‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 10 sur 57 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

représentait dans l'intérieur d'un couvent de Poitiers. En 1212, le Concile de Paris fait défense aux nonnes de célébrer la fête des Fous.

L'archevêque Odon visite les couvents du diocèse de Rouen en 1245, et y apprend que les religieuses se livrent à des plaisirs indécents pendant les grandes fêtes. Il leur défend ces amusements dont elles ont l'habitude, et leur interdit de danser entre elles ou avec des séculiers.

Charles VII promulgue, en 1430, des lettres royales à propos des gens d'église de la cathédrale de Troyes, qui « se réunissaient pour faire la fête aux Fous avec grands excès, moqueries, spectacles, déguisements, farces, chansons profanes et autres folies, par irrévérence et dérision de Dieu, ou très grand vitupère et diffame de tout l'éclat ecclésiastique ».

Le prédicateur Michel Menot blâme les prêtres de danser publiquement avec des femmes le jour même où ils disent leur première messe.

Un autre prédicateur, contemporain de Menot, Guillaume Pépin, parle également, sans trop s'en offusquer, de prêtres qui entraient en danse après avoir dépouillé leur soutane, et de moines qui vont dans les couvents de religieuses pour y danser nuit et jour. Il se tait sur le reste pour ne pas offenser les oreilles pieuses. Au Concile de Sienne, sous le règne de Charles VII, un discours sur la dissolution du clergé fut prononcé, précis et sans réplique : « On voit aujourd'hui, s'écrie un des orateurs, des prêtres usuriers, cabaretiers, marchands, gouverneurs de châteaux, notaires, économes, maquereaux... Les évèques l'emportent, en fait de volupté, sur Epicure ; c'est entre les pots qu'ils discutent de l'autorité du Pape et de celle des Conciles ».

Le même orateur rapporte que sainte Brigitte, étant

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en extase dans l'église Saint-Pierre de Rome, vit tout à coupla nef pleine de cochons mitres; elle demanda à Dieu l'explication d'une si fantastique vision : « Ce sont, répondit le Seigneur, les évêques et les abbés d'aujourd'hui ».

Erasme, qui connaissait bien les moines pour avoir été élevé au couvent, parlant « de moines épais dont le ventre est toujours tendu de nourriture », dit : « On les appelle pères, et ils font souvent en sorte que ce nom leur soit bien appliqué ».

Sur une porte d'airain de la cathédrale de Strasbourg, construite en 1543, et qui existait encore en 1728, on voyait, dans un petit carré en sculpture, la représentation d'un couvent ; les moines en sortent avec la croix et les bannières, et vont au-devant d'un de leurs frères qui leur apporte une lille qu'il tient sur ses épaules.

Sur les stalles des églises on trouvait, taillées dans les bois, des scènes comme celle du moine surpris dans une conversation trop proche avec une religieuse.

Dans le Poitou, à l'abbaye Chièvre-Faye, un moine, appelé Pigière, manqua un dimanche à l'heure de la messe. « Si demandait-on partout ce Pigière, et ne pouvait être trouvé. Mais toutefois tant fut quis et cerchié qu'il fut trouvé en l'église en un coignet sur une femme, embessonné, et ne se pouvaient départir l'un de l'autre » (»).

(1) Menot, Pcrputchra epistolarum quadragesimalium expositio, Paris, 1017 ; — Pépin, Sermones quadraginla de destruclione Ainivx, Paris, iy25; — Erasme, La vierge ennemie du mariage ; — Livre du chevalier de La Tour Landry pour renseignement de ses filles : chap. Du moine qui Jil fornication en l'église ; — Voir Chamii i.kury, Histoire de la caricature au Moyen Age, Paris, 1871, chap. iv, p. XVI.

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