DU BAPPROCHEMENT EN VERT
Le rapprochement en yert est une opération aussi essentielle au pécher que l'ébourgeonnement ; il a pour objet de donner de la force aux bourgeons qui en ont besoin, en même temps qu'il fortifie les branches principales sur lesquelles il s'opère ; il ranime l'activité de la sève , et favorise à pro« pos le complément de la formation des boutons à fruit ; enfin il prévient la confusion en retranchant toutes les branches ou parties de branches nuisibles à l'arbre ou aux fruits, et qu'il faudrait toujours supprimer à la taille.
En général , on ne doit pratiquer le rapprochement en vert que lorsque la sève commence à se modérer et que les fruits commencent à grossir, c'est-à-dire dans le courant de juillet* S'il était fait trop tôt , il procurerait une sève trop abondante aux parties qui restent , et ne remplirait pas sont objet , surtout dans les arbres très vigoureux, et jamais assez tôt dans les arbres qui ne le sont pas.
Il s'opère sur toutes les parties de l'arbre , sur les jeunes bourgeons pinces aussi bien que sur le vieux bois. Le rapprochement en vert est sans doute ce que les anciens auteurs appellent la taille d'été ; elle se pratique plus particulièrement sur les fruitières, rarement sur les grosses branches.
DU PALISSAGE.
Le palissage a pour but de diriger la forme et le développement de l'arbre ; il favorise la circulation de l'air entre
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toutes ses parties» et eofttrtbvre à la beauté ainsi qu'à la maturité des fruits , qu'il permet d'exposer, lorsqu'il en est teaftps, aux rayons du soleil et à TimpressioB de l'air. Il peat servir aussi à ralentir ka végétation : car une braaeiibe forte^ palissée , perd bientôt ses avantages sur celle qui ne Test pas 9 ou plutôt elle ne perd rien , mais la faiUe gagne plus qu'elle , ce qui tient à ce que celle-ci reste mieux exposée aux influences de l'atmosj^ére ; si même on avait des raisons pour faire prendre beaucoup de force à une branche , il suffirait de la dépalisser et de la placer en avant de l'espa* lier ; mais dans ce cas , pour conserver la position des bourgeons qui sont sur les côtés, il conviendra de la fixer à trois gaule ttes enfoncées en terre (pi. III, fig. 9) ; sans cette précaution , les bourgeons de dessus , attirés en a^ant 'pai" l'air, feraient contourner la branche.
Une branche faible, palissée verticalement , égalera plus promplement aussi une branche plus forte palissée horizontalement. C'est au jardinier qui veut établir l'équilibre entre diverses branches à savoir régler le degré d'inclinaison qu'il faut donner à chacune d'elles , et lorsqu'il est rétabK il doit s^empresser de dépalisser ces branches, pour les ramener à la place qui leur est destinée dans le système général de l'arbre.
Une branche ou un bourgeon palissé verticalement a un double avantage : celui d'être sans contrainte dans la direction que la sève a le plus de tendance à parcourir, et celui de présenter Textrémité de ses pousses àTair et à la lumière.
D'après ces dernières considérations, on ne doit augmenter l'ouverture de l'angle formé par les deux mères^branches d'un Jeune arbre que progressivement et au fur et à mesure que ses ramifications exigent de la place pour s'étendre. En effet , d'une part, les branches-mères plus verticales pousseront plus vivement , et de l'autre la différence
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de force végétative des yeax da dessus et de ceax da dessous sera moins sensible;(l)»
Les effets du palissage sont peu sensibles sur un bourgeon déjà formé. Dans le bourgeon naissant, la sève suit les sinuosités qu'on veut lui faireparcourir ; mais, dans le bourgeon formé, ses canaux s'obstruent plus ou moins , en raison de la courbure qu'on fait prendre à la branche. La courbure ne doit se pratiquer que rarement, sur quelques fruitières seulement, afin de feire développer plus promptement et plus vivement l'œil du talon , destiné à le remplacer. Le jardinier intelligent saura, suivant les circonstances, tirer parti de l'exposé général de ces faits.
DB l'opékation du palissagb.
La nécessité du palissage est indiquée par celle de soutenir les bour^^eons , et de donner aux branches la direction
(I) Celte ooveriore progressive de Tangle des deux branches -mères offre, eomme on le toU , de grands avantages ponr faciliter le balaneemeni de la sève entre les bourgeons da dessus et ceux da dessous; c^endant presque tous les uotenrs recommandent de porter, dès la première année, cet angle à quarantecinq degrés; quelques ons le vealent encore pins ouvert. Mais d'antres attribuent è cette onrerture précise de quarante-cinq degrés des propriétés extra* ordinidrespour la distribution exacte de la sève dans tontes les parties de Tarbre, qui, selon eux, est troublée aussitM que les mères-branches sont attachées en deçà ou au delà de ces quarante-cinq degrés. Les personnes qui n'ont eu d'autres guides que ces écrits ont dû trouver que les bourgeons du dessoa prenaient toqtours une supériorité de force trop prononcée, et il n'est pas étonnant que le pécher leur ait paru un arbre indomptable. J'ai vu des particuliers qui Youlaient ouvrir leurs arbres tout à coup être obligés de chasser de très forts dons dans le mur, et d'appuyer leurs branches dessus après avoir employé beaucoup d'efforts pour les abaisser. On conçoit que cette opération, en serrant les fibres , ferme à la sève une partie de ses passages , et l'empêche de circuler dans les pousses inférieures, sans pour cela que son cours soit favorisé dans le reste de la branche; aussi ne manqne-t-elle jamais de s'ouvrir, dans ce cas, de nouveaux passages en dessus, et de transformer au sommet des courbures les bourgeons en gourmands, d'autant plus embarrassanU qu'ils sont plus près de l'insertion des branches-mères.
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Toulue par le système adopté pour la forme de Tarbre. Son exécution est simple ^ elle consiste à fixer les bourgeons sur le treillage ou sur les murs,*en les'^plaçant suivant l'ordre où ils ont commencé à croître.
On se sert de clous et de loques sur les murs crépis en plâtre , d'osiers et de jonc sur les treillages. Les branches palissées après la taille sont attachées avec de l'osier, les bourgeons avec du jonc (1).
On évitera d'enfermer les feuilles sous les liens, de trop serrer les branches ou les bourgeons qui ont encore beaucoup à grossir avant la fin de la sève. Il faudra visiter ces liens de temps en temps , les relâcher au fur et h mesure qu'ils en auront besoin , et ne pas attendre qu'ils aient déjà occasionné un étranglement.
Quelle que soit l'inclinaison qu'on veuille donner à la branche , on doit toujours la palisser en ligne droite y sans coude ni arc ; on ne croisera jamais les branches l'une sur l'autre, à moins d'une nécessité absolue, pour remplir un vide ; ce sera toujours un défaut, mais qu'il faut tolérer lorsqu'il en masque un autre plus grand. Ou aura soin qu'aucun bourgeon ne s'introduise entre le treillage et le mur.
On attachera autant que possible les bourgeons à des distances égales en laissant tomber les feuilles sur les fruits y afin de les garantir des impressions trop vives du soleil et de l'air; et si , par l'opération du palissage, un fruit qui était caché se trouve découvert , il faut avoir la précaution de le couvrir avec un petit paquet de bourgeons provenant de l'ébourgeonnement, et que l'on insinue sous le treillage.
Le danger de l'impression subite de l'air et du soleil , lorsqu'on palisse après l'ébourgeonnement , est moins grand lors-
(I) On ne doit point employer le Jonc de Maraeille , parce qu^l est irop dur, qu'il mcarlrit les bourgeons, et émousse les serpettes.