‹ La pomone françaiseChapitre 40 sur 76 · PLANTATION ET GREFFE · texte numérisé non relu

PLANTATION ET GREFFE

On peut commencer l'éducation d'un pécher sur Tarlire éi^k greffé et choisi dans les pépinières ; mais il est mieux de planter soi-même des amandes ou des sauvageM»» parce qu'on ne risque pas d'être trompé dans le choix des espèces , et que l'on est plus assuré des bonnes qualtlés da sujet.

Les sauvageons seronUchoisis sains et vigoureux ; ceux d'amandiers parmi les semis de l'année , et ceux de pruniers parmi les semis de deux ans. On les plantera avec toutes les racines qu'on aura pu conserver, en prenant les ssdas que nous avons recommandés par rapport à la distance du mur, à celle des arbres entre eux , etc. i et ils seront rabat-

tus à la banteur de 33 centimètres au point A ( flg. 1 )• A la pousse, on laissera sortir une tige dominante et deux ou quatre bourgeons sur les côtés (flg. 2), qu'on maintiendra dans un équilibre parfait pendant tout le cours de leur végétation , à l'aide de l'ébourgeonnement et du palissage. Cet équilibre dans les pousses latérales du sauvageon ne doit pas être négligé , parce qu'il tend à établir, dès l'origine , une égalité de ligueur dans les racines, ce qui doit faciliter par la suite la conduite de l'arbre.

Vers le milieu du mois d'août ou le commencement de septembre, on placera sur le vieux bois, à 10 centimètres de terre, aux points B (flg. 2), deux écussons, à l'opposé l'un de l'autre, qui proviendront d'arbres bien portants et d'espèces choisies.

Au mois de février suivant , on coupera le sauvageon au ras des écussons , et l'on y appliquera de suite, sur la plaie, la poix à greffer.

La pousse des écussons sera dirigée ainsi que le représente la fig. 3; on aura le plus grand soin de tes favoriser dans leur développement et de les maintenir dans une parfaite égalité de force.

L'ébourgeonnement des bourgeons anticipés qui sortiront des greffes, en avant et en arrière, devra être fait avec les ongles, en laissant la feuille au talon ; on ne retirera des côtés que ce qui ne trouverait pas de place au palissage. Cette dernière opération ne s'effectuera que le plus tard possible , afin de favoriser la végétation des greffes.

Si rien ne dérange l'équilibre , on attendra que les jets de la greffe aient acquis une certaine longueur pour être attachés au treillage. Cette opération n'aura d'autre but que de les empêcher d'être rompus ou froissés parles grands vents, et de leur faire prendre la direction dans laquelle ils doivent croître ; mais ils ne seront pas serrés contre le mur, dans la crainte de nuire à leur développement.

LA POMOm ^AKÇAIdB. - 171

Aussitôt qa'an boarçeon annoncera plus de Tigoeor que Tautre , on s'empressera d'y remédier en faisant usage des ressources qu'offre le palissage : on attachera le jet le plus fort très près du mur^ en laissant l'autre en liberté , ou bien on palissera le plus fort plus bas que le plus faible ; on relèvera celui-ci , ou même, s'il était nécessaire , on le fixerait en avant à des échalas, ainsi qu'on le voit fig. 9.

Comme la taille des deux greffes (fig. 3) devr^ être assise l'année suivante (pour la forme de l'arbre) assez proche de leur insertion , il est inutile , pendant la première année , d'ébourgeonner sans nécessité absolue , parce qu'on pourrait faire développer des bourgeons dans la partie qui doit rester au dessous de la taille , ce qui dérangerait l'édifice qu'on se propose d'établir et forcerait à de nouvelles combinaisons. En un mot, les yeux inférieurs, sur lesquels toutes les espérances sont fondées, devront être préservés de tout accident , et s'ils ouvraient en bourgeons anticipés , on y appliquerait des ëcussons.

Les deux directions des mères-branches formeront entre elles un angle d'abord très peu ouvert, assez seulement pour donner place sur le mur aux bourgeons anticipés qu'elles produiront.

Si par un accident quelconque une des deux brancbesmères venait à périr, ou restait trop faible, on ramènerait la plus forte à la direction verticale pour la rabattre sur deux bons yeux au temps de la taille , afin d'obtenir deux nouvelles branches -mères, mais alors on aurait perdu une année.

PfiBHliRB ANNÉB APRÈS tA GREFFE.

Tous les soins pendant la première pousse de la greffe ont dû avoir, pour résultat de préparer les deux mères-branches B , sur lesquelles va reposer toute la charpente de l'arbre.

17S ' LA POHOm PaANÇAIâB.

La ûg. 3 indique la dispontion d'on pécher aprte sa pre^ mière pousse et au moment de la taille , soit qu'il ait éti greffé sur place ou qu'il ait été pris tout greffé dans les pépinières.

L'opération de la taiUe peut et doit se faire aussitôt que les froids rigoureux ne sont plus à craindre. Les habitants de Montreuil pensent que l'époque la plus farorable est depuis le 16 de février jusqu'au 16 de mars. Il est reconnu que les arbres faibles poussent mieux lorsqu'ils sont taillés aussitôt que la saison le permet, et que ceux trop vigoureux retiennent mieux leurs fruits lorsqu'ils sont taillés plus tard. D'où il résulte que l'on doit toujours tailler de bonne heure un arbre Jeune dont on veut hâter le développement.

Avant de tailler, on coBunencera par dépaUsser entièrement l'arbre, puis on retirera avec soin tous les corps étrangers qui pourraient se trouver entre le treillage et le mur.

On rabattra le chicot P (fig. 3) du sauvageon , si on l'a laissé, le plus près possible des écussons, sans les offenser. La coupe sera aussitôt recouverte d'onguent de Saint-Fiacre.

On raccourcira sur un œil du devant , ou , à son défiant , sur un œil du dessous, les deux mères-branches B , à 40 ou 60 centimètres de longueur, proportionnellement à leur force , aux points n^ 1, afin de leur faire développer près de la pousse terminale B les membres du dessous G (fig. 4). Les autres yeux du devant et du derrière seront pinces lorsqu'ils auront acquis la longueur de 27 millimètres; ceux qui mmt sur les côtés seront conservés ; mais ils ne devront donner naissance qu'à des bourgeons faibles, de la grosseur et de la qualité de ceux à fruit ; ce que l'on obtiendra par le pincement et le palissage plus ou moins précoce.

On sent bien que la longueur de la taille , pour cette première année seulement , est déternûnée moins par la force delà pousse précédente que par la forme à donner à l'arbre, parce que la sortie des mcfmbres G a des places fixes , dont

LA POHONB FRANÇAISE. 173

on ne peut beancoop s'écarter. Si donc la taille m trouYe trop courte par rapport à la yigaeur de l'arbre , il faudra mettre ses soins à amoindrir dès leur naissance les autres bourgeons; dans le cas contraire, il faudra les laisser croître naturellement, et il suffira de les palisser plus tôt et pkis proche du mur, afin de conserver toujours un avantage très décidé aux bourgeons B et G , destinés à former des branches principales.

La taille terminée , on attachera au mur les deux mères* branches dans la direction qu'elles avaient d'abord , et ce n'est qu'au mois ;de juillet que l'on leur donnera un peu (dus d'ouverture à l'angle.

Après la taille , et pendant la pousse , quatre choses doivent fixer plus particulièrement l'attention :

1» Les pousses terminales des mères-branches B ; 29 celles des membres G ; 3^ celles des bourgeons qui sortiront des yeux placés au dessous des bourgeons terminaux ; 4» enfin , celles des bourgeons anticipés qui naîtront sur les pousses terminales B et G.

Si l'œil à bois de la pousse terminale était double ou tri* pie , on ne laisserait que le bourgeon du milieu , comme étant le plus vigoureux et le plus en état de former le pro*^ longement de iamère^-branche, et l'on retirerait les antres.

On attendra , pour diriger les pousses terminales sur le prolongement des mères-branches, et telles qu'on les voit dans la flg. 4 , que ces pousses soient devenues flexibles en passant à l'état ligneux , car les bourgeons herbacés cassent net lorsqu'on veut les contraindre. On attachera d'abord légèrement ces pousses par le bas, pour ^faire disparaître petit à petit le coude occasionné par la taille , sans gêner la cime des bourgeons qu'il faut laisser à l'air pour les favoriser. Si la pousse était vive, on resserrerait les liens plus souvent , mais toujours sans effort , afin que les bourgeons ne soient

174 LA POMOTfB FRANÇAISE.

pas blessés en grossissant , ce qui formerait un bourrelet. Si Tendroit de la maille du treillage où se présente la pousse n'était pas favorable pour l'attacher^ il faudrait lier la branche-mére à une baguette qui la dépasserait et sur laquelle on palisserait la pousse terminale.

La pousse des membres C sera favorisée par tous les moyens que nous avons enseignés , et l'on ne doit pas craindre que leur force puisse nuire un jour aux branches-mères. On les palissera plus tôt ou plus tard , suivant leur vigueur : en général, on ne se hâtera pas.

Les pousses des yeux qu'on a laissés sur les côtés seront amoindries par le palissage précoce , le pincement réitéré, et même les rapprochements en vert sur des bourgeons anticipés, s'il est nécessaire, afin de ne faire de ces bourgeons que des branches fruitières , toute la force devant se porter dans les bourgeons terminaux des branches-mères B et dans les membres G .

Quant aux bourgeons anticipés qui naîtront sur les pousses terminales B et les membres G, ceux qui sont placés en avant et en arrière seront ébourgeonnés avec les ongles, en laissant la feuille du talon , et plus tard on éclaircira ceux des côtés, mais avec discernement : si par exemple les mères-branches avaient été taillées trop courtes en raison de leur végétation précédente , et qu'elles poussassent avec beaucoup trop do vigueur, il ne faudrait pas conserver seulement les bourgeons qui doivent trouver place à la taille suivante , parce qu'ils deviendraient trop forts pour leur destination ; on devrait au contraire , dans ce cas, les laisser naturellement s'amoindrir, en partageant avec ceux qui sont mal placés une sève trop vive et trop abondante pour la formation d'une petite quantité de bonnes branches fruitières.

LA POHOlilB FRAUÇAISE. 175

SBGORBB ANNÉE APBiS LA GREFFE.

La première taille aux points n^ 1 , et la conduite de l'arbre par le pincement , l'ébourgeonnement et le palis* sage, auront produit quatre parties distinctes, savoir :

lo Les prolongements des deux mères-branches B (flg. 4), égaux en force et à peu près aussi garnis de bourgeons anticipés l'un que l'autre ;

29 Deux membres du dessous G, bien placés, à égale hauteur et d'égale force ;

3<> Diverses pousses X , sortant d'yeux placés immédiatement sur les mères-branches ;

' 4^ Des bourgeons anticipés , sortis tant des bourgeons terminaux B que des membres G , et qui ont été éclaircis et palissés plus ou moins rigoureusement , suivant la force de leur végétation.

C'est dans cet état que l'arbre (flg. 4) doit être soumis aux opérations de la taille de la seconde année.

Avant e dépalisser l'arbre , on l'examinera avec attention , afin de s'assurer s'il est bien dans son ensemble ; ensuite on le détaillera dans toutes ses parties , comparant celles de droite avec celles de gauche , afin de vérifier si la sève a été répartie bien également des deux cdtés.

Après avoir pris une détermination tendante à rétablir l'équilibre s'il est troublé, ou à le maintenir s'il n'a pas été rompu , on détachera toutes les branches du treillage , et Ton opérera de la manière suivante, en se proposant d'arriver au résultat qu'offre la fig. 5.

lo On raccourcira (fig. 4) les rameaux terminaux des mères-branches B, suivant la force avec laquelle ils auront I)ou6sé. (On suppose que les coupes soient faites aux points n<»2.)

On supprimera les bourgeons anticipés mal placés, et Ton

176 LA POMONB FRANGAlSfi.

taillera ceux qui restent en branches-crochets, c'est-à-dire à deux ou trois yeux , comme les coursons de la vigne. On laissera plus d'yeux sur les branches-crochets dans le bas de Tarbre que dans le haut , afin d'y attirer la sèye. Si quelques uns de ces bourgeons anticipés étaient plus vigoureux dans le haut que dans le bas, on les supprimerait, ou, si on ne le pouvait , on se réserverait de surveiller leurs pousses pour les affaiblir, afin de retenir la sève dans la partie inférieure.

2f^ Les deux membres C seront raccourcis plus ou moins, selon leur vigueur, mais toujours de manière qu'ils puissent prendre de la force et de l'étendue. Les bourgeons anticipés , s'il s'en trouve , seront taillés en branches-crochets.

30 Les divers bourgeons X , au dessous de la première taille n^l , et que l'on aura dû amoindrir pendant leur pousse, seront taillés courts, et même sur les yeux près du talon s'ils ont poussé trop vigoureusement , afin d'en faire des branches fruitières ; mais s'ils sont modérés on les taillera à quatre ou six yeux , ménageant au talon un œil pour servir de branche de remplacement à la taille suivante. Si l'un de ces bourgeons, était resté trop faible , on le taillera , proportion gardée, plus long que les forts, on l'attachera plus verticalement, ou même on le laissera libre.

40 Les bourgeons anticipés seront taillés en brancheacrochets , comme Tannée précédente.

Après la taille , on s'occupera de tout ce qui est relatif à la propreté des murs, des treillages et dès arbres.

On attachera toutes les branches sous l'angle où elles étaient avant la taille, à moins que l'on n'ait des raisons d'en affaiblir une , en l'attachant plus horizontalement que l'antre. Le palissage doit donc être fait par l'ouvrier qui taille, et immédiatement après l'opération, afin qu'il ait encore le souvenir des motiCs qui ont dirigé sa taille.

A la pousse, lorsque les bourgeons s'onvrir<mt, on pin-

lia MWM» nUHCAIffi. 177

oera ceux ptaeteUmèdiiKteBeiit an deasonsdu termhHd, et qui lui seraient égaiiix en force ; cette prècaniioD eat presque toujours suffisante pour décider la supériorité très marquée do tatninal, en même temps qu'elle conserve la sève aux ixraripeons inférieurs.

Quant aux autres liouii||;eons placés sur les oAtés des mèrefr-branehes , on attendra , poor ébourgeonner ceux qui seraient doubles ou triples » qu'ils aient 3 centtanétres de longueur pour ceux du dessous, et6 à8 pour ceux du dessus. On laissera alors les plus fofts en detoous et les i4us faibles en dessus -y ceux*el se trouveront d'autant plus afMbHs que l'on aaur ébourgeonné plus tard, parce qu'ils auront partagé la sève plus long-temps avec ceux que l'on supprime, et que la suppression plus tardive de ceux-d occarionne de plus lai)(es plaies*

Les yeux à boistriples, doubles ou sfanples, et surtout ceux en dessus des rameaux , devront Mre surveillés pendant leur pousse ; on redoublera d'attention pour ceux qui sont placés près de la taille; ri on les perdait de vue un seul moment, ils pourraient égaler la pousse terminale , qui doit toujours être la pousse dominante.

Au mojen du pincement, on se rendra le maître de graduer à volonté la force de toutes les pousses; mais il faut pouvoir ^Osposer de son temps pour visiter souvent ses pêchers, afin d'exercer une surveillance très active sur les mouvements de la sève, qu'il est extrêmement fscile de réprimer dans ces premiers moments de la végétation.

Les bourgeons anticipés taillés en branches-crochets de* vnmtuAtirer l'attention du jardinier sous le rapport des yeux 4u talon, qu'il traitera dès lors commodes boutions de remplacemenl ; il fortifiera ceux qui sont trop faibles un pinçant le bourgeon qui est au dessus, ou même en le supprimant.

Chaque bourgeon teminal des branches à bois B et G, depuis lespoints n» 2 Jusqu'à leur axtréorité , va isire éeiore ,

178 LA POMONB FRAHÇAISR

en d'alioDgeant , des bourgeons anticipés dont il fant s'oecu* per; on retirera avec les ongles ceax de devttit et de der* rière à mesure qu'ils atteindront 8 à 10 centimètres de Ion* gueur et lorsqu'ils seront enewe herbacés; mais on conser* vera toujours avec soin la feuille du talon , et en même temps on ne détruira pas l'œil supplémentaire qui pourrait s'y trouver.

Quant à ceux des côtés, on attendra, pour les édaircir, qu'ils aient atteint 24jà 28 centimètres de longueur, et, pour les palisser, qu'ils en aient 35 à 40; on palissera les bourgeons du dessus quelques jours plus tôt que ceux du dessous. On lèvera alors avec le couteau à lame étroite ceux qui, étant trop rapprochés, feraient confusion ou troubleraient l'équilibre , et de préférence ceux qui n'auraient pas d'œil au talon. On fera encore en sorte que les bourgeons anticipés restants soient alternes et jamais opposés ; on ne les retranchera pas au ras de i'écorce du bourgeon principal , mais à 8 ou 9 millimètres au dessus; enfin la feuille du talon sera conservée comme pour les bourgeons, herbacés.

On aura toujours soin de renouveler les osiers du palissage avant que le gonflement des branches y contraigne.

Lorsque les bourgeons terminaux des branclies principales seront palissés dans toute leur longueur, et sur une ligne parfaitement droite, on exécutera, en commençant par le sommet de l'arbre , le palissage des bourgeons anticipés qui seront assez longs pour être attachés , et on rapprochera le plus, possible ceux du dessous, et particulièrement ceux du dessus, du corps de leur mère-branche.

Le palissage des branches principales, i'ébourgeonne^ ment et le palissage des bourgeons anticipés, seront continués successivement jusqu'à la fin de la saison au fur et à mesure du besoin. Si un bourgeon anticipé annon^t devoir prendre trop de supériorité sur les autres, il faudrait le pincer oq le. rogner, surtout s'il était en dedtts du Y for-

-Lk MMOUB FRARÇAISa n9

nié^r tes detil branches-mires. S*il arrivait, put une cause qaelconqae , qne rextrémité de labrancbe-mire vint à faiblir, il faudrait la rabattre sar leprenûer boorgemi anticipé vigoureux.

On ne se pthessera fias trop de paHsser les bourgeons anticipés des extrémités; il faut attendre qu'ils soient bien formés; ceux de 4a te de la pousse doivent rester libres jusqu'à ce que la sève soit arrêtée.

SI 4'un des <Més de l'arbre acquérait de la supériorité , il ne faudrait pas pour «ela palisser le bourgeon terminal plus bas ; ee serait une grande faute , parce que l'on ierait perdre à la branebe la ligne droite qu'elle doit'Conserver ; mais alors on dépaHsserait tout «e odté et on l'indinerait davantage, iandis qu'on relèverait l'autre, en l'atiacbant même, s'il 4talt nécessaire , on afvant du mur, sur trois piquets , comme le représente la flgure 9.

11 convient de recomiattre dès lors les bourgeons qui par leur emplacement sont destinés à devenir des membres de bilurcation, ate de favoriser ceux du^ssous et de restreindre avec prudence la forée de ceux du dessus , de manière que ces derniers, toto^que les boui^eons D, ne soient que très modérés lorsqu'on sera obligé de leur laisser prendre un certain essor pour remplir leur destination, ce que l'on ob- 4îendra en pinçant le bourgeon D dès son apparition , pour ainsi diro , de façon que son empâtement n'ait pas le temps de s'étendre sur la branche-mère. On ménage successivement au talon de ce boui^eon un rameau de remplacement que l'on s'appHque à réduire à de petites dimensions à sa base jusqu'au moment où l'on pourra sans inconvénient en Tonner un membre deramiflcation.

xaoïSKkifB ANste ipaÈs la grbfpb.

On peut voir, par la flg. 6, que les résultats de la seconde taiHo^sont à peu près les mêmes que ceux de la première

180 LA POHOlfB PRA1IGAISB.

(flg. 4) , sinon que tes mères-branches B et les membres G ont pris pins d'étendue et sont devenus beaucoup plus forts, ce qui permettra bientôt d'établir sur eux les ramifications nécessaires pour remplir les intervalles qui les séparent.

Les branches fi*uilières qili ont déjà reçu deux tailles ont aussi pris plus de consistance, et ont poussé des bourgeons plus francs , dont les yeux rapprochés promettent quelques fruits.

La troisième taillé que l'on va donner aura pour but (flg. ft) 1^ la continuation du prolongement des mères4)ranches B et des membres C ; 2^ le commencement du développement de la branche D, dont on modérera la v^^tion ; 30 la naissance des branches de bifurcation E et F, que leur position désavantageuse commande de favoriser avec modération; 40 la concentration on le renouvellement des branches fruitières sur les branches principales.

Après s'être bien pénétré de ces conditions , et s'être rendu compte, par un examen attentif, de la situation de l'arbre sons le rapport dé la force relative des deux cétés, on le dépalissera en entier et l'on raccourcira plus ou moins l'extrémité des branches B, suivant la vigueur de la dernière pousse (on suppose que les coupes sont faites aux points n^ 3), en observant toujours de ne point raccourcir une branche avant de s'être assuré si ceHe qui lut correspond présente un œil sur tequel elle puisse être taillée dans les rapports voulus pour l'équilibre de la sève (1).

(1) La dlfflealté de trouver dans le pocher un œil également bien constitaé sar chacune des branches-mères, et, de plus, placé sur le devant et à la hauteur où Ton voudrait tailler, m^a fait penser que Pon pourrait obtenir tous ces avantages en écussonnant , au mois de septembre et un peu «vaut qa» la sève ne soit arrêtée, les branches-mères précisément à la hauteur où elles devront être taillées. Cette opération , que beaucoup d'écrivains ont recommandée dans des circonstances où elle est moins praticable et moins utile , sera très siuj^ dans

LA MHOmS FRAlfGABB. Itl

te taeooimsin de même iM meniliMfl C 01^^ et avec les mêmes précaaUons, mais toujours sur les yeux les plus CftToraMes à leur dévetoppement et placés de manlftre à fournir des pivlioagemeuts naturels de la première dtreetlou , afin de n'être pas dans le ^ dç les contraindre.

Le liourgeon D sera taillé assez court et sur un osil plus favorable à la direction de. ce membre qu'à sa yiguemr.

Les bourgeons E et F doivent être fournis, autant que possible , par des yeux placés vers la moitié de la longueur de la taiHe , là où les yeux sont le mieux conditionnés , sur les brandies principales et à même hauteur de chaque côté de raitee«

Les branches fruitières qui ont déjà reçu plusieurs tailles seront rabattues sur les rameaux de remplacimient que Ton anradA ménager près de leur Insertion, et ceux-ci seroirt taHléSi pour porter du friiit, à dnf on six yeux, suivant leur fwee et suivant l'espèce de pêchers*

Miâs si les bourgeons de l'ancienne branche étaient ffm»9 (1), on pourrait en tirer le fruit et garder encore

et cas , M ottrlia dei féMiUU U^ artataseiu JNW to tMlmnaieal de li sèTe » rétendae et la belle fonne de Tarbre; d'aOleora les branches-mères ne porteront phu les marques de toates ces ampotaiioDs ploa oa moins malhem^nses qui leur soot Mtes sor des yeai mal pla^

LVbU placé svr le devant d^me branche est plus firronblenHai sUaé «oa toQt antre pour former le prolongement de cette brancbe. Si on la rabat sor cet œil , on peut espérer qu^en peu de temps et avec quelques soins le noutean I prendra telleraent bien la place de la partie retranchée, qne l'on ne i pins l^eadroit où la eoope aura été CUte ; mais û « an oooiraire , ou taaie sor nn œil dn dessus , sa tendanc».& s'éle?er , étant pins forte » sera on obsUcle presque insurmontable pour faire disparaître le nodus de la coupe, qui restera toqionrs marqué par un coude plus ou moins prononcé. Gette recom- ■midation d*éilter des uMlns ans flwhniiu de la tsiile est plntftl pew lalaser à la sève un libre cours qm pour satisfaire Tamateur de beaux arbres.

Xi) On dit qu^un bourgeon est franc lorsque les yeux et les boutons sont rap-

1» LA POKORB FRANGâlSB.

labrAiehe dereoiplaeMDieiit paor l'aniiie swtrmtB : «inrf , au lieu de rabattre sur le dernier boui|feoii , on rabattrait sur l'aTant-demier, que l'on taillerait assez long, en ébourgeonnant à sec les yeux qui ne seraient pas accompagoès de fleurs; et, quant aux bo||irgeons de remplacement, on le» taillerait à deux yeux , qui devraient être traités dès ce moment avec tous les ménagements que l'on observe à l'égaré des branches de réserve.

Les bourgeons que Ton aura ^ncés l'année précédente pour les réduire aux proportions de branches fruitières se^ ront taillés courts pour les maintenir dans ces iproportâons.

Les bourgeons anticipés seront taillés en brandies-cro^ cbets.

Avant d'attacher l'arbre dans la position où il était ior» de la taiHe , on fera une recherche entre le treiUsge et le mur, et surtout sur le corps et les branches de l'arbre, afin d'enlever autant que possible les csub d'insectes. C'est encore le moment qu'on saisira pour faire les incisions sur les branches qui annonceraient être on devoir être affectées de la gomme. Un pécher gommeux atteste l'inadvertance du jardinier^ de même que la présence de» gourmands sur lea arbres.

. Lorsque les averses pousses seront assez longues pour être pincées , ébourgeonnëes et palissées , on se conduira , pour ces opérations, d'après les principes déjà détaillés et ainsi qu'on l'a fiiit les années précédentes. On devra surtout les surveiller dès le commencement de leur développement^ afin de pincer à temps toutes celles qui tendraient à devenir des gourmands ou des branches &bois là où on ne Tondrait avoir que des branches à fruits.

Le développement de la pousse des bourgeons D sera surveillé avec une attention très particulière , afin de les empA* cher de prendre une vigueur que leur position rendrait bientôt embarrassante.

. Au c«iitra)i« , on favorisera par tou» les moyens posriMes le 4éveloppemeiit des bourgemis £ et F, qai doivent former les branches de bifarcation ; on y parviendra en pinçant les bonr||pe<ms qui se trouvent entre eHes et le boorgeon ternunal^ en les palissant plus taid j ne les approebant pas autant du mur, ou même en les maurtenant en avant à l'aide d'ècbalas pour décider de bcmne beure la s6ve à s'y porter.

. Le système de bifurcation adopté par M. Daibret et par M» Lepère n'est applicable qu'au début de la formation de l'arbre , afin d'établir en même temps les deux bfanobesméres et les sous^méres. Dans ce cas senlement/on peut tailler la mère^branche sur deux yeux et y laisser affluer la sève librement , sans crainte de nuire à aucune production, puisqu'il n^y en a pas encore d'établie ; au contraire , la grande vigueur de œs deux bonrge<ms terminaux , fbrmmit la mère-brancbe et la sous^mëre , contribuera puissamment au dévetoppement des racines, et l'arbre n'en sera «pie mieux attaché au sol ; mais ce même système devient funeste lorsque , plus tord, on l'applique méthodiquement sur des membres déjà garnis de branches fruitières. En effet; M* Dalbret, conseillant d'établir les bifurcations à rextrémité d'une bran* Ae taillée (sur le bourgeon qui suit immédiatement le twmlnal), attire par ce procédé la sève sur un même point ; elle y afQue avec une véhémence extraordinaire ; le bourgeon terminal et son suivant , faisant l'office de deux pompes qui s'aident BMituellement, aspirent la sève. Il en résulte que le bourgeon terminal et celui qui forme la biAnrpation'prttDnant à peu près également une force et une éten- .due considérdries; la sève continue à se précipiter trop ra- ^dement vers eux , pour s'arrêter dans les petites brandiee fruitières qui sont au dessous j leurs canaux s'obHlèfent, ces tHrandteiL fruitières langmssent, et on peut déjà prévoir le dépouillement plus ou moins prodiaia de l'arbre.

tM l'A VOnom FAAKGAiSB.

IM penoittes qui o&t Mivi le système de M* Dribfet feront plas à même que d'aatres d'apprèder la ?ale«r de ms obsenralioiu.

Un antre vice encore attaché à ce système ^ c'est fne le bourgeon qui forme la biftircation est prescpie anasi fort qae celui du prokMigement de la mère4Nrandie ; et Men qu'on n'ait pas à craindre que ce bourgeon de ramiflei^n remporte sur l'autre 9 cela ne suffit pas; il doit être sensIMe* ment pins ftôble , en raison de sa posiliim et des fonctions qn'il est destiné à remplir. Mais M. Itelbret y loin de chercher à établir dans ses bifurcations des prqportiOBS relatives, s'en éloigne encore ea conseillant de leur donn^ nne taille plus allongée que celle qu'on a donnée à la mère-branche. Ainsi, lorsque l'équilibre de force qui doit régner entre les Ivanches inrincipales et leurs ramifications est rompu dès l'i>rigine, U n'est plus possible de le rétablir par la suite. Une très longue pratique, d'accord avec nés principes, nous a démontré que l'on ne doit jamais fermer de brandies de bifurcation si prés de YoM terminal , surtout sur des arbres en éventail ; il arrive même ^ huiMpie les jarbres sont très vigoureux , qu'on ne doit point établir de biforcatiim sur le boui^eon de l'année, on ne peut que l'y préparer; encore fout-il que ce soit sur le troisième on qnntrième bourgeon an dessons de la taille précédente : plu» haut les canaux séveux y sont trop dilatés pour que l'on soit le maître de bien régler le cours de la sève.

Ces fontes ne seraient pas cmyd>les do la port d'un praticien, si elles n'étaient commises dam les dteionstratiens écrites et figurées (pi. III) de l'ouvrage de M. Dalbr^ où l'on pourra encore remarquer que les brandMS G et D, desttoées à former des branches de bitocation de l'intérieur, sont palissées en dehors même de la ligne Tortlcrie ; de tdie sorte que, si l'on eût flgivé l'autre moitié de l'artire, les branches correspondantes se croiseraient. Tontes les

LA VCmom FIUIIGAI98.

bnoAm frailièrM snr la mtow braneheHBin «obI pilteées trop TertieftiaiieDt.

Si ToB oppose à cette critique, qai coBcerae auMi le ey* stème de M* Lepère, qoe nous avons annoncé et même prou» Té par det modelée vivuitt qne Ton poayait fiiire prendre an pèdier toutes les furmes imaginaMes, nous ajonterans qoe c'est sous la condition expresse qne l^on sera attentif à détourner la sève , dés son début , de son ooors le pins naturel , pour la répartir aTOC mesure dans tontes les parties derarbre, selon les fonctions qne ekacane doit remplfar, et non par à coup. C'est donc en interceptant A la sève pins oumoins les passais par où elle ne manquerait pas d'aMoer, et en loi en ménageant d'anfres dans lesquels die pourra se répandre ; c'est aussi en la forçant k rétrograder et i se ri^* partir dans les branches frintiéres , ou autres qu'elle eût abandonnées si on lui eût laissé suivre son cours naturel. Mais M. Dalbret , en étaUisiant ses bifurcations sur le bour^ geon qui suit immédiatement le bourgeon terminal , ne s'oppose en rien au cours ordinaire de la sève ; il Mt plus , il le IkiVfMrise, il Tcugmente , et rend inévitable la perte ée la lème des arbres traités d'après son système de bMw* eafioo.

Les élèves de M. Dalbret, ayant, dés le début de l'arbre , établi concurremment, et %n même temps avec succès , les branches-mères et les sous-mères , ont dft trouver tout sim** pie de suivre la même marche pour établir les antres ramlfleattons; mais fline se sont peut-être pas aperçus qne les circonstances environnantes n'étaient plus les mêmes : c'est pour leur faire remarquer qnslle en est la dlflérence , et les détourner d'une méthode qui entraînerait la perte des arbres « qne nous nous sommes autant étendu sur ce sujet iaaportant.

On s'occupera des bourgeons de remplacement et Ton aidera ceux qftà seraient tardilk dans leur développement. Les

«86 LA POVONB FBARGAia*

brattcliasde réserTeseront traitées encore ayec plus déménagement : ennelaisserasur la branche fmitiére qne le bourgeon terminal et cenx qui sont nécessaires à la nonrritare des fruits. Ces derniers bourgeons seront pincéset raccourcis ; et, dans le cas où le fruit ne nouerait pas on Tiendrait à tomber, on s^empresserait de ravaler sur le bourgeon de remplacement, afin de le faire proflter d'autant* Cependant, s'il était déjà vigoureux , il ne faudrait pas foire le rapprochement en vert que nous venons d'indiquer, parce qu'on s'exposerait à lui donner trop de force et à lui faire perdre les qualités et proportions de bonne branche à fruit ; du moins on ne pourrait alors les lui conserver que par un travail dont le moindre inconvénient serait la perte de temps.

On accueillera et l'on favorisera avec soin les sorties qiA naîtront au talon des bourgeons anticipés taillés en brandies-crochets, et, s'il est nécessaire, on leur sacrifiera toutes celles qui leur sont supérieures.

, SI l'extension des pousses du dedans exigeait qu'on ouvrit l'angle formé par les méres4>ranches , il fondrait tout dépalisser, afin d'effectuer progressivement leur écartement sans rien forcer, sans jamais les faire courber, et en les foisant pour ainsi dire pivoter sur leur insertion. On n'ouvrira point au delà de ce qui sera rigoureusement nécessaire pour le paltosage de l'année, et l'on opérera avec précaution, dans là crainte d'abattre les fruits et d'olfenser les bourgeons. Ce n'est que pendant la circulation de la sève que l'on peut «baisser les branches principales. *

Aux approches de la maturité , les fruits seront découverts progressivement , pour ne pas les exposer tout à coup rayons du soleil.

LA MHMRFlUmiBB. m

QUATRIÈm ANNÉB ÀPHÈS LA GREPFB.

Aprto ia troisième année de la taille on aura dMc récolté quelques fruits , et l'arbre sera tel que b %. ft le représente, c'est-à-âlre qu'il aura des branches-mères B et des monbres G d'une étendue et d'une fdkre assez considérables pour qu'on ait pu déjà commence- à laisser se développer les membres D 9 qnoiiqnie en les contraignant, ainsi que les branches E et F de biftircations , que l'on a au contraire fit* Torisées.

Toutes les parties de l'arbre se trouveront d'ailleurs ^(paiement bien garnies de iMnanches fruitières d^à taillées une ou plusieurs fois , suivant leur âge et celui des branches auxquelies efles appartiennent.

La quatrième taille n'aura d'autre bat que d'étendre de fortifier les parties de l'arbre, tandis que réboûr* geonn^nent des Jeunes bourgeons , celui des bourgeons mtidpés, lé pincement, le palissage , les rapprochementa en vert qa'on exécutera successivement ,' et au Air et à mesure du besoin, pendant le cours de la végétation, maintiendront on ramèneront- toutes ces parties à un pttrfaft équilibré de forces respectives ; de numièré à obtenir à la fin de l'année léi rémritats indiqnés^par la fig. 7.

L'examen, et pour ainsi dire la reconnaissance générale de Tarbre , avant dé prendre un parti pour la taille , exigera cette Ibis un temps plus l<mg, puisque* le système est dè|à plus compliqué.

Avant d'opérer on dépalisséra , mais en laissant cepen^ dant une attache à chaque branche principale , dans la crainte qu'elle ne soit entraînée par son poids.

On commencera par le raccourcissement de ses rameaux terminaux, en suivant les mêmes principes* que pour la taille précédente.

iW LA MHORB mAMÇAm.

On passera ensoite aux frailières, que Ton chargera plas oa moins suivant leur vigaear et l'état de sMQtè de l'arbre ; puis on s'occupera des rameaux et bourgeons anticipés , que r^Hi taillera en branches-crodietSy et , avant de palisser ^ on fera la recherche des insectes, de la gomme, etc.

A mesure que l'arbre avance en âge et qpe les branehet se multiplient , le travail de la taille et des autres opératiens tpi'exige la conduite de l'arbre devient nécessairement plus considérable; mais les principes sont toujours les mêmes : ils se réduisent à favoriser les branches qui sont faibles ou les bourgeons que leur emplacement condamnerait à le de* venh* si l'on ne venait à leur secouM , et à dompter au contraire les branches déjà fortes , ou mieux à réprimer ks dispositions de cdles qui tendraient i le devenir.

On devra constamment avoir pour but que les firuitiéres du'dedans ne soient pas pins fortes que celles du deiMNrs(l); que la partie inlérieure de l'arbre smt aussi bien garnie que la partie supérieure; enfin que les fruitières soient tette- ■mit rapprochées du corps des branches principales , que oeHes-d semblent rajeunies chaque année par des pousses nonveHes.

En continnant à gouverner l'arbre de cette mmiiére , et M établissant successivemeRt des brttches de t^iorcatioià où elles sont nécessaires pour remplir les intervalles» Il sera facile d'obier, après la neuvième taille , un pécher aussi parfait que celui qui est offert pour modèle (flg. 8), et dont la diarpente est telle , que le» mères-branches , les membres , les branches de biftarcation et les branches finutières, présentent des proportions relatives^à leurs diversee fbootiens.

(i) Hoof enCndoin p«r bmciMs du «Mont cellM en dent» du branches de li cbippeiito, el par branelief da d$k9n cellet en <

hk rOMRB FHANÇAm. fit

FORME DITE GABBÉE*

Nous B'avQDS railla dire meatioii éa pécher earré pré* sente par M* Lepère comme une forme nouveiie éeveat senrîr de modèle qu'après aY<rir raflMmment fUt eonatltre le forme à la DamouUer, afin que le lectmir pidnae |«« ger par loi-mAme quels soDt les moyens les plus elBeaces, de cenx de M. Lepère oa des nôtres, pow «river à rmipHr «rec an pécher Tespace compris dans mi carré long, antre* ment dit nn paraltélogramme (1).

Noas répéterons ici qu'il est très vrai que Ton pMt frire prendre et faire conserver an pécher toutes les formes qu'on voudra lui donner, pourvu , toutefois, que dès leur naissance on donne aux bourgeons qui doivent former les bramAes principales une direction qui ne soit pas précisément celle vers laquelle la sève a le plus de tendance à se porter, et qu'en outre on garnisse les cétés de ces membres de petites brMclies fruitières , que Ton foçonne en pinçant tous les bourgeons qui annonceraient des dispositions à devenir trop forts. Ces petites branches doivent être toutes à peu prés d'égale force, et être rraouvelées annqeliemenC ; ce sont elles qui attirent la sève également dans les meabbres, qui les maintiennent en viguem*, Ifds font grossir et allonger, sans qu'il y ait nulle part dans l'arbre des expie-

(I) Ls Amne qne propose U. Uç^ conMe eo àtm 1 séa en V oavert , dont chaeime eti garnie en deisoos de troig membres «loi «ont formés an boni de di on sept ans; alors H. Lepère remplit Pintérienr d« V en faisant , sur chaqne branche^mère, déTelopper à la fois trois membres qnl atteignem tevi à tmp le baol du mar. ^asqQtei riea i^BSt mmram,«om est aioiple et très focile; mais la difflcolté consiste h maintenir eeUe fonne ainsi établie; cette difflcnlté commence aussitôt qne la forme est remplie par le déydoppenem des trois membres idn dedans.

180 LA IpQttCMNB FAAli^MMS.

sions de sève qai nécessiteraient de la part des coltivateurs des répressions violentes.^

D'après cet exposé , il suffit de jeter on coup d'œiî sur le pécher carré .de M. Lepère pour s'apercevoir qu'il n'y a presque aucune de ces conditions qui soit remplie , surtout la plus importante ) puisqu'au lieu de détourner lasève, M- Lepère fiût développer à la fois, sur la mère^ranclie , trois memlH'es auxquels il donne une direction presipie verticale, et cela dans la position la plus favorable à l'ascension de la sève ; aossi ces membres font l'effet de trois pompes s'aidant mutuellement pour aspirer toute la sève que Varbre pourra leur fournir. Il devient donc indbpensable , pour s'opposer à une aussi grande puissance de végétalion v^hts un seul point, d'employer des répressions sans cesse renussantes, et même des violences, parce que. la sève tendra toujours à se précipiter vers des passages ouverts dans les endroits, oàelle a précisément le plus de tendance àse porter.

M. Lepère. croit avoir obvié à ces inconvénients parce qu'il a eu la précaution d'établir tous les membres du dessous avant de commencer à faire développer ceux du dessus. Cette précaution n'aura d'iautre résultat que de retarder le dépérissement absolu des membres du dessous , parce que, ceux-ci ayant déjà acquis unecertaine étendue,il faudra plus de temps pour qu'ils soient tout à fait épuisés par les membres du dessus, qui continueront cependant de toujours attirer à eux la sève au préjudice de toutes les autres parties de l'arbre ; ainsi les soins, le temps et les répressions employés pour s'opposer à un effet naturel aussi puissant;, ne serviront qu'à retarder plus ou moins le dépassement total des membres inférieurs.

A cette première cause de répression que nécessite le pécher carré de M. Lepère, il fisut en ajouter une autre qui n'est pas moins considérable : c'est que des trois membres que l'on laisse à la fois se développer sur la branche-mère ,

le plm fort) dans l'ordre naturel , derrait être celât de l'eitrèmrté sàpërieure , et le plus faible celui près de la base de la branche-mère. Or, comme lé modèle qu'offre M. Lepère exige le contraire de ce qui se passe dans l'ordre naturel de la véiifétation , il derient donc nécessaire d'exercer encora des répressions d'un autre genre pour s'y conformer ; et ee* pendant M. Lepère ne trooÎYe point de danger (page 64) de donner' à chacun de ces membres, dès la première année de leur dévèloppen^ent, une taille allongée de 1 m. 60 cenU de longueur d'après l'échelle , se réservant, dit*il , de pincer les bourgeons qui sortironi au dessous de cette taille : comme sî cela pouvait empêcher les membres de grossir et de recevoir une quantité de sève au delà de ce qu'il conviens drait; Aussi l'affluence de la sève est devenue si considéra^ ble dans cette partie supérieure de i'arbré, qu'à la troisième taille ces-membres sont représentés déjà plus gros que les premiers membres du dessous, qui ont reçu six tailles.

Nous ajouterons que ce grand et brusque mouvement de lasève , qui a nécessairement lieu dans l'arbre carré de M. Lepère , soit que la sève se porte en avant , soit qu'elle rétrograde , est incompatible avec une abondante fructiftcation. On peut voir au contraire , par l'inspection de la planche YIII , que^ la forme donnée aux péchera de Bisissf- Saint-Léger n'ayant dû nécessiter aucune violence, la sève coulant doucement et également dans toutes les parties de l'arbre , les branches y sont couvertes de très beaux fruits.

Nous avons vu comment , en suivant les mêmes princt** pes, nous sommes arrivé, avec la forme à la Dumontier^ au bht que M. Lepère se propose vainement d'atteindre pai* sa forme dite carrée. Sans vouloir entrer dans d'autres détails , nous finirons par conclure , en supposant même que M. Lepère eût réalisé la forme qu'il offre pour modèle , qu'elle estmoins fidmisaible que celle des pêchers de Boissy-

m LA FOW>m 9RA9GAiaB^

Saint-Léser ( pl« Y III et IX), aOeadu «l'elle nécesiiterftit eu^ eore plus de temps et de soiiis pour opérer Im répretiieiu ittdiflpensables au maiotien de cette forme.

D'après ce qae nous venons de dire , toat le monde eon* eevra facilement qae l'on puisse façonner 'un pécher sous teHe forme iiue ce soit, et sans violence , seulement en détournant doucement la sève , lui fermant les passages par oA elle a le plus de tendance à s'écliapper, et en lui en mé* na{^eant d'autres ; mais on ne concevra pas qu'il paisse en être autrement. Tous les jardiniers savent par expéri^ice qu'un seul bourgeon qu'on laisserait se développer jusqu'à 1 m. 76 centimètres ou 2 mètres d'étendue sur le dessus d'un membre sufArait à lui seul pour affamer ce meadire et détruire la forme déjà donnée à l'arbre. Ces jardiniers pourront donc prévoir quel sera le résultat dei trois rameaux que M. Le^ père laisse ainsi se développer tous les trois à la fois sur le même membre. M. Lepère annonce , pour prouver la bonté de sa méthode, qu'il aura toujours de jeunes pêchers de l'Age de celui qui lui a valu la médaille à faire voir aux amateurs qui lui feront l'honneur de le visiter. Dans ce cas» nous engageons ces amateurs à porter plus jMrticulièrement leur attention sur les pêchers le plus anciennement établis d'après cette méthode : ce sont ces pêchers qui peuvent senls làire juger do mérite de la forme tant préconisée.

Nous sommes persuadé que personne n'est plus capable de saisir la justesse de nos observations que M. Lepère ; il se montre , dans son écrit , trop bien pénétré de nos prini6ipes pour ne pas comprendre que son travail matériel est M opposition avec^son ouvrage écrit, à l'égard surtout de la forme carrée et des pêchers tout formés (1) ; d'où Van

(I) H. Lepèfe contellle (page 47), ainsi que cela se pratique à Honireoil et de ne point planter de pèeliefB lersqaHIs enlptai de (HfrlMH neéi Se

LA POnONB FAA?IÇAISB. 195

peut conelare qa'il n'a pas encore mis tout à fait en pratique les principes énoncés dans la Pomone française depuis plus de yingt-cinq années, et dont cependant il semble s'être pénétré dans son ouvrage , qui ne peut , du reste y qu'être utile aux personnes qui s'occupent de l^ taille du pécher. Nous finirons en disant que, si les Sociétés d'horticullure ont des récompenses à décerner au cultivateur qui sacrifie généreusement un temps précieux de son existence pour communiquer son instruction à tous ceux qui la réclament, M. Lepére mérite éminemment ces récompenses : sa conduite & cet égard lui a déjà concilié l'estime des honnêtes gens. Nous touchons au terme de la tâche pénible que nous nous sommes imposée pour l'instruction de nos lecteurs, celle de leur faire connaître sur quels points nous différons des auteurs qui ont écrit après notre !>*« édition de taPotnone. Nous espérons que l'on a une assez bonne opinion de notre jugement pour être persuadé que ce n'est qu'après un mûr examen , aidé de toute notre expérience , que nous avons osé qualifier d'erreurs des assertions émises, d'une part , par un homme qui a préparé pendant quinze ans les lejjons de M. Thouio, et , de Tautre, par un cultivateur né à

grètre, parce que les racines de ramandjer, devenant trop fortes, ne snpporteet pins la transplantation. Ceci est très juste. Kais pins loin (pages 2S et 90 }, on y trouve le conseil de planter des pêchers tout formés, annonçant , celte fols, qa^ils pourront facilement reprendre et même quHls pousseront mieux que ceux de dîx-hntt mois. Cependant ces pêchers tout formés no peuvent avoir moins de trois on quatre années. Nous devons à nos lecteurs de répéter, à cette occasion , que des pêchers tout formés sont presque toujours , pour ceux qui se les procurent, une Téritahie déception, parce que la transplantation fait toujours perdre à Técorce des branches du pécher, en raison de leur étendue , Télasticité qa\ est indispensable k la libre circulation de la sève dans cet arbre. Il arrive toujours , lorsque les pêchers tout formés ne meurent pas après la transplantation, quils n'acquièrent plus jamais la vigueur qu'ils devraient avoir, et qui est si nécessaire à la beauté et à U saveur des fruiu du pêcher.

194 LA POHONE FRANGAISB.

Montreuil même ^ qui vient d'écrire sur la taille do pèciier. Notre réserve a été d'autant plus (][rande que l'opinion publique , et même le préjugé , doivent être favorables aux deux auteurs que nous venons de citer ; d'ailleurs , nous avons annoncé et nous répétons que pour profiter de nos écrits il ne fallait pas les croire aveuglément , mais se pro* poser, en pratiquant , de vérifier chacune de nos assertions, afin de s'approprier rinstruction que nous offrons , et d'être à même de rejeter tout ce qui serait erroné. Si cette marche avait toujours été suivie , nos connaissances en culture ne seraient pas aussi arriérées.

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