‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 4 sur 57 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

qu'ils engendrent, sans omettre le nombre de ces prélats qui se jouent de la sodomie. La statistique est aussi détaillée qu'on peut le désirer ; et, de plus, elle est êmaillée de réflexions, d 'anecdotes, d'une saveur un peu brutale, comme le comporte le sujet.

Ces chiffres déterminés avec toute V apparence d'une précision rigoureuse, V auteur de la Polygamie sacrée dresse le recueil général des prélats et bénéficiers, de leurs domestiques et des autres personnes mâles et femelles vivant aux dépens du Crucifix dans tous les diocèses de l'Eglise gallicane. Il établit enfin, toujours par diocèse, le bilan des recettes et dépenses du clergé régulier et séculier. Au total, le débit s'élève à 100.530.319 écus ; le crédit à S '4. 596. 089 écus.

L'auteur s'efforce alors de justifier sa stupéfiante statistique par une série de « preuves » qui valent d'être lues, sinon prises à la lettre : leur ingéniosité excuseleur partialité.

Enfin, il rappelle tous les articles dressés au colloque de Poissy par les prélats de l'Eglise gallicane, « pour empêcher, dit-il, qu'on ne tire du Cabinet du Roi les trois perles précieuses », et livre, à propos de chacun de ces articles, une interprétation malicieuse, à l'emporte-pièce.

Il termine son pamphlet par « la danse macabre de la Polygamie sacrée », qui est comme l'apothéose de la satire, le coup de fouet final, cinglant de rage.

Quia écrit cette satire enragée? La question reste entière. D'après la Bibliothèque historique du P. Lelong et le Manuel du libraire de Brunet, Fauteur serait Nicolas Froumenteau, dont le nom figurait au titre d'un livre du même genre paru la même année {1581) : Le thrésor des thrésors de France, c'est-à-dire le secret des finances, ou préparatif propre et nécessaire pour purger les dettes du Roi, décharger ses sujets. Pierre Du four (le bibliophile Jacob) est de cet avis, mais sans pouvoir dire quel est ce Nicolas Froumenteau.

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