‹ La Pologne [microform]Chapitre 5 sur 13 · POLOGNE · texte numérisé non relu

POLOGNE

lières naturelles, pas de montagnes et le grand fleuve qui la traverse ne la protèg^e pas. Elle était le champ de bataille et le champ d'intrigues des peuples du nord. Trop faible pour se défendre contre les convoitises de ses voisins, trop loyale pour déjouer les intrigues de la Prusse et de 1 Autriche, elle devait périr et elle périt.

LES PARTAGES BE LA^OLOCrNE

Le premier partage. Cest la Prusse qui a voulu et

1772 provoqué le partage de la Pologne.

En 1768, Frédéric II, voyant les armées russes tenues en échec par les légions polonaises, les hordes turq[ues et les khans de Crimée, dévoile le projet qu'il avait toujours caressé : réunir la Poméranie et le Brandebourg à la Prusse orientale en conquérant la Prusse polonaise, uetie opération était un acte de piraterie. Frédéric n'était pas homme à hésiter pour si peu, mais il lui fallait un complice. L'Autriche s'offrit. Pour barrer la route aux ambitions russes qui déjà la menaçaient dans les Balkans et sur le Bosphore, elle s allia à la Prusse et pour sceller cette alliance, elle renonça à la Silésie qui lui avait été arrachée en 1742.

L'Autriche apportait un concours précieux mais insuffisant. La Russie pouvait faire échouer l'entreprise si elle se portait au secours de la Pologne. Frédéric résolut de la

fagner à sa cause et il employa dans ce but un moyen qui est evenu courant dans la diplomatie allemande. Il fit fabriquer de faux papiers : un soi-disant plan d'alliance entre FAutriche et la Russie contre les Turcs. Ce document avait été trouvé, disait-il, dans les papiers du diplomate Lynar ; il comportait le démembrement de la Pologne, dont plusieurs provinces étaient attribuées à FAutriche et à la Russie pour les dédommager des sacrifices que cette nouvelle alliance contre les Ottomans allait leur imposer. Frédéric communiqua ce plan à Pélrograd et à Vienne et fit savoir que pour prix de ses bons offices il s attribuait la Prusse polonaise et la Warmie. La Russie hésita. Panine fit des réponses évasives. Mais FAutriche, d'accord avec la Prusse, précipita les événements, mobilisa et envahit le comté de Zyps.

Rapprochés dans la préparation du crime, Frédéric II et Joseph il sentirent la nécessité de s'unir étroitement, de

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