Mably, i
3. 23 Janvier 1783, Arnetb, Joseph II und Leopold von Toseana, Vienne, 1872, I. p. 151.
4. Fr6d6ric II au due de Brunswick, aodt 1782, Ranke, Die deutschen Mdchte undder Fiirstenbund^ Leipzig, 1871, II, Sources; Mallet du ?&ny Armalcs politiques, Londres, 1779-1782, III (1782).
haute quality, rien d'un M6h6e ou d'un Essen, Mirabeau, ecrivait : « Aucun royaumen'a jamais annonc^ un si rapide acheminement &la ruined » Et cet horoscope recueillait egalement Tassentiment general. Mably comparait ToBuvre de Fr6d6ric ie Grand k un Edifice elev6 sur le sable, et, 6crivant i son « souffre-douleur», Catherine II pr6voyait que la construction croulerait prochainement. ^ Dans ciaq ans », repondait Grimm avec assurance^.
Mirabeau voyait la Prusse au lendemain de la mort de Frederic, et faisait preuve d'un coup d'ceil juste. Quatre ans plus tard c'etait Reichenbach, et vingt ans plus tard c'6tait lena. Le partage des provinces prussiennes op6re en 1807 n'a pas port^ une moindre atteinte k la puissance de ce pays que Toeuvre des copartageants de 1772 k celle de la Pologne. La Prusse a ichapp6 au desastre complet et s'est relev6e promptement de ses defaites. Grftce k quoi? A la forte organisation que Frederic II lui avait donnee et qu'il d^fiait ses h6ritiers de g4ter? « M6me s'ils le voulaient, ils ne le pourraient pas! » Mais, au sentiment d'un bon juge, le relevement aurait ete du a la destruction, precisement, de Tappareil
i. La Monarchie prussienne, Paris, 1788, I, 1. Vill; Hist, seerite, juillet 1786.
2. 24 juin 1790 et d mai 1791, Gofresp. de Catheriae, Recusil de la Soc, d'Hist. Russe,
de centralisation extreme et d& despotisme dress6 par le vainqueur de Rosbach, et k Tintervention des Elements ainsi lib^r^s de vie nationale et de gouvemement autonome dans les provinces et dans les communes *. Ce qui revient k dire que la Prusse aurait et6 sauv^e par ce qui a pass^ pour avoir caus6 la perte de la Pologne.
D'autres causes ont sans doute concouru k determiner dans lin sens different la destin^e des deux pays. Comme en Pologne, la vie provinciale avait en Prusse son foyer principal dans la noblesse. Mais cet element n*6tait pc^, de part et d'autre, k beaucoup pres, de m6me quality. La noblesse prussienne gardait essentiellement le caractere d'une aristocratie et conservait en outre avec les masses populaires des liens fond6s sur des debris survivants d*anciennes institutions feodales, entiferement etrangferes k la race slave. En Pologne, la noblesse 6tait en majorite une democratic, paradoxalement separee du peuple, done livree k iTes propres forces et destinee k succomber k la tdche qu'elle s'imposait.
Enfin, TAngleterre et la Prusse ont eu sur la Pologne I'avantage d'un concours de ^ircon-