‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 79 sur 180 · CELA · texte numérisé non relu

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fautes, tous les crimes. Sans votre demande, je ne Vous aurais pas parlé comme je le fais; je ne voulais pas être pour vous un maître impitoyable, je voulais être un ami, un père. Pourquoi avezvous provoqué cette triste explication?

— Ne soyez pas prompt à me condamner, seigneur. Un homme, fût-ille plus énergique, ne peut répondre de son cœur; les saints eux-mêmes n’ont pas été exempts de passions. Je me présente pur devant vous. Tout mon crime, le voici: Au moment où je me séparais d'elle, mes lèvres ont touché son front! Donnez-moi l’absolution pour cette seule faute ? »

Wiarich fit semblant de n'avoir pas entendu les derniers mots de Werner, et, reprenant la conversation de plus haut, il lui dit seulement : « Que vous importe ce prisonnier! pourquoi voulez-vous que je vous confie sa garde ?

— Vous avez daigné me dire que vous aviez pour moi l'intérêt d’un ami, d’un père : eh bien, écoutez-moi encore avec bonté.

—- Parlez, le grand-maître n’en saura rien.

— Cette femme que vous avez traitée avec mépris, je lui ai promis de me dévouer pour le grand-duc, si le hasard me le permettait sans trahir les devoirs de mon Ordre. Aujourd’hui, je puis accomplir mes promesses envers elle; je puis adoucir le sort du grand-düc par mes soins, par mon dévouement, comme je vous l'ai dit.

— Comment! vous voulez servir votre rival?

— Seigneur, je ne veux et je n’ai jamais rien voulu de contraire à mes vœux. Un sentiment de reconnaissance, un souvenir dans son cœur, c’est tout ce que je demande au monde. Je ne sais si je présume trop de mes forces, mais je crois pouvoir remplir mes promesses; consentez-vous?

— Sekendorf Bassenheim et vous, garderez alternativement le prisonnier ; j'en informerai l’archi-komtur..… Allez en paix, mon fils, calmez votre imagination, rejetez loin de vous toutes les illusions qu'elle enfante. Vous êtes un brave guerrier; mais le frère de l'Ordre a le cœur trop jeune: tempérez sa fougue; c’est un père qui vous parle, et que cet épanchement de confiance soit le dernier. Chevalier Werner, en vous confiant lagarde du prisonnier, l'Ordre vous oblige à scruter ses pensées et à faire la révélation de tout ce que vous apprendrez. N'oubliez pas que le bienet l'intérêt de l'Ordre sont vos seuls devoirs.»

Werner, sans rien répondre, salua respectueusement le grand-maître, et sortit de la chambre. Winrich le suivit des yeux. Pauvre

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