HENRI DE VALOIS
Henri, informé de son élection, quitta le siège de La Rochelle, et revint à Paris pour y attendre l'arrivée des ambassadeurs polonais. Le 19 août 4573, ils firent leur entrée solennelle à Paris. Ils furent reçus au Louvre par le roi Charles IX, la reine mère Catherine de Médicis, le duc d'Anjou et Henri, depuis roi de Navarre, qui gouverna la France sous le nom de Henri IV. Le 10 septembre, Henri se rendit dans l'église de Notre-Dame de Paris, pour prononcer le serment qui avait été rédigé à la diète de l'élection. Trois jours après, les ambassadeurs remirent avec solennité à Henri le diplôme de l'élection. Enfin, au mois de décembre il franchit la frontière française.
Etant encore en Allemagne, Henri dressa son plan de conduite à l'égard de la Pologne ; aussi, en écrivant ses dispositions secrètes à son confident le sieur de Rambouillet, il lui mandait de Torgau sur l'Elbe, en date du 13 janvier 1574 : c J'ai entendu que le bâtiment de mon château i de Rrakovie est fort commode pour logis; • mais d'autant que le procureur qui en a la » charge ne sait pas quelle est ma coutume de > loger et d'approprier les chambres et les ca- » binets à la façon de France, je vous prie, re-
• gardez à faire dresser et approprier mon logis
> comme vous savez que je le désire et que j'ai » accoutumé de l'être, montrant celle lettre au-
• dit procureur, afin qu'il ne fasse point de diffi- » culté de suivre en cela votre avis et l'inslruc- » tion que vous lui en baillerez, comme je lui » écris parla lettre que je vous envoie. > El dans une lettre toute confidentielle, il ajoutait : c Je » vous prie de regarder pour mon logis que je a sois accommodé à Krakovie, taut de chambre
• qu'autres appartements, et principalement de i cabinets; pour avoir entendu qu'il est com- - mode ledit logis de ces choses-là même pour sor- » tir et entrer, à ce que j'ai entendu, dans la ville,
> sans que l'on le vit. Vous savez l'envie qu'a en
• cela la reine ma mère ; j'en suis de même. » Mais faites-le si dextrement, qu'ils ne connais»
• senl que ce soit pour cela» Je vous en écris une
• lettre, que vous montrerez au procureur, non
> celle-ci. »
Voilà les préoccupations du nouveau roi élu ; il s'occupe peu de mériter l'honneur qu'on lui a fait : ce qui l'occupe avant tout, ce sont les portes secrètes, et nous allons voir à quoi elles servirent à Henri et a ses confidents !
Il entra en Pologne par Miedzyrzécz (Meseriiz), alla à Posen, et de là il arriva à Rrakovie, le 18 février 1574. Le 21 du même mois on Gt la cérémonie du couronnement. Celle pompe et les transports de joie furent troublés par un événement tragique. Samuel Zborowski, riche et arrogant, se pril de querelle avec Jean Tenczynski, castellan de Woynicz, et le provoqua en duel. Jean Wapowski, castellan de Przemysl, voulant reconcilier les deux parties, fut frappé du sabre db Zborowski, et il en mourut. Zborowski, mis en jugement, ne fut condamné par le roi qu'à la déportation, sans être privé, selon les lois, de ses biens et honneurs. Cette conduite du roi fil mal présager de sa justice, et les faveurs dont fut comblée la famille du meurtrier augmentèrent le mécontentement public. Une défiance réciproque s'établit entre le roi et le sénat. Henri et ses favoris français persiflaient les usages et les habitudes des Polonais, et consumaient avec leur maître leurs jours en festins, bals et débauches. La mort de Charles IX (30 mai, à Vincennes) procura à Henri l'occasion de retourner en France, et sans dire mot ni au sénat ni à son conseil, le 18 juin 1574 il donna un festin suivi d'un grand bal, après quoi il se relira comme pour se coucher, et décampa à deux heures du matin par
la petite porte secrète qui le préoccupait déjà six mois auparavant; monté sur un cheval bien dressé, il gagna au plus vite la frontière autrichienne.
Qu'on se représente l'alarme cl le désordre de la cour et de la ville à la disparition du roi à qui les Polonais avaient offert tout ce qu'ils avaient de plus cher : la patrie et le sceptre. On alla à sa poursuite; mais il était déjà sur le territoire étranger. Le sieur de Pybrac, ministre et favori du roi, eut le malheur de s'égarer, s'embourba dans les marais de la Skawa et de la Wistule, aux environs de Zator ; mais enfin il rejoignit son maître et ils prirent la route de Vienne, de Venise, de Lyon et arrivèrent à Paris, où Henri III régna après son frère Charles IX.
Jawoyszowski.Kosakau service d'Albert Laski, palatin Je Siéradie, fut envoyé en toute hâte à Vienne, avec de nouvelles lettres à Henri, pour le prier de revenir à Krakovie; le Kosak lit ce long trajet, et sur le même cheval (110 lieues), en vingt -quatre heures; mais Henri resta inflexible.
La noblesse se réunit en diète à Warsovie le 10 septembre, et décréta que si le roi ne se présentait pas le 12 mai 1575 à la diète de Stcnzyra sur la Wistule, on procéderait à l'élection d'un nouveau roi. Ce décret fut envoyé à Henri, qui promit de se présenter avant l'expiration du terme assigné; mais les troubles qui éclatèrent en France à son arrivée le mirent en défaut. Le sieur de Pybrac arriva aussi trop tard et sans argent ; aussi le 15 juillet, la Pologne se délia de ses serments envers Henri. Ce décret fut généralement conûrmé dans une autre diète d'un jour, le 3 octobre, qui annonçait le trône vacant, et le primat convoqua une nouvelle diète d'élection pour le 4 novembre 1575. En attendant, lesTatars ravageaient les terres russiennes.
Henri Ier en Pologne, et IIIe en France, était né à Fontainebleau le 19 septembre 1551 ; il mourut assassiné à Saint-Cloud en 1589, et fut enterré à Saint-Denis.
La noblesse, réunie en diète, s'occupa des titres des candidats :
Nicolas lazlowiecki , palatin de la Russie- Rouge;
Pierre Zborowski, palatin de Krakovie ;
Jean Kostka, palatin de Sandomir; André Tenczynski, palatin de Belz ; André Firley,starostc de Sandomir ; Jean III, roi de Suède ; Sigismond-Wasa, fils de Jean III et de Catherine JagHIonne ;
Alphonse II, duc de Ferrare et de Modène ; Maximilien II, empereur d'Allemagne; Ferdinand, archiduc d'Autriche, frère de Maximilien II;
Ernest, archiduc d'Autriche , fd s de Maximilien II;
Etienne Batory de Somlio, prince de Transylvanie.
Cette fois, Jean Zamoyski lui-même proposa les rcgnicolcs, et particulièrement Kosika cl Tenczynski; mais ne voyant pas assez de chances, ils déclarèrent qu'ils préféraient le droit d'élire les rois à l'honneur de l'être eux-mêmes.
Les candidats suédois ne furent pas plus heureux à cette diète qu'à la précédente.
Alphonse, duc de Ferrare et de Modèue, qui n'était point riche, fut repoussé; les droits plus qu'illusoires que Henri lui avait cédés n'eurent aucune valeur.
Les partisans de l'Autriche furent éconduits d'autant plus facilement, que des Pqlonuis pré* voyants avertissaient publiquement jes Etat» i que la maison d'Autriche était la plus redoutable ennemie de la Pologne; qu'ils ne souffriraient pus qu'un prince de cette famille fût leur souverain ; que les royaumes de Hongrie et de Bohême étaient de beaux exemples pour la Pologne ; que ces peuples, après avoir perdu leur liberté, gémissaient sous le joug de la maison d'Autriche. » Aussi, dans la séance du 14 décembre 1575, Jean Zamoyski, avec tout l'ordre équestre, proclama chef de l'Etat Anne Jagelloone,
sœur de Sigismond- Auguste, en lui assignant pour époux Etienne Batory, qu'on nomma en même temps roi de Pologne; et les ambassadeurs de Batory, Georges Blandrata et Martin Rerzewiczy, signèrent les pacta contenta.
Le primat Ucbanski ayant abandonné le champ des élections, se transporta avec son parti bien armé dans un autre lieu, et y nomma l'empereur Maximilien roi de Pologne; après quoi le maréchal de la couronne le proclama. Le primat envoya des ambassadeurs à Vienne poar inviter Maximilien à prendre possession du trône. Le parti de Zamoyski se réunit à Jendrzéiow sur laNida (18 janvier 1576), dans une attitude ute-
oaçanié. Ôn y fixa le jour do couronnement de èatory, qui vint en effet à Krakovie le 18 avril, fat couronné le 1er mai et s'unit à Anne Jagellonne. Eliennè avait quarante-deux ans, et Anne cinquante-deux passés.
ÉÎJENNE BATORY (1515-1586).
Le parti autrichien, tant en Pologne qu'en Liivanie, protesta pendant quelque temps contre l'élection ; mais Etienne sut le ramener à lui. Il n'y eut plus que Dantzig qui hésitait encore à le reconnaître.
Le nouveau roi quitta Krakovie, fit une tournée à Tykocin, à Warsovie, et arriva à TUorn dans le dessein d'y convoquer une diète pour le 4 octobre prochain ; en attendant, il partit pour Elbing. Toute la Prusse polonaise et la Poméranie reconnurent Etienne ; mais Dantzig, confiante dans ses fortifications, s'opposait toujours au roi; aucune négociation ne servit; le roi revint à îliorn pour présider à la diète ; là on arrêta qu'il fallait réduire les Dantzikois. Le 15 mars 1377, le sénat s'assembla à Wloclawek.
Une babille décisive, gagnée à Tczewo (Dirschau) le 17 avril, consterna les Dantzikois. Le roi, en arrivant à Malborg (Marienbourg), témoigna sa satisfaction et récompensa la bravoure de ses troupes. De là, il se rendit à Daulzig, cl en lit le siège (13 juin). La garnison et les habitants, ne pouvant plus tenir, se soumirent au roi, et, le 12 décembre 1577, on conclut à Malborg des conditions, après lesquelles la ville demanda et obtint le pardon, paya 200,000 florins, et 20,000 pour la restauration de l'abbaye d'Oliwa. Le 16 décembre, les Dantzikois jurent fidélité et soumission au roi entre les mains des commissaires d'Etienne : Wollowicz, Firlcy, WalewAi et Kozrarewski.
Durant cette campagne, les Tatars avaient envahi les terres russiennes; mais Stanislas Wlodck ne tarda pas à les repousser (avril 1577).
Dès que Batoryeut terminé les affaires prussiennes, il tourna toute son attention sur la Moskovic. A son avènement, il trouva le trésor public entièrement épuisé. Déjà, à la dicte de Thorn, il avait cherché à établir des impôts, mais la noblesse s'y était opposée. Etienne recourut à d'autres moyens. Il s'adressa au clergé, qui lui fournil avec empressement les sommes nécessaires pour mettre sur pied une armée capable de combattre les ennemis de la patrie. Pénétré de reconnaissance, le roi concourut à relever cet ordre, acca-
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blé par la noblesse ; puis il renouvela ses relations avec la cour de Rome. Le primai Uchanski, jusqu'alors en hostilité avec le Vatican, convoqua un concile à Piotrkow, où l'on pourvut aux besoins de l'Eglise catholique, et où l'on modifia les lois du concile de Trident, de manière à être appliquées à la Pologne.
A la diète de Warsovie, qui s'ouvrit en février 1Ô78, on décréta, sans trop d'opposition, un impôt d'un florin par arpent de terre et la dixhuitième partie du prix des boissons. Jamais un impôt aussi exorbitant n'avait encore été prélevé ; toutes les provinces y souscrivirent pourtant, à l'exception de Krakovie, de Sandomir et de Sieradz; mais le motif en était trop puissant, il s'agissait de faire la guerre an tzar Yvan, et de reprendre les provinces qu'il avait envahies sur la Liivanie.
A la même diète, le roi institua le tribunal suprême de la couronne. Jusqu'alors on interjetait appel des tribunaux inférieurs aux assemblées palatioales, et de celles-ci au roi. La santé affaiblie de Sigismond-Anguste avait mis ce monarque dans l'impossibilité de tenir ces lits de justice aussi fréquemment que le besoin l'exigeait, la noblesse réclama la permission de pouvoir établir des juges tirés de son ordre. Sigismond s'y opposa tant qu'il vécut, n'ayant permis qu'une seule fuis quelque chose de semblable. On reproduisit celle question pendant l'interrègne de Henri, et on l'inséra parmi les articles par lui adoptés. Après la fuite de Henri, la noblesse choisissait dans son sein, selon son bon plaisir, des juges à l'effet de prendre connaissance des affaires litigieuses. Le roi Étienne, y découvrant de graves inconvénients, voulut y remédier, el décréta qu'à l'avenir on élirait dans chaque palatinat des juges qui jugeraient à Piotrkow les affaires de la Grande-Pologne, et à Lublin celles de la Petite- Pologne. Les affaires concernant l'Etat, le roi et les finances étaient, comme par le passé, du ressort du roi, qui pouvait aussi examiner les affaires jugées même par la noblesse.
On décréta à celle diète une loi qui n'accordait qu'aux diètes, avec l'assentiment de tous les États de la république, le droit de conférer les titres de noblesse. Jusqu'alors les étrangers qui venaient s'établir dans le pays, et qui avaient acheté des terres, élaieni par là même citoyen» égaux aux autres, quant aux lois et aux franchises. Enfin, la Prusse ducale prêta hommage de vassalité dans la personne de Georges-Frédéric,
markgrave de Brandebourg-d'Anspach, tuteur d'Albert-Frédéric, qui était tombé dans l'imbécillité; cette cérémonie eut lieu au mois de mars 1578 à Warsovie.
Tout étant prêt pour la campagne de Moskou, Éiienne l'ouvrit sous d'heureux auspices. Le roi étant occupé de la soumission de Dantzig.le tzar Yvan IV rompit le traité qu'il avait naguère conclu avec la Pologne, et s'empara de toute la Livonie. André Sapieba et Mathias Dembinski défirent une partie de l'armée moskovite àWenden, sans pouvoir toutefois reprendre celte province. Ayant assuré la république du côte des Tatars et des Kosaks, en punissant à Léopol Podkowa, leur chef, accusé et convaincu d'avoir suscité des troubles, Éiienne prit la roule de Krakovic, Warsovie, Grodno, et arriva à Wilna.
Dans les premiers jours de juillet 1579, le rendez-vous général fut indiqué à Swir ( à mi-chemin enire Wilna et Glembokie ). Le roi donna le commandement des troupes à Nicolas Mielecki, palatin de Podolic, en se réservant la direction suprême. De Swir on marcha à Dzisna, et enfin on commença le siège de Poloçk. La ville fut prise le 29 août 1579. Sokol, Turowla, Sussa, châteaux fortiGés, eurent le même sort. A la suite de tant de victoires, le roi donna a Dzisna ù Goltard l'investiture du duché de Kourlande, envoya ses troupes en quartiers d'hiver, revint a Wilna, où il fut reçu en triomphe ; là il convoqua pour le 23 novembre une diète, pour aviser aux moyens de soutenir la guerre avec plus de succès encore.
Plusieurs aristocrates polonais, effrayés de l'énergique volonté d'Étienne, répandirent les bruits qu'il ne faisait la guerre que dans un but personnel, et levait les impôts pour les passer ensuite secrètement en Transylvanie. Le roi sut imposer aux calomnies de l'odieuse caste. Le roi nomma Jean Zamoyski grand-général cl en même temps grand-chancelier de la couronne. Le rendez-vous des troupes fut indiqué à Czaszniki, sur t'Ula (juin 1380). Le roi passa à iravers les marais et les forêts vierges, où le grandduc de Litvanie, Witold s'était ouvert le chemin de Novogorod (1425). Éiienne franchit ces forêts et ces marais, et emporta les forts de Wieliz, Wariata, Wiclkie-Luki, Newel, Zawslocze, Jézicrzyszcze, Porchow, Opoka, Starodubow.
Le roi, exténué de fatigues et déjà souffrant, repartit pour Warsovie, et dans une diète (février-mai 1581) il rendit compte des vicloires
et conquêtes des Polonais, demanda de nouveaux secours en hommes et en argent, insista sur la nécessité d'arracher la Livonie au tzar, et recommença la troisième campagne.
La guerre s'ouvrit par le siège de Pskow (août 1381). Ce siège, malgré la bravoure polonaise, traîna en longueur, mais la ville aurait fini par succomber si lesintrigues diplomaliqtpt, tonjours si fatales aux Polonais, n'étaient venues en aide au tzar. Celui-ci, effrayé des succès des Polonais.envoya une ambassade au pape Grégoire XIII, pour lui demander son entremise entre la Moskovie et la Pologne, et sous main le tzar faisait espérer qu'il embrasserait le catholicisme; le pape dupé envoya bien vile un Jésuite, Antoine Posscvin. Lorsque Possevin se présenta devant Batory, celui-ci lui dit : c Le tzar de Moskovie » veut en imposer au saint Père : à l'aspect de
> l'orage qui le menace, il est homme à tout pro* » mettre, et la réunion des cultes, et la guerre i contre les Turks : quant à moi, il ne me trom- » pera pas. Cependant allex, agissez, je ne m'y » oppose en aucune façon : seulement je suis
> convaincu que pour obtenir une paix honora- » ble et avantageuse, la guerre est indispensa- » ble : nous l'aurons cette paix, j'en donne ma » parole. »
Le roi partit pour la Liivanie qui réclamait sa présence ; mais, sûr des talents de Zamoyski, il lui confia le commandement et repartit pour Wilna, ensuite il se rendit à Grodno. Les intrigues diplomatiques eurent le dessus ; les négociations jésuitico-moskovites commencèrent le 13 décembre 1581, et le 15 janvier 1582 fut signée la paix de Khiverova-Gorka. Par ces conditions, Etienne rendit toutes les villes prises dans la province de Pskow, et Yvan renonça à toutes ses prétentions sur la Livonie. Polock, Wieliz, Witebsk restèrent à la Litvanie.
Après cette paix, Etienne divisa la Livonie en irois palatinats: Wenden, Do r pat et Parnau;il récompensa largement les troupes qni s'étaient couvertes de gloire, il donna en mariage sa nièce Griselde à Jean Zamoyski (1583); il organisa les Kosaks, fonda l'Académie de Wilna, et s'occupa des affaires intérieures, qui étaient troublées par l'affaire de Zborowski. Samuel Zborowski, exilé de la Pologne pour le meurtre de Wapowski, revint avec Batory ; il se présenta la tête haute, et témoigna ouvertemeni la haine qu'il portait à Zamoyski. Celui-ci l'avertit que le décret d'exil avait encore force de loi, et que par conséquent
ii ne lai convenait pas de demeurer a Krakovie. Samuel en voulait à la vie de Zamoyski, celui-ci le fit arrêter, et demanda au roi comment on devait traiter le criminel ; le roi ordonna d'en oser conformément aux lois. Mis en jugement, Samuel Zborowski fut décapite à Krakovie (26 mai 1584). Avant sa mort, il avoua que sa famille conspirait contre les jours du roi ou qu'elle chercherait à le détrôner. Christophe et André Zborowski forent assignés à comparaître à la diète deWarsovie. L'instigateur accusa Zborowski d'avoir tramé uni; conspiration de haute trahison; d'avoir eu des intelligences trait reuses avec le tzar de Moskovie ; d'avoir commis des crimes de lèse -majesté datas ses discours et ses éi rits. Czarnknwski et Nicmojewski, éloquents et tres-considérés dans le pays, se constituèrent défenseurs de Zborowski; mais le sénat condamna Christophe à la peine de mort et d'infam e, et on ajonrna la' décision relative à André à la tenue de la diète prochaine. Christophe s'enfuit en Moravie sans attendre son arrôt.
La condamnation des coupables causa une grande effervescence, et on ne put traiter dans cette diète aucune question avantageuse à l'Etat. Le roi se rendit à" Grodno, do là il envoya une ambassade à Rome, composée d'André Batory, son neveu, et de Solikowski, archevêque de Léopol, pour communiquer nu pape Sixte V le projet de faire la guerre aux Moskôvites. Le pape promît de l'assister tant en secours qu'en argent. Etienne, pour obtenir encore l'assentiment des Etats, fixa au mois de décembre l'ouverture de la diète de Wîtfsovie. En attendant, il commença à faire des prépai-atifs de guerre ; la noblesse, par ses excès et ses abus de pouvoir, amenai», la ruine de la république, le roi résolut donc d'agiter la question de l'hérédité du trône. La nation, qui avait une grande confiance en Batory, secondait ses projets dans les diétincs qui se réunissaient déjà dans' tons les pataii nais, lorsqu'il mourut subitement àf Grodno, le 12 décembre 1586; c'est ce règne qu? ferme l'époque de la Polùgrte florisiànte.
Etienne Batory dé SomKo, grince de Transylvanie, naquit le 27 septembre t53$, mourut dans sa cinquante-quatrième année, après un règne de dix ans; on l'inhuma dans l'église cathédrale dé KrakoVie.