‹ La pomone françaiseChapitre 14 sur 76 · FUMIER ET ENGRAIS · texte numérisé non relu

FUMIER ET ENGRAIS

L'opinion générale proscrit l'usage du fumier pour la culture de la vigne ; aussi dans les Jardins particuliers ne re- $oit-elle d'autres engrais que ceux qu'on répand sur les

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plates-bandes des espaliers pour les fleurs ou les légumes ^'on y caitiye. Les habitants de Thomery sont au contraire dans l'usage de fumer très amplement leurs treilles tous les trois ans. Â cet effet, à l'entrée de Thiver ils ouvrent au pied du mur de leur espalier une yive jauge de 86 cent, à 1 métré de largeur, dans laquelle ils jettent une assez grande quantité de fumier à demi consommé, qu'ils re« couvrent ensuite légèrement de terre ; Tannée suivante, ils font une opération semblable, en avant , sur le reste de la largeur de la plate-bande. Us apportent si peu de précaution à ce travail , que le fumier repose souvent sur les racines , qui doivent sans doute en être altérées ; cependant la qualité du fruit n'en éprouve aucun dommage : car il est certain qu'il est toujours le plus délicat et le plus parfait , sans contredit , qu'on puisse se procurer à Paris, et peut-être même ailleurs.

Quoi qu'il en soit , je pense que les vignes plantées à petites distantes doivent être fumées amplement , mais qu'il serait mieux de ne pas découvrir autant les racines. Les fumiers nouveaux ne seront employés, pour la vigne surtout, qu'avec beaucoup de réserve \ il vaut mieux attendre qu'ils soient en partie consommés.

Les meilleurs engrais dont je conseille l'usage sont les terres neuves, les curures de fossés et d'ëgouts , les immondices des rues, mélangées avec le marc de raisin ou avec du fumier, lit par lit, et remaniées plusieurs fois jusque après la décomposition ; on mettra le tout en meule , et ces terres , ainsi préparées, attendront le temps convenable pour être employées (1).

(i) Les Gaalois, qai amendaieDt leurs terres avec de la marne, imaginèrent ansd de flimer leurs vignes avec de la cendre. Pline dit qa^on en saupoudrait màme les raisins lorsqu'ils commençaient à mûrir ; et Ton ne peut nier, ajoatet-il , que la poussière, dans cette contrée (il parle de Narbonne) , ne contribiio plus à leur maturité que le soleil même.

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