‹ La pomone françaiseChapitre 30 sur 76 · CHOIX DES ARBHES DANS LES PÉPINIÈRES · texte numérisé non relu

CHOIX DES ARBHES DANS LES PÉPINIÈRES

On ne saurait apporter trop de soins et d'attention au choix et à la levée des arbres dans les pépinières. Le choix des pépinières elles-mêmes est fort important ; toutes choses égales d'ailleurs, on doit préférer la plus voisine, afin que les racines soient moins long-temps exposées aux in* convénients de la route , ainsi qu'aux effets du hâle , des gelées, etc. Les pépinières situées en plein champ, à l'air libre, sur des endroits élevés et légèrement en pente, doivent être préférées à celles entourées de murs , à l'abri desquels plusieurs sortes d'insectes qui s'attachent aux arbres croissent et multiplient à l'infini. En tirant des sujets de ces pépinières , on s'expose à introduire dans les plantations des germes de destruction d'autant plus dangereux, qu'ils opèrent lentement , et que le propriétaire n'est amené à prendre un parti violent qu'après plusieurs années de^non-jouis- Bance.

II est des pépinières où les insectes du g^nr^ des coccus

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sont tellement multipliés, qu'il n'y a peut«ètre pas d'autre remède que de les renouveler entièrement.

Parmi les espèces que l'on désire , on doit prendre les ar^ bres les plus forts, les plus vigoureux , dont les tiges bien droites se soutiennent naturellement , et dont le bas de la greffé soit le mieux garni de bons yeux.

Il est plus avantageux de faire ce premier choix dans le courant de septembre , avant que les pépiniéristes aient nettoyé et arrangé la tige et les branches des arbres qu'ils destinent à la vente, parce qd'on reconnaît mieux alors ceux qui donnent des signes de maladies, telles que le blanc, la gomme, etc. Le blanc se remarque sur les feuilles des ex* trémités; la gomme se décèle par quelques petites taches, ou même par la mortalité ou le dessèchement de quelques bourgeons anticipés , ce qui n'empêche pas la pousse et le reste de. l'arbre de paraître très vigoureux. Les plus légers signes de maladie sur une jeune greffe annoncent toujours que cette maladie prendra par la suite , après la transplantation , un caractère plus fortement prononcé.

À la levée des arbres , lors de la chute des feuilles , on pourra encore épurer le choix fait en septembre, et rebuter tous ceux qui , n'ayant plus de feuilles à leur extrémité , en auraient conservé dans le bas ou dans le milieu de Tarbre , ce qui décèle une mauvaise constitution ; les dernières feuilles qui doivent tomber d'un pécher dont l'organisation n'est point altérée sont celles des extrémilés.

On rejettera aussi les sujets dont les yeux inférieurs, sur lesquels on doit rabattre , seraient ouverts en bourgeons anticipés. La greffe devra n'avoir qu'un an, et être placée sur le sauvageon à 11 centimètres de terre. Nous avons dit plus haut pourquoi la greffe sur amandier ne doit avoir qu'un an.

Les pépiniéristes rabattent près de l'insertion de la greffe les pêchers dont la première pousse a été défectueuse ou ceux qu'ils n'ont pu vendre. Ils obtiennent par ce moyen.

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ratmée suivante » de pios beaux jets, qni sëdaisent les personnes peu ei^përimentées; mais il faut se* garder de prendre des pêchers ainsi rebottés j dont les racines sont trop fortes pour le succès de la transplantation , surtout lorsque les arbres ont été greffés sur amandier. Le travail de la levée , tel qu'il s'exécute dans les pépinières marchandes, exige qu'on fasse aux racines de fortes amputations, et ces plaies, qui se cicatrisent difficilement dans le pécher greffé sur amandier lorsqu'il a plus de deux ans d'âge , sont très préjudiciables à sa prospérité.

On trouve assez communément dans les pépinières des pêchers déjà élevés sur deux et même sur quatre bras. Rarement l'égalité de force est établie dans ces jeunes arbres ; mais, lors même qu'ils seraient parfaitement dressés, on devrait préférer encore ceux qui n'ont qu'une seule tige : car le pécher greffé ne comporte pas, sans de graves inconvé* nienls, d'être formé ailleurs que dans la place où il doit rester. Ces pêchers tout formés sont une véritable déception que subissent les propriétaires qui s'imaginent jouir très promptement parce qu'ils auront payé fort cher des pêchers } mais ils ignorent qu'ils se privent indéfiniment du plaisir d'obtenir des réc(dtes abondantes de fruits savoureux. Ces pêchers tout formés restent toujours plus ou moins languissants, parce que les racines de l'amandier sont alors trop vieilles pour supporter la transplantation , et que cette transplantation fait perdre à l'écorce du pêcher tout formé son élasticité. On sait que l'interruption ou même le ralentissement de la sève entre les écorces d'un pêcher d'une certaine étendue occasionne un mal irréparable, dont les effets se font sentir sur la végétation future de l'arbre pendant toute son existence. Aussi , le plus sûr moyen pour avoir des arbres sains et de longue durée est-il, comme nous l'avons déjà dit, de planter à l'espalier des noyaux ou des sauvageons , ce qui laisse d'ailleurs la faculté de choisir des

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sujets exempts de maladie , tandis que les pépiniéristes gref^ fent indistinctement les bons comme les mauvais ; ils ont même l'adresse de greffer de préférence les espèces natu* rellement vigoureuses sur les sujets les plus délicats ; en sorte que leurs arbres ont d'abord une apparence de santé qu'ils perdent avec la première jeunesse y lorsque la mala-^ die du sauvageon s'est communiquée à la greffé : le propriétaire se persuade alors trop légèrement que le fond de son terrain ne convient pas apparemment aux arbres fruitiers.

Il y aurait en même temps de l'économie à suivre ce sy* stème y puisque les arbres greffés coûtent plus que les sauvageons; et cette considération, quoique faible en général , lorsqu'il s'agit de planter, doit être accueillie dans ce sens, puisqu'elle se joint à d'autres plus importantes.

Un autre motif en faveur des sauvageons, c'est qu'on é^ vite d'être trompé et exposé à cultiver pendant plusieurs années une espèce pour une autre. En fiiisant greffer cbez soi , on peut toujours prendre des rameaux sur des arbres sains et dont on a goûté les fruits : car dans une même espèce il se trouve des variétés supérieures et qui se perpétuent par la greffe. Toutes ces petites attentions, qui ont de grandes conséquences pour le propriétaire , ont peu d'intérêt pour les pépiniéristes , qui les négligent trop souvent.

Lorsqu'on procède à la levée, il est bon de donner aux ouvriers une gratification par pied d'arbre dont les racines sont bien ménagées. Le jardinier, qui sera toujours présent à cette opération , examinera les arbres les uns après les autres, à mesure qu'on les sortira de terre; il rebutera tous ceux dont les racines seraient éclatées , meurtries , cbancrées^ chancies , ou entamées vertement par les vers blancs.

Les arbres seront étiquetés et emballés avec soin : on aura dû à cet effet se munir de paille pour couvrir les racines et entortiller les tiges, afin de préserver celles-ci du frottement et les autres de l'action de l'air. Les arbres seront mis ea

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jauge à leur arrivée , nu par un , debont , en étendant et séparant les racines avec autant de précaution que pour la plantation , dùt-on la commencer le lendemain , parce que le temps ou les affaires n'amènent que trop fréquemment des changements aux projets de la veille , et que des arbreff bien mis en jauge peuvent attendre et sont à Pabri de tous accidents.

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