‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 9 sur 180 · LEA POLOGNE · texte numérisé non relu

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soler le pays (1560). A Krakovie seulement on évalua à vingt mille le nombre des morts.

Un effroyable fléau décimait la Pologne, et la Litvanie, son alliée, était en butte à la guerre, guerre d’extermination entre elle et les Teutoniques. Les ducs Olgerd, Kieystut et son fils Patryk tenaient tête à leur redoutable ennemi.

Kieystut, fait prisonnier deux fois (1561), s’échappa comme par miracle de la prison des moines-soldats. De retour dans ses États, il écrivit aux Teutoniques : « Je m’empresse de vous annoncer l'issue de mon voyage, et de vous prévenir que si le sort, la fortune, fait tomier entre mes mains votre grand-maître où même quelques-uns de vos komturs, je les garderai assez soigneusement pour qu’ils né puissent pas m'échapper. » Après les menaces, vinrent les faits ; une nouvelle campagne s’ouvrit, et dans un combat acharné Kieystut tomba encore au pouvoir de l'ennemi; mais cette fois on le garda avec la plus grande rigueur, ce qui toutefois ne l'empécha pas d'échapper à la surveillance de ses geûliers. |

Le grand-maître Winrich von Kniprode, pour prévenir la vengeance des ducs Olgerd et de Kieystut, marchèrent sur Kowno, excellente position stratégique et place de premier ordre. L’attaque et la défense furent faites avec une égale vigueur. La citadelle fut prise le samedi saint, et le dimanche jour de Pâques (4562) les autels du vrai Dieu s’élevaient sur les débris fumants des divinités païennes. :

La Pologne, dans la même année, était accablée de nouvelles calamités; ce n'était point assez de la peste, il lui fallait connaître les horreurs de la famine ; à cette Pologne, que toutes les douleurs éprouvent, l'intensité du froid, les inondations du printemps amenèrent ce fléau; mais le roi, par une sage prévoyance, sut bientôt y remédier. Les récoltes des années précédentes ayant été abondantes, Kasimir avait fait approvisionner les greniers publics ; alors, au moment de la disette, il fit donner au peuple du blé à bas prix; puis il fit construire des forts, des monuments publics pour occuper les ouvriers et les paysans. La Pologne bénissait 1x bienfaisance de Kasimir ; on laimait, on ladmirait; comment se rappeler les torts de l'homme, quand le roi est si grand, quand il Porte si dignement sa couronne ? Kasimir profita de ce moment dé repos et de bonheur pour réunir dans sa ville de Krakovie plusieurs souverains, ses alliés.

Le mariage de sa petite-fille, la princesse Elisabeth, fille de Boguslas, duc de Stettin en Poméranie, fut l'occasion de cette solennelle réunion, Kasimir donnait sa petite-fille à l’empereur d'Allemagne Charles IV; le mariage fut célébré avec pompe et magnificence (1363). Les rois Louis de Hongrie, Pierre de Chypre et Waldemar de Danemark, ies ducs de Bavière, de Schweidnitz, d'Opeln et de Mazovie y assistèrent; puis il y avait tant de princes et d'évêques qu'il serait impossible de les énumérer.

Le roi et les ducs précédèrent à Krakovie l’arrivée de l’empereur Charles IV; une députation des grands de l'État attendait ce souverain à la frontière, et c’est avec cette noble suite qu'il fit son entrée dans la ville. Les quatre rois allèrent à sa rencontre à une lieue; le peuple grossissait leur cortége : le peuple était avide d’un spectacle sans exemple alors dans les annales de la Pologne.

Les rois mirent pied à terre dès qu'ils aperçurent Charles IV, le saluèrent, et remontèrent à cheval pour lui servir d’escorte. L’entrevue des monarques fut touchante, disent les chroniqueurs; ils pleuraient en s’'embrassant, et le peuple était ému en voyant cette union, qui semblait assurer ses destinées. Charles et son royal cortége s'avancèrent vers la ville ; le duc Boguslas les attendait aux portes pouf lui présentér sa future épouse.

La Pologne ne devait pas démentir sa renommée de courtoisie, d'hospitalité et de grandeur, ses illustres hôtes furent traités avec magnificence. Kasimir prodigua ses trésors ; Krakovie avec ses beaux édifices, ses châteaux, ses palais, put loger dignement l'empereur, les rois, le légat du pape, les princes, les ducs et toute teur suite. Luxe d'équipage, luxe de table, rien ne fut négligé.

On distinguait à la tête des officiers destinés au service des rois étrangers, Nicolas Virzing, d'origine allemande et anobli en Pologne, et connu depuis dans notre histoire sous le nom de Wierzynek ou Wierzynski. Îl était panetier du palatinat de Sandomir, conseiller de la ville de Krakovie, négociant de premier ordre, maréchal, ce qui équivaut à intendant ou trésorier de là cour de Kasimir. À l’occasion du mariage de l'empereur on le chargea de l'ordonnance des fêtes, et il s’en acquitta merveilleusement. Le peuple ne fut point oublié, il eut bonne part dans ses largesses, les places publiques étaient

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