PÊCHERS EN CORDONS
'La seconde forme que nous indiquons comme étant la plus facile et la plus convenable pour couvrir également les murs dans toute leur étendue, à mesure que les arbres croissent , est celle à bras horizontaux en longueur et i tige verticale (pi. YI). On peut commencer l'éducation d'un pêcher en cordons, soit sur un arbre déjà greffé et choisi dans les pépinières , soit sur un sauvageon greffé en place , ce qui est préférable. Dans tous les cas, les arbres seront plantés de S mètres en S mètres , dans un bon terrain , ou de 4 mètres en 4 mètres, si la terre a moins de qualité. On aura soin , en plantant , d'espacer les racines et de les éloigner de la maçonnerie de 17 à 19 centimètres , en inclinant la tête de l'arbre vers le mur. Si l'arbre est pris dans les pépinières, on rabattra la tige à 27 ou 28 centimètres au dessus de la greffe , et lors de la pousse on fera choix du bourgeon qui annoncerait avoir le plus de vigueur pour former une tige, que Ton favorisera en pinçant tous les autres bourgeons. On maintiendra cette tige droite ; elle ne sera palissée que pour la préserver d'être rompue ou froissée contre le mur. On lui laissera tous les bourgeons anticipés qui ouvriront, afin
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de lui donner plus de force et de favoriser aussi le développement des racines. On aura soin de laisser sous la taille un bourgeon, que l'on pincera de bonne heure ; ce bourgeon n'a d'autre objet que d'entreteniria vie au dessus de l'insertion du bourgeon principal. En opérant ainsi y on se ménage les moyens d'enlever au printemps suivant la totalité du bois mort qui forme le chicot ou l'onglet , sans jamais courir le risque d'offenser l'empâtement de la jeune tige, qui au contraire recouvrira promptement la plaie faite sur une partie vivante. En général, les jardiniers n'attachent pas assez d'importance à éviter que le bois mort ne soit pas reco uvert par les nouvelles pousses, ce qui porte cependant un préjudice notable à la santé de l'arbre et à la qualité des fruits.
On devra former au pied de chaque arbre un bassin garni de terreau neuf, pour recevoir les arrosements ; on jettera de l'eau sur les feuilles lorsque le temps sera chaud ; on fera des fumigations de tabac pour écarter les pucerons ; on donnera au moins trois ou quatre binages au pied des arbres pendant la saison , en renouvelant chaque fois les bassins et le terrain y enQn , on ne négligera aucun de tous les moyens capables de favoriser et de soutenir la végétation la plus active- La première année après la plantation , on raccourcira la tige ou le jet de la greffe qui aurait poussé en place , à SO ou 62 centimètres environ au dessus du sol , afin d'obtenir du bourgeon terminal et de son suivant la continuation de la tige et le premier bras A du côté droit. Si l'œil terminal à bois était double ou triple , ainsi que celui qui doit produire le premier bras, on conserverait celui du milieu. Ces deux premiers bourgeons pourront croître l'un près de l'autre , et concurremment , sans aucun inconvénient. Il n'en sera pas de même pour la formation des autres bras , qui doivent toujours être éloignés du terminal. Tous les autres bour-
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{[eons qui ouvriront sur le devant et derrière seront pinces aussitôt qu'ils auront atteint 25 millimètres de longueur; ceux des côtés seront palissés et traités pour en former des branches fruitières. La tige de cet arbre ne doit pas seulement produire des cordons, elle doit aussi être garnie sur les côtés de branches fruitières , et , sur le devant, de petits bourgeons qui auront été réduits ainsi par le pincement. On fera en sorte que les bras, ainsi que la tige, ne soient jamais dénudés de feuilles sur le devant; ces bourgeons sur le devant , quoique réduits, ne laissent pas que d'attirer la sève et de porter la vie dans les membres sur lesquels on a su les ménager ; d'ailleurs , ils les abritent de la trop vive ardeur du soleil, et unissent , sur les arbres plus âgés, par se tourner en rosettes.
Il arrive assez souvent que les yeux du talon des bourgeons qui sont derrière prennent place sur les côtés et peuvent remplir un vide. Nous avons eu tort de recommander, dans la V^ édition de la Pomone , l'ébourgeonnement à sec de ces yeux , c'est-à-dire de détruire le germe de ces bourgeons mal placés avant qu'ils ouvrissent ; une plus longue expérience nous a fait connaître les inconvénients de cette pratique : nous n'ébourgeonnons plus à sec que sur les branches fruitières, pour favoriser le bourgeon de remplacement, dans le cas où l'on est forcé de tailler les fruitières très longues, pour jouir des fruits qui sont à leur extrémité ; alors nous ne laissons de bourgeons s'ouvrir que ceux qui sont nécessaires à la nourriture des fruits , encore pince-t-on ces bourgeons; quant aux yeux à bois intermédiaires , jusqu'au bourgeon de remplacement exclusivement , ils sont tous pinces ou ébourgeonnés à sec.
Le prolongement de la tige et du premier bras A seront favorisés dans leur développement. On palissera la tige verticalement, et le bras sous un angle de 60 à 50 degrés ; les bourgeons anticipés qui ouvriront sur le devant et le derrière
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de la tige et do bras seront ébourçeonnës avec les ongles , en observant de laisser la feuille qui est à leur insertion, et de ménager l'œil du talon , s'il s'en trouvait. Les bourgeons anticipés placés sur les côtés seront palissés, après qu'on aura supprimé avec le couteau à lame longue , étroite , et à dos arrondi , ceux qui feraient confusion ; on aura soin de laisser aussi la feuille qui se trouve à leur insertion. Les der« niers bourgeons anticipés qui pousseront vers le sommet de la tige et sur l'extrémité du bras resteront libres.
Dans le courant du mois d'août , avant que la sève soit arrêtée , on s'assurera s'il se trouve un œil bien placé à la hauteur où doit naître le second bras, au point B, sur le c6té gauche de l'arbre , environ à 1 m. 60 centimètres au dessous du sol ; dans le cas où il ne s'en trouverait pas, on y placera un écusson.
La première taille, après l'année de la plantation, et la conduite de l'arbre par le pincement , l'ébourgeonnement et le palissage , aura produit quatre parties distinctes : 1^ le prolongement de la tige , 2^ l'établissement du premier bras A , 3o diverses pousses sorties dessus la tige , ifi des bourgeons anticipés, sortis tant du bourgeon de prolongement de la tige que du nouveau bras on cordon.
C'est dans cet état que l'arbre doit être soumis aux opérations de la taille de la seconde année.
Après avoir dëpalissé l'arbre , on raccourcira la tige de manière à laisser l'œil qui doit fournir le second bras à pea près au milieu de la partie qui restera sous la taille. Nous éviterons désormais de former les bras avec le bourgeon qui se trouve immédiatement au dessous du terminal , non que l'on ait à craindre que le bras ne devienne trop fort , mais dans le but de répartir plus également la sève , et de ne pas l'attirer trop vivement sur un seul point de la tige. La taille sera assise sur un œil du devant , si cela est pos-
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sibie I afin que l6 prolongement de la tige soit sans coude et sans nodus apparents.
On raccourcira le premier bras sarun œil de devant, pour que le boui^on terminal de ce bras se prolonge sans conde et sans nœud sur une ligne parfaitement droite. Ce raccourcissement a pour but de donner de la force aux bourgeons qui sont les plus éloignés du terminal, se réservant , par le pincement, d'amoindrir ceux qui en sont les plus prés. On taillera en branches-crochets , c'est*à-dire à deux yeux , comme les coursons de la vigne , les bourgeons anticipés qui ont poussé l'année précédente. Les bourgeons anticipés sur le corps de l'arbre seront taillés sur deux , trois ou quatre yeux.
La taille terminée , on padissera raii)re dans la même situation où il était avant d'être taillé.
 la pousse , on s'appliquera à favoriser le prolongement de la tige. Si le bourgeon terminal destiné à ce prolongement fléchissait, on s'empressera de le rabattre sur un bourgeon qui annoncerait de meilleures dispositions. La tige sera toujours maintenue dans une direction verticale.
On favorisera le développement du second bras B en pinçant tous les bourgeons qui se trouvent sur la tige entre lui et le terminai. Les yeux qui ouvriront devant et derrière la tige seront pinces aussitôt qu'ils auront atteint 27 millimètres de longueur, on palissera ce second bras sous un angle de 60 à 60 degrés ; les autres bourgeons sur les côtés seront également paibsés.
Le prolongement du premier bras sera favorisé et dirigé dans son développement sur une ligne parfaitement droite. On veillera à ce que les bourgeons de remplacement des branches fruitières se fortifient et prennent du corps , sans sortir des proportions que doivent avoir ces branches. Les bourgeons qui ouvriront devant et derrière seront pinces et réduits ; ceux qui pousseront sur les côtés seront palissés ^ on
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supprimera ceux qui ne trouveraient pas de place; on aura la plus grande attenlion à ce que les bourgeons qui ouvriront sur le dessus du premier bras ne prennent pas plus de force que ceux du dessous : le bourgeon après le terminal sera pincé de bonne heure.
Les bourgeons anticipés sur les nouvelles pousses qui ouvriront devant et derrière seront èbourgeonnés avec les on^ gles ; on laissera la feuille qui est i leur insertion ; on pourra abaisser un peu plus le premier bras ; on palissera les bour* geons qui ouvriront sur les c6tés ; on supprimera , avec le couteau i lame étroite , ceux qui ne trouveraient pas de place ; on laissera croître en liberté ceux qui ouvriront sur l'extrémité de nouvelles pousses vers la fin de la saison.
Lorsque la sève sera ralentie, on dépalissera le premier bras pour Tindiner un peu plus.
On aura soin, avant que la sève soit arrêtée , de s'assurer s'il se trouve un œil au point G sur le cété droit de la tige , à la distance d'un mètre environ du premier bras : dans le cas contraire , on y placerait un ëcusson.
La seconde taille a eu pour résultat , après le pincement , l'èbourgeonnement et le palissage :
.1° Le prolongement de la tige et celui du premier bras A ; 29 la création du second bras B; 3^ l'établissement de branches fruitières sur le corps de l'arbre et sur la première partie du premier bras ; 4^ plusieurs bourgeons anticipés sur les nouvelles pousses dos membres. Toutes ces diverses productions ont été façonnées par le pincement et le palissage dans des proportions relatives aux fonctions qu'elles doivent remplir.
C'est dans cet état que l'arbre doit être soumis aux opé« rations de la troisième taille.
Après avoir entièrement dépalissé l'arbre , on raccourcira la tige sur un œil favorable à son prolongement , et de manière à laisser l'œil qui doit fournir le troisième bras G éloigné du terminal.
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On raccourcira le second bras B , toujours sur un œil fa- Torablement placé pour son prolongement ; la partie conservée après ce raccourcissement doit être assez courte pour qu'il sufGse , par le pincement pratiqué sur les deux premiers bourgeons après le terminal, à établir une égalité de force entre ces bourgeons pinces et ceux non pinces du bas de la taille.
On raccourcira aussi, d'après le même principe , la pousse terminale du premier bras A^ on taillera les branches fruitières , dans le but de les concentrer sur les membres et dans celui de préparer sur chacune à leur talon une branche de réserve. La taille des fruitières ne doit encore avoir pour but que leur formation, et non la fructification, qui pourrait entraîner à leur donner une taille trop allongée. On doit savoir que les fruits énervent les branches d'un arbre trop jeune encore; et comme ce sont en général les branches les plus faibles qui retiennent le fruit, il faut , pour la conservation de ces branches , éviter une faute que Ton est trop souvent tenté de commettre.
Tous les nouveaux bourgeons , ainsi que les bourgeons anticipés , seront taillés en branches-crochets.
La troisième taille efièctuée , on palissera Tarbre dans -la même position où il était avant d'être taillé, à moins qu'en taillant l'on n'ait eu des motifs d'agir différemment. C'est poiù* cette raison qu'il est essentiel que ce soit te même ouvrier taille et palisse immédiatement après la taille. A Montreuil, les cultivateurs, favorisés par le sol , et n'ayant jamais de temps à donner à des opérations aussi délicates , laissent aux femmes les soins du palissage.
A la pousse, on favorisera le bourgeon de prolongement de la tige et le développement de l'œil qui doit produire le troisième bras G en pinçant les bourgeons intermédiaires entre ce bras et le terminal , surtout celui qui suit le terminal.
LA POHONR FR4NGAISB. tOt
On favorisera aussi le proloDgement da premier et da second bras , on n'oubliera pas de pincer de bonne heure le premier bourgeon près du terminal. On sera aussi très at^ tenlif à ce que les bourgeons placés sur le dessus du bras ne prennent pas plus de force que ceux qui sont placés dessous, soit en pinjant ou en palissant plus tôt les uns et laissant les autreslibres, soit en ébourgeonnant plus tôt ceux de dessous. Le rayalementen vertdesfruitièresqui seraient faibles surle bourgeon de réserve doit être fait à temps pour être profitable à ce bourgeon. On ne saurait mettre trop de soins à maintenir une égalité de force entre toutes les branches fruitières du même bras.
On pincera les bourgeons qui ouvriront sur le devant et derrière; on palissera ceux qui ouvriront sur les côtés, après avoir supprimé ceux qui ne trouveraient pas de place.
Les bourgeons anticipés qui ouvriront sur le devant et derrière seront ébourgeonnés avec les ongles, on laissera la feuille à leur insertion; on palissera ceux qui ouvriront sur les côtés, on laissera la feuille au bas de ceux que Ton supprimera. Yers la fin de la saison, on laissera croître librement les bourgeons anticipés qui pousseraient à l'extrémité des branches.
Avant que la sève soit arrêtée, on s'assurera si. l'œil qui doit former le quatrième bras est placé convenablement ; dans le cas contraire , on posera un écusson au point D.
Vers la fin de juUlet, on dépalissera les bras que Ton vou« dra incliner.
On se conduira, pour la quatrième et la cinquième taille, comme on s'est conduit pour les précédentes, toujours dans le but de créer de nouveaux cordons, d'allonger ceux qui sont établis et de concentrer les fruitières sur les membres, en fa* Torisant à leur talon le développement d'un bourgeon destiné à les remplacer. On aura soin d'entretenir sur le devant de la tige et des membres des bourgeons pinces de très près
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dans le but de conserver des feuilles pour garantir la tige et les membres des coups de soleil. Le dernier bras sera formé avec le prolongement de la tige , dont on dirigera la pointa doucement vers l'emplacement de ce dernier bras.
On aura le plus grand soin, en taillant, d'examiner avee beaucoup d'attention si Técorce , particulièrement des dernières pousses, n'est pas affectée de taches livides qui annoncent la présence très prochaine de la gomme et des chancres; dans ce cas, on prévient le mal en pratiquant sur ces rameaux , sur la tige , ou sur les membres qui les por* tent, des incisions longitudinales très légères, n'entamant que l'épiderme : cela suffit pour suppléer au défaut d'élasticité de l'écorce. L'instrument dont on se sert doit être très affilé, pour ne point déchirer, mais fendre net l'épiderme. Cette opération favorise si puissamment l'extension des branches , qu'il faut l'employer avec ménagement , dans la crainte de déranger l'équilibre des branches entre elles. Si la gomme avait déjàflué, on incisera à l'opposé de la plai« après l'avoir nettoyée. On s'abstiendra démettre ni onguent ni quoi que ce soit sur ces incisions : c'est l'action de l'air qui doit contribuer à leur cicatrisation. La présence de la gomme sur un pécher atteste l'ignorance des moyens que nous indiquons pour la prévenir ou la foire disparaître , ou la négligence de la part du jardinier.
Dans ta première édition de la Pomone, nous avions d^i fait connaître ce procédé comme ayant été pratiqué avec succès par Dumontier (1), à Trianon, mais pendant trop
(1) DomoaUer 68t entré aa Jardio des Plantes en 1806; il s'eal tfoofé aow les ordres de H. Thoain comme préparateur des leçons da cours d^agricultore pratique lors de sa création. Nous Tobtlnmes de M. Tliouin, et en 1815 nous le ftmes entrer dans les jardins de l^empereur, où il restaura les arbres du potager de Tenailles, d'où il est sorti pour devenir propriétaire à ChàYiUe. Il est miiote^
LA POMOIWE FRANGAISB. 205
peu de temps poar que nous ayons osé l'annoncer comme infaillible. M. Dalbret , dans sa première édition, doute que Dumoutier ait guéri les pêchers de Trianon ; il manifeste toujours les mêmes doutes dans ses deuxième et troisième éditions. Il nous semble que, d'une édition à Tautre, M. Dalbret eût pu trouver le temps nécessaire pour sortir de ses doutes et se mettre en état d'annoncer quelque chose de positif sur cet article , qui intéresse tant les cultivateurs , lorsqu'on définitive il est si facile de prévenir ou de faire disparaître un fléau aussi destructeur pour le pécher.
Si un des cordons fléchissait , il faudrait en prévoir les conséquences et préparer des bifurcations sur quelques branches fruitières des deux antres cordons, afin de remplir les vides; tel est le principal avantage de cette forme, de se ménager les moyens d'avoir toujours sous la main des branches pour couvrir le mur.
PÉCHER EN PALMETTE.
Telle est la forme exacte d'un pécher que nous avons dessiné diez M. de Nemours , et que l'on voyait déjà dans la premiène édition de la Pomone française (planch. 10) ; depuis lors, nous avons cultivé plusieurs pêchers sous cette forme , ce qui nous a mis à même d'en connaître les avantages et les inconvénienls. Les avantages sont la simplicité de la forme, runiformité de tous ses membres, et celle des moyens employés pour les établir successivement. Ses in*
ntnt retiré k Ooorëef oie , maison Le Pelletier. Cest le teal des Jardinien dbtlDgaés qae nous aTons cités dans la Ponume dont les loisirs soient diqwoiblés. Noos ne connaissons personne qui entende aussi bien la plantation , la culture et la taille des arbres, ainsi que le tracé et Texécution des jardins pitto-
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convénients sont que des deux bras formés en même temps l'un tend toujours à prendre plus de force que Tautre , et que le palissage , qui est le seul moyen dont, dans ce cas , on puisse faire usage comme correctif, s'étant trouvé souvent insufQsant, il a fallu que les tailles rétablissent l'équilibre.
Le désir de parvenir aux mêmes résultats par des moyens beaucoup plus doux nous a conduit à nous servir de la palmette à double tige ( planch. YII), et à ne pas faire usage de la serpette pour obtenir la naissance des bras; bien entendu que ces bras seront ensuite taillés, afin de favoriser leur développement. Eq suivant ce mode , nous avons reconnu que la palmette à double tige était exempte des inconvénients de celle à tige simple dans la création de ses deux bras, puisque ceux qui sont établis en même temps sur la double tige, étant séparés , n'ont point à lutter de force, et restent toujours indépendants l'un de l'autre ; en outre le bourgeon qui figure le prolongement de la flèche , prenant naissance sur les bras , laisse à ceux-ci le temps de se fortifier, et rend moins sensibles les avantages de sa position, qui sont bientôt modérés par le palissage, et par l'inclinaison plus ou moins brusque que l'on donne à son extrémité , pour le disposer à former un nouveau bras ; enfin la faille , sur le nouveau bras , pouvant se pratiquer k une distance plus ou moins éloignée du bourgeon de prolongement delà flèche , donne au cultivateur les moyens de modérer ou d'augmenter sa vigueur sans qu'il soit besoin d'exercer des violences.
Nous sommes fondé à annoncer que cette forme est préférable à l'autre , puisque pour l'obtenir nous n'avons pas dû contrarier autant la sève dans ses mouvements naturels , comme nous l'avons fait à l'égard de la palmette à tige simple.
Si donc pour élever une palmette à double tige on n'avait pas eu la prévoyance de greffer en place un sauvageon en
LA POMOIfE FRAPrCAISfi. ?<»
posant deux ëcussons en face Ton de Taolre pour obtenir denx tiges, on plantera, à ce dAfaut , nn pécher pris dans les pépinières ) qne l'on rabattra à IS on 20 centim. an des« sns déterre , afin d'obtenir deux bourgeons destinés à former denx tiges. Ces bourgeons seront favorisés dans lenr développement en lenr laissant la presque-totalité de leurs bourgeons anticipés, et en ne les palissant que pour les maintenir d'égale force et les préserver d'être froissés contre le mur on le treillage.
Au printemps suivant, on taillera chaque tige sur deux yeux bien conditionnés , afin d'obtenir les premiers bras A y et la continuation du prolongement des flèches destinées à former le commencement des seconds bras B. En rabattant les deux tiges, comme nous venons de le dire, on aura égard à l'écartement qui doit régner entre elles. Les deux tiges seront verticales, parallèles, et maintenues dans un écartement de 32 centim. environ , les bras seront distants l'un de l'autre de 60 à 6S centim. , et le dernier, près le chaperon du mur, en sera distant de 44 centim.
Les bourgeons formant le premier bras A seront d'abord palissés sous un angle de 70 à 60 degrés pour successivement descendre et rester fixés à celui de 10 degrés; les bourgeons anticipés seront palissés; on retirera ceux qui ne trouveraient pas de place.
Les flèches seront palissées verticalement, et lorsqu'elles auront dépassé de 16 centimètres environ la hauteur où doivent être fixés les seconds brasB, on les courbera doucement vers cet endroit, pour, de ce point , les palisser sous un angle de 70 à 60 degrés, pour ensuite les descendre peu à peu à 10 degrés. Les bourgeons anticipés seront palissés avec soin; on retirera ceux qui feraient confusion. L'espace des bras, étant fixé entre 50 à 6g centimètres, laisse la facilité de disposer la courbure de manière à laisser un œil bien
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coDdilionné sur la courbure, sur la partie qui doit former le bras , soit du côté du mur, soit eu dessus « soit en ayant; mais mieux vaudrait en avant. Cet œil est destiné , au printemps suivant ou plus tôt, à former une nouvelle flèche dont la partie supérieure formera le commencement du troisième bras. On veillera à ce que la partie de l'arbre qui ûgnre la tige soit garnie sur les côtés de branches fruitières ; on laissera même sur le devant quelques petits bourgeons , qu'on pincera pour y entretenir de la verdure et garantir la tige des rayons du soleil. On doit , autant que possible » éviter que les tiges et les membres du pécher se dénudent*
Lors de la taille, le premier bras A sera raccourci, en vue de favoriser son prolongement et de faire développer des fruitières dans les proportions de grosseur les plus convenables à ces branches; les bourgeons anticipés seront taillés en branches-crochets.
Le second bras B sera taillé à quatre ou cinq yeux au dessus des bourgeons anticipés, ce qui pourrait faire que la taille de ce bras fût assise à l'extrémité du bourgeon. Les bourgeons anticipés , soit sur la tige , soit sur les bras , seront taillés en branches-crochets.
Lors de la pousse , on favorisera le bourgeon qui doit figurer la continuation de la flèche; il sera palissé verticalement plus tôt ou plus tard , suivant sa vigueur. Lorsqu'il aura dépassé 16 centimètres, on le courbera plus ou moins, suivant sa vigueur, pour lui faire occuper la place du troisième bras. Les bourgeons anticipés qui trouveront place seront palissés.
Au temps de la taille, on se conduira comme nous l'avons expliqué pour les bras déjà établis. Le dernier cordon sera palissé à une distance assez éloignée du chaperon, afin de laisser assez de place pour palisser les fruitières.
L'espace d'un bras à un autre est calculé pour y placer
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aél<pies ramifications de brancbeg fruitières, qui, en cas d'accidents sorrenns au bras , pourraient le remplacer et laisser toujours le mur couvert.
Le prolongement de la flèclie aura toujours lieu sans le secours de la serpette, à moins d'accidents qui obligeraient de s'en servir.
D'après ce mode , on doit peu craindre le trop de vigueur de laflècbe , parce qu'elle se trouve bientAt modérée par la courbure qu'elle éprouve vers son extrémité lorsqu'elle commence à former un bras. Si cependant elle menaçait de devenir préjudiciable au bras qui lui a donné naissance , on ferait naage du pincement. Cette 'forme n'interdit aucun de nos moyens de répression; seulement elle les requiert moins souvent.
Si un des cdtés de l'arbre prenait plus de force que l'autre y on le dépalisserait entièrement pour donner aux bras de ce c6té plus d'inclinaison ; on pourrait aussi relever les bras du c6té faible. Tout le côté faible sera iaillé plus tôt , plus long , et palissé plus tard , si le cas l'exigeait. Si , sur le côté fort , un bras ou deux étaient faibles , au lieu de les baisser, on les retirerait en avant et on les palisserait sur des écbalas.
Gbaque arbre ainsi conduit couvrira entièrement , la quatrième ou cinquième année , tout l'espace qui lui est destiné } et ce qui doit le plus intéresser le cultivateur, c'est que les moyens à employer par la suite pour maintenir l'arbre dans les bornes qui lui sont tracées tendront aussi à le conserver également garni partout.
Pour contenir dans leurs limites les arbres menés par cordons , on rabattra les bras sur un bourgeon plus ou moins rapproché de la taille précédente , puis on raccourcira ce bourgeon suivant la vigueur du bras , oa quelquefois même on le laissera intact , si l'on avait intérêt à modérer la force de ce bras. Ce moyen doit être employé avec discernement
SOS LA POMONB FRAIfÇAISB.
et ménagement , parce que, s'il était répété deux années de suite , comme il arrête l'arbre par les extrémités des bras, la sève resterait concentrée vers la tige , d'où il pourrait sor* tir des gourmands. Il serait facile , à la vérité , de s'opposer au développement de ceux-ci ; mais il est mieux de ne pas se trouver dans l'obligation àe fatiguer l'arbre par des ré^ pressions en le contrariant dans sa pousse.
Pour être bien en état de diriger les arbres de cette ma^ nière , il importe surtout de se bien pénétrer des effets qu'on peut produire en taillant ou ne taillant pas les bourgeons terminaux des bras. Par la taille , on appelle la sève avec force à l'extrémité des branches raccourcies : l'œil devenu le terminal donne naissance au bourgeon le plus fort , et les autres vont en décroissant à mesure qu'ils s'en éloignent. Lorsqu'on ne taille pas , surtout pendant plusieurs années de suite (1), l'efTet contraire a lieu ; la sève se concentre près du corps de l'arbre , le bourgeon terminal est le plus faible , et ceux qui le suivent vont croissant en grosseur et en longueur jusque près de l'insertion de la mère-branche , comme des tuyaux d'orgues ; c'est au jardinier i faire à pro* pos et à modifier suivant les circonstances l'emploi de l'un ou de l'autre moyen.