‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 9 sur 57 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Les débordements licencieux du clergé séculier et régulier, tout au long du Moyen Age, remplissent les pages des chroniques de l'époque ; on pourrait y glaner une volumineuse récolte.

Jacques de Vitry dit que, à la fin du xne siècle, les lilles publiques, qui arrêtaient dans la rue les ecclésiastiques, les appelaient sodomites lorsque ceux-ci refusaient de les suivre. « Ce vice honteux et détestable, ajoute-t-il, est tellement répandu à Paris; ce venin, cette peste y sont si incurables que celui qui entretient une ou plusieurs concubines est regardé comme un homme de mœurs exemplaires ».

On sait aussi que la condamnation des Templiers ne lut, de la part de Boniface VIII et de Philippe le Bel. qu'une terrible mesure de justice contre la sodomie déguisée sous l'habit de l'Ordre du Temple.

Les clercs et les moines, sûrs de l'impunité, loris de toute la puissance temporelle et spirituelle de l'Eglise, en étaient venus au point de ne plus dissimuler leur dépravation. Aux grandes fêtes ecclésiastiques, dans les cloîtres, les moines organisaient des parties de danse avec des nonnes des couvents voisins ; les évêques venaient chercher les religieuses pour se mêler à leur joie. La chronique de la ville d'Erfurth cite même un évêque qui se laissa entraîner à de tels excès de danse qu'il en mourut d'apoplexie.

Au demeurant, les danses dans les églises, à l'époque des grandes fêtes, étaient regardées comme faisa'u partie des pompes rehaussant le service divin.

Au viie siècle, dans un Concile assemblé par Clovis II à Chalon-sur-Saône, il fut défendu aux femmes de se divertir, les jours de fête, dans l'enceinte des églises, et d'y chanter des chansons licencieuses. Grégoire de Tours s'élève, de son côté, contre les mascarades qu'on

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