INSECTES NUISIBLES A LA VIGNE
Parmi les animaux et les insectes qui nuisent le plus à la vigne, nous signalerons :
Les taupeSy qui éventent les racines. On doit être très soigneux de les détruire , parce qu'elles font de grands dégâts*
Les rats, les muloU et l0s loirs, attaquent le raisin et mê-
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me quelquefois les bourgeons naissants. On doit tendre des assommoirs et employer contre eux tous les moyens possibles de destruction.
Les oiseaux , et principalement les moineaux, merles, gri* V€B, gros-becs, etc., ont bientôt fait disparaître le raisin des treilles si l'on ne prend des précautions contre leur pillage. Il suffit , pour le prévenir ou le faire cesser, de tirer quelques coups de fusil le matin , à midi , et le soir avant le coucher du soleil ; de suspendre les morts, d'éparpiller les plumes, d'en attacher à des ficelles que Ton tend vis-à-vIs les treilles, etc.
Les limaces se logent dans les murs mal entretenus , et causent beaucoup de tort à la vigne en mangeant et salissant les bourgeons et le fruit ; elles ne sortent guère qu'après le coucher du soleil.
Les limaçons ou escargots abondent aussi dans les murs mal entretenus. La grosseur et la lenteur de ces animaux , ainsi qu€ la régularité de leurs habitudes, rendent leur destruction facile , et l'on ne doit pas la négliger. Gomme ils craignent la chaleur, on est certain de les trouver le matin à la rosée ou pendant les temps de pluie. Ils déposent leurs oeufs en terre; ces œufs sont en pelote, ronds, blancs, de la grosseur d'une très forte tète d'épingle.
Le hanneton fait beaucoup de mal aux racines de la vigne lorsqu'il est à l'état de ver; le nombre de ces ver^ blancs est quelquefois si grand , qu'il fait périr la plante. Lorsqu'une vigne attaquée par les racines ou par le collet peut résister, elle languit et ne montre plus qu'une végétation affaiblie (1). Un cultivateur dont l'œil est exercé s'aperçoit, au port ou à la couleur des feuilles, de la présence du ver blanc; il le trouve au pied de la plante et le détruit. Des laitues, des fè-
(i) Les fralU d'an arbre ainsi attaqaé sont plus iHrécoces.
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ves de marais, plantées cà et là, servent aussi à les faire découvrir, parce qu'ils donnent la préférence à leurs racines; ces plantes attaquées se fanent promptement^ et décèlent par là le ver qui est à leur pied.
La chemtle arpenteufe naît an printemps en même tempa que les bourgeons ; elle les ronge à mesure qu'ils se déveiop* peut. Cette chenille pourrait tromper les personnes qui ne la connaissent pas , parce qu'elle ressemble à un petit morceau de bois desséché , et parait sans mouvement et sans vie. Elle n'est Jamais éloignée d'un bourgeon détruit , parce qu'elle ne passe de l'un à l'autre qu'après avoir entièrement mangé le premier attaqué. Souvent les cultivateurs de Thomery sortent la nuit avec des lanternes pour chercher cette che-* irille , qui pourrait détruire tous les bourgeons d'un cordon les uns après les autres.
Le ver de la vigne est une larve provenant d'un csuf déposé dans le pépin lorsque le fruit est à peine formé. Il se nour'rit d'abord de la chair de ce grain , dont il sort avant sa ma* tnrité en élargissant la piqûre, qui est toujours voisine du pédoncule ; il file des conduits d'un grain à l'autre. Les grappes à grains serrés sont les plus attaquées, et ce ver occasionne leur pourriture dans les années humides. Il se tient enfermé dans le grain pendant la nuit et pendant la rosée du matin. On le voit dans les temps froids se promener au soleil sur les fruits ; mais au moindre bruit , au plus léger mouvement , il se cache avec promptitude. Les cultivateurs de Tbomery emploient des journées à chercher et à détruire ces vers, qui leur porteraient un dommage considérable.
Vwrbec et le beemore sont deux charançons très nuisibles à la vigne. Ils paraissent lorsque les bourgeons ont 14 à 17 centtanètres de kmg, s'attachent aux feuilles nouvelles, les roulent en spirale , et pondent, dans les replis qu'ils ont for-» mes , des OBoft extrêmement petits. Pour rendre ces feuilles lexibles et faciles à rouler, l'insecte a eu la pvéeaulion d'in-
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ciser fortement le bourgeon , ce qui dëtrait l'espoir de la récolte. La larve de ces charançons n'est pas moins faaeste qae Tinsecte parfait , parce qu'elle se nonrrii comme lui du bourgeon et du pédoncule des feuilles. Ce sont ces charançons que les cultivateurs de Montreuil appellent velaurs-veri , ailleurs coupe-bourgeon ^ diableau^ liseUe^ etc.
Le gribouri de la vigne. Ce gribouri fend les grains du raisin et détruit le parenchyme des feuilles. Lorsque la vigne est attaquée par cet insecte, ses feuilles sont percées comme un crible , son bois est peu nourri , son fruit est rare et mal conditionné.
Le kermès. Les vignes négligées , celles en espaliers surtout, sont quelquefois couvertes d'une espèce de kermès particulière à la plante^ et que les Jardiniers appellent pu* naise, parce qu'ils la confondent avec les insectes qui appartiennent à ce genre. Les kermès sont très préjudiciables à la vigne sur laquelle ils s'attachent; ils en amoindrissent sensi« blement toutes les productions, et elle cesse même de porter fruit lorsqu'ils y sont très multipliés.
On doit détruire les kermès avant la mi-avril , c'e8t*à*dire avant qu'ils aient fini leur ponte. Ils sont alors fixés sur le bois de la dernière pousse , rangés proche à proche , parftdtement immobiles, ressemblant à de gros grains de poivre oUongs, et échancrés du c6té où ils sont appliqués* Nous nous réservons de signaler ce genre d'insecte d'une manière plus détaillée lorsque nous parlerons de l'espèce qui lui ressemble beaucoup , et qui vit sur le pécher, où elle fait plus de ravages encore.
Les mouches, les guêpes et les frelons, font de grands dégâts sur les treilles lorsqu'on ne prend pas de précautions pour les détruire ou pour les écarter. Ils entament les fruits les plus mûrs , et toujours de préférence ceux de meilleure qualité. On doit attacher de très bonne heure contre les murs des fioles emmiellées à goulot très évasé , dans lesquelles les
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mondieB ef les guêpes yiemient se prendre. Oo se met aiMi à l'abri des gaèpes et des frelons en faisant la recherche de Irars nids. Un propriétaire soigneur ne doit point laisser sobsister à Tentonr de ses jardins de yienx arbres couronnés, qni serrent d'asile à des années de goèpes. Les sacs de crin dans lesquels on enferme le raisin le garantissait de toute attrâite.