‹ La pomme au Canada [microforme]Chapitre 13 sur 87 · VARIETES CROISEES ET HYBRIDES · texte numérisé non relu

VARIETES CROISEES ET HYBRIDES

Les variétés créées au moyen de la fécondation croisée artificielle et de l’hybridation sont appelées métisses et hybrides respectivement. Un hybride est le résultat d’un croisement entre deux espèces, par exemple, entre le Pyrus Malus, la pomme, ou une variété de pommes, et le Pyrus baccata, la pommette de Sibérie. Un métis est le résultat du croisement entre deux variétés de la même espèce, par exemple, entre la Northern Spy et la Rouge Meclntosh.

Presque toutes nos meilleures pommes ont été obtenues par voie de semis; ce n'est pas que l'on ne puisse obtenir de bonnes variétés au moyen de

Fleur de pommier préparée pour la pollinisation croisée. 1. Fleur sur le point de s'épanouir. 2, Pétales enlevés. 3. Anthères enlevées, 4. Une des anthères, 5-6. Vue du pollen fortement grossi.

la fécondation croisée artificielle, mais àl ne s'est fait, du: A ces der-

nières années, que très peu de travaux systématiques dans cette voie en

Amérique.

Puisqu'un très grand nombre de bonnes pommes sont le résultat du hasard, de la fécondation croisée naturelle des fleur: de différentes variétés (car c'est un fait bien établi que beaucoup de variétés de pommes sont ar'stériles) ; il semble raisonnable de croire que l’on pourrait obtenir un pourcenlage encore beaucoup plus grand de bons fruits en pratiquant la pollinisation artificielle des fleurs, car dans ce Cas, on n'emploie que les’ varietés dont on désire perpétuer les caractères. Il est vrai que les pommes ont été teilement croisées par la nature depuis des centaines d'années que l'on n'a aucune certitude que ces caractères seront perpêtués, mais il est permis de croire cependant que les caractères des Parents employés domineront dans le semis de préférence à ceux des variétés dont le croisement s’est fait à une époque beaucoup plus reculée. Avant de commencer à opérer, il importe tout d'ahord de se faire une idée exacte de la sorte de pommes que l'on désire et de choisir comme parents les variétés qui ont.le plus grand nombre possible des qualités recherchées. Nous ne sommes pas encore suffisamment renseignés pour pouvoir prédire avec certitude ce qui résultera de l'emploi de certaines variétés comme sujets père el mère. On fera done bien d'employer la même variété, tantôt comme sujet père, tantôt comme sujet mère.

Nous savons, par les résultats des croisements faits à la ferme expérimentale centrale que les parents, père et mère, exercent généralement une influence à peu près égale sur les caractères des fruits, à l'exception de certunes variétés qu', employées comme sujets mères, paraissent être prépondérantes dans certains caractères. Cependant, es les espèces diffèrent beaucoup entre elles, un hybride conserve sûrement un plus grand nombre des caractères du sujet mère que du sujet père. Il y aurait à citer sous ce rapport les hybrides entre le Pyrus baccata et les pommes que nous décrivons plus loin.

Lu saison pendant laquelle on peut polliniser les fleurs de pommiers dans un verger est très courte, elle dure tout au plus une semaine à dix jours.

La fleur du pue contient les organes de reproduction des deux sexes. La fécondation a lieu lorsque le pollen, c’est-à-dire la fine poussière qui constitue la partie mâle de la fleur, vient en contact avec le stigmate, 2 est la partie supérieure de l'organe femelle. 11 faut donc préverir cette écondation si l’on veut faire une grrr artificielle. Les anthè:2s répandent leur pollen presque aussitôt que les fleurs s'ouvrent. Il faut donc commencer à cpérer lorsque la fleur est encore en bouton.

Les fleurs : > trouvent généralement par groupes de cinq ou six sur les pommiers, mc2ic 11 n'y a ordinairement que les plus vigoureuses de ces fleurs qui preäuisent un fruit. Plus le bouton de fleur est développé, plus la pollinisation artificielle a de chances de réussir. L'opérateur doit commencer par s'assurer qu'il n'y a pas eu de pollen de répandu. Il pince deux ou trois des fleurs les plus faibles et les moins développées et il opère sur le reste; si quelques fleurs se sont épanouies, il doit les enlever et laisser le reste. Une paire de petites pinces est très utile pour ce travail. Ces pinces doivent êtr.: parfaitement lisses à la pointe, sur les deux surfaces, extérieure et int:rieure, pour que le pollen ne puisse s'y loger. On enlève ies pétales de la fleur au moyen de ces pinces; on enlève ensuite, en rompant les filaments, les anthères qui contiennent le pollen et on les rejette. En enlevant les pétales et les anthères, il faut prendre de grandes précautions pour ne pas endommager les Le css si les stigmates étaient blessés, on échouerait sûrement. Il ne reste alors que les organes femelles de la fleur. Les stigmates sont dans l'état voulu pour recevoir le pollen lorsqu'ils deviennent humides. Ils restent humides pendant un jour ou deux. On peut toutefois appliquer le pollen aux stigmates avant que ces derniers soient prêts, car le pollen se conserve en bon état plus longtemps que les stigmates. Si l’on n’applique pas le pollen immédiatement, les fleurs qui ont été opérées doivent être recouvertes d’un sac de fort papier, juste assez grand pour recouvrir le groupes de fleurs et pour que l’on puisse le lier sans abîmer ses dernières. On lie l'ouverture de ce sac étroitement autour du rameau pour qu'aucun insecte “e puisse s’y introduire. On doit cueillir, juste avant leur ouverture, des grappes de fleurs sur la variété de pommes qui doit fournir le pollen, et qui dei être ie sujet père des semis futurs; on dépose les rameaux dans l'eau pus ce que les fleurs s'ouvrent et que le pollen se répande; on peut faciement voir lorsque les anthères se fendent car le pollen devient visible à l’oeil nu. Il ne faut pas attendre que ces fleurs se soient épanouies pour les recueillir, car il est tout probable que les insectes y ont déposé le pollen d’autres variétés, et l'on ne serait pas sûr alors de la variété mère. Le pollen sec. mis dans des flacons fermés et tenus dans un endroit obscur, se conserve en bon état pendant plusieurs semaines. On peut apporter du jee d'une partie du Canada à l’autre pour faire des croisements si on le désire. Lcrsque le pollen et les stigmates sont prêts, on enlève le sac de papier et on enduit copieusement les stigmates de pollen. On pre ce pollen, soit en frottant les authères contre les stigmates, soit avec l'ongle du doigt, soit encore avec le bout ‘ne lame de couteau ou d'une autre surface plate que -n 8 enduite de pol.cn. On recommande très souvent la brosse en poils de “hamcau, mais son emploi exige de grandes précautions, car le pollen peut se ‘uger dans les ES et si l’on opère sur plusieurs espèces, on n'est pas sûr de la parenté des pommes.

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condées et on lie étroitement comme auparavant. On attache alors au rameau une étiquette sur laquelle on écrit un numéro, les noms des sujets père et mère, le nombre des fleurs fécondées et la date à laquelle le travail a été fait. On inscrit également ces faits dans un carnet de notes. Lorsque la période de floraison est terminée et que les fruits sont bien noués, on enlève le sac de papier, on prend note du nombre de pommes qui ont noué et on recouvre les fruits d’un sac de gaze de moussèline au feu du sac de papier. On laisse alors les pommes se développer et mûrir dans le verger. On doit conserv

possible, avant d’en extraire les pépins, les pommes tardives qui ne sont pas parfaitement mûres lorsq'"elles sont récoltées. Il faut cependant en extraire les due pour les semer avant que l'hiver s’établisse, On les compte, on inscrit. eur nombre avec les autres données, puis on les traite de la façon jue nous avons déjà recommandée dans le paragraphe sur les variétés de semis.

er aussi longtemps que

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