‹ La pomme de terre [microforme]Chapitre 7 sur 35 · VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS

Le nombre de variétés nommées de pommes de terre est très considérable. Un ca-

talogue publié en 1886 par Henri L, de Vilmorin, Paris, contient les noms de «40 espèces, et cette liste ne représente qu’une faible proportion de celles qui ont

nommées depuis que cette plante est cultivée. I] y a de grandes différences entre

variétés au point de vue de la production, de 1 i de la forme, de la couleur, et même de la résist

cette tendance à la variation dans la culture considérer qu’une variété est fixée lorsqu’elle se maintient assez identique à la description originale. On peut grouper les variétés en quelques formes bien tranciivs: ronde, oblongue, et longue, mais ces groupes mêmes pourraient eux aussi être subdivisés en beaucoup d’autres si l’on voulait avoir une description tout à fait csacte de la conformation de ce tubercule. En ce qui concerne Ja chair et la qualité des pommes de terre, le goût varie beaucoup. La chair peut être aqueuse, cireuse 01: :avonneuse et farineuse; la couleur est blanche ou jaune. En certaines partie de PEurope et même en Grande-Bretagne, on préfère une patate cireuse à une patate farineuse, et une chair jaune à une chair blanche; mais au Canada, tout le mude préfère un tubercule farineux, à chair blanche, qui tombe en morceaux lorsqu'ii est

faite pour des fins spéciales. On peut

( varié!

que | dont

ces g dès q mome adhér de tel soins.

que | dont | duit :

les tu tuber vante plus é sur la on pr reste ; “bien 1 rimen lemen maint les nc il n'y merce S de tul europx tuberc faible Ottas

appar produ

bien cuit. Certaines autorités estiment que la durée avantageuse d’une variété n’est que de douze à quinze ans. On était également de cet avis il y a cent ans, mais les expériences conduites à la ferme expérimentale et ailleurs ont démontré que l’on peut, au moyen d’un changement judicieux de semence, maintenir et augmenter la productivité d’une variété. Il s’introduit tant d'espèces nouvelles et productives que la détérioration d’une variété est plus apparente que réelle.

Cette question est traitée plus loin sous le titre de “Changement de semence”.

Il y a trois manières différentes de créer des variétés de pommes de terre: par voie de semis, par croisements, ct par variations de boutons.

Variétés obtenues par voie de semis.

C’est par voie de semis que l’on a obtenu de beaucoup le plus grand nombre de variétés de pommes de terre. On recueille les baies vertes de graines en automne, lorsque les fanes sont mortes. Ces baies contiennent les graines noyées dans la pulpe, dont on les fait sortir par un lavage. Au commencement du printemps, on plante ces graines dans une serre ou une couche chaude, comme les graines de tomates, et dès que les jeunes plants sont assez developpés, on les repique en pots. Lorsque le moment arrive de les mettre en pleine terre, on les dépote et on les plante avec la terre adhérente à leurs racines. On les traite alors comme des pieds ordinaires de pommes de terre, maïs comme ils sont plus petits que ces derniers, ils exigent un peu plus de wins. Les tiges sont très tendres et plus sujettes aux attaques des insectes nuisibles que les variétés ordinaires. En automne, on trouve, sur chaque pied, des tubercules dont la grosseur varie de celle d’une bille à celle d’un œuf de poule. Chaque pied produit une variété différente. Pour partir d’une bonne base, on ne doit conserver que les tubereules les meilleurs et les plus uniformes de chaque plante, et s’il n’existe qu’un tubercule tout à fait satisfaisant, c’est le seul dont on doit se servir. La saison suivante, on obtient des tubercules aussi gros ou presqu’aussi gros que ceux des variétés plus âgées, mais ce n’est que dans la troisième ou la quatrième année que l’on est fixé sur la valeur de l'espèce choisie. Lorsque l’on pioche la récolte de la deuxième saison, on prend les meilleurs tubercules sur les pieds les plus productifs et l'on rejette le reste; on continue ainsi la troisième et la quatrième année jusqu’à ce que le type soit ‘bien fixé.

Il y avait, en 1888, deux cent-trente-sept plants de semis cultivés à la ferme expérimentale centrale, et quarante-six autres y ont été ajoutés en 1890. Vingt-quatre seulement de ces variétés ont été jugées dignes d’être conservées en 1893. Deux ont été maintenues jusqu’en 1902, puis elles ont été abandonnées parce qu’elles ne valaient pas les nombreuses autres variétés déjà à l'essai. Ainsi, sur 283 espèces venant de semis, il n'y en avait pas une seule qui fut l'égale de celles qui existaient déjà dans le commerce,

Si nous n'avons pas réussi à obtenir une seule bonne variété d’un si grand nombre de tubercules, c’est probablement parce que les graines venaient d'espèces anglaises ou européennes, dont peu rapportent beaucoup à Ottawa. Une forte proportion de ces tibercules de semis avaient une forme de rognon et une bonne apparence, mais une faible productivité, comme la plupart des tubercules réniformes qui ont été essayés à Ottawa. La graine provenant de variétés productives, de bonne forme et de bonne

valité, produit généralement une petite proportion de plants d'avenir. :1 est difficile ‘urd’hui d'obtenir de la graine des meilleures variétés, car celles-ci en produisent

luint

at

on de la graine n’est pas un

te; il est devenu encore plus apparent, cependant, depuis que l’on a introduit des espèces hâtives, qui sont les moins productives de toutes.

L'année 1917 paraît avoir été plus favorable à la production de la graine que d’ha-

Litude, car beaucoup de gens disent en avoir récolté.

7 RME RER rm

tenant mar mmmernate nt no art n

Un fait intéressant à noter, c’est qu’une variété au moins a produit de la graine sur le grand lac des Esclaves, au Canada, et que nous avons obtenu, à Ottawa, en 1905, des plants de semis venant de graine mûrie dans cette localité.

Croisement de variétés.

On peut croiser artificiellement les variétés de pommes de ter, tout comm on croise les autres légumes, mais il ne s'est encore fait que relativement peu de cruise. ments de ce genre en Amérique, car il est en général très difficile de trouver le pollen, et la plupart des cultivateurs ont dû se contenter de cultiver des plants de semis au moyen de graines trouvées par hasard dans le champ. Les grainetiers offrent parfois en vente de la graine spéciale qu’ils disent avoir ol tenue par croisement, mais on ne croit pas que ces semences aient été produites par la pollinisation à la main, à l’ex tion d'un petit nombre. [1x a cependant quelques hommes qui ont créé des variétés © visées par cette pollinisation.

Un grand nombre des espèces de pommes de terre cultivées en Amérique produisent du pollen qui ne germe pas, et le nombre de parents mâles ou qui portent du pollen est restreint.

Voici comment on croise les pommes de terre: on enlève les étamines avant que le pistil ne sorte du bouton, ce qu’il fait généralement un jour ou deux avant que la fleur ne s'ouvre. Après avoir supprimé toutes les fleurs très avancées et les boutons non suflisimment développés, on recouvre ceux sur lesquels on se propose d'opérer avec de petits sacs de papiers, en entourant en même temps quelques-unes des tiges et des feuilles. Au bout d’un jour ou deux, les fleurs émasculées sont en état de recevoir le pollen que l’on a recueilli dans l'intervalle sur les fleurs des parents mâles désirés, ‘curs que l’on garde dans des caisses ou dans des sacs jusqu’à ce que l’on soit prèt à se servir de leur pollen. On secoue alors les anthères pour en faire tomber le pollen sur un verre de montre. Une méthode qui serait préférable, d’après l'expérience du minis tère de l’Acriculture de Washington, est de faire tomber le pollen sur l’ongle du pouce, après avoir supprimé le pistil, puis on ôte les sacs et on applique ce pollen au pistil des fleurs émasculées, On remet ensuite les sac en entourant une partie du feuillage comme précédemment, et si le croisement a réussi, la baie de graines se développe rapidement:; au bout d'une semaine on sait à quoi s'en tenir sur le succès de l'opération. Quand les baies de graines sont mûres, on les traite de la facon décrite dans le cha. pitre intitulé “ Variétés obtenues par voie de semis ”?,

Variétés obtenues par l'emploi de variations de boutons ou “sports.”

On trouve parfois dans un pied un tubercule qui diffère par la couleur ou d'autres rapports de tous les autres tubercules produits par la même plante, et certuin gens en ont conclu que les varictés se mélangent en touffes. Ils se trompent. (tte variation, assez peu commune il est vrai, se rencontre chez d’autres espèces de plaintes qui produisent parfois des branches portant des feuilles panachées, ou des fleur u des fruits de couleur différente de celle du type. Le tubercule de la pomme de terre une tige souterraine gonflée, sujette à varier comme toute autre tige. On suppose géncralement que ce soi-disant mélange est causé par des variétés qui se croisent dans le él mp, ce qui fait qu’il se forme des tubercules de couleur différente dans une même butte et dans une même saison, mais il n’en est pas ainsi, autant que nous sachions du min: dans l'état actuel de nos connaissances.

Amélioration par la sélection sur pieds ou en buttes.

Après qu'on a réussi à créer une variété au moyen de l'une ou de l'autre de: troie méthodes que nous venons de décrire, et après que les caractères généraux de cott variété sont suffisamment fixés pour que l’on puisse l’introduire, on peut encore ! 1 mo-

difier jusqu'à un certain point au moyen d’une sélection soigneusement faite. Le but de cette sélection peut être par exemple d'augmenter la production ou d’obtenir une variété plus hâtive ou plus tardive, dont les yeux soient moins enfoncés, ou dont la forme soit meilleure; on peut aussi avoir recours à la sélection pour obtenir une espèce plus résistante aux maladies et à la sécheresse, dont la qualité soit meilleure, qui soit plus riche en fécule, mais si la sélection est utile, il reste encore à démontrer expérin'entalement que l’on peut obtenir de cette façon dss changements permanents dans une variété. ñ

Le moyen le plus exact de faire la sélection sur pieds est le système du tubercule séparé, qui consiste à noter séparément la production de chaque tubercule. Une fois la varicté choisie on pioche séparément, avec soin, un certain nombre de pieds et on note le produit total de chaque pied. On conserve séparément la récolte venant des meilleurs de ces pieds. On fera bien de mettre de côté environ vingt pour cent de tubercules de plus que la quantité que l’on se propose de planter au printemps, en vue des pertes qui peuvent se produire pendant l'hiver. On plante en rangées, côte à côte, le même nombre de tubercules vendables, composés des meilleurs de ceux qui proviennent de chacun de ces pieds sélectionnés; les tubercules doivent être entiers. Si les différents groupes de tubereules sont plantés bout à bout, en rangées, au lieu d'être mis côte à côte, on enfonce un piquet pour marquer la division entre chaque groupe. Il importe que le sol soit uniforme. En plantant pour la sélection sur pieds, on recommande que tous les pieds soient espacés d’environ trente pouces en tous sens, afin que l’on puisse facilement tenir la récolte de chaque pied séparée lorsque l’on pioche les pommes de terre.

En piochant, on met encore de côté les tubercules provenant des meilleurs pieds de ces rangées. Quant au reste de la récolte, provenant des meilleures rangées, on peut la mélanger et l’'employer pour planter une parcelle, dont la production sera comparée à celle de la semence non sélectionnée, pour voir s'il y a progrès. L'année suivante, on obtiendra suffisamment de semence de la sélection sur pieds pour planter une grande superficie. On continue la sélection tous les ans au moyen de pieds séparés et l'on devrait obtenir par ee moyen une amélioration graduelle dans la récolte

SR EMNVIENNREUR

générale, Un système plus simple de sélection et qui donne de bons résultats, est de piocher H é tous les ans à la main une certaine quantité de bons pieds de la récolte générale, et à d'y choisir une quantité suffisante de tubereules de plant pour la récolte de l’année É suivante. On élimine ainsi les mauvais pieds, qui donnent des pommes de terre d2 |

faible qualité, et ceux qui sont attaqués par la maladie. C'est là peut-être le meilleur moyen de sélection pour les cultivateurs ordinaires.

Les méthodes de sélection qui viennent d’être décrites ont principalement pour but d'augmenter la production, mais on ferait bien de sélectionner en même temps en vue de maintenir la pureté, l'identité du type et d'améliorer la forme du tubereule, la résistance à la maladie; en un mot tout ce qui peut donner plus de valeur à la il récolte. À Î

Recherches sur la sélection sur pieds aux fermes expérimentales.

Il s'est fait quelques essais de sélection sur pieds à la ferme expérimentale centrale et les résultats de cette sélection ont d'abord accusé une amélioration sensible de production, mais lorsque les conditions de la température s’opposaient à ce que l’on obtienne des tubercules de forte vitalité, on perdait les avantages de la sélection précédente: c'ect pourauoi il ect à recommander que l’on choisisse tous les ans des tubercules de forte vitalité. :

Les avantages résultant d'une première sélection sont indiqués au tableau suivant. Les meilleurs pieds avaient été choisis en 1905 dans une récolte de pommes de terre

Clay Rose, Rural Blush, Gold Coin, Morgan Seedling, Carman No. 1 State of Maine et Carman No. 3 et cette sélection a donné les résultats suivants:

Différence par acre en faveur de la sélection.

à | Production totale Production par Variété, par acre, acre, non sélectionné. sélectionné.

Boiss. Liv. A Boiss.

CV RES PPT Eu 242 Ka ) 52 Rural Blush A épaule À 237 36 61 Gold Coin {Prière d'or) RES : 211 : 26 Morgan Secdling (Semis de Morgan)... 211 P 35 Carman No. 1.. ii : 193 13 State of Maine (Etat du Maine)... 159

CAN NO Se D. 149

Moyenne de sept variétés ... 204

Les meilleurs pieds de six des variétés qui précèdent ont été sélectionnés à nouveau en 1906 et comparés, en 1907, à ceux qui n'avaient pas été sélectionnés du tout et à ceux qui ne l'avaient pas été depuis 1905. Les résultats obtenus en 1907, et que nous citons ici, auraient pu être plus favorables aux sélections si les tubercules employés avaient été de meilleure qualité, mais la saison de 1906 a été l’une des plus mauvaises pour les pommes de terre que nous ayons encore enregistrée. Les tiges se flétrirent de bonne heure à cause de la sécheresse, les tubercules restèrent petits ou manquant de vitalité, et les plantes qu’ils donnèrent n’eurent pas une pousse régulière ni vigoureuse. Lorsqre les cultivateurs qui ont jusque-là fait la sélection avec succès obtiennent des résultats de ce genre, nous leur conseillons de changer de plants, c’est-à-dire de prendre des tubercules à vitalité plus forte, d’une autre provenance, et de recommencer complètement la sélection.

Production à » Fe l'acre, sélectionné | Production totale, Production tolale Nom de la variété. en 1906 parmi ee à l'acre, non ee vu À. De sélectionné.

Boiss. Liv. Boiss. Liv. Boiss. Liv.

Gas Re “8 110 00 145 12 43 Rural Blush.. RE 167 12 184 48 24 88 00 66 00 12 52 4s 79 12 24 131 00 123 12 4x 52 48 70 24 P 48

Moyenne. Nr 106 18 111 28 3 24

La sélection sur pieds, recommencée à Ottawa en 1910, fut abandonnée trois ans plus tard; les résultats n’étaient pas brillants car les tubercules de semence avaient perdu leur vitalité.

Ces recherches sur la sélection sur pieds se continuent copendant à toutes les fermes et stations expérimentales annexes, qui auront sans doute b'entôt des résultats intéressants à publier.

Page 1