IV PREFACE
tendent avoir trouvée toute faite dans un Traité de la Polygamie sacrée publié de leur temps. Comment ce calcul a-t-il pu être seulement tenté? Il serait difficile de le diremais en songeant à l'acuité des luttes religieuses à la fin du XVIe siècle, aux violences des libelles versicolores sortis des officines de Réformés comme des cabinets de Ligueurs, on est tout disposé à comprendre le ton de Vouvrage. Car l'accent g est, à n'en pas douter, des plus sincères.
Louvrage débute par une longue dédicace à Henri III, roi de France, lequel est prévenu par un logal sujet qu'en un étui caché en son cabinet sont enfermées trois perles précieuses qui, découvertes et mises au jour, suffiraient peur élever leur possesseur au-dessus de toutes les puissances terrestres. Mais ces perles sont enfouies, et la chrétienté se prévaut de leur enfouissement pour se plonger dans le désordre. Et quel désordre ! Plus de quatre fois sept cent mille femmes polggamient et concubinent avec les magiciens et enchanteurs qui se prévalent de la parole de Dieu.
Or, la parole de Dieu, c'est la première des perles qu'il convient au Roi de mettre en lumière. Les deux autres sont la noblesse et le tiers-état, dont l'auteur traite en deux parties longues, diffuses, obscures et d'intérêt médiocre.
Entrant alors dans le vif du sujet, il expose, avec détails précis, que le revenu de l'Eglise gallicane est de plus de cent millions d'écus par an, puis se demande à quoi et comment sont emplogées des ressources aussi considérables. C'est une question « laquelle il va répondre verveusement.
Ayant choisi le diocèse de Lyon, il détermine le nombre de tous ses prélats et bènèficiers avec leurs domestiques et ce qu'il appelle le train de leur polygamie, c'est-à-dire le nombre des femmes mariées, des filles de joie, des maquereaux et maquerelles qu'ils entretiennent, des bâtards