IRRIGATION DES POMMFS DE TERRE
Par W. H. FarriEzb, MS. régisseur, station expérimentale d» Lethbridge, Alta.
Beaucoup de gens s'imaginent que les porimes de terre venant d’un champ irrigué ne peuvent avoir la même qualité que les autres; que ces tubereules, une fois cuits, doivent nécessairement être mous, aqueux et moins farineux et moins secs que ceux ui ont été produits sans l’aide de l'irrigation. Il y a certainement des motifs pour e croire: ceux qui irriguent mal à propos, qui appliquent trop d’eau obtiennent sûrement une récolte d’une qualité inférieure, mais ceux qui irriguent avee jugement et ui exercent des soins raisonnables obtiennent de tout autres résultats. Pour commencer, il faut mettre le sol en bon état d'ameublissement, Il n’y a peut-être pas de meilleur mode de préparation que celui qui consiste à mettre en jachère d'été, la saison vrécédente, le champ où les pommes de terre doivent être plantées. On augmentera core beaucoup les chances de suceès en appliquant du fumier sur ce champ, avant de sbourer la terre pour la jachère d'été afin que ce fumier puisse pourrir pendant l'été. Une autre méthode, très satisfaisante également, est de fumer la terre au printemps, puis de semer une céréale que l'on coupe comme fourrage vert. On obtient ainsi un
| relativement propre pour la culture des pommes de terre. Une vieille luzernière donne toujours de bons résultats, et le cultivateur installé sur une ferme irriguée, qui a une iuzernière assez grande pour qu'il puisse en labourer, pour ia mettre en pomme: de terre, une partie établie depuis quatre ou cinq ans, peut être sûr d’avoir une grosse rfeolte,
Nous avons déjà dit qu’il faut irriguer la récolte avee soin et au moment voulu bour éviter d'avoir des tubereules de mauvaise qualité, Il n’y a peut-être pas de
récolte cultivée sous irrigation qui exige plus d'habileté et plus d'intelligence que ja pomme de terre. Le secret du succès parait être de pouvoir maintenir une pousse vigoureuse à partir du commencement mème, sans interruptions, et d'autre part d'up pliquer l'eau de facon à ne pas provoquer de croissance subite à aucun moment. 14 première irrigation doit être très faible; en outre elle ne doit être donnée que lorsque les tubercules ont commencé à se former et qu'ils ont peut-être lu grosseur d'un poi: C'est généralement vers le moment où les premières fleurs apparaissent. Si la récolte était arrosée avant cette époque, il ÿ aurait à craindre que les plantes ne forment un grand nombre de tubercules qui n’atteindraient pas une grosseur vendable. Pour être sûr que les patates ne reçoivent pas trop d'eau à la première irrigation, on fera bien de 1 laisser couler l’eau que dans chaque deuxième rangée, et de l'arrêter dès qu'elle est au bout, afin de ne pas laisser le sol absorber plus d’eau qu'il n'est nécessaire, Dès que le sol est suflisamment see, on donne un léger binage. La deuxième irrigation «+ donnée dix jours après la première. Cette fois on pourra laisser l’eau couler entr
toutes les rangées et on la laissera couler jusqu’à ce que la terre soit bien humid
Après que l'irrigation est commencée, il ne faut jamais laisser la terre sécher compli
tement. On sera obligé, pour la maintenir en cet état, d'irriguer environ tous les dix jours, à moins qu’il ne tombe de fortes ondées. Après chaque irrigation, dès que là surface du sol sèche suffisamment, on doit donner un binage léger. Si, pour une rai son quelconque, la terre devient relativement sèche après que l'irrigation est con
mencée, il vaut mieux ne pas irriguer de nouveau: si on le fait, on sera presque sû: de provoquer une deuxième pousse qui endommagera la qualité de la récolte. Cat là en effet la cause principale des tubercules aqueux que l’on obtient lorsqu'ils sont produits sous irrigation: une nouvelle irrigation provoquant une nouvelle pousse de tiges et de racines dans une plantation où la végétation s’est arrêtée, faute d’eau.