‹ La pomone françaiseChapitre 21 sur 76 · DES MALADIES DE LA YIGME · texte numérisé non relu

DES MALADIES DE LA YIGME

Les maladies de la vigne sont plus communes dans les jardins, parce que les particuliers qui veulent planter se procurent des marcottes qui ne proriennent presque jamais de jeunes rignes en plein rapport, mais bien de ceps que Ton veut détruire pour cause d'épuisement ou de maladie. Généralement les jardiniers ne connaissent pas les signes des maladies, et, s'ils rejettent des marcottes malsaines, c'est qu'elles leur paraissent chétives.

Dans les vignobles, la mineure partie des plants est saine, parce que le vigneron choisit toujours ceux qu'il veut employer ; il les marque avant la vendange , soit chez lui , soit ailleurs. Ce qui contribue surtout à rendre les maladies rares, c'est que, pour propager les espèces, on n'est pas dans l'habitude de les greffer ni de les semer, comme on le pratique à l'égard des autres arbres fruitiers , et il serait à souhai» ter qu'on apportât dans le choix de ces arbres autant de soin que les vignerons en mettent dans celui de leurs plants ; nos pépinières et nos jardins ne seraient pas dans un état aussi déplorable.

II est cependant une maladie qui affecte spécialement les vignes, et que l'on nomme gerçure, probablement à cause des crevasses que l'on aperçoit alors sur les branches. Gomme ses effets sont plus sensibles dans les lieux glaiseux et

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humides , on en a conclu qae le terrain est la cav§e de ce mal ; mais la gerçure fait partie des maladies graves inhéren* tes aux sujets. Elle se propage par les semences, la greffe, les couchages et les boutures; ainsi son principe n'est pas dans le terrain.

Cette maladie se manifeste parles feuilles, qui deTîennent rudes au toucher et se couvrent de taches brunes ou couleur de rouille ; les feuilles inférieures des bourgeons sont attaquées les premières. Souvent un pied de vigne atteint de gerçure présente des branches malades et d'autres saines. Il est d'autant plus extraordinaire que le bas soit affecté, lorsque le baut reste encore sain , que le contraire arrive dans les autres arbres fruitiers.

Un effet très particulier de cette maladie est de ne porter quelquefois que sur la moitié d'une branche dans son épaisseur, c'est-à-dire que tous les bourgeons d'un côté de la branche meurent , ainsi que la partie du bois qui les porte , tandis que le côté opposé conserve de la vie et même de la vigueur. Dans ce cas, le côté mort de la branche est extrêmement dur sous la serpette, et les bourgeons décolorés tombent en pourriture.

Les fruits de la vigne attaquée de la gerçure s'en ressentent plus ou moins suivant le degré de la maladie , ils coulent en tout ou en partie , la rafle se dessèche et devient noire; les grains, d'inégale grosseur, restent verts et acides, se dessèchent à leur tour, et tombent avant de mûrir. La gerçure malheureusement n'est pas toujours un obstacle à la belle pousse des provins ; il est facile de s'y tromper ; toutefois , dès la seconde année, ces pousses, quoique belles, laissent apercevoir les effets de la maladie. Les provins ne font point de racines si la souche est fortement atteinte.

Les cultivateurs do Tiiomery désignent les ceps affectés de cette maladie par le nom àe plant coulart ou de mauvais

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plant. UsM^ent très bien que ce mauvais plant se prepage par les marcottes ou les boutures. Quelques cultivateurs les appellent aus» ptants paralysés.

Puisque cette maladie se perpétue par les semis et par la greffe , ainsi que j'en ai fait l'épreuve au potager de Versailles, il en (aut conclure qu'il n'y a aucun remède , et que l'on doit s'empresser de détruire tous les mauvais plants pour les remplacer par d'autres d'espèces saines et convenables à la nature du sol , qu'il ne faut plus accuser de donner on d'engendrer de semblables maladies ; il ne peut , selon ses qualités, qu'en retarder ou hâter le développement lorsque les individus qui lui sont confiés en recèlent le germe.

Il est des maladies dont les causes sont accidentelles, et que l'on peut prévenir ou guérir^ telles sont celles qui proviennent de la gelée, de l'bumidité, des mauvais traitements de la part des hommes, des animaux ou des insectes.

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