‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 42 sur 57 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

PREUVE DU NOMBRE DES ABBÉS ET PRIEURS DE L ÉGLISE GALLICANE, ET DE LEURS GENTILSHOMMES, SERVITEURS ET DOMESTIQUES

De 1.456 abbayes qu'il y a en l'église gallicane il en faut retrancher 636, que les cardinaux, archevêques, évêques et autres prélats tiennent, comme aussi certains gentilshommes qui ont des cuslodi nos et aussi d'autres qui en portent deux et trois ; tellement qu'il ne restera de notre nombre que 820 Abbayes, et par ce moyen 820 abbés qui ont plus de 5 à 6.000 putains nourries de la marmite, non compris les épaves de la Cour, ni les demoiselles et gentils-femmes et de toutes autres qualités où ces vénérables abbés se fourrent. Car encore que la paillardise des cardinaux et prélats soit étrange, ce n'est rien auprès de celle des abbés. Avec une superbe hardiesse et privauté, ils ont l'entrée de toutes les maisons de gentilshommes voisins de leurs Abbayes, ils y vont et viennent, et qui pis est, y séjournent à leur plaisir : et quelque cousin et proche parent que Monsieur l'Abbé soit aux gentilshommes, la courtoisie de leurs femmes ne leur est pas défendue. Si ce n'est à elles, gare à leurs demoiselles. Et pour le regard des filles et chambrières, tout cela le plus souvent sert pour la desserte des secrétaires, argentiers et autres domestiques. De dire que Monsieur le gentilhomme, s'il le savait, apprendrait bien à tourner court à Monsieur l'Abbé, je n'en fais point de doute, mais le célibat a un tel masque qu'à grand'peine peut-on guère découvrir telles mascarades : et puis il faut considérer que la plupart des abbés sont gentilshommes

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et ont des parents qui malaisément permettraient qu'ils fussent étrillés. Sous ce respect, et que les Abbayes sont qualifiées Les hôpitaux de la noblesse, les nobles paillardises sont un peu mieux couvertes que les roturières, d'autant que volontiers les gentilshommes se rient et moquent à pleine gorge de toutes les autres femmes, soit présidentes, conseillères et autres qui se laissent acrosser par ces vénérables abbés. Estimant que par là leurs femmes ou les demoiselles de leurs femmes, sont exemptes de la crosse de l'abbé, en quoi ils s'abusent bien fort, selon que ceux qui ont les yeux ouverts le peuvent apercevoir et connaître. Cette pluralité de femmes et demoiselles qui ne coûtent pas peu à l'abbé, n'empêche qu'à pot et à feu le moindre d'eux n'ait 7 et 8 paillardes, et autant de bâtards. Si dans le territoire où sont assises leurs abbayes, il se trouve ioo et ioo belles filles, comme coulumièrement il s'en trouve, ce sont autant de proie pour l'abbé. Le moyen d'attirer ces pauvres filles à la volonté et plaisir de l'abbé, comme au gré et contentement des pères et mères ce tripotage est démené, il est si bien et proprement vérifié au traité de la Polygamie sacrée qu'il n'est pas possible de plus, jusques à représenter au vif qu'en moins de deux ans et demi on a apporté à un certain abbé 5G bâtards. Je vous laisse à penser combien par lui, en même temps, d'autres filles ont été abusées, desquelles le ventre n'est point enflé ; toutefois nous restreindrons le nombre d'icelles à l\ putains pour reste, autant de bâtards, avec les maquereaux et maqucrelles, afin qu'il ne semble pas que nous amplifiions par trop leurs générations. Par quoi ci :

Abbés 820

Putains 3. 280

Bâtards 3.280

Maquereaux 1.200

Maquercllcs 1.200

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PREUVE DU NOMBRE i>i:s PUTAINS DES SERVITEURS DOMESTIQUES DES ABBÉS ET DE LEURS MAQUEREAUX ET MAQUERELLES

abbés «mi L'église gallicane <>nt pour le moins :>.o.ooo serviteurs domestiques, et plus de 5o.ooo putains, je dis qui vivent m dépens de la marmite, ainsi qu'il est vivement montré par le traité de la Polygamie sacrée /mais pourdonner plus de force à la présente preuve, on réduit simplemenl le nombre h la moitié. Que si les valets et domestiques des prélats commettent des paillardises étranges, colles qu'exercent ces marauds el bélîtres sonl du toul abominables ; je ne me tourmenterai pas beaucoup à démontrer leur turpitude, pour être oculaire a tous ceux qui ont des yeux. Il \ a môme de ces canailles, <|ui, après avoir abusé des femmes, qui aucunemenl étaienl honorables, sans le crédit, faveur el autorité de leur abbé el maître, on! épousé leurs Qllos contre le gré et consentemenl de leurs pères. Une infinité d'exemples on pourrai! sur ce produire ; mais qui désirera en savoir davantage, lise la légende d'un supposé bâtard qui tienl une abbaye en la province el Primauté <le Lyon ; il verra comment ce monstre avec ses brigands et voleurs domestiques se comportent en leurs paillardises et mariages clandestins qu'ils font ordinairement au territoire et mandement de son abbaye.

Si vous dites que tous les autres abbés et serviteurs d'abbés ne sont si vilains et exécrables, je suis bien content de le croire. Il

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ne s'ensuit pas pourtant qu'ils ne fassent de merveilleuses exécutions en fait de paillardise. Par quoi ci :

Domestiques d'abbes . . . 10.000

Putains 20.000

Bàtaràs 20.000

Maquerellcs 1.200

Maquereaux 1.200

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