‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 18 sur 57 · X XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X XX INTRODUCTION

pètent, se battent, blasphèment le nom de Dieu et des saints par leurs bouches infectes; et étant ainsi bien ordonnés et accoutrés, viennent à l'autel en sortant du giron de leurs paillardes.

Plusieurs évèques n'ont même jamais entré en leurs villes, ni vu leurs églises, ni visité leurs lieux ou diocèses. Ils résident aux cours des princes pour les gros gages et présents qu'ils en reçoivent. Ils reçoivent pourtant chacun de leur église chaque année sept ou dix mille écus. Le long de l'an, certains entrent une fois ou deux en leur église; ils sont tous les jours à la chasse, à la volerie, aux jeux et autres exercices. Ils passent les nuits en banquets somptueux, danses et ébats avec les fiiies.

Les chanoines ressemblent à leurs évoques tant quils peuvent : indoctes, simoniaques, convoiteurs, ambitieux, détracteurs, ivrognes, paillards comme marmots, comme ceux qui ordinairement tiennent sans honte des bâtards en leurs maisons et des ribaudes au lieu de femmes légitimes. Bavards, jaseurs, ils passent le temps en fables et badineries comme pourceaux d'Epicure, ils constituent leur félicité en ce monde à augmenter leur bien par droit ou par injure, à farcir leur ventre et leur gueule, à se vautrer en toutes voluptés 'de la chair.

Les moines sont encore plus avares, plus enfoncés et leurs affections renversées aux choses temporelles. Ils sont plus lubriques, sans discipline; plus dissolus, sans repos, courant par lieux publics et déshonnêtes, s'ils ont la bride avalée. Ils ne haïssent rien plus que leur chambre et leur cloître, la lecture et l'oraison, leur règle et religion.

Les Frères Mendiants se vantent d'être les vrais disciples et imitateurs du Christ. Vêtus de peau de brebis, ils contrefont par apparence extérieure les austères en leur façon de vivre, les chastes, les humbles et les

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