DU COTÉ DE LA W1STULE
Nous avons déjà parlé de ce lieu dont la renommée est européenne. D'abord nous avons donné les gravures représentant le temple de la Sibylle et la Maison gothique, où se trouvaient réunis les souvenirs mémorables de la Pologne ; ensuite, nous avons fait connaître la belle Parckatka, située tout près de Pulawy. Aujourd'hui nous revenons sur ce sujet en donnant Iq château de Pulawy dont In vue s'étend sur ses magnifiques jardins et sur la Wistule.
Dans ce château se sont accomplis de tristes drames: des intrigues de famille, des intrigues d'État; l'histoire a déjà mentionné tous ces faits, et pour en adoucir l'amertume, elle a recueilli des scènes touchantes qui honorent l'humanité. C'est dans ce château que s'élaboraient les négociations qui préparèrent les voies a l'anéantissement politique de la Pologne ; c'est ici que les ennemis couronné* de notre république leur-
raient les espérances d'une famille; c'est ici que se pressaient plusieurs littérateurs de la Pologne autour de leurs Mécènes. C'est ici enfin que les guerriers polonais blessés dans la campagw de 4809 trouvaient soins et consolations. En 4831 la population de Pulawy, effrayée par les cruautés moscovites, alla se réfugier dans les appartements et les salies dorées du château; elle y trouva une douce pitié et une généreuse hospitalité. Alors le château était habité par la princesse Isabelle Czartoryska, âgée de près de quatre-vingt-dix ans, et par sa fille, épouse du prince de Wurtemberg. Ce dernier, employé au senice russe comme commandant d'un corps de troupes, fit eanonner le château habité par sa bellemère et sa femme La bibliothèque et ses
riches collections furent emportées par l'ennemi, et depuis celte époque, dans le château et ses dépendances, règne le silence des tombeaui...
HISTOIRE
WLADISLAS ffl, LE VARNENIEN (i454-i*u).
Lorsqn'après un règne de quarante-huit ans, Wladislas-Jagellon descendit dans la tombe, son fils aîné Wladislas, né en 1435, n'était âgé que de dix ans. La noblesse polonaise, jalouse de son influence, et tout entière a ses privilèges, remua et chercha à profiter de la minorité de Wladislas, ponr satisfaire ses voes d'ambition, et les conon insolence aristocratique. Les prinmeneurs cherchèrent par toutes sortes de moyens à entraver l'élection du jeune prince; mais le vénérable évôque Zbignievr Olesniçki, nommé récemment cardinal, aplanit tous les
Les malveillants' s'assemblèrent en diète à Opatow (dans le palatinat de Sandomir). Les débats furent vifs; mais l'imposante autorité d'Olesnicki prévalut, et Wladislas fnt élu. Cette première difficulté levée, on parla du couronnement, et le parti vaincu se targua de l'importa uce de cette solennité pour recommencer une opposition active et tumultueuse. L'âge tendre du prince, disait-on, ne permettant point de démêler quel serait son caractère, il était à craindre qall ne violât un jour les serments que la reine et quelques seigneurs étaient convenus de prêter ea son nom pour le maintien des privilèges aristocratiques, décorés alors du nom sacré des droits nationaux de la république !
Ce nouvel orage étonna un instant Olesniçki mais sans le décourager ; il parla raison et expérience, il rappela aux opposants les promesses qu'ils avaient faites à Jagellon, et leur demanda s'ils n'avaient pas honte de se parjurer euxmêmes, sous le prétexte d'ôter la chance éventuelle d'un parjure au jeune roi. Quant à l'âge