‹ La pomme de terre (patate) et sa culture [microforme]Chapitre 6 sur 40 · VARIÉTÉS DE SEMIS · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DE SEMIS

De beaucoup le plus grand nombre de variétés de pommes de terre ont été produites par le semis. En automne lorsque les tiges sont mortes, on peut recueillir les fruits verts ronds qui contiennent les graines dans leur pulpe et qu’on peut écraser pour en séparer ensuite les graines par le lavage. Au commencement du printemps on peut semer celles-ci dans Ja serre où en couche chaude, comme les graines de tomates, et, lorsque les jeunes plantes sont assez grosses, on les sépare ct les plante dans des pots. Au moment du plantage en pleine terre, on les sort des pots ct les plante avec leur motte de terre. On le traite alors comme des plantes ordinaires de pommes de terre, quoique, étant plus petites, elles exigent davantage de soin. Les plantes, étant très tendres, sont plus snjettes aux attaques des insectes nuisibles, En automne on trouvera à chaque plante des tubereules variant on grosseur depuis celle d'une noisette à celle d'un œuf de poule. Chaque plante produira une variété différente de pomme de terre. Pour bien commencer, il ne faut garder de chaque plante que les tubereules uniformes et les meilleurs: et, s'il n'y a qu'un seul tubereule satisfaisant, cest le seul qu'il faut garder. La saison suivante les tubercules produits seront presque ou tout à fait aussi gros que ceux des variétés plus anciennes ; mais ce sera seulement la troisième ou la quatrième année que l'on saura quelle est la vraie valeur de la variété. La deuxième saison, il faut à l'arrachage choisir le meilleur ou les meilleurs tubereules de la plante la plus productive et laisser de côté les autres ; et il faut faire encore de même la troisième et la quatrièie année j :

En 1888, il fut produit 237 semis à la ferme expérimentale centrale, +1 46 autres furent ajoutés en 1899, En 1893, on considéra 24 seulement de ce nombre comme méxitant d'être gardés. Bien que nous ayons continué à planter deux de ces variétés jusqu’en 1902, nous avons fini par les mettre de côté comme étant inférieures aux autres

nombreuses variétés nommées que nous avions à l'étude. Ainsi, sur 283 semis, nous n’en avons pas trouvé un seul qui valût autant que ceux déjà dar: le commerce. Cet insuccès à produire une bonne variété sur un si grand nombre a été probablement dû en partie au fait que la graine devait avoir été de variétés en forme de rognon ; Car une forte proportion des semis avaient cette forme et belle apparence mais étaient peu produetifs, ainsi que la plupart des pommes de terre en rognon qui ont été essayées à Ut tas Si l'on sème de la graine de variétés productives de bonne forme et de bonne qualité, on obtiendra probablement une petite proportion de semis méritants. Il est aujourd'hui difficile de trouver de la graine des meilleures variétés, car elles produisent peu de graine. Ceci provient sans nul doute du fait que l’on multiplie la pomme de terre d'année en année par Îles tubercules ; et, à mesure que la capacité de produire des tubereules augmente, les organes de la production des graines s’affaiblissent et, chez le plus grand nombre des variétés, refusent de produire aucune graine. Cette stérilité de le graine n'est pas toutefois un fait nouveau de ces dernières années, bien qu’il ait été rendu plus apparent par l'introduction de variétés hâtives, lesquelles produisent moins de graines.

En 1824, Loudon, en décrivant dix des variétés de pommes de terre les plus hâtives alors généralement cultivées, écrivait : “ Aucune de ces sortes ne produit des fleurs.” Knight raconte aussi une intéressante expérience qu’il fit en 1806. Il désirait s'assurer si la cause de la non production de graines était l'augmentation de la produetion des :. orcules : “11 me vint à la pensée, dit-il, que la cause pour laquelle les pommes de terre hâtives ne produisent point de graines était la formation hâtive, non naturelle, des tubercules qui détourne pour ss besoins cette portion de la sève qui dans d’autres plantes de la même espèce fournit la nourriture aux fleurs et aux graines, et quelques expériences me prouvèrent bientôt que mes conjectures étaient parfaitement bien fon-

3. J'eus recours à des méthodes diverses de faire croître des plantes dans une position où je pusse facilement empêcher la formation des tubereules ; mais la suivante me paraissant la meilleure, il est inutile que je décrive aucune autre. Ayant planté des pieux épais dans le sol, je soulevai la motte de terre autour du pied de chacun ; au côté sud je plantai les pomines de terre dont je désirais obtenir des graines. Lorsque les jeunes plantes eurent environ quatre pouces de hauteur, je les attachai aux pieux par des fils et des clous, et par un fort courant d'eau sur la motte, je mis à nu les racines. Les racines proprement dites qui s'enfoncent dans le sol sont des organes tout à fait distincts des rhizomes ou tiges traçcantes qui donnent naissance et ensuite portent la

nourriture aux tubereules ; et, comme les rhizomes étaient entièrement hors du sol, je les empêchais facilement de se développer ; toutes les fois qu’on fait ainsi, il apparaît bientôt des quantités de fleurs, et presaue chacune produit fruit et graines.” Je reproduis cet extrait dans son entier, car c’est le seul de son espèce que j'aie rencontré, et il peut offrir des suggestions aux sélectionneurs de pommes de terre en Amérique.

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