DE LA TAILLE
DBS EFFBVS PB LA TAILLB.
On ne saurait trop encourager les personnes qui veulent s'occuper de la culture du pécher à bien en étudier, avant tout, la végétation et les habitudes. Je le répète , ce n'est que d'après cette connaissance approfondie qu'elles pourront employer avec discernement et avantage les moyens que l'art a mis à notre disposition , et qui sont la taille , le pincem^it , r.ébouif;eonnement et le palissage.
, La taille^ ou le raccourcissement des branches, a pour résultat de donner une grande vigueur à l'cril qui devient le terminal , et de faire participer les yeux inférieurs à cet accroissement de force, en raison de leur proximité du ternûnal. Ainsi, lorsqu'on la pratique sui* de fortes branches, elle. change les boui^geons destinés à devenir branches à fruits en branches à bois, et lorsqu'on l'applique à des l]|nmclfes dont les bourgeons eussent été stériles, elle donne à ces bourgeons la force nécessaire pour produire des fruits.
- Si l'on taille pendant que la sève est en grande activité, par exemple lorsque le fruit est noué, on a pour résultat dès pousses faibles et très peu allongées, tandis qu'en faisant cette opération au premier mouvement de la sève , ou mé-
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me avant, on obtient des bourgeons beaucoup pins vigoureux.
Ainsi, on taillera de bonne beure les arbres fliibles , et Ton domptera ceux qui sont trop vigoureux en les taillant plus tard, afin qu'ils retiennent mieux leurs fruits.
Lorsque la taille est assise sur un œil bien conformé et bien placé, la sortie terminale donne tin rameau qui devient plus fort que celui qu'on a retranché.
Si elle est faite au contraire sur un œil moins favorisé; un soua-œil par exemple , on a une sortie plus tardive et aussi plus faible que n'était la partie de branche supprimée, n en résulte que deux branches d'inégale force que l'on aura négligé d'équilibrer à la pousse pourront être ramenées à l'égalité par la taille , en tenant la forte beaucoup plus courte, afin de rabattre sur les yeux inférieurs, ordinairement mal conformés , tandis que la faible sera taillée sur ses meil* leurs yeux.
Ce principe a été écrit pour la première fois dans la Po^' nume française. Les auteurs qui nous ont précédé ont émis un avis tout opposé.
En laissant , sans la raccourcir, une branche à bois (1) dont les yeux sont francs, c'est-à-dire rapprochés et propres à donner du fruit, mais qui est trop vigoureuse pour la place qu'elle doit occuper, on l'arrête à peu près au point où elle est , tandis que les branches voisines, rabattues sur de bons yeux , augmenteront en force , et pourront, s'il est nécessaire, l'égaler à la fin de la saison.
Le ravalement d'une branche à bois sur un bourgeon à fi^t en arrête les progrès ; cette opération doit être peu pratiquée , surtout sur les parties inférieures de l'arbre.
(1) On entend bien q[ae les bourgeons à droit placés sur cette branche seront ttilléf et concentrés coiime si on avait raccourci la branche à bois.
Le ramlement d'une branche à bois sinr «n bonrgeon i bois dont les yeux sont rapprochés, et qu'on laisse de toute sa longueur, aura pour résultat de refarder là croissance de cette branche , de la modérer, et en même temps de con-> centrer avec avantage la sève dans les parties plus basses.
La suppression d'une sous-mère branche sur un memire fui serait trop vigoureux, par- rapport à la branche *mèrë fait refluer la sève dans la branche-mère , depuis riusertion du membre sur elle jusqu'à son extrémité supérieure.
Une taille trop courte sur toutes les parties d'un arbre donne naissance à des gourmands. Une taille trop allongée met tout à fruit, arrête l'athre et l'épuisé.
En général, les branches & bois, grosses et bien fUtes seront taillées , pour étendre l'arbre , un peu au delà de la moitié de leur longueur, à moins qu'il ne soit nécessaire de foire naître d'autres branches à bois plus rapprochées du talion ; les rameaux minces , au contraire , doivent être taillés en deç^ de la moitié de leur longueur.
Une taille trop courte sur les branches à bois lait édore beaucoup de bourgeons à bois trop près les uns des autres, ce qui nuit à l'arbre sous le rapport de la forme et sous celui de la santé , en jetant un grand désordre dans sa Végé-* tation , puisqu'on est obligé, parla suite, de supprimer unepartie de ces branches, pour la formation desquelles la sève a été employée en pure perte.
Une taille trop longue sur les rameaux à fruit prépare des vides , en ce qu'elle nuit au développement de l'oeil le plus voisin du talon de ce rameau ; cet œil doit cependant donner naissance à un bourgeon dont la prospérité intéresse beaucoup , puisque c'est lui qui remplacera le rameau actuel à la première taille. Il est donc bien important de ne pas trop l'éloigner du bourgeon terminal , surtout si le rameau à fruit était déjà faible. Dans certaines e^ces qui ne portent leurs fruits qu'aux extrémités, on est forcé de tail^
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1er long ; mais alors on fayorise le talon en av^a^^t , e'eat^ à-dire en supprimant les yeux intermédiaires : c'est ce que quelques cullivateurs appellent abréger^ parce que cette opération détruit TefTet de la distance du talon an bourgeon terminal \ l'aveuglement des yeux ne doit être pratiqué que dans ce seul cas , c'est-Â-dire sur les firuitiéres qui ont été taillées longues, afin d'obtenir le fruit placé à Textréinlté su* périeure, et de profiter en même temps de l'œil qui se trouva au talon , sur lequel on rabat le rameau aussitôt après la cueille ou la chute du fruit.
Le défaut de la plupart des jardiniers est de tailler les rameaux à fruit trop longs, et les branches à bois trop courtes*
Si l'on taille sur un bouton à fleur non accompagné d'u» ceil à bois 9 le rameau se dessèche dans cette partie jusqu'au premier bourgeon à bois.
Moins on laisse de fruit sur une branche , plus les bour-. geons de cette branche s'allongent et deviennent forts , et
La taille des branches à bois du pécher a pour ^et 1& forme de l'arbre , le maintien et l'accroissement de la force de sa charpente , en faisant nadtre de nouvelles branches à bois là où elles sont nécessaires* Le vite iBaséparahte do cette opération est de multiplier ces branches à h<»8 au delà du besoin ; mais on 'y remédie par le piBceo»nt, dont noiïs parlerons ci-après.
La taille des rameaux à fruit du pécher a pour objet le renouvellement complet de ces sortes de rameaux en les ra-^ battant annuellement sur le bourgeon le plus voisin de leur insertion , que l'on aura favorisé à cet efiet lors de son développement; elle concentre la sève du pécher eu maintenant sans cesse de nouvelles pousses près des branches à boiSy et ressemble en quelque sorte à la taille des eoursoms de la vigne , qui , ainsi que nous l'avons va , consiste à rabattre près du talon du bourgeon inférieur tout ce qui à poussé a» des-
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sœ, ponr ensuite tailler sur ce dernier bourgeon.Qaoiqne (ocu les rameaux à fruit du pêcher ne nécessitent pas un rapprochement aussi rigoureux , il est bon de le concevoir d'abord tel que nous l'annonçons ici pour être mieux entendu lorsque nous en parlerons avec plus de détails. Tout l'art de la conduite des rameaux à fruit consiste à ménager des yeux au talon de ces rameaux , à les faire éclore , et à les favorigerdans leur développement.
En résumé > la taille concentre la sève dans toutes les parties de l'arbre conservées ,- mais principalement dans celles qui lui sont immédiatement inférieures; en sorte que la vigueur de ces parties augmente , si ce n'est dans le seul cas où cette taille aurait fait disparaître tous les yeux bien confdrmés pour n'en laisser que de faibles.
Un pécher bien taillé vit beaucoup plus long-temps que ceux qui sont abandonnés à la nature ; c'est surtout lorsque l'arbre a jeté le feu de la première Jeunesse que les bons ef-^ fets de la taille sur son organisation et sur la qualité dea frtiits sont plus sensibles.
DB l'opération de LA TAILLE.
' Il est nécessaire de dépalisser entièrement l'arbre que l'on veut tailler^ afin d'éviter de casser ou d'éclater les branches, et en même temps pour donner la facilité de détruire les insectes et les repaires où ils peuvent se retirer ; l'entretien de la propreté des murs , des treillages , et surtout de l'écoree des arbres, ^t un objet extrêmement essentiel pour leur conservation et leur santé.
L'époque de la taille ne peut être précisée; elle est marquée parcelle où la sève commence à enfler légèrement les bons boutons, ce qui souvent a lieu à la fin dejanvierouau commencement de février, & moins que l'hiver ne se prolonge ou n'ait été très rude.
- Beaucoup de jardiniers attendent, pour commencer à tail-
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1er, que left arbres sotent en pleine fleur. Le plus gnmé i occasioDDé par cette routine est l'affaiblisseBient des boutons et des yeux de la partie inférieure des branches, à cause de la perte de së?e d^à montée inutilement dans le haut de l'arbre ^ et le moindre est la destruction de beaucoup de fleurs* et de bourgeons bien placés , que le ^jardinier même le plus adroit «e saurait éviter d'abattre avec ses mains ou ses yète* ments.
En outre, les yeux ayant déjà pouflsé, la crainte de lea blesser fait que la taille ne peut en être aussi rapprochée qu'elle devrait l'être , et l'on est obligé alors de laisser de» onglets.
Par la nft^hode que nous suivons, on expédie l'ouvrage plus rapidement et plus correctement, et ^économie du temps au commencement de la saison est un avantage précieux qui influe sur le succès de toutes les opérations de Tannée; d'ailleurs les plaies sont plus tèt recouvertes, et en général les fruits noués sur une Inranche tJuUèe de bonne heure profitent l^niieoup plus qfue celui des arbres taUtés en pleine sève.
Les branches à bois formant la charpente de l'arbre seront toujours taillées en raison de leur vigue»r et de la for** me que l'on veut donner à l'arbre. Ou ne raccourcira point une branche principale avant de s'être assuré que celle qui lui correspond est également munie d^un œil bien constkiié et bien placé pour être tailiée soît i égale hauteur^ soit plus bas ou plus haut, suivant la force respective des deux branches: car, si eHes n'étaient pas d'égale force, on tailleratt la plus faible plus longue qme la plus forte , et on la maintien* drait en outre dans une position plus rapprochée de la verti;cale , et par conséquent plus propre à favoriser son développement.
Les bourgeons anticipés se taillenl ordinairenient à deux ou trois yeux , aOn de concentrer la sève et de préparer le
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plus près de lear insertion des branches à fruit et de remplacement pour l'année suivante.
On évite, à la taille et à l'ébourgeonnement, de laisser de forts bourgeons à la parlie supérieure de l'arbre et sur le dessus des branches, afin que la sève ne soit pas trop attirée par ces sorties avantageusement placées. En cas de négligence sur ce point , on y remédierait , comme on le dira ciaprès, par le pincement, le palissage et les rapprochements en vert; mais il est mieux , lorsqu'on le peut , de ne pas se mettre dans la nécessitée recourir à ces moyens de répression.
Les branches fruitières qui prendraient trop de force seront taillées courtes au dessous de leurs meilleurs yeux ; et celles qui faibliraient seront taillées, proportion gardée, plus longues et sur leurs meilleurs yeux. C'est à tort qu'on a prescrit le contraire dans quelques livres de jardinage.
En effet , lorsqu'on taille longue une branche forte, d'une part on la rabat sur les yeux le mieux conformés, et de l'autre il se trouve une plus grande quantité de ({M^ts bourgeons qui , en attirant la sève à eux , la font passer à la branche qui les porte; celle-ci devient donc plus vigoureuse, loin de s'affaiblir, et ce résultat est d'autant plus marqué dans le pêcher, qu'il ouvre tous ses yeux et boutons à la fois.
Les branches fruitières dont la vigueur serait modérée seront ravalées sur leurs bourgeons de remplacement, et ceux-ci seront taillés suivant leur force et l'état de l'arbre.
Les rameaux qui n'auraient que des boutons à fleurs se-* ront supprimés , après qu'on se sera assuré qu'ils n'ont point d'œil à bois au talon ; autrement on pourrait tailler sur cet œil pour obtenir un bourgeon de remplacement.