‹ La Pologne, historique, littéraire, monumentale et pittoresqueChapitre 34 sur 105 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

un jour k son frère Wladislas, en Hongrie, devait s'en contenter, et il fut écarté.

Le troisième candidat était Janus, duc de Mazovie, de la branche des Piasts. Il réclamait, disait-il, le trône de ses pères, et pour appuyer ses prétentions, il réunit, avec son frère Konrad, une troupe de mille hommes, tant bien que mal armés, et arriva à Piotrkow, suivi d'un grand nombre de citoyens de Mazovie. Raphaël Jaroslawski, maréchal de la cour, et l'archevêque Olesniçki étaient à la tête de la coterie mazovienne. Mais la reine-mère Élisabeth, qui avait embrassé la cause de Jean-Albert, envoya seize cents hommes de troupes à son autre fils Frédéric, évêque de Krakovie, qui présidait à la diète d'élection, attendu l'indisposition de l'archevêque de Gnèzne, ou mieux, parce que ce dernier était dans le camp opposé. Le gros bataillon imposa aux Mazoviens, qui n'osèrent plus tenir tête, et Jean -Albert fut proclamé roi par l'organe de son frère Frédéric (27 août). De Piotrkow, Jean- Albert et ses partisans se rendirent en toute hâte à Krakovie ; l'archevêque Zbigniew passa de son côté, et le 23 septembre 1492, le nouveau monarque fut oint et couronné par Zbigniew, dans la basilique de Saint- Stanislas.

JEAN r, ALBERT (1492-1501).

Pour prévenir de nouveaux troubles, Jean- Albert fit surveiller le parti mazovien, et il conclut avec son frère Wladislas, roi de Bohême et de Hongrie, une alliance offensive et défensive; mais celte précaution parut bientôt superflue, car la mort de Jaroslaw&ki et d'Olesniçki, arrivée sur ces entrefaites, délivra le roi de craintes.

Pour observer de plus près la Mazovie ei la Pomeïanie, le roi partit, après la cérémonie du couronnement, dans la Grande-Pologne. Son élection, et l'idée qu'on avait dans les pays étrangers de la valeur de Jean Ier, lui attira une ambassade de la part des Vénitiens ; sous prétexte de le complimenter sur son avènement au trône, les ambassadeurs voulaient l'engager dans une ligue contre les Turks, qui venaient tout nouvellement inquiéter l'Albanie et leur enlever la ville et le port de Durazzo. Presqu'en même temps, le successeur de Mohammed II, Bayazid, son fils, qui avait pressenti le dessein de ces envoyés, et qui, se proposant d'attaquer la Hongrie, craignait qu'elle ne fût défendue par les Polonais, faisait offrir des présents à Jean- Albert et lui demandait une alliance et la confirmation de l'ancienne paix. Ne pouvant concilier des vœux et des propositions si opposés, le roi retint les ambassadeurs chez lui, et ne les laissa partir que l'année suivante (1493), après avoir préalablement arrêté et juré la paix avec les Turks pour la durée de trois ans ; car il ne pouvait s'occuper d'une guerre extérieure, ayant besoin de pacifier l'intérieur de la Pologne. D'ailleurs un nouvel orage, éclatant à l'est et au nord des possessions polono- litvaniennes, imposait l'obligation de veiller aux intérêts nationaux.

Malgré sa volonté bien connue d'envahir tous les apanages, le tzar de Moskovie, Yvan Vassilévitsch, par respect pour sa mère, n'osa encore se déclarer contre ses trois frères, Boris, André et Youri on Georges. Mais à la mort de celte princesse, ses fils, se voyant menacés, s'entourèrent de tous les mécontents du système autocratique ; Yvan les rassura par un traité qui, en garantissant leurs domaines, leur interdisait toutes relations avec les ennemis intérieurs et extérieurs. Peu de temps après, André, le plus remuant, fut dupe d'un piège que le tzar lui tendit; il l'attira au Kremlin, le fil arrêter et emprisonner f 1 493), et son apanage fut réuni au tzaral. Boris, mandé au palais, y arriva en tremblant ; cependant il revint à Yolok, mais il mourut peu de temps après des suiles de celte frayeur.

Cependant les relations diplomatiques embrassaient lous les Etals voisins. Les ambassades se succédèrent rapidement entre la Moskovie, d'une part, et de l'autre, l'Autriche, le Danemark et la Krimée. L'empereur, offrant une ligue contre le roi Kasimir IV, demanda une duchesse mosikovite pour son fils Maximilien, roi des Ro-

mains. Yvan, de son coté, pria ce monarque de lui envoyer des artistes et des mineurs pour exploiter les mines de son pays. Mais les négociations traînèrent; la duplicité autrichienne redoutant la fourberie kremlinoise, traita avec Kasimir; Maximilien se fiança à Anne de Bretagne; le Danemark se lia avec Moskou. Rebutés par d'intolérables avanies, et peut-être retenus par le tzar, les marchands du pays avaient cessé de fréquenter Azof et Kaffa, soumises aux Turks. Le pacha en accusa la mauvaise influence du tzar sur Mengli-Giérey. Mengli pria Yvan de le justifier devant le sultan. A cette occasion, Yvan écrivit à Bayazid II, rejeta toute la faute sur les rapines et le despotisme du pacha, et ouvrit entre les deux Etais les voies aux négociations. Le sultan voulut répondre par une ambassade, mais les Litvaniens ne lui permirent point de passer Kiiow.

Les relations diplomatiques n'étaient point tout à fait interrompues entre Yvan et Kasimir ; leurs négociations allaient souvent de l'un à Tauire; mais les hostilités, réduites à des courses de brigands, continuaient toujours; et le tzar se gardait bien d'étouffer les intrigues qui suffisaient pour inquiéter Kasimir. La désunion qui existait entre Jean -Albert,. roi de Pologne, et Alexandre, grand-duc de Litvanie, servait merveilleusement les intérêts du tzar. Yvan dirigea à la fois contre la Litvanie ses troupes et celles de ses alliés, Éticnne de Moldavie et Mengli- Giérey. Le grand-duc Alexandre se sentait trop faible, et le roi Jean-Albert était trop circonspect pour pousser cette guerre ; après de longues négociations, interrompues et reprises, on fit un traité (1493) qui confirma la possession du duché de Novogrod-Siewiersky, envahi par le tzar. Ainsi se démembraient les provinces du grand-duché Lilvano-russien; mais comme pour consoler Alexandre, Yvan promit de lui donner en mariage sa fille Hélène.

A peine ces affaires furent-elles terminées, que Jean-Albert s'occupa tout enlier de la Turquie. Il parût pour Lew o/.a, eu Hongrie, où Wladislas, Sigismond, Frédéric, nouvellement créé cardinal, et Frédéric, marquis de Brandebourg, s'étaient formés en congrès (17 avril 1494). A la suite d'un accord préalable avec ses frères, Jean Ier, pour venger la mort de son oncle Wladislas-le-Varnenien, et pour réprimer la puissance redoutable des Ottomans, résolut de leur déclarer la guerre, et, sous ce prétexte, d'enlever la Walaq^uie à l'hos-

podar Etienne et d'y placer Sigismond, frère cadet dn roi des Polonais. Mais on jura que ces arrangements demeureraient secrets. Dès que le roi revint a Krakovie, le nouvel ambassadeur turk y arriva, pour confirmer le traité de paix de Tan dernier (3 juin).

À la fin de septembre, les Tatars de Pérékop envahirent la Podolie et la Wolhynie ; quelques troupes envoyées à leur poursuite les rencontrèrent à Wisniowieç, mais les Polonais furent battus, leurs chefs Ramiénieçki et Glowinski furent tués, et les Tatars se retirèrent impunément avec nn butin.

Le tzar Yvan, jaloux de toutes sortes d'influences dans les affaires de Pologne, envoya enfin sa fille Hélène à Wilna, en U9o. Le père entendait qu'elle restât fidèle à lu religion schismatique, qu'elle eût un temple dans son palais, et aussi qu'elle lui servît d'espion et d'instrument auprès de son mari, rôle odieux qu'elle sot décliner avec une noble adresse. Sans réconcilier entièrement les deux princes, qui continuèrent à s'envoyer des réclamations et des plaintes réciproques, celte union les désarma au moins.

La trêve avec les Turks étant expirée, Jean- Albert, voulant venger leur excursion dans les Éuts de son frère Wladislas, et brûlant d étendre les frontières de la république et d'abattre la puissance ottomane, se prépara à une expédition. Il obligea les Litvaniens, les Mazoviens et le grand -maître des chevaliers Teutoniques, Jean de Tiefen, à lui fournir des troupes qu'ils devaient ù l'État pour leur contingent. Mais avant que ces secours arrivassent, le roi réunit jusqu'à quatre-vingt mille hommes avec d'immenses bagages et d'innombrables chariots, et cette troupe arriva à Léopol (mai U97). Il envoya une députation à Élienne, pour l'engager à prendre une part active dans cette expédition. Étiennc ne demandait pas mieux, cl promit des secours contre l'ennemi de la chrétienté; mais averti à temps de ce qui se passait, Élienne, de son côté, envoya demander à Jean-Albert s'il entrait sur son territoire en ami ou en ennemi ; il ajoutait que, dans le premier cas, il était disposé à lui fournir les secours promis ; mais que, dans le second cas, il le ferait repentir de son procédé.

L'ambassade valaque trouva le roi en marche, parce qu'il avait quitté Léopol dès le 26 juin ; «t au lieu d'aller par Kamiéner-Podolski vers, la

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mer Noire, comme cela devait être, il prit la route de Pokucie. Jean- Albert, irrité au vif de ces menaces, fit arrêter les ambassadeurs et ordonna de les transporter à Léopol. Sans attendre d'autres renforts, et s'imaginant que les populations viendraient se soumettre de bonne grâce, il mit le siège devant Soczawa qui était alors la capitale de la Moldavie.

Le feu continuel des canons polonais n'intimida ni les assiégés ni Élienne. Ce dernier ouvrit la campagne avec toutes ses forces. Il les avait augmentées de tout ce qu'il avait pu ramasser de soldats dans la Transylvanie, dans la Bessarabie, chez les Cicules ou Szekhely et les chez Turks. Le roi, ne pouvant pas prendre la ville, était constamment inquiété sur ses derrières par Étienne, qui faisait de fréquentes sorties des forêts, sans vouloir s'aventurer en bataille rangée. Trompe dans ses prévisions, et manquant de vivres, le roi accepta l'armistice; le roi de Hongrie s'en mêla comme médiateur, et les Polonais levèrent le siège de Soczawa (octobre 1497).

La conduite du roi était suffisamment punie par cette irréussite. Étienne en fut satisfait, et il conseillait sincèrement à Jean-Albert de revenir par un chemin plus sur; car celui qu'il avait l'intention de suivre offrait des dangers par l'insubordination des habitants. Le roi s'obsiina. Son armée outrageait les populations de la Bukovine; aussi à peine cntra-t-clle dans la forêt, dont le chemin n'offrait qu'un passage étroit entre deux rochers, que le roi fil marcher l'artillerie et la suivit dans sa voiture, car il était affecté d'une indisposition assez grave. L'arlil- Ieiie ci les bagages étaient déjà parvenus jusqu'à la moitié de la forêt, lorsque les Vu laques s'ébranlent de toutes parts, emportent l'artillerie et encombrent le chemin d'arbres sciés dans ce dessein. Après eux arrive Élienne à la lèlc d'une iroupe nombreuse, il charge le» Polonais; le roi fut lui-même enveloppé. Ses gardes lui sauvèrent la vie. La perte fut grande tant en hommes qu'en chevaux. Les plus malheureux furent ceux qui tombèrent au pouvoir d'Étienne : ils furent tous inhumainement massacrés sous ses yeux, ou pendus sur les arbres pur les cheveux que les Polonais portaient fort longs, el qu'ils commencèrent depuis à couper court el même à raser, en ne laissant qu'une touffe au sommet de la lête. Cette triste défaite eut lieu le 26 octobre 1 197.

Dégagés 'de ce mauvais pas, les Polonais* ne Continuèrent leur route qu'avec crainte. Pressés par la faim et en butte à toute espèce de privations, ils furent encore harcelés les jours suivants. Étienne devança les Polonais, et se campa près de Czarnowiçé (Tschernovitz) sur les bords du Pruth, pour [en défendre le passage. Une bataille sanglante fut livrée (2 novembre), les Polonais forcèrent le passage de la rivière, ils reprirent leurs avantages en rase campagne, et firent fuir devant eux ces mêmes ennemis dont ils ne pouvaient auparavant soutenir les approches. Les Valaqucs n'étaient point accoutumés à combattre dès qu'ils ne pouvaient plus triompher sans danger. Dès ce moment, l'armée polonaise arriva à Sniatyn et passa tranquillement !e Dniester.

Rentré à Krakovie, Jean-Albert, indifférent à h honte de cette malheureuse expédition, insensible à l'affliction de la nation, y employa son temps en festins ou danses, jeux et galanteries, fle redoutant même pas de se compromettre avec quelques débauchés sur la place publique. Dans une de ces nuits d'orgies, il fut blessé.

Étienne, qui ne respirait que vengeance, enhardi par l'inconduite du roi, se joint aux Ta ta r s et aux Turks pour envahir la Pologne. Bayezid, dont toutes les pensées étaient consacrées, autant que la dignité de son empire le permettait, ou à renouveler les anciennes trêves, ou à vivre en paix avec les puissances voisines, entretenait, depuis sept ans, des relations d'amitié avec la Pologne ; mais cette fois, il chargea Malkoutsch- Oglou-Balibey, gouverneur de Silistrie, de rompre brusquement l'harmonie qui avait régné jusque-là entre les deux nations.

Au commencement du mois de mai 149$, les Ottomans, au nombre de quarante mille, après avoir franchi le Danube, s'unirent aux Yalaques, et, passant le Dniester, envahirent la Podolie. " Leur première conquête fut le fort de Czarnkow. Le même sort rencontra Gologury et Glemiany. La terreur les précéda quand ils s'emparèrent de Léopol, qu'ils mirent à contribution. De Léopol, ils marchèrent à Sandomir : la garnison du fort fut forcée, et l'ennemi marcha à Radom. Il s'aperçut qu'il ne pourrait s'en emparer sans perdre beaucoup de monde. Le chef s'arrêta donc, et envoya ses lieutenants, qui ravagèrent les contrées voisines. Brzexiny fut détruite et Warsovie entamée. Regorgant de butin et de populations emprisonnées, les Ottomans -Yala-

ques pensèrent à la retraite. Arrivant sur les bords de la Wistule aux environs de Sandomir, les Polonais se retranchèrent derrière des ravins qui se trouvaient sur la rive droite, pour sp défendre ; mais les Turks les forcèrent et marchèrent en avant. Une autre opposition leur fut faite du côté de Lezaysk, mais ils battirent les Polonais et arrivèrent à Przémysl, après avoir franchi lé San. De là ils prirent la route de la mer Noire, et allèrent se reposer à Ackerman, le Moncastrum des anciens, et le Bialygrod des Polonais (juillet 1498).

Durant ce terrible envahissement, les Ottomans enlevèrent près de cent mille jeunes gens et jeunes fllles, car ils massacraient les vieillards et les vieilles femmes; les barems de la Turquie d'Europe, d'Asie, et de l'Égypte, furent peuplés de ces innocentes victimes. Le roi Jean-Albert se contenta, en attendant, de fortifier Krakovie ; et il crut qu'en soutenant le siège, il ne ferait que prolonger les malheurs. Ébranlé par les cris d'indignation, il se mit en campagne, mais ce fut lorsque l'ennemi commençait à se retirer dans ses foyers.

Encouragés par l'impunité de l'expédition du printemps dernier, les Ottomans, à la tête d'une armée plus formidable encore que la première, firent une nouvelle invasion au mois de novembre. Ils pénétrèrent cette fois du côté des sources du Dniester, et ravagèrent les contrées de Halicz, Zydaczew, Sambor, Drohobycz et autres, et y exerçaient d'autant plus de cruautés, que le pays étant dénué de soldats, ils pouvaient tout oser sans rien craindre.

Ils auraient porté le ravage plus loin, mais il survint tout à coup une neige si abondante, ei presque aussitôt un froid si violent, que cette armée, qui n'était point faite à un si rude climat, se fondit presque entière. On trouvait les Turks dans le ventre des chevaux, et ils croyaient pouvoir y ranimer un reste de chaleur qu'ils sentaient prêt à s'éteindre. Le pays, couvert de cadavres et d'ossements de chevaux et de chameaux, offrait l'aspect le plus hideux. On comptait quarante mille Turks morts, et dix mille à peine purent repasser le Danube. Ce désastre resta dans la mémoire des Ottomans, qui n'osèrent depuis attaquer la Pologne, ils la regardaient comme protégée du ciel d'une manière spéciale.

Les historiens turks ne parlent pas de ce désastre, ce qui doune lieu a quelques critiques de le révoquer en doute ; mais les historiens polo-

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nais en parlent, comme nous venons de le rapporter. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'en Tannée suivante, 1499, Jean-Albert conclut une alliance intime (19 avril) avec ses frères, Wladislas de Hongrie et Alexandre de Litvanie, qui devaient agir contre les Turks. Le 23 «lu même mois, un pareil traité fut signé entre Jean Ier et le tzar Yvan pour les affaires polono-moskovites. Effrayé de ces alliances , l'hospodar Élienne demanda la paix à Albert et l'obtint. Élienne promit d'assister le roi dans toutes ces expéditions et de prendre même les armes contre les Turks, si la Pologne jugeait à propos de leur faire la guerre. Bayezid lui-même envoya à Krakovie des ambassadeurs pour offrir une trêve ou pour signer un traité de paix. Le sultan cherchait cotte amitié, car les conquêtes qu'il avait faites de Venise, d'Istrie, de Frioul et de la Morée lai faisaient croire que tous les monarques de la chrétienté étaient déjà ligués contre lui. En effet, le sultan redoutait les armements de terre et de mer que Louis XII, roi de France, et Ferdinand V, roi d'Espagne, faisaient chacun dans leurs États, et qu'ils disaient n'être destinés que pour aider les Vénitiens à reconquérir tout ce qui venait de leur être enlevé par les Ottomans. Le desseiu des denx rois était de s'emparer du royaume de Naples ; mais le prétexte dont ils avaient coloré leurs préparatifs de guerre fut très-utile aux Polonais, qui hésitèrent néanmoins à recevoir les propositions de Bayezid, et qui les auraient peutêtre rejetées, si la nouvelle invasion des Tatars et celle des Moskovites ne les eussent obligés à les accepter.

En effet, les Tatars envahirent deux fois dans cette année (1499) les possessions polonaises, la première fois vers la fin de juillet ; c'est alors qu'ils ravagèrent la Wolhynie, Belz, Krasnystaw, Turobin, Krasnik, Lublin. Le roi quitta Krakovie avec ses troupes, et les envahisseurs se sauvèrent. Au mois de septembre, ils revinrent de nouveau, et pillèrent Lancut, Lezaysk, Zawichost, Opatow et Breesc-Litewski, et ils s'enfuirent en emportant richesses et esclaves. Pierre Myszkowski, staroste de Léopol, les poursuivit sans grands résultats.

De son côté, le tzarYvan-Vassilévitsch, comme s'il n'avait pas assez d'air pour respirer dans ses États, d'une étendue déjà bien respectable, convoitait toujours les possessions litvaniennes. En l'appuyant sur des motifs frivoles, il accusait le graod-duc Alexandre d'avoir négligé de bâtir

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une chapelle'dans son palais ponr Hélène ; il se plaignait aussi qu'Alexandre, en lui écrivant, avait omis quelquefois de lui donner les titres qui lui étaient dus. Ensuite, disant que la rivière de l'Ougra était la véritable frontière de se» États, il s'en empara ; plus tard, il soutenait que le Dniéper devait servir de frontières pour mettre terme à toutes les incertitudes; mais cette fois, il disait que la Bérézina lai était indispensable, et, prenant par avance le titre de monarque de toutes le» Russie», il afârmait qu'ayant complété ses États, ni lui ni ses descendants ne pourraient jamais rien exiger de plus. Eh bien, plus tard, les tzars diront que le Niémen et le Bug sont des fleuves moskovites; ils déclareront que la Wistule, la Prosna et la Warta leur appartiennent tris-légitimement. Il viendra un jour où il» diront que la Saala et l'Elbe, qui parcourent les anciens pays slaves, leur appartiennent aussi. Cette conséquence est logique : déjà les historiographes du pays et' les écrivains étrangers salariés s'efforcent de prouver, dans leurs ouvrage» allemands et français, que tout ce que les tzars possèdent est une reconquête !

Alexandre de Litvanie mit vainement en usage tous les moyens propres à apaiser Yvan; mais celui-ci voulait la discorde à tout prix, et il envahit le reste de la Sévérie, Starodub et Czcrnichow. Alexandre marcha jusqu'à Boryssow; mais le duc Constantin d'Ostrog, s'étant uni à Stanislas Riszka, marcha à la tête de trois mille cinq cents] hommes et rencontra les Moskovites sur la Wiedrosza. L'ennemi avait quarante mille hommes : les Polono-Litvaniens furent battus, et Ostrogski, Oscik, Chreptowicz, Chlebowiez, Zenowicz, furent faits prisonniers (octobre 1499). Après cette victoire, les Moskovites assiégèrent Smolensk ; mais George Paç et Nicolas Sollohub se défendirent si bien, que lorsque Alexandre marcha à son secours, précédé par Bialy, palatin de Samogitie, les Moskovites se retirèrent chez eux (1600).

Avec tout cela le tzar faisait la conquête du nord-ouest de la Sibérie, au delà des monts Ourals, et ne se reposait point de ses intrigues ; le séjour de sa fille en Litvanie l'autorisait à y envoyer autant d'espions et d'émissaires qu'il le voulait ; de son côté, Alexandre n'épargnait rien pour détacher entièrement de la Moskovie les provinces li^vano-russiennes, et leur conversion au catholicisme lui semblant le plus sûr moyen d'y parvenir, il la pressa de toutes ses forces ; les

LA POLOGNK.

moines 'et les évêques, pour se faire bien venir du pape, y mettaient encore plus d'ardeur qu'Alexandre, et ils finirent par recourir à la persécution ; le confesseur d'Hélène fut même chassé de Wilna. Alors plusieurs seigneurs et bolars se donnèrent à Yvan. Le beau -père et le gendre s'accusèrent réciproquement de perfidie ; tous deux avaient raison.

Au* milieu de ces événements, Alexandre sollicitait à la fois Mengli-Giérey, Etienne de Moldavie, Wladislas de Hongrie, Albert de Pologne et Walter de Plettenberg, grand-maître de Litvanie, qui se ligua avec la Suède et les villes anséatiques pour embrasser sa cause. Mais parmi tous ces alliés, le prince de la grande horde joua un rôle important.

Schah-Akhmet, khan des Tatars établis au delà du Volga, manda au roi qu'il s'approchait du Dnieper à la téte de cent mille hommes, en lui déclarant que, s'il lui envoyait des secours, il se faisait fort d'exterminer les agresseurs de la Pologne. Jean-Albert et Alexandre le lui promirent, et 'remercièrent pour tant de dévouement. Le schah s'avança et occupa le pays situé entre Kiiow et Czerniéchow, où les princes polonais étaient convenus de le joindre avec toutes les forces polono-litvaniennes. Cette promesse solennelle avait été faite en pleine diète à Piotrkow avec les députés du khan ( 41 janvier 1501). Les Polonais l'avaient confirmée par des serments aussi solennels que s'ils n'avaient pas prévn la difficulté d'en remplir tous les articles; et les Tatars avaient juré de l'observer, en buvant de l'eau où ils avaient plongé la pointe de leurs sabres. C'était leur manière de constater la bonne foi de leurs engagements; et même, contre leur usage, ils maudirent à l'avance celle des deux nations qui oserait manquer à ses promesses.

Les députés s'en étaient allés chargés de présents pour Schah-Akhmet, et persuadés du zèle de la Pologne et de la Litvanie à concourir au dessein qu'elles lui avaient fait prendre. Ils savaient que la république devait seule recueillir les fruits d'une entreprise dont le succès était en quelque sorte assuré. Ce que les députés avaient vu durant leur séjour à Piotrkow, leur faisait croire que les Polonais ne trahiraient jamais leurs alliés. Étienne, hospodar de Walaquie, avait envoyé réclamer à la diète Pierre, fils d'Élie, son prédécesseur, qu'il soupçonnait de vouloir lui disputer le droit de gouverner-son peuple. Pierre s'était mis sous la protection de la répu-

blique. Il paraissait que c'était de son intérêt d'accorder cet asile, car, en cas de rupture avec Étienne, il lui importait de pouvoir opposer un ennemi capable de faire une diversion en Walaquie. Cependant le traité que Jean-Albert avait eonclu avec Etienne semblait ne pas permettre à la Pologne de servir de refuge au concurrent de son allié ; et dans le temps qu'elle était exposée aux envahissements des Moskovites et des Tatars de Krimée, elle devait craindre d'attirer chez elle les Valaques.

Dans cette alternative, l'équité et la loyauté ne permettaient pas à Albert de livrer un prioce qui s'était mis sous sa protection. Pour trancher la question, le roi se servit d'un moyen odieux. Il ne livra pas Élie, mais il le fit décapiter en sa présence et devant les ambassadeurs d'Étienne.

Cette étrange action étonna beaucoup les envoyés du schah, et ils augurèrent mal pour le compte de leur maître. En effet, ni Jean ni Alexandre ne se pressaient d'aller au-devant du schah, qui, surpris de se trouver sans aide et sans conseil dans un pays inconnu, ne cessait d'envoyer des émissaires pour hâter la marche de* troupes qu'il attendait.

Sur ces entrefaites, le khan de Krimée, sollicité par les Moskovites, vint tout à coup fondre sur lui. On se battit à outrance, mais la victoire se déclara pour le schah, et cet événement, qui devait obliger les Polonaiset les Litvaniens à presser leur armement pour achever la défaite de l'ennemi, leur servit au contraire d'un nouveau prétexte pour tromper leur allié, malgré les preuves qu'il venait de leur donner de la franchise de ses promesses. Ils feignirent de croire inutile d'assister un vainqueur. Mais en voulant lui persuader qu'il n'avait plus besoin, pour faire des conquêtes, que de sa fortune et de la terreur qu'il venait d»1 répandre dans les États voisins, ils ne parvinrent qu'à éclaircir ses doutes. Le schah reconnut que ses timides et mauvais alliés n'auraient pas été plus disposés à le sauver d'une défaite qu'ils ne l'étaient actuellement à tirer parti de ses exploits. C'était précisément ce que voulait J«an- Albert, il lui convenait mieux que Mengli-Giérey se défendit du joug du schah Akhmet, 'et que chacun d'eux, se confiant toujours en ses forces et n'en profitant jamais, l'un et l'autre ne fussent occupés qu'à se détruire.

Mais tandis que roi manquait ainsi à ses engagements, Frédéric, fils de George, duc de Saxe, crut qu'autorisé par son exemple, il pouvait man-

quer à la reconnaissance et à la fidélité qu'il lui devait. Investi du titre de grand>maitre de l'ordre Teutonique, par les intrigues de la mère d'Albert et par les soins d'Albert lui-même, il refusa de prêter hommage à la Pologne, selon les conditions du dernier traité de paix.

Le roi, moins surpris qu'irrité, se rendit] à Thoro, d'où il envoya des députés au grandraaitre, ou pour le rappeler à son devoir, ou pour le menacer de lui faire la guerre. Frédéric attendait des secours de l'empereur Maximilien et de plusieurs princes d'Allemagne qui, l'ayant excité à la révolte, voulaient lui fournir les moyens de la soutenir. Il cherchait par des promesses équivoques à gagner du temps, et le roi à se préparer à lui faire la guerre, lorsqu'il vint à mourir subitement d'apoplexie, le 50 avril 1501, à l'âge de quarante et un ans et la neuvième année du son règne. Son corps fut transporté à Krakovie, et le 26 juillet enterré dans la cathédrale sons un beau mausolée.

Sous son règne, le duché de Zator, à l'ouest de Krakovie, et le duché de Ploçk, en Mazovie, forent réunis a la république : le premier au prix de 80,000 ducats ; le second a la suite de la mort de Janus, duc de Mazovie.

Les abus et l'insolence de l'aristocratie, augmentant toujours, replongeaient les pauvres paysans dans le malheur. Au commencement du règne, ces derniers jouissaient encore de certaines libertés, mais depuis la diète de Piotrkow (29 mai 1496) la noblesse et le haut clergé rendirent une loi somptuaire défendant aux paysans de porter des habits trop riches et d'afficher du luxe, et il leur fut interdit de devenir propriétaires de terres, Une autre loi fut rendue, qui, pour arrêter la diminution du nombre de bras nécessaires à l'agriculture, ordonna qu'un paysan ne mettrait qu'un de ses fils à l'école ou en apprentissage. La noblesse se réserva les hautes dignités ecclésiastiques, qui étaient interdites aux plébéiens et bourgeois. Le statut de Jean-Albert ratifia les lois de Kasimir IV, rédigées à Opoczno et a Nieszawa, en modifiant quelques articles. Ceux qui y furent substitués portaient qu'il n'était loisible au roi de faire aucune constitution, aucun appel à la guerre, sans avoir préalablement convoqué lesdiétines et les diètes. On suspendait les arrêts de la justice, on rendait inabordable l'accès des tribunaux. Les atteintes continuellement portées au statut de Kasimir-le- Grand réduisirent les cultivateurs à l'état de

servage et d'esclavage ; enfin, la noblesse se déchargea de la rétribution de toutes les tailles on général. Gallimaque, disait-on, était cause de cette révolte de la noblesse, car il avait formé le projet de relever la souveraineté royale et nationale aux dépens de l'aristocratie ; mais celleci, jalouse de ses droits exclusifs, mit tout en œuvre pour prévenir ce prétendu danger.

Ce Callimaque joua un grand rôle sous le règne de Jean-Albert. Natif de San Geminiano, en Toscane (2 mai 1437), il s'appelait Philippe Bonaccorsi; une grande connaissance des affaires lui donna le sobriquet d'Esperiente. Il s'était donné, dans sa jeunesse, le nom de Callimaque. Il avait d'abord été au service du pape Pie II ; il était ami de Pomponius-Laetus, de Platina, et de quelques savants qui, appliqués à ramener dans leur siècle la connaissance et l'amour des lettres, s'attachaient à découvrir les précieux ouvrages des Grecs et des Latins. Mais en voulant se former au goût d'Athènes et de Rome, ils furent accusés d'en avoir pris les mœurs et l'irréligion. Le pape Paul II, successeur de Pie, fit emprisonner plusieurs de ces savants, qu'il traitait de novateurs. Bonaccorsi passait pour le plus dangereux. Forcé de s'enfuir de Rome (1467), il voyagea en Grèce, en Égypte, en Macédoine, et se retira en Pologne (1470). Le roi Kasimir IV lui confia l'éducation de ses enfants (1480). Jean -Albert, devenu souverain, ne sut que le consulter et lui obéir. II est assez naturel que Callimaque, en profitant de son influence, s'attira la jalousie des envieux, mais il ne pouvait pas voir sans peine les abus de l'aristocratie. 11 disait qu'avec cet état des choses, il n'y avait pas possibilité d'existence politique pour un vaste empire ; il parlait en faveur des masses, mais sa voix fut étouffée. On l'accusait des désastres de la Boukovine. On s'imagina que le roi, guidé par les intrigues de son conGdent italien, avait mené un grand nombre de nobles polonais à une mort certaine, pour diminuer le nombre des opposants.

Mais Callimaque tint tête à l'orage.; il criait, mais on était sourd à sa voix. Les imprécations de l'aristocratie redoublaient, mais Callimaque, jusqu'à la fin de ses jours (1er novembre 1496), répétait : t Avec votre prétendue liberté de caste, vous n'échapperez jamais aux griffes de vos ennemis. Le roi sera votre esclave, parce que vous lui ôtez tous les moyens de faire le bien, mais à votre tour vous deviendrez les esclaves de vos ennemis ! i

Trois mois s'étaient écoulés depuis la mort de Jean- Albert, et la noblesse paraissait être encore dans l'irrésolution ; mais les coteries de cette caste se préparaient en secret pour exploiter l'interrègne. Le 26 juillet eurent lieu les obsèques du roi, et aussitôt le cardinal Frédéric, archevêque de Gnèzne, convoqua la diète à Piotrkow août !50i).

L'assemblée fut tumultueuse; mais cette fois la noblesse n'osa pas se prononcer en faveur des étrangers; sel votes se partagèrent entre les frères de Jean-Albert. Une partie de la Petite- Pologne proposa Wladislas, roi de Hongrie et de Bohème, et envoya même Kmita, Mys;tkowski et Wroblewski en députation pour lui offrir le trône. Mais les partis d'Alex;indrc, grand-duc de Litvanie, et de Sigismond, duc de Glogau, et d'Oppeln en Silésie, s'élevèrent contre Wladislas, en objectant son indolence, qui le rendait le jouet des Hongrois et des Bohémiens, et lui avait attiré le sobriquet latin Bex bene, c'est-àdire le roi bien, car en souscrivant à lu légère à toutes les pétitions, il avait coutume d'acquiescer à tout en disant bene, lors même qu'il donnait des ordres contraires ou accordait des privilèges contradictoires. On objectait de plus que tant de couronnes sur la même tête seraient désavantageuses à la Pologne, où le roi, comme en Hongrie, avait beaucoup d'ennemis. On hésitait donc entre Alexandre et Sigismond. Ce dernier possédait les plus brillantes qualités; mais en écartant Alexandre, on avait a craindre que la Litvanie ne se détachût de la couronne, car ce prince, comme on l'a vu, en était grand-duc.

Albert Tabor, évêque de Wilna, Jean Zabrzezinski, maréchal, et Nicolas Radziwill,échanson d'Alexandre, appuyèrent cet avis. Ils assuraient positivement que l'union des deux nations, telle qu'elle a été établie en 1499, ne souffrirait aucune atteinte ; que désormais les Polonais et les Litvaniens ne feraient plus qu'un seul peuple soumis à un même roi ; que ce roi serait toujours élu en Pologne ; que les grands et l'ordre équestre de Litvanie concourraient à le choisir; que les deux nations n'auraient plus que les mêmes conseils, le même esprit, les mêmes prérogatives, les mêmes intérêts, les mêmes espèces de monnaies ; que tout serait commun

entre elles : les pertes, les avantages, les biens

et lesj revers ; 4à cela près, qu'elles conserveraient chacune dans leurs tribunaux leurs anciennes lois et leur administration judiciaire.

Pour donner plus de poids à ces assurances, les députés litvaniens firent courir le bruit qu'Alexandre s'étanlmisala tête d'une armée, marchait sur Krakovie pour y faire valoir ses incontestables droits au trône. A cette nouvelle, la peur saisit l'assemblée, et Alexandre fut élu presque à l'uaanimité. Dans l'espace de temps qui s'écoula entre l'élection d'Alexandre et son couronnement, le sénat polonais, réuni à Krakovie, gérait les affaires de l'État. Le schah Akhmet, apprenant l'élection d'Alexandre, crut devoir lui rappeler ses anciens engagements. A cet effet, il envoya une ambassade à Krakovie; celle-ci, reçue par le. sénat, entendit les représentations du schab, mais sans rien obtenir de consolant. Le schah se plaignit par l'organe de ses envoyés; U reprochait aux Polonais de l'avoir fait venir si loin pour l'abandonner dans de vastes déserts où il manquait de subsistances pour faire vivre son armée. Il faisait dire que ses soldats, sans discipline, pressés par la faim et par la misère, pouvaient se répandre dans toute la Pologne ; qu'il ne se soutenait qu'à force de ruses et de combats partiels ; mais que si les Polonais se joignaient à lui, il se promettait de soumettre la Krimée.

Le sénat faisait des réponses évasives, et disait qu'il fallait attendre l'arrivée, à Krakovie, du nouveau roi pour prendre une détermination. Ce coupable abandon ne larda pas à produire un effet fâcheux ; et pendant que l'ambassade du schah se débattait inutilement, sa femme et la plus grande partie de son armée, ne pouvant plus supporter la disette et le froid, s'enfuirent en Krimée ; et cette armée se mit à la disposition du khan de la Krimée, et aussitôt elle fut employée contre les troupes qui étaient restées tidèles au schah.

Une bataille sanglante fut livrée dans une plaine près de Kiiow. Le schah Akhmet fui battu. Il se/etira à Bialygrod (Ackerman), n'ayani avec lui que trois cents chevaux. Contraint de sortir de cet asile, où les Turks, aUiés du khan des Talars, commençaient à lui dresser des embûches, il erra en Podolie. il ne la quitta que lorsqu'il eut appris que les environs de Kuow n'étaient plus occupés par l'ennemi. Il trouva dans celte ville le palatin ou gouverneur polonais

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qui, an lien de le recevoir avec bonté, se saisit kovie, où sa présence était d'an tant plus indis-

de sa personne et le fit conduire a Wilna pour pensable, qu'elle devait mettre ternie ù t'impa-

y attendre les ordres da roi; mais ce dernier lience des Polonais, et leur faire onblier les

mit déjà qnitté la ville pour se rendre à Kra- inconvénients d'un interrègne.

ALEXANDRE (isoi-isoe).

Aussitôt après son arrivée dans la capitale de la Pologne, Alexandre se fit couronner. C'était le cardinal Frédéric, son frère, qui présidait à celle cérémonie (12 décembre 1501).

Au mois de février de l'année suivante (1502), la reine Hélène vint le rejoindre, mais elle ne fat point couronnée ; car, professant la religion grecque, les lois du pays le lui défendaient : néanmoins elle obtint la faveur d'avoir une chapelle où ello suivait le culte de sa religion.

Durant le séjour d'Alexandre en Pologne, les Moskovites envahirent les possessions litvaniennes et assiégèrent Smolensk. Pour venger cette invasion, Alexandre, accompagné de sa femme, et confiant les rênes du gouvernement au cardinal Frédéric, alla à Wilna, où il se mit à la tête d'une armée et marcha sur le Dniéper. Celte nouvelle épouvanta l'ennemi, qui leva aussitôt le siège de Smolensk. Alexandre profita de cette circonstance pour traiter en vainqueur avec le grandduc de Hoskovie. Mais ce dernier ne se laissa pas intimider, et les négociations se terminèrent par une trêve de six ans, pendant lesquels les provinces envahies par les Moskovites devaient rester en leur possession, mais les prisonniers respectifs furent échangés.

Cette affaire était à peine arrangée, que les Tatars de Krimée envahirent la Podolie, la Rusùe-Rouge et la Petite-Pologne (1502). Les villes deRxesxow,de laroslaw, de Radymno, de Dunaïeç d'Opatow, deLagow et de Xunow furent pillées ei ravagées. Jean Wapowski et le cardinal Frédéric firent semblant de les poursuivre. Les Tatars s'effrayèrent et se reiirèrent dans leur pays en emmenant un grand nombre de pri-

Après cette calamité survint la mort du cardinal Frédéric, lieutenant du roi (1503), Eyenne,

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