‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 86 sur 180 · TROT · texte numérisé non relu

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avec les terres d'Oswiécim, il appartenait au duché de Krakovie, gouverné par les princes de la famille des Piasts. Le roi Kasimir IL le Juste, qui tint, en 1179, sur les fonts de baptême le fils de Miéczyslas, duc d’Oppeln de Silésie, lui donna son nom de Kasimir, et comme l'enfant était neveu du roi, il lui donna en propriété Oswiécim et Zator. Son petit-fils Bithom prit en 1506 le titre de duc de ces deux seigneuries. Les empereurs d'Autriche, possesseurs actuels de ce pays,

mettent entre leurs autres titres ceux de ducs. d'Oswiécim et de Zator, quoique ce dernier bourg :

soit la propriété d’un particulier.

Sous le règne de Wladislas-Jagellon, vers l'an 1435, les deux frères Janus et Wenceslas régnaient, le premier à Oswiécim, et le second à Zator. Alors la haute noblesse, s'arrogeant des priviléges qui ne lui appartenaient pas, formait des bandes à part, et faisait des excursions à main armée les uns contre les autres, ou dans les pays limitrophes. Parmi eux, il y avait un nommé Dzierzek Rytwianski, aux armes de Jastrzembiec. Il engagea à sa solde une bande de cavalerie et d'infanterie, pour attaquer nuitamment le château de Zator et s’en emparer, dans le but d'augmenter sa fortune, qui était déjà considérable par l'héritage de son oncle, l'archevêque de Gnèzne, Albert. Le reste du duché d'Oswié- -cim subit le même sort.

Mais l'audace de Rytwianski fut punie. Dans un combat livré près de Siéwierz, il fut battu par les Silésiens, et force lui fut d'abandonner le duché au roi de Pologne, au prix de 1,000 marcs d'argent. Jagellon rendit le duché à Wenceslas, à condition toutefois que celui-ci rendrait au roi le fort de Berwald, l’antre des brigands et des voleurs de grands chemins ; cette condition fut acceptée, et Wenceslas avec ses deux fils, Przémyslas et Jean, devinrent tributaires de la couronne. Jagellon avait fait ce sacrifice dans l'intention d'empêcher que ces contrées ne se germanisassent, à l'instar de la Silésie, qui malheureusement subit cette fatale influence. Cette crainte était d'autant plus fondée, que déjà, en 1337, Jean Oswiécimski, chanoine de Krakovie, s'était soumis, comme duc d'Oswiécim, à l’autorité de Jean de Luxembourg, roi de Bohême.

Le brigandage de Rytwianski trouva des imitateurs. Janus Oswiécimski inquiétait, en 4452, les contrées qui avoisinent Zator et Krakovie, et il détroussait les négociants qui voyageaient entre Krakovie et Breslau. IL dépouilla Wié-

rzynek lui-même, descendant de Nicolas Wicrzynek, le célèbre trésorier du roi Kasimir-le- Grand, d’une somme de 5,000 florins, valeur énorme pour le temps.

Les nouvelles de ces rapines étant parvenues à la connaissance du roi Kasimir-Jagellon, qui présidait alors la diète de Lublin, il envoya le Staroste Janus-Jassa-Szczekocki, et le chambellan Jean Kuropatwa, punir l'audace d'Oswiécimski. Le coupable, effrayé des conséquences de.cette affaire, se rendit à Krakovie, pour faire amende honorable au roi, et celui-ci ordonna d'abord à Jean Czyzewski, et ensuite à Kuropatwa, de garder en son nom royal le duché d'Oswiécim. Mais la parole d'Oswiécimski n’était point franche, et dès que le roi partit pour la Litvanie, il recommença ses brigandages. Repoussé du côté d’Oswiécim, il se barricada dans le fort de Wolek. Jean Tenezynski, palatin de Krakovie, vint l'y assiéger ; effrayé des suites de cette guerre, Oswiécimski finit par s'arranger, et céda à la couronne, au prix de 20,000 gros de Prague, le duché. Dans la même année 1454, Wenceslas et la noblesse de ces contrées prêtèrent, entre les mains du roi, serment de fidélité.

Cet arrangement paraissait fixer, pour longtemps, le sort des duchés d'Oswiécim et de Zator ; mais il n’en fut pas ainsi, et en 1457 surgit une nouvelle cause de perturbation. La lie des soldats indisciplinés et mal payés, composée des Bohémiens, des Silésiens et des Polonais, s’établit d’abord sur la montagne dite Zebracza, et plus tard dans les bourgs de Myslenicé et Wapienna-Gora. Janus Oswiécimski aidait sous main celte coupable opposition. L'armée régulière de Pologne fut employée contre ces perturbateurs du repos public; mais elle ne put réussir à soumettre les rebelles. On ouvrit donc de nouvelles négociations, et la couronne fut obligée de signer avec Oswiécimski un traité ( 24 fé-

vrier 14457) par lequel ce dernier obtint une.

somme de 50,000 gros de Prague (équivalant à 200,000 ducats de Hollande), et alors tout fut terminé, et la tranquillité se rétablit.

À la mort de Wenceslas, Janus, son frère, devenant duc de Zator, céda en 1494 son duché au roi Jean-Albert, au prix de 80,000 ducats : outre cela, on lui payait 520 ducats annuellement, et seize tonneaux de sel tirés des salines de Bochnia et Wiéliczka. A la mort de Janus (1513), Zator fut transformé en starostie. Depuis l'an. née 1564, ces duchés faisaient partie du palatinat

de Krakovie. Sous l’année 1649, on trouve Jean Lubomirski, étant nommé staroste de Zator.

Pendant les guerres de la confédération de Bar (1768-1772), ces contrées furent témoins de plusieurs combats livrés pour l'indépendance nationale.

En citant les faits principaux qui se sont passés à Zator, nous ne pouvons omettre l'étrange

événement qui arriva aux personnes de la suite du roi Henri IL, à l'époque où ce roi fuyait de Krakovie, pour gagner la France et le trône de Charles IX. Cet événement est un des mémorables souvenirs qui se rattache aux annales de Zator ; et nous allons le communiquer à nos lecteurs dans l’article suivant.

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