XX INTRODUCTION
bault disail : « A l'égard de la dépense des ecclésiastiques, ils aiment mieux prodiguer leurs biens à des fous, à des bateliers, à des femmes de joie, à des ménétriers, à des adulateurs, ou acheter des chiens et des oiseaux, que de donner aux pauvres. Contre les canons, ils fréquentent les tavernes et les bordeaux, ils tiennent ouvertement des concubines dans leurs maisons; et après s'être prostitués avec elles, ils ne font pas difficulté de célébrer la messe. Il est passé en proverbe que les prélats nourrissent autant de maîtresses que de domestiques.
Les couvents des filles, lesquels, selon les canons, devraient être absolument fermés aux hommes, sont des lieux et des théâtres publics, des réceptacles de toute sorte de vanité. Si quelques grands font scrupule d'y entrer, ils envoient des présents, des mets, des billets, ils invitent les nonnes chez eux. Il est honteux de dire ce qui s'y passe, mais il est encore plus honteux de le faire » (')•
Les Réformés avaient la partie belle contre un ordre de choses aussi scandaleux. Henri Estienne s'est donné le malin plaisir d'étayer ses attaques sur les invectives des prédicateurs eux-mêmes, surtout d'Olivier Maillard et de Michel Menot.
Les ecclésiastiques, dit Olivier Maillard, écoutent les confessions des femmes ; et puis connaissant celles du métier, ils courent après. II appelle les prêtres concubinaires ou fornicaires et parle avec dégoût de ceux qui ont des concubines en leurs chambres « à pain et à pot », ou, comme dit Menot, « à pot et à cueiller ».
(1) Lettre de saint Vincent de Paul au cardinal de La Rochefoucauld sur l'état de dépravation de l'abbaye de Longcltamps, Texte latin et traduction, par J. L. — Paris, 1827.