‹ La pomme au Canada [microforme]Chapitre 36 sur 87 · CULTURE DU VERGER · texte numérisé non relu

CULTURE DU VERGER

Les bons arboriculteurs ont donné beaucoup d'attention en ces dernières années à la question de la culture et de l'entretien du verger. Les sécheresses qui se manifestent fréquemment dans certaines parties du Canada ont encouragé l'adoption de méthodes tendant à conserver l’eau du sol. Ces métho-

ont aussi un autre avantage: les Le ca culturales ou binages qu’elles né-

cessitent aident À rendre assimilables les principes fertilisants qui se trouvent dans le sol.

Devons-nous laisser nos verge n gazon ou en tenir la surface nue et binée ? C’est là une question qui revient sans cesse aux réunions de cultivateurs et d’arboriculteurs. Les deux méthodes ont leurs avantages, mais en en et dans la plupart des conditions, la culture nue, suivie de l'emplo:

e plantes-abris, donne de bons résultats.

Sans doute on a obtenu beaucoup de honnes récoltes de pommes dans les versers qui sont en pri en fait, peu de vergers ont été cultivés jusqu'en ces dernières années. Il est inutile de biner si le sol est bon, si les arbres ne souffrent jamais de la sécheresse et s'ils sont en bon état de

croissance. Mais il y a peu de vergers où les arbres ne souffrent jamais |

de la sécheresse lorsque le sol est en gazon et où ils poussent aussi bien que si le terre était cultivée. L'herbe qui pousse dans un verger exhale par les feuilles une très forte quantité d'eau, le sol se dessèche et les pommiers souffrent du manque d'eau. La pre ui tombe en été pénètre rarement à travers le gazon Jusqu'au sol. Elle s'évapore avant d'y arriver. L'air ne énètre pas aussi facilement dans le sol d'un verger recouvert d’un gazon épais et les principes fertilisants qui exigent l'action de l'air pour devenir # solubles ne peuvent concourir auss rapidement à la nutrition de l'arbre.

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Sans doute, dans les parties les plus froides du pays. il peut être avantageux de tenir le verger en gazon après que les arbres se sont bien établis car les racires sont ainsi bien mieux protègées contre les gelées. Le bois ne pousse pas autant que si le sol était cultivé, mais il s’aoûte mieux et se pré-

are mieux à résister à l’hiver. Lorsque les arbres commencent à révéler e besoin de façons culturales ce qu'ils manifestent par un manque de vigueur, alors il faut labourer le gazon.

La "ulture du sol dans les vergers offre de tels avantages que c’est certainement la meilleure méthode à adopter dans les bons districts à pommes et dan: la plupart des circonstances. En cultivant la surface du sol ou en la binant, on forme une couche de terre meuble qui s'oppose dans une la mesure à l’évaporatior de l’eau. L’air entre ainsi très facilement dans le sol et la nitrification s'opère promptement. Le sol renferme suffisamment d'eau et une quantité généreuse de principes fertilisants, les arbres font une pousse vigoureuse et donnent de bonnes récoltes de fruits.

Les arboriculteurs qui s’en sont tenus jusqu'ici à la méthode du gazon et qui décident de cultiver leurs vergers à l'avenir, feront bien de ne pas labourer le gazon ea automne, surtout dans les parties du pays où les hivers sont rigoureux. En effet, les racines qui n'ont pas été protégées depuis des années peut-être se tiennent près de la surface du sol et sont sujettes à être endommagées et même détruites par les fortes gelées; on fera donc mieux de labourer au printemps. Le premier labour ne doit pas être très profond, car il faut se garder de détruire un trop grand nombre de racines à la fois. Partois, lorsque le gazon n'est pas trop épais, on peut se servir d’une herse à bêches ou à disques au lieu de la charrue. Une méthode de culture que l'on appelle la méthode Johnson donne de bons résultats en Nouvelle-Ecosse et promet de réussir aussi bien ailleurs. Voici en quoi elle consiste: au lieu de cultiver tout le verger à la fois, on ne cultive chaque année qu'un côté de chaque rangée d’arvres fruitiers, et l'on sème de l'autre côté une récolte de trèfle qu’on laisse sur ge après l’avoir coupée pour former un paillis: l'année suivante, le côté qui était en trèfle est cultivé et l’autre est ense-

mencé; on économise ainsi la moitié du coût de la semence pour la planteabri et la moitié du coût des façons culturales tous les ans et l’on prétend que la récolte de pommes n’en est que plus forte.

Si on laisse la plante-abri tout l'hiver, il vaut mieux, en règle générale, ne pas la lasser pousser au printemps pour l’enfouir plus tard, surtout dans les districts exposés aux gelées. On doit labourer la terre dès qu'elle est assez sèche pour Aus être travaillée sans attendre que la récolte pousse;

on sauvera ainsi beaucoup d’eau qui aurait été exhalée par les feuilles des plantes, et en se mettant à biner de bonne heure on protégera le verger contre la sécheresse. Le nombre de fruits qui nouent sur un arbre est toujours en proportion de la quantité d'eau que renferme le sol à l’époque de da floraison. Si une sécheresse se produisait après qu'une forte récolte de trèfle ou de vesces a été enfouie, les conditions ne seraient pas du to‘t favorables. Enfin, en labourant le verger, on fera bien de changer tous les ans la direction des sillons; une année les tranches de terre soulevées par la charrue seront retournées contre les arbres, et l’autre année du côté opposé aux arbres. L'extrait suivant du bulletin No. 164 de la station expérimentale du Michigan dunnant le résultat des expériences faites en vue de déterminer la quantité d’eau que renferme le sol, montre les avantages des binages hâtifs:

“Deux essais ont été faits dans le champ No. 6. Ce champ avait été labouré le 2 mai. Des échantillons ont été prélevés pour la détermination de LT pi les 10 et 17 mai; cette détermination a donné les résultabs suivonts:

2ème pied

Pourcentage | Pourcentage ! Pourcentage | Pourcentage

Moyenne 10 mai. ler pied 3ème pied | des 3 pieds

RRREEELEEEENE EEE TETE TT TT TT

“Ceci représente, dans le premier cas, une différence de 28 livres par pied carré à une profondeur de trois pieds, et dans le deuxième cas une

différence de 1.4 livre en faveur de la terre labourée au commencement du printemps.

“Les expériences faites par le professeur Fes et pes dans le PT: mad du Wisconsin pour l’année 1881, pages 101 et 192 accusent des différences encore plus considérables. Le labour a été fait le 29 avril et les échantillons prélevés le 6 mai; ces expériences accusaient une d'fférence de 7.02 livres pour les trois pieds de la surface par pied carré. Dans une autre parcelle, on a constaté, dans les échantillons prélevés le 14 mai, que la différence, à la même profondeur, éiait de 4.65 livres.”

Toutes ces déterminations montrent que si l’on veut avoir la plus forte quantité d'eau possible en réserve pour la récolte, il est nécessaire de former aussi tôt que possible au printemps, par de bonnes façons culturales et dès

L que l'état de la terre le permet, une couche meuble à la surface qui s'oppose ! fa ; à l’évapcration de l'eau.

Dans quelques districts et Particulièrement en Nouvelle-Ecosse, les labours d'automne donnent généralement de bons résultats, mais dans les

endroits où il tombe peu de neige, il est bon d’avoir une plante-abri pour aider à conserver le neige.

Après que la terre a été labourée, il est bon de biner ou de herser à inte: alles jusqu’au milieu de juillet dans les parties chaudes du Canada et au plus tard le 1er juillet dans les sections moins chaudes, où il est très important de bien faire aoûter le bois de bonne heure. Il n'existe pas de règle fixe relativement au nombre de hersages qui doivent être donnés. Ceci dépend de la nature de la saison. Avant tout, on doit s’efforcer de tenir la surface du sol meuble à partir du printer ps joe mois de juillet, biner après toutes les ondées tant soit peu for es et biner au moins une fois par semaine, même quand il ne tombe pas de Ferre On interrompt les binages en ju::let afin de ne pas provoquer la végétation tardive et pour donner au bois le temps d’aoûter parfaitement. Si on cultive des plantes-abri, elles auront besoin de tout de temps qui s'écoule avant l'hiver pour se développer

suffisamment et bien protéger les racines des arbres.

Les binages continuels, d’une année à l’autre, ont pour effet de réduire l’bumus du sol; il convient donc de ne pas suivre trop rigoureusement le système recommandé. L'arboriculteur se guidera sur les circonstances pour savoir les méthodes qu'il doit adopter en vue de maintenir une quantité suffisante d'humus dans le sol. A la ferme expérimentale centrale, il ya natureMement très peu d'humus dans le sol, car la terre de nos vergers est en grande partie légère, sablo-argileuse. 1] Y a cependant assez d'eau, et nous ne craignons pas la sécheresse.

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