‹ La pomone françaiseChapitre 36 sur 76 · DU PINCEMENT · texte numérisé non relu

DU PINCEMENT

Le pincement pratiqué sur les très jeunes bourgeons a pour objet de modérer leur accroissement, de manière qu'ils ne puissent receyoir que la quantité de sève nécess«àre pour produire des branches fruitières ou des branches a b<»s utiles à la forme de l'arbre. Le pincement est d'autai^t plus efficace qu'il agit davantage sur l'empâtement des ca« naux séTeux. L'effet de la taille sur les branches principales est presque toujours de donner naissance à une plus grande quantité de branches à bois qu'on ne peut en employer, et le pincement offre le moyen de faire tourner en bourgeons» à fruit les bourgeons à bois surabondants, qu'il faudrait sans cela supprimer, ce qui est toujours préjudiciable à la fiteondité et à la prospérité de l'arbre.

Le pincemeut peut donc être considéré sous ce rapport comme le correctif des inconvénients inséparables de la taille.

Le pincement d'un bourgeon en arrête la croissance pendant tout le temps que la sève met à reformer à son extrémité le rudiment nécessaire à son prolongement. Lorsque ee temps sera long (comme il arriye dans le commencement de nos printemps, où la température reste souvent froide), les bourgeons non pinces, dans lesquels la sève continue de couler, prendront une avaTice qui leur assurera pour tou* jours la supériorité de force ; mais si , au contraire , la réparation était prompte , il faudrait pincer de nouveau.

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Ainri» à Taide de cette opéritf tea faîte à teisps^ on tAiange à volonté i« deatination des l^ourgeons , surtout lorsque le pioeemefit opère sur l'empâtement.

Vabbé Roger j saebant que la suppression des gourmands est dangereuse, surtout lorsqu'elle est brusque, et, ne reconnaissant pas d'aiUeurs tous les avantages du pincement, recommande expressément de fonder toute l'économie des arbres sur les gourmands; il. enseigne que, pour les dompter, il faut les tailler longs , les courber, les éclater même ; et, qaant à ceux dont il faut se débarrasser, il veut qu'on les rabatte plwieurs fois de mite pendant la durée de la sève.

Des auteurs plus modernes prescrivent de tordre les gourmands , de tes fendre, de les éclater, de les s<»er à moitié épaisseur, d'enlever à leur insertion un anneau d'écoree , etc. Je connais des amateurs qui taillent eux-mêmes leurs eorbres, et qui enehérissent' encore sur ces moyens de dompter les gourmands : Us les clouent contre le mur.

On confoitquedes art>res mutilés de cette sorte, et dont 0n ne sait pas mieux employer li|(orce et la vigueur, doivent en être bientôt dépouillëf . Sans av<»r 'besoin d'une grande expérience en culture , il suffit d'avoir Pesprit juste pour aentir qu'il eat au raoins'^iiiutife de laisser chaque année les artHres se couvrir de branches superCues qu'on est obligé de supprimer soit à l'ébourgeonnemfiBt , soil à la taille , et qu'il est préktArable de les bien diriger pendant lout le cours de leur végétation, afin de ne pas se trouver dans la nécessité d'avoir recours par suite au fer et à la violence. D'ailleurs retrancher un gourmand n'est pas supprimer la cause qui J'a fait nattre ; sa suppression amène de nouveaux désordres et'Bo remédie point à une taille trop courte , i des engoi|;ements, à un exoès de sève causé par des engrais, etc., etc. Une branche sur laquelle on a retranché un gourmand doit nécessairement languir, parce que les couches ligneu-

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ses qui restent , et qui sont pour ainsi dire les racines de ce gourmand , ne pouvant plus être en rapport avec loi, dépérissent avec la branche qui les porte, et d'autant pluspromptement, que la réparation est grande et les moyens usés.

Ce n'est point, comme l'indiquent quelques auteurs très modernes, pour obtenir des ramifications que je recommande l'usage du pincement ; c'est seulement , ainsi qu'on l'a déjà dit, pour arrêter les progrès d'un bourgeon , qui sans cette opération deviendrait plus fort qu'il n'est nécessaire à la forme ou à la fructification de l'arbre.

On ne peut trop se hâter de pincer les bourgeons près du terminal , placés en dessus , et qui annonceraient devoir l'égaler ; mais on attendra , pour pincer ceux du dessous , qu'ils soient déjà assez avancés , parce que leur développement est plus lent, et qu'il est rare que leur force devienne nuisible.

Cette faculté que donne le pincement de régler à volonté la force respective des branches , et de les façonner pour ainsi dire sous les doigts pnedant la première durée de la pousse , me semble si pré|feuse, que je ne puis comprendre les motifii qui ont décidé des auéSurs très recommandables à en proscrire l'usage ; l'abbé Roger Schabol , notre maître , auquel l'art du jardinage doit beaucoup, le condamne d'une manière formelle , surtout pour le pécher. D'un autre côté^ cette opération est prescrite dans les ouvrages d'auteurs plus anciens (de Bonnefous, en 1651 ; Yenette, en 1683; Legendre, en 1684 ; de Combes, en 1645 ; et plus récemment, en 1773, dans un ouvrage rédigé par une société d'amateurs). L'abus que les jardiniers pouvaient faire de cette opération, du temps de l'abbé Roger, la lui aurait-il fait condamner trop légèrement sans qu'il connût toutes ses propriétés , ni même la manière de la pratiquer convenablement.

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DB l'opération bu PIXCBMBIIT.

Le pincement s'opère en comprimant entre ses doigts et séparant ensuite l'extrémité des bourgeons naissants. ^, au lieu de comprimer d'abord, on coupait net avec les ongles, le douuQiage causé au bourgeon serait moins sensible et plus tôt réparé. Cette petite différence dans l'opération en produit d'assez grandes dans les résultats : c'est au jardinier à savoir se servir à propos de ces nuances délicates.

L'opération est bien faite lorsqu'on a seulement retran^ ché la petite extrémité qui doit nécessairement se reformer avant que le bourgeon puisse continuer à croître en longueur^ elle est mal faite lorsqu'on a trop différé et que l'on retranche une assez grande longueur peur arriver Jusqu'à un œil formé et prêt à s^ouvrir -, dans ce cas, c'est un taille en vert que l'on a pratiquée, et non un pincement, et l'on doit s'attendre que les résultats seront alors accompagnés de tous les inconvénients inséparables de la taille. En effet, la sève aboutissant à l'œil terminal déjà formé du bourgeim rogné y trouvera une sortie assez grande par où elle s'échappera , et qui fera développer avec force et promptitude ce même œil, ainsi que ceux au dessous, et le prolongement se trouvera remplacé presque sans înCerruplion et sans avoir amoindri les canaux séveux de l'empâtement du bourgeon. Dans le premier cas, au contraire, la sève se trouve arrêtée pour un temps plus ou moins long , et ne se porte plus qu'en moindre quantité dans le bourgeon pincé, pour refcHiner péniblement cette partie indispensable à son organisation ; alors l'excès de sève que ce bourgeon aurait attiré se répartit avantageusement dans les autres parties de l'arbre.

Aussi , pour tirer tout le parti possible du pincement , H aut l'effectuer avant que le bourgeon soit trop allongé , et

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lorsque les yeux «ont encore rapprochés les uns des antres et peu formes : ce doit être, en un mot, utte opération de prévoyance.

Si quelques bourgeons , msd Jugés d'abord parce qu'on n'aurait pas fait assez d'attention à leur empâtement , prenaient tout à coup un trop grand développement , lorsque la végétation serait déjft avancé)^ , il faudrait bien alors avoir recours à l'amputation , supprimer la moitié du bourgeon y ou même davantage , et le rabattre à la fin de juillet sur le bourgeon anticipé le plus bas. Cette opération s'appelle rapprochement en vert.

Par l'e^t du pincement bien administré, la sève ne trouve de passage que pour circuler dans des rameaux utiles à la forme et à la fructification de l'arbre, tandis que, si Ton est obligé d'avoir recours aux suppressions, la sève aura été inutilement employée 4 former les rameaux qu'on enlève , et se perdra encore par les plaies. Cette perte est plus ou moins préjudiciable à la qualité d(» fruits, à la vigueur et à la santé de l'arbre , selon que les bourgeons qu'on râceourcit sont plus ou moins formés. Il faut donc, lorsqu'on s'est mis dans le cas de n'avoir plus d'antres ressources , se décider à l'employer de bonne heure , afin d'éviter l'opération plps désiLStreuse de la suppression totale du bourgeon i ré[fdque de la taille.

M. Dalbret , page K6 , fait usage du pincement pour faire bifurquer un bourgeon , et suppléer à une bifurcation qui aurait été préparée par la taille et qui n'aurait pas réussi. Nous n'approuvons point ce moyen de se procurer des bilurcations, surtout dans le pécher. On en verra plus tard la raison.

Il est évident , d'après ce que nous venons de dire , que le bon emploi du pincement suppose une certaine expérience pour juger le degré de force que vont acquérir tels ou tels bourgeons si on les laisse croître librement, et que

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]»ar le raeeeorcissement od supplée aa défaiot de cette expérience : ii faudrait en manquer tout à fait pour ne pu a'apercevmr de ta destinée d'un bourgeon qui serait déji arrivé au quart de sa croissance; dans ce cas, on serait obligé de couper i la taille, tandis qu'avec pins de science on aurait seulement rogné et qu'il aurait suffi aux plus habiles de pincer. Ces derniers n'auront Jamais sur leurs ar-^ bres ni gourmands ni branches fortes qu'aux endroits oè ils les voudront avoir.

La sève peut être considérée comme un torrent qu'il est aké de maintenir dans le lit que la nature on la main de l'honme lui a tracé ; il faut seulement se porter à temps «ux endroits où elle veut faire irruption , la prévenir, ob* struer les passages en même temps qu'on lui laisse dans le voisinage assez de canaux iihres pour s'écouler ; alors elle portera l'abondance et la vie dans ces mêmes canaux qu'elle eàt abandonnés et qui se fussent desséchés si on lut eût laissé la liberté de s'en fray^ de nouveaux, suivant son caprice*

DE L'ÉBOURGEONNEMENT.

Le pêeher est , par sa nature , celui de tous les arbres fruitiers dont la prospérité ou le dépérissement dépendent le pins des effets de l'ébourgeonnement.

L'ébourgeonnement a pour but de pr^arer les opérations de la taille , et il doit être fait avec discernement et prévoyance , pour que la taille puisse avoir deTefflcacHé sur U forme de l'arbre.

Il faut distinguer deux sortes d'ébourgeonnement : celui bit sur le bots de la taille, c'est-à-dire de la dernière pousse, et celui des bourgeons anticipés sur les bourgeons de l'année.

L'èbourgeonnement sur le bois de la taille a pour objet de supprimer tous les bourgeons inutiles qui feraient confusion ou qui ne trouveraient pas de friace au palissage ; cet ébow-

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geonnement doit commencer avant que les bourgeons at^ 3 centimètres de longueur. Dans la l^e édition de la Pomme y nous avions recommandé l'ébourgeonnement à sec, c'est-àdire la suppression de tous les yeux placés sur le devant ou derrière les branches à bois avant qu'ils eussent ouvert^ mais nous avons reconnu depuis qu'il est mieux de laisser tous ces yeux pousser, pour ensuite réduire leurs bourgeons à deux ou trois feuilles qui servent à protéger les branches des ardeurs du soleil , et favorisent d'autant la circulation de la sève, tandis que rébourgeonnement à sec occasionne des plaies et une perte de sève employée à leur cicatrisation. Nous ne faisons usage de cet ébourgeonnement à sec que sur les fruitières, pour favoriser le développement du bomv gepn de remplacement.

M. Lepère , page 48, conseille (Téborgner sur les branches à bois tous les yeux qui poussent devant et derrière, et quel" ques uns parmi les doubles ou triples qui se trouvent souvent à leur sommet , etc. Nous regrettons d'autant plus d'avoir commis cette erreur, que c'est peut-être en lisant laPomone que M. Lepère a adopté ces principes, car cette opération n'est pas ordinairement pratiquée à Montreuil.

L'ébourgeonnement sur les bourgeons de l'année consiste dans le retranchement des bourgeons anticipés inutiles ou mal placés ; cette opération est successive et de tous les moments ; en un mot , elle dure autant que la pousse y elle doit être conduite de manière à ne point faire de plaie et à ne point laisser de traces.

. M. Lepère, page 50, considère l'ébourgeonnement comme étant la suppression des bourgeons développés des yeux échappés à l'éborgnage ou au pincement ; il pense que dans les arbres bien soignés on ne doit ébourgeonner qu'au printemps et en été. C'est ainsi que l'on se conduit à Montreuil , parce que le temps manque aux cultivateurs de ce pays pour opérer un ébourgeonnement successif.

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Ueffet de rébourgeonnement sur le bois de la taille est de ménager, pour les boai^eons conseryés, la sève et l'air que les autres eussent absorbés en pure perte si on les eût laissé croître de 60 centimètres et plus, ainsi que cela se pratique encore dans beaucoup trop de jardins, et surtout à Montreuil. Les fruits accoutumés de bonne beure à l'air sont plus assurés ; les rameaux qui restent sont aussi plus robustes , surtout à la partie inférieure, où il est si important de ménager les yeux pour le remplacement de ces mêmes rameaux après qu'ils auront rapporté fruit.

Un éboorgeonnement tardif oblige à faire en pleine sève des plaies multipliées qui suspendrait tout à coup la végétation dans toutes les parties de l'arbre à la fois, et l'on con- $oît que cette suppression , et le retour même de la sève lorsqu'elle reprend son cours, sont des révolutions qui doivent nécessairement influer d'une manière très préjudiciable sur la qualité des fruits comme sur la santé des arbres ainsi traités.

L'abbé Roger estimait que les suppressions faites par Tébourgeonnement , le raccourcissement des bourgeons et le retranchement des branches à la taille , s'élevaient , chaque année, à plus des deux tiers des produits de la végétation. Si des pêchers ainsi traités prennent de l'accroissement , il est évident qu'ils ne le doivent qu'à un sol très propice et à l'extrême vigueur dont ces individus sont doués ; mais tous ne sont pas si bien constitués ; aussi dans les terres ordinaires une caducité anticipée est-elle leur partage.

L'effet de l'ébourgeonnement sur les boui^eons de l'année , en supprimant les bourgeons anticipés placés sur le devant , le derrière , et encore ceux des côtés qui seraient trop rapprochés, est aussi de donner de la force à ceux que l'on conserve.

En général , les bourgeons ou les bourgeons anticipés d'une branche qu'on laisserait intacte seraient incompara-

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Uemeiit plas faiMes que ceux d'âne antre élMmrgeonnèe de bonne lieure ; si donc on ébourgeonnait trop tôt un uhte taiHë tirop courte on obtiendrait des bourgeom trop forts pour être fiructneox, eC vice versd. Ainsi, t'éboui^eonnément tel que nous l'enseignons fournit en quelque sorte les moyens de cfHrrîger la taille lorsqu'elle n'a pas été proportionnée à la force de l'arbre, et, d'un autre cMé, permet de taiHer long pour étendre plus promptement les arbres sans les fatiguer : car il suffit seulement;, dans ce dernier cas, d'éboui^eonner dès la naissance des pousses.

Une autre conséquence de ces principes est qu'on ne doit jamais em^oy er l'ébourgeonnement pour équilibrer la force des branches à bois entré elles, parce qu'on s'exposerait à faire perdre aux bourgeons la qualité des rameaux à fruit, en affaiblissant les unes et donnant trop de force aux autres; la plus grande utilité de l'ébourgeonnement est de préparer une taille feeite , qui ne consiste plus que dans des raccourcissements, et non dans des suppressions , toujours préjuMeiabies à l'arbre.

DE l'opération de l'ébourgeonnbuent.

L'opération de l'ébourgeonnement doit se pratiquer ou avec tes oi^les, ou arec une lame forte, à dn» arrondi , étrotie , et montée sur un long manete.

On attendra, pour. supprimer les bourgeons trop rapprochés , qu'ils se soient aUongés de IS à 25 millimètres; alors ^es petits bourgeons s'annonceroat assez pour fu'on puisse distinguer ceux qu'on doit conserver. Le choix sera réglé par la dntanee à observer pour que tons puissent prendre place^ et on laissera toujours de préférence les plw faîblea en dessus des branches et les plus forts en dessous.

Les auteurs avant nous n'ont pa» indiqué la mmùère de traiter l'ébourgeonnement des yeux à bois doubles et irt*

VA POMOMB PlUNÇAiSE. IM

pies que Ton troave très soaveDt sur les branches da pécher (Y. pi. III, fig. 3) 'y cependant , ces yeux ne devant pas produire des bourgeons également forts, il est à propos de les examiner avec soin , afin de pouvoir supprimer ou résenrer, avec connaissance de cause et selon le besoin, les uns plutôt que les autres : or l'œil qui doit donner naissance au bourgeon le plus fort est toujours celui du milieu, puis celui da devant , et le plus faible est le plus voisin du mur. Les deux à supprimer lorsquils auront poussé ne seront retirés que successivement, et le second sera laissé plus ou uhâus long* temps selon le degré d'afiTaiblissement où l'on veut amener celui que l'on conserve ; raffaiblissement de celui-ci résultera non seulement du partage de la sève, mais encore des pertes par la plaie, qui seront d'autant plus considérables que le boui^eon supprimé sera plus gros.

ISovs distinguerons, comme nous t'avons dit, une troisiè*' me sorte d'ébourgeonnement , qui consiste à supprimer, pendant la pousse, sur les bourgeons de l'année, tous les bourgeons anticipés du devant et do derrière. II s'effectue avec les ongles , pendant que les bourgeons sont encore herbacéi. On doit toujours laisser la feuille qui est à l'insertion du bourgeon anticipé ; elle entretient dans cette partie le cours de la sève et favorise la cicatrisation. Avant de se décidera supprimer un bourgeon anticipé qui parait être en avant ou en arrière , il faut bien s'assurer si telle est réellement sa position, parce qu'il arrive souvent que le bour{;eon principal, en continuant de s'allonger, tourne sur lui-même , surtout lorsqu'il n'est pas bien attaché. Cette observation s'applique aux bourgeons anticipés qui seraient à de trop grandes distances les uns des autres, et que l'on aurait en conséquence grand intérêt à ménager pour éviter les vides.

Quant aux bourgeons anticipés qui sont placés en dessus et en dessous , on attendra pour les éclaircir qu^ils aient atteint de 6 à 10 centimètres de longuepr ou même davantage^.

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touJoQrt afin d'être en ëtat de faire un bon choix et de ne pas enlever un trop grand nombre de bourgeons à la fois sur la même branche , ce qui jetterait du désordre dans sa végétation.

Les bourgeons anticipés conservés alterneront et ne seront jamais diamétralement opposés l'un à l'autre , parce que ce* lui qui serait en dessus de la branche s'emparerait de la séye au préjudice de l'autre ; ils ne doivent pas être rapprochés de plus de 12 à 14 centimètres; on conservera de prérérence ceux qui ont un œil au talon ou à peu de distance de l'insertion. Gomme ces bourgeons anticipés à éclaircir seront ligneux, on se servira d'une lame étroite et à dos rond, afin de ne pas blesser le bourgeon principal , qui forme souvent un angle très aigu avec celui qu'on supprime.

Ou coupera ces bourgeons anticipés déjà développés à 3 ou 4 millimètres, et non au ras de Técorce, parce que les plaies multipliées sur un jeune bourgeon qui n'est pas encore formé pourraient faire fluer la gomme. On conservera aussi la feuille du talon , afin qu'elle puisse alimenter ta petite portion de bois laissée, de manière que celle-ci disparaisse petit à petit sans occasionner sur le bourgeon principal ni plaies ni cicatrices ; en outre cette feuille servira à garantir ce bourgeon des coups de soleil , qui , frappant sur la plaie et le jeune bois, pourraient y faire un mal irréparable.

A l'époque de ll'ébourgeonnement, et après la floraison, les rameaux à fruit doivent recevoir un rapprochement en vert, qui consiste à supprimer la partie supérieure du rameau qui n'aurait pas retenu de fruit ou dont la conservation ne serait pas nécessaire à la nourriture des fruits noués. Dans le cas où le rameau en serait totalement dépourvu , on le rabattrait jusque sur l'avant-dernier bourgeon ou le dernier bourgeon du côté de Tinsertion , afin de favoriser les moyens de remplacement pour Tannée suivante. Mais si le rameau était fort , et que l'on eût à craindre que le bour-

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geon de remplacement ne perdit ses qualités de rameau à frnit, on serait le maître, pour les lai conserver, de g^arder un plus grand nombre de boui^eons ou de différer ie rapprochement jusqu'au moment du palissage, ou même de la taille.

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