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CHAPITRE IX

PREUVE DU NOMBRE DES EVEQUES DE L EGLISE GALLICANE ET DE LEURS GENTILSHOMMES ET DOMESTIQUES

ï6o évêques sont en l'église gallicane, d'après le catalogue tant du Dataire (l), que celui que les banquiers en cour de Rome tiennent. Vous avez la description desdits évêchés, avec la taxe de ce qu'ils paient au Pape. Par le rôle des décimes, états et comptes sur ce rendus, tous les diocèses sont entièrement désignés, de manière que tous les grands et autres nés tant aux affaires d'état, finances, que courtisans de Rome, savent ce nombre, et si quelqu'un n'y avait encore pris garde, c'est à faire de recourir au catalogue, rôle, états et comptes que nous produisons. Reste sur ce à contenter le populaire, afin aussi de leur en bailler la connaissance ; ils la trouveront par les cartes gallicanes imprimées que l'on vend publiquement ; là les arclievêchés sont marqués de deux croix, et les évècbés d'une croix. Je m'arrête un peu sur ce nombre, pour le désir que j'ai qu'il demeure en la mémoire d'un cbacun ; car de ce nombre, je prétends tirer la preuve des principaux articles contenus et déclarés en ce traité.

S'il se pouvait faire que d'assembler en une fois et à un même lieu tous les évêques de l'église gallicane avec leurs domestiques, je m'assure que vous verriez plus de A.ooo per-

(!) Officier du Vatican qui préside à la Chancellerie, où s'expédient nombre d'actes de cette Cour.

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sonnes : car la plupart d'eux ont des protonotaires, écuyers, maîtres d'hôtel, gentilshommes, secrétaires, argentiers, pages, laquais, valets de chambre, cuisiniers, palefreniers, muletiers, cochers, fauconniers, et la plupart des gentilshommes et autres officiers ont d'autres serviteurs, jusques aux secrétaires qui ont des clercs, et ces clercs ont des laquais ; toutefois nous réduirons leur train simplement à i5 personnes, l'un portant l'autre, pour chaque prélat. Puisqu'on voit bien qu'il y en a plus de 4.5oo, je n'ai pas beaucoup d'affaires à prouver les 2.5oo ; car il n'y a ville, bourgade en France et autres lieux de l'église gallicane, où l'on ne puisse bien voir trois et quatre fois l'année marcher le train de ces évêques. Anciennement nos Roys ne menaient pas l'équipage d'une demi-douzaine d'évêques d'aujourd'hui. Pour le voir encore mieux en sa plénitude, et bien autrement complet que de 4.000 et tant, observez-les s'il vous plaît en leurs sièges épiscopaux, vous n'entendrez ni ne verrez que bruire couteaux en cuisine. Je sais bien que la réformation de la religion les a un peu fait restreindre, et mis de l'eau dedans leur vin, comme l'on dit, cela n'empêche qu'on n'y voit encore reluire un train épiscopalement et à la Gallicane dressé.

Quelques-uns aussi d'iceux, qui se disent confesseurs des Roys et Princes, font un peu la chattemitc, et vous diriez qu'ils n'y sauraient toucher, car ils marchent avec une simple robe. Mais leurs estafiers ne sont si cachés qu'on ne les puisse bien voir ; la trogne de leurs chapelains, le visage de leurs bardaches, la contenance de leurs cuisiniers, démontrent assez que le train n'est si petit qu'on pense.

Il y en a d'autres qui extraordinaircment font de l'épargne pour enrichir les maisons de leurs parents. Tant y a que le revenu est tel et si grand que la marmite est toujours grasse et si ample, qu'il faut des mangeurs et des avaleurs pour l'humer.

Pour rendre ma preuve plus certaine, ici je vais dresser deux états; l'un sera du nombre des domestiques de la maison des Evoques, qui dépensent et font bien bouillir la marmite ; l'autre état sera du nombre des domestiques des maisons des évoques qui vivent le plus frugalement et avec le moindre train qu'il leur est possible.

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Le premier état est composé de l'évêque avec un ou deux chapelains, son maître d'hôtel, son écuyer, un médecin, trois protonotaires, trois ou quatre gentilshommes, quatre ou cinq pages, un ou deux secrétaires, un ou deux valets de chambre, l'argentier, le cuisinier, le sommelier, deux ou trois chantres, deux ou trois joueurs d'instruments, un tailleur, un apothicaire, un vivandier, huit serviteurs tant des protonotaires que des maîtres d'hôtel, écuyers et genntilshommes, un fauconnier, un veneur, 'trois ou quatre laquais, un haquebutier (') pour tirer au gibier, et qui a la conduite d'un chien couchant, le palefrenier avec deux garçons d'étable, le muletier avec un serviteur, un charretier.

Nous avons vérifié cet état sur plus de 56 évoques, et même nous ne comptons pas aucuns de leurs neveux qu'ils mènent avec eux, avec deux ou trois chevaux ; aussi ne comptons-nous pas \- cocher ni les chevaux qui traînent le coche, néanmoins les garçons ou laquais du secrétaire, de l'argentier, du sommelier et autres. Il n'y a pas un des courtisans, un homme de bon entendement, qui ne connaisse très bien que le nombre des domestiques susdits est très véritable.

L'autre état du nombre des domestiques des évoques, de ceux qui vivent le plus frugalement, hormis 4 ou 5 qui sont en France, est tel :

L'évoque, son prêtre ou chapelain, son secrétaire, l'argentier, un ou deux gentilshommes, l'un desquels sert d'écuyer, deux pages, deux laquais, son valet de chambre, son cuisinier, son sommelier, son palefrenier, son muletier.

Si petit état puisse-t-on bailier au moindre des Evêques, encore a-t-il i5 personnes. Tellement que nous ne tirerons hors li^ne sinon 2.5oo.

Par quoi ci :

Domestiques 2.5oo

(!) Arquelusier,

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