CHAPITRE XII
PREUVE DU NOMBRE DES CHANOINES, DU NOMBRE DE LEURS PAILLARDES, DU NOMBRE DE LEURS MAQUEREAUX, MAQUERELLES ET BATARDS
A 7. 835 chanoines se trouvent en l'église gallicane. La preuve en est fort facile : car de toutes les églises cathédrales et collégiales, les rôles et états se trouvent non seulement dans le trésor de leurs églises, mais aussi dans la chambre des comptes et la chambre du Trésor, en ceux principalement qui sont de fondation royale et des Ducs de Normandie, Bretagne, Aquitaine, Guyenne, Bourgogne, Brie, Champagne, Anjou, Berry et autres provinces de ce royaume. Pour le regard des autres chanoines, qui ne sont de fondation royale, leur nombre a été fort malaisé à trouver, comme par exemple au diocèse d'Agen, on ne dirait jamais qu'il y eût des chanoines à Monpezac, qui est une petite bicoque. En l'archevêché de Tours, on ne jugerait qu'il y eût des chanoines au château de Loches, ni moins au château de Beaujac, qui est au diocèse de Mâcon, comme en plusieurs autres lieux et endroits de ce royaume. Tellement que pour avoir la preuve de leurs paillardes, la peine n'a été si grande, qu'à trouver le nombre précis des chanoines. Il est vrai que la dépense des putains est bien différente : car les chanoines des sièges épiscopaux ont bien d'autres moyens de les entretenir en plus grand nombre que n'ont les autres chanoines, à cause des grands revenus desquels les roys, princes et grands seigneurs ont doté les épiscopaux.
Au traité de la Polygamie sacrée, cette cabale canonicale est
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dotée de plus de 600.000 paillardes ; car il montre par très fermes et indubitables témoignages, (pic dans la plupart des châteaux et bicoques où telle vermine est plantée, non seulement les filles et servantes des Seigneurs, mais les dames même sont corrompues et gâtées, c'est-à-dire paillardent avec Messieurs les chanoines ; voilà pourquoi jusques aux marquis, comtes et barons, ce célibat frappe sur le plus haut sommet de l'honneur de leurs femmes. Je m'ébahis comme tant de braves hommes se laissent ainsi abuser, vu qu'ils peuvent bien croire qu'allant à la guerre. ou faisant quelques autres longs voyages, il ne peut être, s'ils n'ont bien le don de continence, qu'ils ne soient chatouillés de quelque concupiscence. A plus forte raison leurs familles entourées de ces vénérables chanoines et qui font profession de leurs brayettes, autant et plus que de leurs bréviaires, savent bien par où il faut entrer pour enfiler l'aiguille de la dame, de manière que si elle se laisse aller, comme il advient le plus souvent, autant de demoiselles, filles et servantes il y a dans le château, autant de matière pour rassasier les appétits de Messieurs les chanoines.
S'ils sont si hardis que de s'apprivoiser avec les femmes de leurs seigneurs et patrons, je leur demande quelle sobriété ils peuvent tenir à l'endroit de leurs commères, voisines et bourgeoises de leurs bourgades, si bien que de cent il n'en réchappe pas une ; à moins que la crainte de Dieu préside bien fort à l'endroit de quelques-unes. N'est-ce rien, à votre avis, que six chanoines aient monté sur 60 femmes en moins d'un an, sans les incestes de leurs sœurs, tantes et cousines germaines? Voyez là-des:us au 32e chapitre de la Polygamie sacrée, et vous aurez les noms des chanoines et du lieu où cela a été fait. Ce n est rien toutefois au prix des exécutions que font Messieurs les gros, gras et riches chanoines dans les villes métropolitaines et capitales du ressort des Parlements, sièges présidiaux, sénéchaussées et baillages de ce royaume, selon que nous avons touché en plusieurs endroits de ce volume. Il n'était besoin d'en dire ici davantage, n'eût été qu'on a bien voulu faire entendre que toutes (elles paillardes, ribaudes et adultères ne sont comprises au nombre de cette preuve, à cause qu'il est aucunement difficile
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de prouver la bâtardise, les incestes, paillardises et adultères pratiqués sous l'ombre et couverture du célibat. Nous leur accordons seulement à chacun quatre garces pour l'an du présent état, quelques-unes desquelles demeurent avec eux de longue main ; les autres sont annuelles, triennales, de mois en mois, selon qu'il plaît à ces vieilles maquerelles qui, pour être les bien venues, n'ont de plus grand soin que de leur produire souvent de la chair fraîche. Et tout cela vit de la prébende et du revenu de Monsieur le chanoine. Je ne me donnerai pas la peine d'enfoncer beaucoup de raisons persuasives pour faire ajouter foi à la présente preuve, eu égard que tous les chanoines, s'ils ne sont bougres ou châtrés, savent bien que je dis vrai. Ils seraient bien impudents de le nier, car des millions de personnes voient d'heure à autre leur train, bordeau et inceste voilé et aucunement couvert de ce beau célibat, les fruits et bâtards qu'ils produisent : mais le plus beau témoignage que nous avons là-dessus, c'est qu'ils sont hommes, bien nourris, bien vêtus, frais, reposés et qu'ils montent sur leurs vieilles et jeunes haquenées quand il leur plaît. Par quoi ci :
Chanoines 47-830
Putains igi.344
Bâtards 19 1.344
Maquereaux a3.5oo
Maquerelles a3.5oo