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qa'on a pineé et ëbourgeonné de bonne heure , parce que les fniits sont peu coui^erts et déjà accoutumés à Tair. Par la raison contraire, lorsqu'on n'a pas ébourgeonné et qu'on palisse tard, les fruits qui se sont attendris à Tombre doiyent aToir beaucoup à souffrir lorsque enfin il faut palisser. Le bourgeon terminal des branches à bois sera toujours palissé de manière à prolonger la branche sur une ligne par* faitement droite.
Les jeunes pêchers , qui poussent plus vivement , seront palissés les premiers , avant que les bourgeons aient acquis une force et une roideur qui obligeraient d'employer la contrainte pour leur faire changer de direction. Le motif de cet empressement est aussi la crainte qu'ils ne soient rompus par les grands venis, ce qui présenterait beaucoup de diflicultés pour ramener l'arbre à la forme que Ton se propose de lui donner, surtout si cet accident arrivait à un bourgeon terminal.
On commencera à palisser par l'extrémité des branches les bourgeons ou bourgeons anticipés qui seront susceptibles d'être attachés, en inclinant , autant que possible, les bourgeons du dessus sur la branche principale , aûn d'éloigner ces bourgeons de la ligne verticale; les bourgeons du dessous, au contraire, seront rapprochés le plus possible de cette direction. On comprend que cette manière d'opérer a pour but de diibinuer l'avantage que'Ies bourgeons du dessus ont naturellement sur ceux du dessous. C'est encore dans cette vue que l'on palissera les premiers quinze jours plus tôt. Enfin , d'après ce même principe , on palissera de très bonne heure çà et là les bourgeons qui annonceraient devoir être plus vigoureux que les autres , en les approchant plus ou moins du mur, et ils i)erdront bientôt leurs avantages.
On favorisera, suivant le besoin , les bourgeons de rempla* rement , qu'il ne faut pas plus perdre de vue que les bour-
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geoDS tôrmioaux des branches à bois. Lorsqu'on vfeHe no arbre , les yeux doivent toujours se porter sur ces deux espèces de bourgeons , parce que c'est par les derniers que l'arbre doit s*étendre, et que les autres servent à concentrer la sèVe près des branches principales, ce qui maintient en tout temps raii>re (riein et en vigueur. Le bourgeon de remplacement sera palissé au besoin sur celui que l'on doit sap« primer après la récolte.
Un palissage exécuté dans la vue de n'y plus revenir, comme on le fait à Montreuil, serait, par cela seul, très mal fait, puisqu'on renoncerait ainsi à toas les avantages qu'il présente pour établir ou maintenir l'équilibre de la sève dans toutes les parties de l'arbre, avantages d'autant plus précieux qu'ils s'obtiennent sans violence.
Un palissage bien entendu n'est terminé qu'à la chute des feuilles^ et, à cette époque , les branches doivent être arrêtées et serrées contre le mur pour ne pas être froissées par les vents, et aussi pour que les neiges , les givres et les verglas, puissent moins facilement s'y fixer. Il faut qu'à cette époque l'œil puisse d'abord saisir l'ensemble de l'arbre , en suivre sans peine tontes les ramifications, et reconnaître dans chaque partie le système général. Les mèresrbrancheSy les membres, lessous-branches-mères et les productions fmitières, doivent s'y distinguer facilement par leur force graduée. Chaque branche , comme disent les jardiniers , doit former Tarète de poisson. Un pécher bien palissé , qui^ique âgé , offre un coup-d'œil infiniment plus beau et plus agréable que le plus jeune et le plus vigoureux pécher abandonné à sa nature, même dans les climats les plus favorables à la végétation de cet arbre.
Le palissage occasionnant toujours une suspension dans le mouvement de la sève, il sera à propos , lorsque le soleil ne frappera plus le mur, d'arroser avec une pompe les feuilles des arbres qui auront été palissés dans la journée. Cet
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arrosement , qai doit être un bassinage léger, suffit pour que la sèTe reprenne plus promptement son cours. Le palissage tel .que nous le pratiquons entraîne peu d'inconvénients; mais le mode suivi à Montreuil et dans beaucoup de Jardins exige la suppression en masse de beaucoup de branches , ce qui arrête tout à coup la sève pendant plus ou moins de temps. Les feuilles, découvertes subitement parées suppreséions , étant exposées au soleil , Jaunissent et tombent, ainsi que les fruits; enfin la sève se trouve détournée de son cours pour être employée à recouvrir à la fois une multi* tude de plaies.
Il serait à désirer, pour la prospérité de nos plantes, que leur végétation ne commençât chaque année qu'à une époque de la saison assez favorable pour qu'elle se continuât aans interruption Jusqu'au t^rme que lajnature a fixé pour leur repw. Sous ce rapport , les pêchers ont beaucoup à souffrir des changements subits de la température de nos printemps , et nos soins doivent tendre à tes en préserver. Il ne faut donc pas, sans une nécessité absolue, arrêter la sève dans son cours par nos opérations ; et , si Ton est obligé de le faire pour le maintien de l'équilibre , il faut tâcher ^ue cette interruption ne soit que partielle, ou se hâter d'y porter remède si elle doit être générale.
Ces suspensions momentanées de la végétation, ajoutées mai mauvais traitements, favorisent ausri le dévelq^penuml des maladies dont nous voyons les arbres attaqués chaque année , suivant que les saisons sont plus ou moins variables et les opérations du Jardinier plus ou moins vicieuses.
n«S BRAKCHBS BB XBlIPLACBlIXlfT BT BB RÉSBRVB.
L'art du remplacement des branches à fruit consiste à fi^re naître tous les ans et à favoriser au talon de chaque
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branche en bourgeon sur lequel on puisse rabattre à la taille suivante.
La nécessité de concentrer annuellement les branches fruitières du pécher sur le bourgeon inférieur est fondée sur la connaissance de sa végétation. En effet , chaque printemps les branches du pécher donnent naissance à autant de bourgeons qu'elles portent d'yeux ; et , si Tarbre était abandonné à la nature, il ne tarderait pas à se charger de branches à fleurs qui n'auraient bientôt plus d'œil à bois qu'à leur extrémité ; en sorte qu'après la floraison ,ces branches se trouveraient dépouillées dans toute leur partie inférieure , sans espoir de se regarnir jamais , puisque le pécher, greffé comme on sait, ne perce point ou très rarement de l'écorce. Il est facile de concevoir qu'un arbre dépérit chaque année avec rapidité, lorsque ses branches se dégarnis* sent par le bas sur une plus grande longueur qu'elles ne s'allongent. C'est ainsi que nous voyons , dans beaucoup de jardins où l'art du remplacement est mal pratiqué, des pêchers dont la vie semble s'être réfugiée à l'extrémité des branches, par où on croirait qu'elle va s'échapper.
Les rameaux à fruit se taillent ordinairement , ainsi que nous l'avons déjà dit , à 9 ou 10 centimètres, excepté dans de certaines espèces, qu'on est obligé de tailler plus long parce qu'ils portent leurs fruits à une plus grande distance de l'insertion des branches. Dans ce dernier cas , l'ceil du bas ne donnerait naissance qu'à on bourgeon très faible, et les intermédiaires plus près de la taille lui enlèveraient la sève si l'on n'avait pas eu la précaution de les supprimer depuis l'endroit B (fig. 7), où commence le fruit , jusqu'à l'œil A. Par cet ébourgeonnement à sec on conserve la sève pour l'ccil inférieur, qu'on a soin en outre de favoriser penitant tout le cours de son développement, afin d'en former un
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bourgeon assez fort poar remplacer à la taille suivante le rameau B, qui a porté fruit.
On n'attend pas toujours à la taille pour rabattre le rameau sur le bourgeon de remplacement. Ainsi , lorsque ce rameau est faible , on peut faire cette opération après la récolte des fruits, pourvu toutefois que Tépoque de leur maturité ne passe pas la fin d'août. Si les fruits ne nouaient pas ou tombaient avant d'être mûrs, on rabattrait aussitôt sur ce rameau , qui profiterait alors pendant le reste de la saison de toute la sève , qui aurait coulé en pure perte dans les bourgeons supérieurs B, G, D (fig. 2), lesquels seraient devenus eux-mêmes d'autant plus forts qu'ils n'auraient plus eu de fruits à nourrir. Mais , lorsque les rameaux de remplacement auront naturellement des dispositions de force, il faudra prendre garde de les augmenter outre mesure en ne leur laissant pas assez partager la sève avec les bourgeons supérieurs, et l'on devra conserver quelques uns de ceux-ci.
Dans la supposition où les fruits tiendraient, on favorisera le bourgeon de remplacement ,en pinçant ou rognant les bourgeons nourriciers dont l'accroissement serait jugé devoir lui être nuisible ; il faut même , dans certains cas , savoir se priver du fruit pour sauver ou même seulement pour fortifier le bourgeon de remplacement. Telle est , en général, la conduite à tenir pour gouverner les branches fruitières.
Lorsqu'un de ces rameauxiaura une certaine force, on ne devra le remplacer tout à fait que la seconde ou la troisième année. Alors on rabattra à la taille, sur Tavant-dernier bourgeon B (fig. 2), que l'on taillera long pour avoir du fruit. Le bourgeon A du bas, qui était le bourgeon de remplacement , deviendra rameau de réserve : on le taillera à deux ou trois yeux.
Si au contraire un rameau était trop faible pour rapporter, et qu'il fût cependant nécessaire pour garnir une place,
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on pourrait le gouverner pendant deux on trois ans en le taillant court , mais sur de bons yeux , et l'on finirait par en obtenir un bon rameau à fruit (1).