CULTURE DU PÊCHER SANS RACCOURCIR LES BRANCHES PRINCIPALES
Plusieurs personnes ont annoncé , avec plus ou moins d'importance, une prétendue méthode de cultiver le pécher
(i) On entend ici par ne im» tailler laisser seulement le bonrgeon termical d'un membre ou d^un bras de toute sa longueur sans en rien retrancher ; mais en même temps on taille, comme de coutume, toutes les branches fkruitières qui flM»ntsar ce membre on sur ce bras, afin d'en obtenir un bourgeon de remplacement placé le plus près possible du membre ou du bras.
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Mos jAmais rftccoarcir les branches principales; bien entendu qoe, dans ce système, les fruitières sont taillées et renouyelées chaque année.
Les premiers pêchers qu'on nous engagea de visiter comme n'ayant pas été taillés avaient acquis en peu de* temps une grande étendue sous la forme du Y ouvert ; ces arbres étaient dirigés avec beaucoup d'intelligence par M. Sciole , jardinier instruit dans son état ; mais , les arbres qu'il cultivait étant sujets au blanc, il fut assez souvent forcé de faire infraction à la loi qu'il s'était imposée , et nous ne pûmes apprécier alors les avantages que Ton pouvait retirer en ne raccourcissant point les branches principales du pécher.
Depuis ce temps, nous avons été à même de voir souvent plusieurs pêchers élevés en palmettes à bras horizontaux non raccourcis ; ces pêchers étaient sains, vigoureux , et non attaqués du blanc, de sorte que c'est très rarement que l'on a dft raccourcir la tête de quelques uns des bras.
Nous avons d'abord remarqué que les membres et la tige de ces pêchers étaient, dans leur début, très grêles , jusqu'à ce que les branches fruitières , devenues plus multipliées , plus fortes, et étant souvent renouvelées , aient attiré une .plus grande abondance de sève dans les membres ; ce ne fut qu'alors que la tige et les membres prirent une grosseur proportionnée à leur étendue.
Il est encore utile d'observer que, si, dans le poirier et autres arbres , nous raccourcissons le rameau terminal de chaque membre , c'est dans le but de faire ouvrir les yeux du talon de ce rameau , qui n'ouvriraient pas sans ce raccour^ cissement ; mais dans le pêcher^ où tous les yeux ouvrent à la fois sans exception , le>accourcissement du rameau a un autre objet : celui d'éviter qu'il y ait une trop grande iné^ .galité de force entre les fruitières du talon et celles de l'extrémité supérieure du rameau. Mais si Ton se prive de cette ressource en ne raccourcissant point le rameau ter-
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minai, il devient indispensable , pour établir TégaTilé de force entre un pins grand nombre de fruitières /de se servir du pincement réitéré , du palissage partiel , des rapprochements en yert^ etc.; aussi les pêchers dont nous parlons ont-ils nécessité une grande surveillance afin d'établir une égale circulation de la sève dans toutes les parties de Tarbre.
Nous dirons encore qu'à mesure que ces pêchers non taillés atteignaient le degré de développement dont chacun d'eux était susceptible , les pousses terminales de ces pêchers cessaient d'année en année d'être aussi fortes et aussi allongées , et que la sève, au lieu de se porter vers les extrémités des membres , ainsi que cela arrive dans tous les arbres taillés , et surtout dans le pêcher, afSuait davantage dans les fruitiëresles plus proches de la tige* Ceci est nne preuve que lorsqu'on cesse de raccourcir le rameau terminal d'un membre plusieurs années de suite , c'est-à-dfre lorsque l'on cesse d'attirer par la taille la sève vers Textrémité de ce membre , elle reflue vers la tige, et offre au cultivateur les moyens faciles de renouveler les membres qui seraient usés ou trop fatigués.
La raison de ce fait , c^est que la sève est continuellement attirée sur les fruitières parla taille, faite dans le but de renouveler ees fruitières chaque année, et que, n'étant plus appelée sur le rameau terminal des membres, elle entre de préférence dans les fruitières les plus proches de sa source , arrivant plus tardivement et de plus en plus lentement ver» celles qui en sont à une distance plus éloignée ; d^ailleurs, l'cnl terminal du rameau de prolongement, cessant d'année en année d'être aussi Uen constitué , finit par ne pins attirer la sève que faiblement.
On ^eut conclure des faits que nous venons d'exposer que la forme donnée au pêcher à membres horizontaux non taillés a l'avantage de ne pas tendre incessamment à dépasser trop vivement le cadre qui lui a été assigné , de s'y
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' maintenir Iong-teDi(>s , offrant toujours des récoltes très abondantes , jusqu'à ce que le mouyement de la sève qui se concentre , dans ces pêchers , de plus en plus vers la tige , soit devenu assez énergique pour avertir le cultivateur qu'il est temps de commencer à procéder au rajeunissement de Tarbre , en renouvelant tous ses membres.
Ce que nous venons de dire mérite l'attention des personnes qui s'occupent spécialement de la taille du pêcher.