QUI SE COMMETTENT LE PLUS SOUVENT EN CULTIVANT LA VIGNE
Il devrait suffire d'avoir indiqué ce qu'il faut faire pour bien conduire la vi^e ; mais nous pensons qu'il ne sera pas inutile d'indiquer ici les traitements vicieux que nous avons vu pratiquer par des jardioiers malhabiles.
Il leur arrive trop souvent de planter la vigne avec peu de précautions, et dans de très petits trous. Si on leur donne des marcottes de 66 centimètres à 1 mètre de couche , ils ne manquent pas de les raccourcir à la mesure de leurs trous , en coupant les racines presque toujours au ras du bois ; si la marcotte est encore trop longue lorsqu'on la présente de* vaut le trou , ils l'enfoncent d'un coup de talon bien ap- P^y^î jettent de la terre dessus, la piétinent, et l'opération est finie. Ils ont encore pour habitude de laisser la tige
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de toate sa longueur, au lieu de la rabattre sur les deux yeux inférieurs , comme cela doit toujours se faire , lors même que le cep serait destiné à former une haute tige; ils retirent au contraire les yeux du bas pour ne garder que les terminaux, et exécutent cet aveuglement , ou plutôt cet ëbourgeonnement à sec , sans précaution , ce qui laisse des plaies difficiles à cicatriser, et fait languir la plante.
C'est une très mauraise pratique encore que de planter des vignes achetées en pots ou en mannequins , dans l'espoir de jouir plus tôt : de pareils moyens n'atteignent pas le but de ceux qui les emploient. La lenteur avec laquelle la nature opère est nécessaire à la perfection de ses produits ; et c'est pour vouloir les hâter, dans la vue d'une prompte jouissance, que l'on se trouve condamné à de longues privations. Les pots sont trop petits pour contenir les racines d'une plante telle que la vigne; aussi les trouve-t-on souvent contournées autour du vase, qu'elles tapissent, et où elles sont desséchées et comme brûlées. Les mannequins , qui pèchent souvent aussi par le défaut de grandeur, ont un antre inconvéuîent : c'est qu'il est rare que les vignes aient été marcottées dedans; les pépiniéristes qui en font commerce lèvent les chevelées à l'automne , et les plantent dans des paniers ou mannequins remplis d'une terre très humide , qu'ils savent pétrir de manière à ce que la plante tienne ferme dans le panier, ce qui fait croire qu'elle y a été élevée.
La délicatesse des racines de la marcotte ne permet pas de faire avec avantage dans les champs une plantation un peu considérable avec du plant enraciné , parce que ses racines seraient nécessairement exposées à être flétries par le hâle ou le froid avant d'*ètre mises en terre. Il sera toujours plus sûr de planter des crossettes, ainsi que nous l'avons conseillé pour les treilles des jardins. D'ailleurs on ne marcotle que des vignes usées ou rapportant de mauvais raisins.
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Les jardiniers ne savent pastoiyoursconcentrer la vigne; ils laissent trop de longueur aux coursons , et les murs offrent à la fois des vides et de la confosion. Ils ne font point assez souvent usage du pincement sur les bourgeons de l'extrémité des bras , pour l'arrêter dans cette partie où la sève se porte toujours avec trop de force , et la faire circuler dans les bourgeons plus près du eorps de la tige , qu'elle dtandonnerait sans cette précaution. On néglige aussi de rabattre les onglets, qui, après dix oudonseans, restent encore disposés par étage les uns an dessus des autres , sui* vant leur rang d'ancienneté. Les forts brins sont mal amputés; si l'on prend la scie , les coupes sont mal faites et l'on oublie de parer la plaie. On décolle les bourgeons an lieu de les couper avec la serpette , en laissant un petit talon, etc.
Les méfSsits que je viens de signaler sont très communs , et leur influence sur le sort de la plante est cependant très funeste.
La faute que commettent la plupart des cultivateurs qui chauffent la vigne est de la tailler trop longue et de conserver tontes les grappes qui se présentent. Ils ne font rien pour aider à la formation des bourgeons qui doivent ouvrir Tannée suivante. Ils ne mettent pas à profit le temps accordé à la vigne pour la rétablir, qui devrait être spécialement employé à favoriser le bourgeon sur lequel devra se faire la taille ; ils négligent aussi de supprimer toutes les grappes sur les vignes qui ont besoin de repos.
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