Annates de VEmpire, 1. II
eu de nombreux 6crivains politiques, ignores au dehors, peu connus aujourd'hui mAme dans leur propre pays, mais qui, de leur temps, y ont fait autorite : Modrzewski, Orzechowski, Warszewicki*- Entre eux et leurs successeurs du xviii' sifecle Konarski, Staszic et le roi Leszczynski, TunitS de doctrine est rest6e sur ce point entifere. Or, elle led met en opposition saillante avec tons leurs confreres des autres pays. lis ne parlent pas la mftme langue.
« II importe aux rois de savoir, dit Tun, qu'ils sont 6tablis pour le peuple et non le peuple pour eux. L'autorite qu'ils ont sur le peuple leur est donn^e non pour eux, mais pour lui *. » Un autre interpelle en ces termes le dipositaire de cette autoritS : « Apprenez h connattre ce qui distingue un souverain paien d*un souverain chretien : chea les paiens, les rois sont summa summarum de tout ; ils tiennent leurs sujets pour des chevaux ou des boBufs, qu'il leur est permis de chevaucher k leur guise, ou d'atteler k la charrue ; k leurs yeux, finis rerum rex in regno, id justum quod regi utile; chez les chr6tiens, aucontraire, summa summarum respublica est, rex servus rei publicm^, »
L'un et Tautre savent ce qu'ils disent. Politi-
1. Modrzewski, Commentarii dte Bepnbliea emendanda, Cracovie,
2. Orzechowski, Fidelis Suhditus, CracoTie, 1549; le mdme, Dialogue t ibid,, 1563.