EFFETS DU PAVAGE SUBIES RAQNES DE LA VIGNE
C'est ici le lieu de faire remarquer que les vignes palissées contre les bâtiments au pourtour desquels il règne un revers en pavé, et qui ne sont jamais fumées ni labourées, vivent plus long-temps sans s'épuiser, ont une végétation plus réglée que les autres, et donnent des raisins aussi beaux et plus abondants. Je citerai à cette occasion un fait récent et de nature à suggérer des expériences utiles. A Tbo*omery, l'égout d'un mur élevé de 5 mètres nuisait, par le rejaillissement de la terre, aux deux cordons inférieurs d'une treille très belle et très étendue , exposée au midi^ et le pro<priétaire , pour y remédier, garnit le pied de ce mur d'un pavage en tablettes de grès de 55 cent, sur 66.
Dès ce moment , la végétation de sa vigne , dont les racines n'éprouvaient plus d'une manière aussi brusque les al' tematives de la sécheresse et de l'humidité y a été beaucoup mieux réglée , et les raisins, frappés par la réverbération du soleil sur les grès , sont devenus plus savoureux. Le succès de cette opération , qui date de quatorze ans, avait déterminé le frère de ce particulier à suivre son exemple et à paver une assez grande longueur de plate-bande d'espaliers. II crut perfectionner en garnissant avec soin en ciment tOtt$ les joints des dalles; mais il n'eut de bonne récolte que la première année : bientôt la vigne faiblit, et il fut obligé d'entover le pavé , qu'il a fait replacer depuis , avec le même succès qu'avait obtenu son frère, en se gardant bien, cette fois, de boucher les joints , par lesquels s'introduit une partie des eaux, pluviales , nécessaire pour entretenir une humidité salutaire. Il est peut-être bon d'ajouter que le même cultivateur, ayant levé , en 1814, quelques pierres, fut effrayé de trouver les racines à la superficie du sol , s'empressa de recharger toute la plate-bande de terre neuve , et fit repla-
cer ensoUe les pavés ^ eu sorte que le seul- amendement qpi'il ait donné depuis douze ane n^a p'as même été commandé par l'afFaiblissement de la végétation.
Je dirai , en passant y que toutes les vignes palissées contre les maisons de Tbomary ont été plantées à 1 m. 35 cent, ou 1 m. 63 cent, en- avant de ces bâtiments, pour être ensuite oouchées dans une traocbée ;. après quoi on a rétabli le pavé qoi rèp^e généralement au pourtour des maisons .
L'abbé Rosier avait fait , dit-on , paver à Béziers une vigne en plein cbamp, dans layielie il récolta abondamment d'excellents vins pendant plusieurs années , qoi furent sté« riles pour les vignobles voisinsr Au moment où il allait être imité 9 sa vigne périt tout à coup. Ce que nous avons rapporté plus baut noui» laisse entrevoir les causes qui ont dû produire à Béaiers la perte de cette vigne ; mais il est fâcheux que nous ne eonnaissions pas les motifii auxquels l'abbé Rosier l'altribwMt.
DE IHOMERY.
U nims reste encore à parler delà disposition des murs et de la oottstructien des treillages^ lorsqu'ils doivent être exelasivènent destinés à la vîgne : or nous ne pouvons don- IM deneîttenrs préceptes à cet égard qu'en indiquant ce qu'on M« à Thoaery. Nous saisirons cette occasion pour entrer dans qittelqaes détails deseriptife sur le seul emplace- ■M»t eè Ton ait eullivé jusqu'à présent avec un succès sans égal te ehwselas> oomme okj9t prineipat de spéeulation-
Le vîUage de Theafiery se compose de trois hameaux : etux dfEftmdray et de Thoo^ry se toucbent au jned d'un sotean bai^ pKar la Seine ; un peu plus loin , et beaucoup pins élevée est celui de By, où il parait qu'on a euUivé plus te chasselas ; tous les trois sont dans la ferét,.
tt LA POMONB FRANÇAISB.
à une lieae de Fontainebleaa. Le rersant du coteau regarde le nord et l*est : le nord pour Effondray et une partie de Thomery, et l'est pour By.
Sur la rive gauche est un autre coteau plus ëleyë , plus rapide et également proche de la rivière : malgré sa pente rapide, il avait été autrefois planté en vigne , et Ton y voit encore un pressoir bâti ou plutôt réparé par Henri lY. Les effets de la gelée s'y font sentir beaucoup plus vivement qu'à Thomery.
' La rivière , resserrée entre le coteau des Pressoirs et celui de Thomery, offre un aspect des plus agréables et des plus pittoresques que l'on puisse rencontrer dans la forêt de Fon^ tainebleau : cette position , souvent environnée de vapeurs et de brouillards , réunit y sous ce rapport , les conditions les plus favorables à la végétation de la vigne et à la colorisation de son fruit lorsque le soleil vient le frapper.
La terre de Thomery est en général de médiocre qualité; les veines y sont très inégales ; beaucoup d'espaces sur ce coteau n'ont pas été jugés assez fertiles pour mériter d'être enclos ; on n'y compte pas plus de ^6 hectares entourés de murs. La culture du chasselas comme raisin de table pour la consommation de la capitale est moderne : il y a quarante ans que les terrains qui y sont employés aujourd'hui étaient plantés de vignes produisant un vin dont le prix était de 15 à 20 fr. la pièce ; ce n'est même que depuis vingt ans que l'on a commencé à bâtir dans les clos des murs de refend. Â cette époque, le sommet du coteau était encore couvert de bois ; il a été depuis défiriché et planté en vigne. La qualité de la terre, dans ce dernier emplacement, paraissait d'abord favorable ; mais on trouve , à peu de profondeur, un lit de glaise qui retient l'eau. La vigne a pu y réussir pendant les premières années ; elle y dépérit actuellement; les ceps deviennent noirs, et en les arrachant on
LÀ POXOflB FEAfIÇAfSEt 90
troave leurs racines pourries. Dans Paimée 1817, beaucoup ont été détraites pour être remplacées par d'antres eultnres (1).