‹ La pomone françaiseChapitre 35 sur 76 · DE LA COUPE · texte numérisé non relu

DE LA COUPE

Le recouvrement plus ou moins prompt des plaies que Ton est forcé de faire lors de la taille dépend de la manière dont

LA PMONB FMXÇAISP. îm

on l'opère. L'instrament sera bien affilé , afin que les plaies soient unies et nettes. La coupe doit être peu oblique pour présenter moins de surface, et être faite à 2 1|2 ou 3 milli* mètres au dessus de l'œil , suivant la grosseur du rameau. Plus la coupe est oblique , plus le recouvrement de l'onglet , ou bois mort renfermé sous l'écorce est long à s'effectuer. Lorsque la coupe est faite trop au dessus de l'œil , il est rare que la sève puisse dès la première année recouvrir la plaie ; souvent elle n'en a pas encore la force les années suivantes, el il reste ce qu'on appelle un chieot on bois mort desséché, qu'on est obligé d'enlever. Si , an contraire , la coupe descend trop bas et jusque derrière l'œil , on dit qu'elle l'alAh me , parce qu'en effet la sève qui devait servir au développement du germe se trouve éventée.

Lorsqu'on supprime une forte branche^ il faut la couper au ras de l'écorce de la branche plus grosse sur laquelle elle est insérée ; si dans ce cas on fait usage de la scie , il faut rafraîchir promptement la plaie et la rendre nette et unie; 00 doit ménager l'écorce , comme la partie essentielle au re* couvrement des plaies. On conçoit combien l'emploi du sécateur est nuisible aux arbres. Il n'y a que les cultivateurs accablés d'ouvrage et toujours pressés qui osent faire usage du sécateur pour le pécher, ainsi que cela a lieu à Montrenil , où les qualités toutes particulières du sol viennent atténuer les dommages. On appliquera l'onguent de Saint-Fiacre sur toutes les plaies un peu fortes; le recouvrement sera d'autant plus prompt que l'on mettra plus de soin et de célérité à empêcher l'effet du contact de l'air. On n'attendra jamais pour amputer une branche malade qu'elle soit entièrement morte , parce que la cicatrisation de la plaie serait plus longue et pourrait même ne jamais s'effectuer.

L'emploi de la scie ne demande point de force ; l'ouvrier évitera que la monture de l'outil ne vienne frapper contre

14a LA PCNIOm FRABTGAISB.

Técoree , ce qni pourrait la meartrir. Il doit aussi prendre garde, ayant de terminer l'opératiovi , d'éclater la branche^ en pesant trop dessus; il poarra facilement préyenlr cet accident en donnant un coup de serpette sur le cAté opposé à eeim où il a commencé à scier.

Page 1