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sier de saint Pierre, qu'il prélevait sur cette province, le pape, disons-nous, témoigna son courroux au nouveau converti, et celui-ci s'erapressa de se remettre sous le giron de l'Eglise catholique, et pour témoigner son zèle, il se déclara a poire de l'Evangile. Cette conduite, plus que faible, lui attira la baine des Russiens, et il mourut empoisonné, à Léopol, le 25 mars 1340.
Le roi des Polonais devenait successeur légitime du trône ducal, et son intérêt voulait qu'il réunit a la Pologne un pays qui en avait été tant de fois tributaire; mais avant de faire valoir ses droits, il devait punir le crime commis sur son parent, et protéger la femme du feu duc : celle princesse était sœur de la reine Aldona.
An mois d'avril les troupes polonaises se dirigèrent sur Léopol ; après un siège de quelques semaines, les Boiars offrirent de rendre la ville, i la condition que les Polonais respecteraient leur religion, et ne changeraient rien à leur culte. Kasimir souscrivit à ces propositions, et répondit qu'il ne venait pas en ennemi. Les purtea de Léopol s'ouvrirent, et les habitants jurèrent soumission et obéissance au roi des Polonais.
Kasimir tira de Léopol d'immenses richesses, uni en or qu'en argent et en bijoux ; il fit emporter deux croix d'or massif qui contenaient dn bois de la sainte croix, deux couronnes magnifiquement montées et le trône ducal; le tout fui transporté à Krakovie. Après avoir organisé cette province à l'instar de la Pologne, Kasimir fit raser le château qui servait de reloge aux mécontents, puis il retourna dans sa capitale.
Kasimir ne jouit pas longtemps de la tranquillité. Les Tatars conspiraient sourdement, il* prêchaient la révolte aux peuples soumis à la domination polonaise. Le roi, prévoyant les con- *qœnces de ces menées, écrivit au pape Benoit XII pour lui demander des secours, et l'autorisation d'une croisade contre ces infidèles.
Le 24 juin de l'année 1340, Kasimir entra en """elle campagne à la tête d'une grande aret, sans qu'on lui opposât de résistance, il °cwipa la province, car la conspiration n'avait
jeté des racines bien profondes, et les masses «taient pour les Polonais. R;isimir convoqua une feenbléd à Léopol, où on concerta une union "Kliswluble entre la province soumise et la Potyoe; le roi institua des palatins, des castel- U, de* turostea, de* juges et u'autret roagis-
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trau, pour qu'a l'avenir cette province format toujours un corps compacte avec la république polonaise.
Depuis lors, des relations intimes s'établirent entre Léopol et Krakovie. Les familles polonaises Grent des migrations dans la Russie- Bouge, et peuplèrent cette terre ruinée par les guerres civiles et étrangères. Les Allemands, d'autre part, affluèrent à Léopol, et le roi leur accorda les lois de Magdebourg, et leur promit une entière tolérance religieuse.
Malgré cet état de choses, l'intervention des voisins était à craindre, une étincelle pouvait allumer une guerre funeste ; mais le bruit d'une prochaine croisade et la mort de Gedymin assurèrent le repos du pays; et, pour gage de sécurité, les fils de Gedymin conclurent un traité avec le roi, en vertu duquel traité le duché de Léopol restait à la Pologne, et ne laissait aux héritiers du duc que les terres de Brzesc, de Wlodimiérz ou Luck, de Chelm, de Belz et de Krzemieniec, en réservant au roi des Polonais le droit de mettre des garnisons dans les chefslieux de ces terres. En cas de nouvelles dissensions, il pouvait appeler la médiation du roi de Hongrie.
Kasimir voyait s'accroître pnr ses efforts la prospérité de la Pologne ; il ne manquait à ses vœux qu'un héritier qui assurât l'avenir du trône, et qui détruisit les vues ambitieuses des Hongrois et des Bohémiens : il songea donc à se remarier. Jean de Bohème lui offrit sa fille Marguerite, princesse de Bavière ; ce prince avait le double but de conserver ses relations avec la Pologne, et de s'en servir d'appui pour conquérir un jour la Bavière. Marguerite n'aimait pas Kasimir, mais il ne s'agit point d'amour en pareil cas, et Kasimir hâtait les préparatifs de son mariage, comme s'il comptait sur le cœur de sa future épouse ; il allait se rendre en Bavière, au moment où il apprit qu'une insurrection avait éclaté dans les terres russiennes. Voici le fait :
Après la réunion des terres russiennes à la Pologne, le roi avait donné le gouvernement de Yolhynie à Ostrosgki, et à Daszko celui de Pi-zemysl. La religion catholique, protégée par les gouverneurs au détriment de la religion de la majoiité, cau>a un mécontentement qui n'attendait que l'occasion pour devenir une rébellion ouverte. Les Tatars, avides de discordes, offrirent leurs secours aux Russiens, et la guerre fut déclarée.
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An premier brait de l'irruption des Tatars, les rois de Pologne et de Hongrie sollicitèrent l'appui de l'empereur Louis; mais celui-ci, après avoir pris connaissance du message des deux souverains, dit aux envoyés : < Puisque vos rois sont si puissants, ils n'ont pas besoin de mon aide. • Cette réponse était accompagnée d'un sourire sardonique qui en disait plus encore. L'empereur avait raison : le roi, à lu téie de ses braves Polonais, pouvait se passer d'un secours étranger. Ainsi fit-il.
Le rot de Hongrie sut adroitement détourner l'ennemi de son pays : l'invasion se jeta donc comme un ouragan furieux sur la Pologne.
Dans les premiers jours d'avril 13*1, Kasimir prend le commandement des troupes, et oppose à l'ennemi une vigoureuse résistance sur les bords de la Wistule, dans les environs de Zawichost ; il franchit le fleuve, marche sur Lublin, et dans une bataille rangée met 6,000 ennemis sur la place, et fait prisonniers plusieurs chefs, qui lut paient de grosses rançons pour être mis en liberté. Lublin revint au pouvoir des Polonais !
L«s Tatars et les Russiens, mécontents, exaspérés de leur défaite en Pologne, se jetèient sur la Prusse; là, ils furent en paitie massacrés par les Teotoaiques. Le roi, victorieux et clément, publia une amnistie pour les coupables Russiens; ensuite il partit pour épouser Marguerite.
Mais la joie de Kasimir à son arrivée en Allemagne, se changea bientôt en deuil : Marguerite mourut. On ne snt à quelle cause attribuer cette mort prématurée. Peut-être était-ce le désespoir d'épouser un homme qu'elle n'aimait pas? Cet événement fut également douloureux pour les deux rois; unis par leurs regrets, cl plus encore par des considérations politiques, ils conclurent à Prague ( 13 judlet 1341 ) un nouveau traité d'alliance et d'amitié, et sur la proposition que lui en fit le roi Jean, Kasimir épousa Adélaïde, fille de Henri, surnommé de Fer, duc de Hesse. Le duc amena sa «Ile à Ki akovie, oit elle fut mariée et couronnée par Janistas, archevêque de Gnetne, le 29 septembre 13 il. Le roi combla son beau-père d<s plus riches présents. La princesse Adélaïde était pleine de vertu, mais la nature lui avait refusé tous les charmes et toutes les grâces, et le roi ne pouvait s'accoutumer à cet extérieur repoussant, aussi lui faisait-il de nombreuses et patentes infidélités. La pauvre reine souffrait de l'indifférence de son royal
époux, «t celui-ci, pour se délivrer cPon témoin importun, quoiqu'il se gênât peu, comme nous l'avons dit, la relégua dans le château de Zarnowiec, sur ia Ptliçt. Elle y vécut dans une entière solitude pendant quinze ans; le roi, qui l'entourait d'égards et de luxe, ne venait pas même la visiter ; la reine était respectée, mais le cœur de l'épouse suffoquait de larmes au milien de cette grandeur.
Charles Ier, roi de Hongrie, mourut le 44 juillet 4342. Cet événement n'était pas sans importance, car son successeur, Louis, s'intéressait plus particulièrement encore à la Pologne. Pendant qu'un souverain laissait un trône, Kasimir consolidait le sien, en signant des traités de paix et des trêves à Posen et à Knlisz. Le traité de Kalisz n était pas aussi favorable qu'on le désirait, à cause de la ténacité des Teutoniques, aussi ne fut-il pas généralement approuvé comme les précédents; mais dans l'assemblée tenueàlnowloclaw, une immense majorité ratifia te traité ; le clergé seul, ou plutôt les évèques ne voulurent signer encore cette fois que leur acte de présence (22 juillet 1342).
Les nombreuses conventions passées avec les Bohémiens ne furent jamais sincèrement observées. Kasimir-le-Grand, malgré ses vues pacifiques et ses sentiments conciliants, fut donc entraîné dans une guerre contre la Bohême. Les persécutions que Jean avait fait éprouver à Bo- Iko ou Boleslas, duc de Swidniça (Schweidnilz), furent un des motifs qui le déterminèrent; car ce duc était tributaire et allié de la Pologne. Kasimir ouvrit la campagne de Silésie, battit en brèche les villes de Wschowa (Fraustadt) et de Cieniawa (Steinau) sur l'Oder (1344). Cet heureux début fit redouter aux ducs de Silésie les suites de celte guerre; ils envoyèrent donc une députation au roi, et vinrent ensuite le trouver dans son camp pour lui offrir de lui céder à perpétuité la ville de Wschowa avec ses dépendances, par un acte authentique. Depuis cette époque, celte ville fut réunie au corps de la répuMique polonaise , mais avec la clause expresse qu'elle conserverait le privilège de battre monnaie, privilège dont elle a joui jusqu'au règne de Wladislas Jagellon.
La Pologne, en consolidant ses possessions, effraya le roi Jean de Boticme, et une guerre s'ensuivit. Pour la soutenir avec honneur, Kasimir fit une alliance avec l'empereur d'Allemagne, ei fiança sa *kMe Kunègonde à Romutae, tiisde I empereur.
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Kunégonde était un enfant de ton premier mariage. Après les fiançailles, Kasimir entra en campagne; il occupa militairement le duché d'Opawa(Oppeln), et fil le siège de la ville de Saar.
Jean de Bohème, atteint depuis quelque temps d'une cécité complète, déclara néanmoins que s'il ne pouvait voir la ville de Krakovie, il voulait s'en consoler en touchant ses murs, et sur-le-champ il se dirigea avec une partie de son armée sur Opawa. La position du roi devenait critique, et l'empereur, malgré ses promesses, n'envoyait pas de renfort aux Polonais ; Kasimir, irrité de cet abandon, déclara qu'il ne marierait pas sa fille au fils de l'empereur. Les troupes du roi furent forcées de reculer devant un ennemi supérieur en nombre et en moyens matériels. Kasimir s'enferma donc dans Krakovie, où Jean vint l'assiéger (juillet 1345). Les Bohémiens, malgré leur roi aveugle, ne parent rien faire de décisif ; ils se contentèrent de brûler quelques faubourgs. Alors, Kasimir, pour arrêter l'effusion du sang, proposa à Jean un combat singulier ; Jean répondit a cette proposition : • Que le roi Kasimir se lasse d'abord crever les yeux, et ensuite nous nous battrons à armes égales. Je ne me reluse pas, tlans ce cas, à un combat corps à corps. »
L'intervention du pape Clément VI vint enfin terminer cette guerre. Les plénipotentiaires établis à Pyidry ( Peisern ) conclurent un armistice qui devait durer du 7 septembre au 1 1 novembre, et pendant ce temps on entama des négociations qui amenèrent une paix définitive.
Kasimir, pouvant se reposer sur un point, voulut secourir son allié le roi de Hongrie; il mit à sa disposition une partie des troupes polonaises qui devaient marcher en Italie, pour y venger la mort du roi André, frère de Louis de Hongi ie. assassiné le 20 août 1545. On pouvait espérer d'autant plus la tranquillité, que le roi Jean était occupé ailleurs. Secondant Philippe, roi de Fiance, contre les Anglais, informé de l'échec de son allié, le roi Jean fit attacher son cheval entre ceux des deux guerriers, s'éhnça ainsi dans le fort de la mêlée, et péril sur le champ de bataille de Crècy (âOaoûi 1546). La mort de cet implacable enne.ui de la Pologne délivra fournir de toute entrave, et il reprit avec conforme la ge>lion des affaires intérieures, et c'est à ce moment qu'il accomplit un acte qui, à lui seul, aurait fuit la gloire de son règne.
La Pologne avait des lois civiles, militaires et