenia zwiazal Jañcuch z1oty, Wszystko rozerwie; lecz serca kochankow
Zlacza sie znowu # pieéniach Wejdaloty.
Avax MICKIEWICZ.
Prèsde cent ans s'étaient écoulés, depuis qu’un ordre de croisés se baignaït dans le sang des païens du Nord. Déjà le Prussien avait courbé le cou sous les fers, ou abandonné ses terres el fui, n'emportan, que son âme; l'Allemand, acharné à la poursuite des fuyards, avait porté l'esclavage et le massacre jusqu'aux frontières de la Litvanie.
Le Niémen sépare les Lilvaniens de leurs perséeu- - r : d’un côté étincellent les faîtes des temples et frémissent les forêts, séjour des dieux; de l'autre, plantée sur une colline, la Croix, étendard des Alemands, cache son front dans les nuages, et allonge sur la Litvanie ses bras menaçanis, comme si d’en haut elle voulait saisir et ramener sous elle toutes les
terres de Palémon.
Et les hommes ? Les guerres ont divisé les hommes... L'ancienne familiarité des Prussiens et des Litvaniens est tombée en oubli. Parfois seulement l'amour rap proche aussi les mortels! J'ai eu connaissance de deux
mortels !
O Niémen ! bientôt se précipiteront dans tes gouffres les rangs, portant la mort et les flammes, et tes rives, jusqu'ici vénérées, se dépouilleront, sous la hache, de leurs vertes guirlandes ; le bruit du canon chassera des jardins les rossignols épouvantés... Tout ce que la nature à noué de ses chaînes d'or, la haine des peuples le rompra, le rompra tout... Mais les cœurs des amants se réuniront encore dans les chants du Wei-
dalote.
BurcauD pes MaAners.
I cemment sur les frontières de la Litvanie, était occupé par le vieux komtur Otto, surnommé Ja
Le château de Johannisbourg, élevé tout ré- | Jambe de bois, et son compagnon d'armes, le