‹ La pomone françaiseChapitre 16 sur 76 · BIS HORS · texte numérisé non relu

BIS HORS

Le sol de Thomery est généralement assez ferme pour qn'il ne soit pas nécessaire de descendre la fondation des murs de clôture à plus de 60 ou 65 cent, ou au dessous de sa surface. On donne à ces murs â mètres 65 centimètres d'élévation an dessus de terre; ceux de refend, dansTintérieur des clos , n'ont que 2 mètres 15 cent. , et ne sont construits que trois ans après la plantation des crossettes, c'est-à-dire lorsque la vigne est assez forte pour être cou** cbé'e; les uns et les autres sont maçonnés avec la terre de la fouille, puis recrépis à chaux et sable fin , mélangés avec du (plfttre. Tous ces murs sont chaperonnés en tuiles , versant Teau des deux cètés, avec une faîtière sur l'arête ; il j a cinq rangées de tuiles sur chaque face, ce qui Eût à peu près cinquante tuiles par mètre courant pour les deux cêtés du chaperon. Les tuiles avancent assez pour former une saillie de 25 A 30 cent. Il est présumable que les habitants de Thomery n'ont d'abord construit cette saiUie que dans In vue de mettre leur raisin à l'abri des eaux pluviales. Cependant Hs retirent encore de cette saillie d'autres grands avantages auxquels ils ne semblent paa donner beaucoup d'attention, tels que ceux de garantir, jusqu'à un ceHain p<rint,

(1) Les bonnes qaaliftés dasolà m sitRerfide ne snOseol ims toiitoiin poor décider de la réossïte d'ane plantation : la nature des couches inférieures , leor épaisseur, leur inclinaison , les Tapeurs et les exhalaisons qui se portent à la Mrface, peuYent seules expliquer les causes du succès ou de la non-réussite en opérant sor divers ^terrains semblables en apparence. On ne saurait donc étudier avec trop d'attention le sol qu'on se propose de planter.

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163 iKHiffeons desgelieB printaaières, et celui do modérer et de ralentir l'action de la sève dan» tons les temps , et plos utilement encore après l'ébourg^eonnement et le pincement. Si on lui reproche de couvrir de son ombre le cordon supérieur, et d'être quelquefois un obstacle à la parfaite maturité de l'extrémité de ses bourgeons , cette défaveur est compensée par la faculté de conserver jusqu'à Noël les grappes sur les cordons. Oli pourrait oAtoie les laisser au delà de ce terme ea plaçant des paillassons par dessus lar fougère qui enveloppe ces grappes.

. Les expositions du midi, du levMt et du couchant, sont plantées en vignes. Les-murs de clôture sont garnis de cinq étages de cordons, et les autres de quatre. L'expositioB nord est plantée en poiriers, très mal dirigés. Le défaut de connaissaBce dans cette culture empêche les habitants de Ihomery d'en tirer un meilleur parti. Quelcpies uns plan-^ lent au utord des vignes dont les raisins sont très ipférieuFS^. parce que le soleil n'y darde ses rayiMis qu'au commence* ment et à la fin du jour; les plus industrieux font passer an travers de leurs murs, par les trous qui ont servi pour l'échafeudage de la construction , des brins de vigne qu'ils disposent en cordais à la bonne exposition; cette combi- Baisotf a pour but de moins fatiguer la plate-baode du midi, eu les ceps pourraient être plantés à une plus gr^ande distance, ai cet arrangement était ordonné d'une manièverré*gnlttre, tel que je l'ai indiqué planche I (1).

Il est remarquable que les vignes plafl^ea m mut du

(1) n. Dalbi-et, p. 163, conseille, torique des isiuei ou barhaeanes auront été pratiquées au pied du mur, d*y faire passer la tige , ce qui est préférable à ce quelaPomone enseigne, M. Dalbret semble ignorer que des barbacanes ne se pratiquent qu'aux murs de terrasses ou autres pour Pécoulement des eaux , et que, dans ce eas, il n6 doit pas être question d^ planter dé la YJgnc.

XA témoins THAITÇAISB. M

nord , ert dont on a fail passer les brins an midi , sont quelquefois atteintes par la gelée, lorsque celles plantées au midi et palissées au même mur en sont exemptes; ce qui peut être attribué à la plus ^ande abondance de la sèye des bourgeons du nord : les grappes et les grains de ces bour^ geons sont aussi un peu phis gros , et mûrissent plus tard que ceux du midi. On a soin de boucher avec de la terre franche les trous par où l'on a fait passer la vigne , afin que les insectes ne s'y retirent pas , et aussi pour éviter un courant d'air défavorable aux productions qui en seraient frappées.

Les murs de refend doivent être parallèles, à J2 à 14 mètres de distance l'un de l'autre ; quelques particuliers ne laissent que 8 m. 35 cent. , ce qui n'est pas suffisant , le terrain se trouvant alors trop couvert par l'ombre , qui nuit aux plants qu'on y cultive ; Tintervalle de 12 à 14 mètres permet, au contraire, d'établir avec avantage des contreespaliers et des vignes dont on tire encore un grand produit.

La direction des murs de refend suit assez généralement la pente du sol : ainsi, auliameauid'Effondray, les murs sont du levant au couchant^ à Thomery, ils s'inclinent un peu yers le midi; enfin à By^ il sont dirigés du midi au nord. L'exposition la plus estimée pour être bâtive est celle du midi ; aussi les cultivateurs de ce pays ne manquent-jls Jamais de se la donner toutes les fois que la division des héritages et la situation du terrain le comportent. Ceux exposés au levant produisent davantage , parce qu'aucune des deux faces du mur n'est absolument mauvaise.

Les murs sont généralement très bien entretenus ; on n'y voit ni trous, ni joints , ni crevasses, qui favorisent la retraite et la propagation des insectes. Les cultivateurs de Thomery prèfbrent la chaux au plâtre pour la construction de leurs murs. Ils ont soin de les blanchir, afin d'atigmenter la chaleur sur la grappe par la réflexion des rayons; ils attachent

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une grande imiftortance à ce que les grappes soient très pro^ cbes du mur.

Le terrain entre les murs est divisé par des contre-espaliers en treillages de 2 m. 65 c. en 2 m. SS c. , et chaque intervalle entre ceux-ci est planté d'un rang de vignes soutenues par des éciialas et cultivées comme celles des champs; on les appelle plants de souche. Ceux qui mettent plus de distance entre les contre-espaliers y élèvent deux rangs de vignes de souche. Le contre-espalier le plus près du mur n*en est éloigné que de 2 mètres; cet espace est occupé par un sentier et une plate-bande de 1 m. 60 c. à 1 m. 6S c. , dans laquelle on ne cultive jamais rien.

Le treillage des contre- espaliers a 1 m. 16 cent, de hauteur; il est soutenu par des poteaux de 1 m. 6S cent, en 1 m. 6S cent., et disposé de manière à recevoir deux étages de cordons. L'intervalle entre ces cordons est de 50 cent.

Les vignes de souche sont, dans chaque rang, distantes de 1 mètre 33 cent. , et sont taillées sur quatre ou cinq coursons, lesquels sont montés à 33 ou 40 centim. au dessus du sol, afin que la terre délayée par les pluies ne rejaillisse pas sur le chasselas. Ce raisin de souche se met dans le fond des paniers , parce qu'il n'est jamais ni si beau ni si bon que celui des treilles. Lorsque les années sont abondantes et qu'on ne peut le vendre comme raisin de table , on en fait du vin.

Quelques cultivateurs de Thomery ont construit, en dernier lieu , des contre-espaliers en maçonnerie de 1 mètre 16 centim. de hauteur et de 16 à 20 centim. d'épaisseur; ils n'en placent qu'un seul en avant de leurs grands murs du midi , et donnent à leurs chaperons , qui n'ont qu'une seule pente , une saillie de 14 centim. Les particuliers qui ont un bon terrain, bien exposé , tireront un grand parti de ces espèces de contre-espaliers.

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Ces industrieux habitants ont encore imaginé de remplacer les piquets des contre-espaliers en treillage par de petites barres de 74 centim. de longueur, scellées avec du soufre dans des prismes de grés de 66 centlm. de long sur 11 à 14 centim. d'équarrissage ; ces prismes , qu'ils nomment coins ^ sont enfoncés en terre de 1 métré 65 centim. en 1 m. 6S cent. , à 40 ou 43 cent, de profondeur. Lorsqu'ils sont tous plantés et bien alignés , on lie à chaque barre un montant de treillage qui s'élève jusqu'à 1 mètre 16 cent, au dessus du sol, et Ton arrête à ces montants principaux cinq lattes ou traverses à 25 centim. de distance l'une de l'autre, en commençant par le haut, de manière que la dernière soit à 16 centim. au dessus de la terre. C'est elle qui soutient le premier cordon 3 le second est sur la troisième traverse. Le tout est maintenu par des montants intermédiaires, comme dans les autres treillages.

Chaque coin de grès, armé de la petite barre de fer, coûte un franc, c'est-à-dire le double des piquets en bois; mais la durée de ceux-ci n'est que dejneuf à dix ans , tandis que celle des coins est illimitée , et qu'ils dispensent des soins de l'entretien annuel. Beaucoup de particuliers de By et de Thomery usent de ce moyen. Il serait mieux que le scellement fût en plomb ou d'une autre matière, parce que le soufre peut faire éclater la pierre.

D£S TaiILLAGBS.

Le treillage contrôles murs est formé de lattes horizontales à 26 centim. de distance , et de lattes verticales à 60 ou 66 centimètres. Ces dernières n'ont d'autre usage que de maintenir contre le mûries lattes horizontales, qui servent seules à attacher les cordons et à palisser la vigne. Ce treillage est moins dispendieux que celui employé ordinairement pour le palissage des antres arbres fruitiers , et dont

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la maille est de 22 sur 25 centimètres. Nous préférons multiplier les crochets pour maintenir les lattes horizontales et réformer les verticales.

Après avoir indiqué le genre de treillage en usage à Thomery , nous jndiquerons celui dont nous faisons usage, parce qu'il est plus favorable à la maturité du raisin^ plus commode pour le cultivateur^ eten mèmetempsplus économique. Il consiste dans la réforme de toute$ les lattes verticales, et même dans celles horizontales qui sont entre les cordons; celles-ci sont remplacées par de gros fil de fer que Ton tend d'un crochet à l'autre et que Ton tourne autour du crochet. Nous ne conservons de lattes que celles nécessaires pour attacher les cordons et les maintenir sur une ligne droite et horizontale. On aura soin que la tète des crochets soit assez près de la latte pour que le cordon de vigne ne puisse s'y trouver engagé. Ce treillage laisse approcher les grappes plus près du mur 5 il évite au jardinier de donner un premier lien volant aux bourgeons 3 11 lui suffit de les passer derrière le fil de fer, ce qui se fait très promptement. Ce treillage n'offre pas aux insectes des abris qui les dérobent aux recherches du cultivateur. Les lattes horizontales doivent toujours être parallèles au chaperon du mur, quelle que soit la pente du sol 'y 11 faut avoir égard à cette condition pour déterminer par avance la place de chaque cordon.

Les échalas destinés aux vignes de souche sont de bois sec 3 ceux de châtaigner ou de chêne encore verts, étant chargés d'une substance acre , deviendraient nuisibles aux jeunes racines 3 si Ton n'en a pas d'autres, il faut les faire tremper dans l'eau pendant plusieurs Jours; on aura soin aussi de faire écorccr les échalas , afin que les vers ne puissent s'y loger.

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