LE CHATEAU DE LUÇK
(Prononcez : Lootsk.)
Sur les bords du Styr,qui porte, par le Prypeç, le tribut de ses eaux au Dnieper et à la mer Noire, s'élèvent les ruines d'un château historique. Ses premiers fondements furent posés en 1000 parWladimir, au moment que ce prince quittait Kiiow pour envahir les terres qui relevaient de la suprématie polonaise. En 1073, Boleslas-le- Hardi s'empara de Luçk, qui lui fut repris plus tard; mais en 1349 Kasimir-le-Grand s'en rendit maître, et pour être agréable aux siens et aux ducs de Litvanie de la famille d'Olgerd, il céda en 1366 la Wolhynie et sa capitale Luçk, sous conditions qu'elles seraient tributaires de la couronne. Dans la suite ces contrées furent témoins des contestations qui surgirent entre la Pologne et la Litvanie ; mais elles furent terminées définitivement sous le règne de Sigismond-Auguste,
et toutes les terres russiennes, dont la Wolhynie faisait partie, rentrèrent sous la dénomination politique de la couronne de Pologne.
C'est dans la ville et dans le château de Luçk que se tint un congrès, célèbre dans les fastes de la Pologne, à l'époque où Wladislas-Jagellon régnait à Krakovie, et où son cousin Witold gouvernait le grand-duché à Wilna. L'union des deux peuples inquiétait fort Sigismond, empereur d'Allemagne, et pour semer la division entre les princes, il caressa l'ambition de Witold, en lui promettant son aide pour le faire roi absolu de la Litvanie. Pour arriver à ce résultat, le congrès de Luçk s'ouvrit le G janvier 1420. L'empereur Sigismond et l'impératrice sa femme, le roi Wladislas-Jagellon, le roi de Danemark Eric XUf, les ducs de Mazovie, de Tver, de Bezan, les
princes dè Suéde, lès grands-maîtres des chevaliers du Pdrte-Glaive et des chevaliers Teuto- Biques, les khans des Tatars, les ambassadeurs dé l'empereur Paléologue, lés grands de la Pologne, de la Litvanie et des terres russiennes, ae réunirent avec leurs suites dans la ville de Luct èt les villages environnants. Witold traita ses hôtes avec une libéralité inouïe ; chaque jour, on consommait sept cents tonneaux de liquides, sept Cents bteufs du génisses, quatorze cents
élans et brebis, et cent tàngllerti. Ces repaê ho^ mériques se répétèrent pendant sept semaines. Malgré cela* Witold échoia dans ses projets; il en fut très-mortifié, et motrut l'année suivante à Troki.
La chaire de l'évêché cathrJique et du diocèse de Luçk était occupée dans tes derniers temps par trois hommes distingués : le savant Adam Stanislas Naruszewicz, Jérômé Strdyhowski, et le vénérable Gdspard GièciszdWtki. '