‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 5 sur 57 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

D'autre part, un certain nombre de bibliographes attribuent le Cabinet du roi de France à Nicolas Barnaud, du Crest, dont, au dire de Barbier (Dictionnaire des ouvrages anonymes), on lit les initiales N. D. C. au frontispice de la dédicace. Bien que P. Dufour soit hostile à cette attribution, il y a quelques présomptions en sa faneur. Et, d'abord, Barnaud fut un protestant farouche, un de ces huguenots qu'on qualifiait, an XVIe siècle, d'enragés. Né dans la petite ville du Crest, en Dauphiné, dans la deuxième moitié du XVIe siècle, il fit de nombreux voyages en Allemagne, en Suisse, en Espagne, pour s'instruire sans doute, et certainement aussi pour fuir les représailles. Il exerçait ' la médecine dans les différentes villes où le conduisaient son humeur vagabonde et la crainte des châtiments que lui méritait sa hardiesse à manifester ses opinions religieuses et politiques. Il s'appliqua longtemps aussi à la recherche de la pierre philosophale et publia un grand nombre d'ouvrages d'alchimie. Tous ses travaux ont été publiés dans le troisième volume du Theatrumchemicum, de Zetzner (Strasbourg, 1659).

Après la journée de la Saint-Barthélémy, Barnaud se réfugia à Genève, où il fit imprimer, sous le nom d'Eusèbe Philadelphe, le Réveil matin des Français et de leurs voisins (1574). Cet ouvrage était dirigé contre les instigateurs des massacres de protestants avec tant de violence que ceux même de son parti le désapprouvèrent, craignant les conséquences de cette levée de boucliers. On raconte qu'un gentilhomme, nommé La fin, ayant rencontré Barnaud seul dans une des rues de Bàle, lui donna un soufflet, en lui reprochant amèrement le tort que son imprudence faisait aux protestants.

Dans un ouvrage paru en 1582, Le Miroir des Français, contenant l'état et maniement des affaires de France, tant de la justice que de la police, mis en dia-

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