PREFACE VI
logue par Nicolas Montaud, et que La Monnaie attribue à Nicotas Barnand, ouvrage dédié à Louise de Lorraine, reine de France, épouse de Henri III, Fauteur indique comme moyens, pour la réforme du royaume, la vente des biens du clergé, la déportation des prêtres, leur mariage,
la fonte des cloches Cest bien Y esprit qui règne dans la
Polygamie sacrée. Et Nicolas Montaud, ou Nicolas Barnand, pourrait bien V avoir composé (l).
Quel qu'en soit l'auteur, cette œuvre inégale, malgré quelque obscurité et un verbiage que nous nous sommes permis parfois de resserrer, est animée, presque à jet continu, dune véritable verve rabelaisienne. Elle reste en tous cas un document qui vaut d'être relu et conservé.
Ce ne peut plus être une arme de combat, nous croyons devoir le dire. Aux ennemis les plus acharnés de l'Eglise, il nous suffira de faire remarquer, en toute impartialité ou indifférence, combien le clergé a gagné, depuis ces époques incultes, en dignité de vie, en élévation intellectuelle et morale.
Ce fut seulement une œuvre de circonstance, mais qui, par l'importance de la question traitée, par le développement qui lui est donné, garde une valeur réelle, une valeur très précise de document. C'est ce caractère que nous avons voulu mettre en relief en choisissant, parmi les innombrables miniatures de Bibles et Missels du Moyen-àge qui accusent crûment l'intempérance et la dissolution du clergé, quelques-unes des moins osées — bien que fort significatives— et en les présentant dans tonte leur saveur simpliste, sans artifice. Ainsi par des œuvres ecclésiastiques, sorties sans doute pour la plupart des couvents, se justifiera, ne pourrions-nous pas dire s'accentuera, la violence de la Polygamie sacrée au xvie siècle.
(!) Michaud, Bibliographie universelle, art. BarnauJ.