‹ La Pologne, historique, littéraire, monumentale et pittoresqueChapitre 43 sur 105 · T0M8 II · texte numérisé non relu

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ut parcourir le cercle que le Créateur lui a tracé ; il le doit, et nous, faibles créatures, nous voudrions lutter contre la volonté divine; à l'homme appartient sa vie, il peut en disposer» la rejeter si le fardeau est trop lourd ; mais à Dieu appartient sa destinée.

— Quelle inconcevable chose ! Tout oe que vous dites, je l'ai pensé.

— Chevalier de la Croix, dit Biruta, vous aves fait des voeux, vous les aves renouvelés trois fois, et devant ftieu; tous avez fait abnégation de votre volonté; les choses de ce monde ne vous appartiennent plus. Vous avez fait vœu de pauvreté ; on ne vous n pas laissé la joie d'adoucir la misère du pauvre, vous ne pouvee partager avec lui votre mqrceaa de pain, car il appartient à

TOrdre. Vous avez juré de n'être ni époux, ni père; voire amour déshonorerait la pauvre fille qui se livrerait à vous... Ne me regardez pas ainsi, Werner; votre regard fait mal.. Je crains de vous comprendre... Soyez mon ami, mais rien de plus; il y a un abîme entre nous, et le jour où vous oseriez me parler d'amour briserait à toujours notre amitié. Prenez ma main, comme un gage d'estime et de confiance.»

Werner saisit la main de Biruta, la serra contre son cœur, et dit: < Oui, je serai votre ami, pensez à moi; quand vous serez malheureuse, appelez-moi. Adieu, Biruta, adieu. » Et sans attendre, sans demander une parole consolante, un regard de pitié, il s'en alla précipitamment.

Dans une des vastes salles du château de Marienbourg, était assis, auprès «l'une table, le secrétaire du grand-maître des Teutoniques ; il attendait d'un moment à l'autre l'arrivée de Winrich. Enfin il arriva, et dit au secrétaire : « Écrivez vite ce que je vais vous dicter. « Cheva- » lier et frère, le païen qui a attaqué le fort de a Johannisbourg s'arme de nouveau, et nous me-

> nace avec des forces plus considérables ; mais » les légions pieuses de la Bavière, du Rhin et » des autres parties de l'Allemagne sont en route » pour nous rejoindre. J'apprends que déjà elles » ont franchi l'Oder; je vous recommande en

> conséquence de vous tenir prêt à la guerre; » vous vous rendrez vers la mi-mars dans les » environs d'insterbourg , où nous établirons » notre quartier général. Je vous invile à garder » le plus graud secret, et prie Dieu qu'il vous ait

> en sa sainte et digne garde. >

— A qui dois-je adresser celle lettre? demanda le secrétaire.

— Aux trente komturs, répondit Winrich von Kniprode ; mais au komtur de Johannisbourg vous ajouterez le po$t-$criptwn suivant : t Je

> vous remercie, frère, au nom de l'Ordre, pour

> la belle défense du fort; soyez toujours sur » vos gardes, car je connais la ténacité de Kieys- » tut. Envoyez-moi ici le chevalier Werner von » Windeken, je le demande dans l'intérêt de son » salut. >

Quand le secrétaire fut sorti, Winrich s'approcha d'une mappemonde, et se dit en lui-même : La Prusse occupe un bien petit point sur le

globe, et pourtant elle ne me laisse pas ua moment de repos ! la guerre! toujours la guerre! quand cesseront donc ces funestes hostilités? Il leva les yeux au ciel, puis il resta plongé dans une profonde méditation ; ensuite il sonna pour appeler ses gens. Un serviteur parut aussitôt, et le grand-maître lui dit :

« Le komtur de Labiau est-il arrivé?

— Non, seigneur.

— Alors va dire à mon écuyer qu'il m'amène les chevaux que le roi de Bohème m'a envoyés ce malin. »

Le serviteur s'éloigna, et Winrich, toujours pensif, toujours préoccupé, se mit à regarderies portraits des grands-maîtres de l'Ordre, quidécoraient la salle. Il s'arrêla à SigismondTeutschwagen. le premier qui fit de Marienbourg la capitale des Teutoniques : avant lui, c'était à Venise qu'ils avaient fixé leur résidence. Une grande pensée, une seule, peut faire nn grand homme ; une pensée conçue dans ce vaste cerveau fil plus pour la puissance des Teutoniques que des siècles de peines et de victoires. A Venise, nous étions sujets; ici nous sommes souverains! Ces réflexions furent interrompues par le bruit des chevaux qui entraient dans la cour. Winrich se mil à la croisée, et il vit un chef teuton entouré de sa suite ; il reconnut à l'instant que c'était celui qu'il attendait, et il en eut une joie extrême. Le komtur de Labiau était un homme de petite taille, mais fort et musculeux ; ses yeux étaient expressifs, et ses lèvres minces annonçaient plus d'esprit que de bonté, Henri Schîndekopf était renommé pour sa bravoure, c'était sur ce point la première réputation après celle de grand* maître. Rigide observateur des règlements de l'Ordre, il priait sans cesse, couchait sur la dure, buvait de l'eau et délestait les femmes ; aussi le grand-maître le donnait pour exemple à tons les jeunes chevaliers, et l'honorait du titre de son ami. Le komtur de Labiau était aussi sévère pour lui-même que pour les autres et ne pardonnait rien, et je crois même qu'il aurait poussé le zèle jusqu'à la punition des mauvaises pensées. Au moment où Winrich l'aperçut dans la cour, il était monté sur un grand cheval bai : cette mante appartient à tous les petits hommes de tous les siècles.

Il s'empressa de se faire annoncer chez le grand-maître, et après les salutations, les témoignages réciproques d'amitié, ils se mirent tous deux à la croisée pour voir les chevaux de Bo-

bénie. Les chevaliers admiraient avec envie ces magnifiques chevaux. « La belle monture ! dit tan d'eux ; je voudrais qu'il me fut permis d'essayer celui-là... — Frère Jean, lui cria le komtur, si ce cheval te plaît, essaie-le, et il sera ensuite i toi, le grand-roattre voudra bien me permettre <Fen disposer. » Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois, il monta le cheval; d'abord il par- Tiot, à force d'adresse et d'habileté, à maîtriser ranimai fougueux ; mais, après quelques évolutions, il tomba par terre, au milieu des rires et des rumeurs de l'assemblée.

c Bon Dieu! dit le komtur, quelle jeunesse! celan'a pas plus de force, pas plusd'énergie qu'une femme. (Notez bien que cette comparaison était le plus grand outrage du komtur.) Voyez, grandmaître, ce pduvre chevalier, tout pâle encore de sa chute. Allons, il faut que je leur apprenne à tous comment on dresse un cheval : vous m'autorisez, n'est-ce pas, grand- maître, à donner l'exemple à ces jeunes gens? »

Winrich lui fit observer qu'il en résulterait peat-étre quelque accident : « Peu importe, ré-» pondit le komtur, il faut instruire notre jeunesse, et loi montrer que quand on n'est pas une femme, on être faible et de pauvre nature, on peut braver et surmonter toute espèce de périls.

— Henri, dit le grand-maître avec bonté, faites tout ce qu'il vous plaira. >

1* komtur descendit dans la cour, s'empara do cheval, le piqua des deux, et se mit à galoper. Le cheval cabriolait, se cabrait comme un furieux, mais force lui fut de céder au komtur, qui, tout triomphant, tout suant, tout haletant, tout essouflé, fit trois fois le tour de, la cour. Il descendit, c'était assez pour sa gloire , mais en jetant sur la foule un regard de mépris.

Quand il revint auprès de Winrich, celui-ci lai dit: < Henri, vons vous êtes conduit comme les chevaliers du bon vieux temps, le cheval est à vous, et vous le monterez le jour du combat ; mats pour l'amour de Dieu, ne vous exposez plus ainsi, nous ne sommes plus jeunes, mon pauvre ami, et les hommes de notre trempe sont rares, même dans notre Ordre.

— Je le crois certes bien, notre Ordre a plus de vices à lui seul que tout le reste de la société, répliqua Henri. La mollesse et le luxe, voilà où nous en sommes arrivés, et si nous n'avons point eacore atteint le degré de perversité des Templiers, nous marchons sur leurs traces. Une armure, un manteau, «ne épée, un cheval, la

terre pour se coucher, le ciel pour se couvrirt tels étaient les biens de l'ancienne chevalerie ; aujourd'hui, nous voulons être les maîtres des peuples, et nous oublions Dieu, notre maître à tous. Nous avons fait vœu de pauvreté et de chasteté, et nous nous vautrons dans la débauche et dans le luxe... >

Cette conversation fut interrompue par l'arrivée du maître- d'hôtel, qui vint annoncer le dioer. On passa dans la salle à manger, et là Henri trouva des paroles plus éloquentes encore pour blâmer le luxe et surtout l'usage du vin : il ne but que de l'eau tout le temps du repas ; mais les chevaliers, qui faisaient bon marché de l'exemple, burent tant qu'ils purent.

Le soir on tint un conseil de guerre. On discuta longtemps pour savoir si l'on prendrait l'offensive ou la défensive; mais sur ces entrefaites Rieystut trancha la question, car il s'emparait déjà des possessions teutoniques du côté d'Argensbourg.

c Werner, dit un soir le vieux komtur Otto, ce que je prévoyais'est arrivé; le grand-maître t'ordonne de te rendre à Harienbourg, il veut que tu y passes quelque temps ; j'en suis fâché , je m'étais accoutumé à ta présence; mais le grandmaltre ordonne, pars, et que Dieu te conduise. Moi, je vais rester seul, car ces hommes qui m'entourent ne me comprennent pas , ne me connaissent pas ; ils n'ont point vu Marie, ils n'ont point vu mon château des bords du Rhin, ils ne répondront à aucun de mes souvenirs ; je te regrette, Werner, et sans Biruta nous ne serions pas séparés. Que son dieu Perkounas la punisse, cette femme qui me prend ma dernière joie... Mais ne me regarde pas ainsi, tu sais que mou cœur vaut mieux que mes paroles ; et en mémoire de toi je protégerai Biruta, je la défendrai, je lui donnerai plus qu'elle ne mérite ! >

Malgré l'amertume de ces dernières paroles, Werner fut si ému de reconnaissance qu'il ne put répondre au komtur, et celui-ci, qui prit son silence pour du dédain, lui dit : * Tu m'accuses, Werner, et tu quitteras sans peine un vieillard exigeant et maussade.

— Non, Oito, reprit tendrement Werner.

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non, ces lieux me sont chers, je les quille avecun déchirement inexprimable.

— Biruta demeure ici, c'est vrai !

— Et vous, que j'aime et respecte, et vous qui restez seul et qui aviez besoin de moi!

— Tu m'aimes donc un peu ? que Dieu te bénisse pour de pareils sentiments, ils me font du. bien. Va, et dispose tout pour ton départ. Je te permets d'aller faire tes adieux à Wal^una, je te le permets pour prévenir une faute do. désobéissance; mais pour plus de sûreté fais-toi accompagner, car Kieystut est près d'Argcnsbourg. rftte-to», et quand tu seras de retour, tu viendras me voir. »

Werner se rendit chez Walguna, Biruta était seule, c Je pars, lui dit-il en entrant, et je viens vous faire mes adieux.

— Celte séparation m'est pénible, mais je la crois nécessaire pour votre bien.

— Dans ce moment que je vous quille, je ne puis avoir une autre pensée; le jour qui fuit n'est rien, demain est une possession incertaine... Me promettre du bien ou du mieux pour l'avenir me semble une ironie cruelle!

— Allons, Werner, n'empoisonnez pas ce dernier moment; le calme qui assiste au départ est d'un bon augure. Nous nous reverrons, n'en douiez pas, ne prenez pas vos émotions pour du pressentiment.

— L'avenir est entre les mains de Dieu ; mais permettez-moi, lui dit Werner, de vous parler comme si ce jour était le dernier. Il y a au fond de mon cœur un soupçon, une crainte qui le ronge...

—Parlez hardiment, Werner, toutes vos questions seront dictées par l'amitié, je vous écoute.

— On dit, Biruta, que vous êtes chrétienne en apparence, mais qu'au fond du cœur vous avez oooservé la religion de vos ancêtres? »

Biruta parut interdite, elle ne répondit point d'abord, et Werner prit son silence pour un aveu ; enfin, se remettant peu à peu, elle dit : t Vous aussi, tous m'avez soupçonnée, Werneri mais comme je vous estime, je m'expliquerai. Rassurez-vous, je suis chrétienne , j'adore les doctrines du Christ, je crois tout ce qu'il nous a enseigné, mais je hais ces hommes qui parlent en son nom , qui combattent pour lui , et dont toutes les actions démentent les paroles. Je n'ai ni respect ni amour pour un Ordre couvert de sang et de boue, ce sang est celui de mes frères. Suis-je justifiée, Werner?

— Pas encore, Biruia. Pourquoi n'allea-vou* pas à l'église, pourquoi n'accomplissez-voua pas vos devoirs de pieté, pourquoi ne fréquentezvous pas les couvents?

— Dieu est partout! s'écria Biruta avec exaltation, Dieu est partout, et de partout il entend nos prières. Que sont les voûtes des temples» quand je les compare aux voûtes du ciel,? vos cierges brillent-ils avec plus d'éclat que les étoiles, ei la voix de vos prédicateurs est-elle plus, puissante que le bruit du tonnerre» ou plus imposante que le murmure des forôls agitée* par les venis ? Werner, je prie Dieu» j'élève ma pensée vers lui , je m'agenouille devant une fleur, devant un brin de gazon; la nature, c'est mon temple, mais toutes vos profanations inventées par les hommes, je m'en éloigne. »

Werner était forcé de réprouver ce discours. La religion que Biruta s'était faite lui semblait une hérésie, et cependant il l'avait écoulée sans l'interrompre. Après un silenco de quelques moments, il lui dit :« Mais, si vous êtes chrétienne, pourquoi visitez-vous si souvent Je lieu où se trouvait autrefois le temple de Romnowe? c'est là que vos préires sacrifiaient des victimes humaines à leurs divinités 1

— Ne parlez pas du sang qu'ils ont versé, chevalier teuioniqne, répliqua fièrement Biruta. ISos prêtres, à nous, n'envahissaient point les pays étrangers, sous le prétexte de propager leur religion ; ils ne massacraient pas les habitants pour s'emparer de leurs terres. Les crimes de nos prêtres venaient do leur ignorance, ils ne savaient pas que Dieu ordonne le pardon et la charité; ils ne le savaient pas, eux, et en sacrifiant quelques prisonniers de guerre, ils croyaient être agréables à leurs divinités. D'ailleurs, en immolant les autres, ils ne s'épargnaient pas : on compte jusqu'à trente-trois grands-prêtres qui se brûlèrent volontairement sur le bûcher, pour conjurer la colère des dieux, quand la patrie était malheureuse. Répondez-moi, Werner, vos grands-maitrès, votre Ordre, qu'oui- ils fait pour la patrie, qu'ont-ils fait pour le bien de l'humanité ?

— Avant de vous répondre, j'exige que vous m'expliquiez le motif de vos visites à Romnowe.

— Je peux tout dire. Si vous étiez dans la Terre-Sainte, n'iriez-vous pas- visiter la maison de vos premiers grands-maîtres et de ces prêtres qui ont fondé votre Ordre? N'auriez-vous pas présents à la mémoire leurs vertus et leurs belles actions? ne leur accorderiez- vous pas plus d'es-

lime qu'ils o'en méritent peut-être? Eh bien, moi, j'aime à visiter des lieux qui ont été chers à mes ancêtres, auxquels toutes les traditions, tous les souvenirs de mon enfance se lient étroitement ; et quand j'entends ces chants populaires avec lesquels on m'a bercée, mon cœur s'épanouit : j'aime à m égarer dans nos forêts primitives, j'écoute le gazouillement des oiseaux et les 6ons néiodieuxde lu harpe de nos weïdalotes ; jo me «poscsous un chêne aussi vieux» que le monde. C'est là que le grand Kriweyto rendait la justice ; c'est là qu'il méditait le bonheur du pays.... Je le vois, et mon âme vit de la grande vie du passé. Je chante l'antique gloire de nos ancêtres, et f oublie le présent et je ferme les yeux sur nos misères.

»Je deviendrai sans doute moins fervente pour le passé quand le pays sera heureux. Je dovien* drai moins fervente pour le passé quand je ne verrai plus le luxe et les excès de vos prêtres; quand nos frères, tous égaux, tous libres, ne seront plus sujets de votre Ordre ; quanti une simple croix remplacera lu magniûcencc profane et la grandeur impie.

— Les païens aussi, Bimta, aimaient la raagniGceqce. Lu colère de Dieu a renversé leur cuite, et Dieu protège le nôtre !

— La colère de Dieu ! ah I je vous en prie, faites-moi grâce des formules de votre Ordre : je ne parle pas ici à lin chevalier teuton ique, je m'explique devant un homme qui ne manque pas de supériorité. »

Wcrner voulait répondre, mais il entendit le bruit de la cavalerie qui approchait ; et se rappelant alors les sages avertissements d'Otto, il courut verrouiller les portes et rejoignit Biruta. «Voici les Litvaniens, dit-il, on les envoie pour piller et ravager les enviions d'Argensbourg. Peut-être viennent-ils pour vous enlever, par ordre de Kieystut ; mais je saurai vous défendre. Us passeront sur mon corps avant d'arriver jusqu'à vous. J'ai tout près d'ici dix hommes qui défendront les abords de la maison.

— Et mon père, s'écria Biruta, où est-il ?

— Espérons qu'il échappera à l'ennemi. Mais pries, Biruta» prier ; cherchez des forces dans la prière.»

Biruta regarda Werner, leva les yeux au ciel, prit un arc et se plaça derrière une croisée.

Bientôt on aperçut deux détachements de cavalerie litvanienne ; ils s'arrêtèrent à une certaine distance l'un de l'autre, puis ils entourèrent la

maison, peu après on entendit frapper à la porte à coups redoublés.

« Ouvre, ami Walguna. dit une voix forte : nous venons, an nom du grand-duc, demander la main de ta Hlle. Ouvre vite et donne-nous ta fdle. Ne refuse pas,- au moins, car nous mettrions le feu à ta maison. Ouvre, ouvre, disaient tous les Litvaniens à la fois, on nous allons enfoncer les portes.

— Ne craignez rien, Biruta , mes cavaliers vont venir à notre secours, dit Werner,

— Ouvre donc, crièrent encore le* Litvaniens, ou bien nous irons prendre la colombe dans son nid.

—Qu'ils viennent, » dit Werner en s'armant de son épée ; et aussitôt il se présenta à la îepèlre • avec Biruta. , .

— Ha! ha! unTeutonique par-dessus le marché. C'est bon : des échelles, bien vite* nous prendrons la colombe et le vautour. »

Biruta lança sa fléché, qui atteignit unLAtvar nien; Werner en frappa un autre, et les hommes placés au dehors eurent le soin do venir pour empêcher l'escalade. /

— Par ordre de Kieystut on devait vous ej&lever, dit Werner, et pourtant Kieystut est païen !

— Ne condamnez pas le «rond-duc, peut-être a-t-on agi sans ses ordres?

-~SeigneurWerner. dît un cavalier en entrant, partez au plus vite, le komtur vous réclame} partez, trouvez -tons à votre poste avant le retour des Litvaniens ; ils sont en nombre, et d'un moment à l'antre ih peuvent revenir iei. —Je suis à toi. > Et le cavalier sortit. t i Vous ne devez pas rester seule ici, Biruta ( le komtur vous donnera asile dans le fort, je n'en doute pas, ditWeroei*.

— Non, Werner, non, je n'abandonnerai pas la maison de mon père; je resterai, j'attendrai mon père : mais vous, partez, et que Dieu vous protège. '

— Il fant dono nous sépare*, nous séparer quand je vous laisse exposée à mille danger* I II faut donc vous quitter, Biruta, et prendre pour derniers souvenirs ce* adieux si froids. Non, je ne puis m'y résoudre, je resterai près de vous.

— Ayez do courage, Werner, ne prolonge! pas la tristesse des adieux. La destinée ne fait pas miséricorde ; sans doute nom ne nous rêver*

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